27 août 2018

Alfonso Gatto (1909 – 1976) : Mots / Parole

  Mots   « Je te perdrai comme on perd un clair jour de fête : - je le disais à l’ombre que tu étais dans le vide de la pièce – attentive, ma mémoire te chercha en ces années florissantes, un nom, une apparence : pourtant, tu te dissiperas et ce sera toujours l’oubli de nous dans le monde. » ... [Lire la suite]
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20 août 2018

Dino Campana(1885 – 1932) : La Chimère / La Chimera

  La Chimère   Ne sait si entre les roches ton pâle Visage m’apparut, ou sourire De lointains ignorés Tu fus, la pente éburnéenne Du front flamboyant ou jeune Sœur de la Joconde : Ou des printemps Eteints, par tes mythiques pâleurs Ou Reine ô Reine adolescente : Mais par ton poème ignoré De volupté et de douleur Musique enfin exsangue, Marqué de lignes de sang Au cercle des lèvres sinueuses, Reine de la Mélodie : Mais par le front virginal Incliné, moi poète nocturne Je veillai les... [Lire la suite]
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12 mai 2018

Giuseppe Ungaretti (1888- 1970) : Vanité / Vanità

  Vanité   Soudain Tout haut plane Au-dessus des décombres La limpide stupeur De l’immensité.   Et l’homme Penché Sur l’eau Surprise Par le soleil Se découvre N’être qu’une ombre Bercée et Doucement brisée.   Traduit de l’italien par Sicca Venier in, « Poètes d’Italie, Anthologie » Editions de La Table Ronde, 1999 Du même auteur : Où la lumière / Dove la luce (20/11/2014)   La Pitié / La Pietà (13/05/2016) Les fleuves / I fiumi (13/05/2017) J’ai tout perdu /... [Lire la suite]
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18 avril 2018

Cesare Pavese (1908 – 1950) : La mort viendra et elle aura tes yeux / Verrà la morte e avrà i tuoi occhi

  La mort viendra et elle aura tes yeux 11 mars – 10 avril 1950   TO C. FROM  C.     Toi, sourire diapré sur la glace des neiges – vent de mars, branches en cortège jaillies sur la neige, ardente et plaintive dans tous tes manèges – daine aux membres blancs, gracieuse, puissé-je connaître encore la grâce ondoyante de tous les jours, la dentelle d’écume de tous tes tours – la plaine là-bas demain sera glacée – toi, sourire diapré toi, rire étincelant. 11 mars 1950   IN THE... [Lire la suite]
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15 avril 2018

Salvatore Quasimodo (1901 -1968) : « Voilà plusieurs nuits déjà… »

  Voilà plusieurs nuits déjà qu’on entend encore Le doux bruit de la mer, dans son flux et son reflux, Le long des grèves lisses. C’est l’écho d’une voix Close dans la mémoire qui remonte le temps ; Et l’on entend aussi cette plainte assidue Des mouettes ; peut-être est-ce celle d’oiseaux Hantant les tours, que vers la plaine pousse avril. Déjà tu m’étais proche, ô toi, par cette voix ; Je voudrais qu’à mon tour à présent te parvienne Egalement de moi l’écho d’un souvenir, Tout comme cet obscur murmure... [Lire la suite]
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14 janvier 2018

Michel-Ange / Michelangelo Buonarotti (1475 - 1564) : « Quelle mordante lime… » / « Per qual mordace lima… »

  Quelle mordante lime Amenuise toujours ta carcasse épuisée, Mon âme infirme ? Quand la pourras-tu quitter, Ce voile périlleux et mortel déposé, Pour retourner au ciel où tu fus tout d’abord, Radieuse et heureuse ? Bien que je change de pelage En ces brèves années dernières, Je ne puis rien changer à mes vieilles manières, De jour en jour plus contraignantes, plus pressantes. Amour, je ne te cache pas Que je porte envie aux défunts, Plein de confusion et d’effroi Car mon âme, pour elle-même, tremble et... [Lire la suite]
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20 décembre 2017

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : L’Infini / L’Infinito

  L’Infini   Toujours tendre me fut ce solitaire mont, Et cette haie qui, de tout bord ou presque, Ferme aux yeux le lointain horizon. Mais couché là et regardant, des espaces Sans limites au-delà d’elle, de surhumains Silences, un calme on ne peut plus profond Je forme en mon esprit, où peu s’en faut Que le coeur ne défaille. Et comme j’ouis le vent Bruire parmi les feuilles, cet Infini silence-là et cette voix, Je les compare : et l’éternel, il me souvient, Et les mortes saisons, et la présente Et... [Lire la suite]
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27 novembre 2017

Pier Paolo Pasolini (1922 – 1975) : Les pleurs de l’excavatrice, VI / Il pianto della scavatrice, VI

  Les pleurs de l’excavatrice VI   En cet abandon où flamboie Le soleil du matin – qui resplendit Maintenant, frôlant les chantiers, sur les installations   Qu’il tiédit – des vibrations Désespérées écorchent le silence, Où flotte éperdument une odeur de vieux lait,   De petites places vides, d’innocence. Depuis sept heures du matin, au moins, cette vibration Croit avec le soleil. Pauvre présence   D’une douzaine d’ouvriers déjà âgés, Avec leurs haillons et leurs tricots de peau brûlés De... [Lire la suite]
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17 septembre 2017

Roberto Veracini (1956 -) : Maintenant que le temps est brume / Ora che il tempo è nebbia

  Maintenant que le temps est brume   Maintenant que le temps est brume et incessant l’assaut d’ombres et d’humeurs, j’écoute dans tes pas les hurlements du vent et la saison heureuse qui nous a perdus   Traduit de l’italien par Bernard Vanel In, Roberto Veracini : " Epiphanies de l'ange" L'Archange minotaure éditeur, 2006  Du même auteur : Comme un vertige /Come un vertigine (18/09/20/14) La cité-navire / La citta-nave (17/09/2016) A naviguer / A navigare (02/09/2018)   Ce vent a un... [Lire la suite]
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30 août 2017

FrançoisPétrarque / Francesco Petrarca (1304 – 1374) : « Quand parfois, au milieu d’autres dames… / « Quando fra l'altre donne a

  XIII        Quand parfois, au milieu d’autres dames, Amour apparaît au beau visage de celle-ci, autant chacune lui cède en beauté, autant s’accroît le désir qui me passionne.      Je bénis le lieu, et le temps, et l’heure, où j’élevai mes regards vers un un but si altier ; et je dis : Ô mon âme, tu dois être bien reconnaissante d’avoir été jugée alors digne d’un tel honneur.      D’elle te viens l’amoureux penser qui, pendant que tu le suis,... [Lire la suite]
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