27 août 2017

Alfonso Gatto (1909 – 1976) : A mon père / A mio padre

  A mon père   Si tu revenais ce soir à mon côté le long de la rue où l’ombre descend bleue déjà comme si c’était le printemps, pour te dire combien le monde est sombre et comment sous nos rêves en liberté il s’illuminerait d’espoirs, de pauvres, de ciel, je trouverais des larmes d’enfant et de grands yeux de sourire, noirs noirs comme les hirondelles de mer.   Il suffirait que tu sois vivant, un homme vivant avec ton cœur est un rêve. Aujourd’hui est une ombre pour la terre le souvenir de ta voix qui... [Lire la suite]
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20 août 2017

Dino Campana (1885 – 1932) : Gênes / Genova

  Gênes   Dès lors que la nuée s’arrêta dans les cieux Dans le lointain sur l’infinie silencieuse Rade enfermée marine en ses voiles lointains, Et revenait l’âme partie Et tout alentour d’elle mystérieusement      enluminé déjà du jardin le vert Rêve dans l’apparence de ses coruscantes statues superbes surhumaine : et j’entendis et un chant j’entendis une voix de poètes Dans les fontaines et les sphynges aux frontons Un premier oubli bienveillantes aux courbés Humains encore offrir... [Lire la suite]
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13 mai 2017

Giuseppe Ungaretti (1888 -1970) : Les fleuves / I fiumi

        Les fleuves     Je m’appuie à un arbre mutilé Abandonné dans cette combe   Qui a la langueur   D’un cirque   Avant ou après le spectacle   Et je regarde  Le passage paisible Des nuages sur la lune Ce matin je me suis étendu Dans l’urne de l’eau Et comme une relique  J’ai reposé L’Isonzo en coulant Me polissait Comme un de ses galets J’ai ramassé Mes os Et m’en suis allé Comme un acrobate Sur l’eau Je me suis accroupi Près de mes... [Lire la suite]
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18 avril 2017

Cesare Pavese (1908 – 1950) : La terre et la mort / La terra e la morte

  La terre et la mort   Terre rouge terre noire, tu viens de la mer, des campagnes brûlées où sont les mots anciens et des peines de sang et des géraniums entre les rochers – tu ne sais pas ton poids de mer de mots de peines, ô toi riche comme un souvenir, comme l’aride campagne, ô toi dure et très douce parole, ancienne par le sang amassé dans tes yeux ; jeune, comme un fruit qui est souvenir et saison – ton haleine repose sous le ciel de l’été, tes regards en olive adoucissent la mer, et tu... [Lire la suite]
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14 janvier 2017

Michel-Ange / Michelangelo Buanarroti (1475 -1564) : « Avec ce coeur de soufre… » / « Al cor di zolfo… »

  Avec ce coeur de soufre et cette chair d’étoupe, Avec ces os qui sont pareils à du bois sec, Avec une âme qui dédaigne freins et rênes, Avec un désir prompt et trop ardent, avec   Une raison aveugle, débile et boiteuse Et les gluaux, les pièges dont le monde est plein, Ce n’est pas grand merveille si, en un éclair, Je flambe au premier feu qu’on rencontre en chemin.   Si pour l’art, qui demande le secours du ciel, Mais triomphe avec lui de la Nature, encore Qu’elle imprègne tout lieu, je ne suis né ni... [Lire la suite]
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20 décembre 2016

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : Le soir du jour de fête / La sera del dì di festa

  Le soir du jour de fête   Tendre et claire est la nuit, sans un souffle, Et calme sur les toits, au milieu des vergers, La lune s’est posée, qui révèle au lointain Les montagnes sereines. Ô mon amour, Déjà se taisent les chemins, et rare Transparaît aux volets la lampe nocturne : Tu dors, toi que reçut le facile sommeil, Dans tes chambres calmes, et ne t’étreint Nul souci ; tu ne sais, tu ne penses Quelle plaie en mon cœur tu m’ouvris. Tu dors : moi, le ciel qui me semble Si doux, je m’avance... [Lire la suite]
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27 novembre 2016

Umberto Saba (1883 – 1957) : Ulysse / Ulisse

  Ulysse   J’ai navigué dans ma jeunesse Le long des côtes dalmates. Des îlots Emergeaient à fleur d’eau, où parfois S’arrêtait un oiseau guettant sa proie, Couverts d’algues, glissants, beaux Au soleil comme des émeraudes. Quand la marée Haute et la nuit les annulaient, les voiles Sous le vent dérivaient plus au large, Pour en fuir l’embûche. Aujourd’hui mon royaume Est cette terre de personne. Le port Pour d’autres allume ses feux ; l’esprit Indompté me pousse encore au large, Et de la vie le... [Lire la suite]
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17 septembre 2016

Roberto Veracini (1956 - ) : La cité-navire / La citta-nave

  La cité-navire   Pour arriver à Volterra il faut des milliers de lieues de chênes, de rochers  et de tramontane, de frontières inviolées de loups et de sangliers, de longues journées sidérales et d’espaces immenses et après, d’hommes méfiants et solitaires, de terres d’argile ensoleillées, inhospitalières, de pierres très dures à sculpter, de murailles fermées, et de      meurtrières et une légère inquiétude, obsédante…   Et pourtant regarde – le dirais-tu ? – là tout... [Lire la suite]
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13 mai 2016

Giuseppe Ungaretti (1888 – 1970) : La Pitié / La Pietà

  La Pitié   1 Je suis un homme blessé   Et je voudrai m’en aller, Je voudrai enfin arriver, Pitié, là où l’on écoute L’homme seul avec lui-même.   Je n’ai que superbe et bonté.   Et je me sens en exil entre les hommes.   Mais je suis en peine pour eux. Serais-je indigne de rentrer en moi ?   J’ai peuplé de noms le silence   Ai-je dépecé tête et cœur Pour être asservi à des mots ?   Je règne sur des fantômes.   O feuilles sèches Ame emportée çà et... [Lire la suite]
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10 mai 2016

Eugenio Montale (1896 -1981) : « A midi faire halte …/ « Merrigiare pallido… »

  A midi faire halte, pâle et pensif, A l’ombre près d’un brûlant mur d’enclos, Ecouter parmi les ronces et les broussailles Claquements de merles, bruissements de serpents.   Dans les craquelures du sol ou sur la vesce Epier les files de fourmis rouges Qui tour à tour se brisent et s’entrecroisent Au sommet de meules minuscules.   Observer dans le feuillage comme palpitent Au loin les écailles de mer Tandis que des pics chauves se lèvent De tremblants craquètement de cigales.   En allant dans le... [Lire la suite]
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