30 août 2021

Antonella Anedda (1958 -) : « Pour la nuit qui tombe trop tard... » / « Per la notte che cade troppo tardi... »

  A Ida Porena   Pour la nuit qui tombe trop tard pour le ciel qui révèle les crêtes : la montagne au milieu des sables, la ville austère dans la chaleur grise de l’été pour cette peur qui est due à la seule lumière, au cuivre de la casserole,  à la nourriture qui descendra dans le corps.   Il faudra comprendre la leçon du chagrin qu’un geste suffit à écarter le frisson que nous mettons chaque jour de côté sans savoir s’il annonce ou abrège le souffle d’autres vies.   A la fenêtre de la... [Lire la suite]
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27 août 2021

Alfonso Gatto (1909 – 1976) : Pour les martyrs de la Place Loreto / Per i martiri di Piazzale Loreto

  Pour les martyrs de la Place Loreto (*)   Vint l’aube, puis tout fut en arrêt : la ville, le ciel, le souffle du jour. Les bourreaux seuls restèrent vivants devant les morts.   Silence était le cri du matin, silence le ciel blessé, silence des maisons, silence de Milan. Restèrent souillés même de soleil, tachés de lumière et odieux l’un à l’autre les assassins vendus à la peur.   C’était l’aube et là où régna le travail, la où la Place symbolisait la joie enflammée de la ville émigrant... [Lire la suite]
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20 août 2021

Dino Campana (1885 – 1932) : La baie vitrée / L’invetriata

  La baie vitrée   Le soir fumeux d’été Depuis la haute baie vitrée verse clartés dans l’ombre Et me laisse dans le cœur une brûlure scellée. Mais qui a (sur la terrasse sur le fleuve s’allume une lampe) qui a A la Madonine du Pont qui c’est qui c’est qui a allumé la lampe ?  y’a Dans la chambre une plaie rouge languissante. Les étoiles sont boutons de nacre et le soir se vêt de velours : Et tremble le soir fat : il est fat le soir et il tremble mais y’a Dans le cœur du soir y’a, Toujours... [Lire la suite]
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14 août 2021

Eugenio Montale (1896 – 1981) : Le penser du prisonnier / Il sogno del prigionero

  Le penser du prisonnier   Aubes et nuits qui par peu de signes varient.   Les étourneaux et leurs zigzags sur leurs beffrois Dans les jours de bataille, seules ailes à moi, Un brin de ciel polaire, L’œil du gardien-chef dans le judas, Un craquement de noix cassées, une huileuse Rumeur de fritures dans les caves, d’imaginaires Ou réelles tournebroches... Oui, mais la paille est de l’or, Un âtre est la lampe vineuse ; Quand je m’endors je me crois à tes pieds.   Sans un... [Lire la suite]
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22 juillet 2021

Rinaldo d’Aquino (XIIIè siècle) : « Jamais plus je n’aurai de joie... » / « Già mai non mi conforto... »

       Jamais plus je n’aurai de joie Et rien n’allégera ma peine,      A la rive sont les bateaux, Ils vont bientôt hisser les voiles.      S’en va le plus gentil En terre d’outre-mer      Et moi, infortunée, Que vais-je devenir ?        Il s’en va en lointain pays Sans m’en avoir donné nouvelle ;      Il m’abandonne par traîtrise Et si nombreux sont les soupirs ... [Lire la suite]
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13 mai 2021

Giuseppe Ungaretti (1888- 1970) : San Martino Del Carso

    San Martino Del Carso Petit vallon de l’arbre isolé, 27 Août 1916   De toute ces maisons Il n’est resté Que ces vagues pans de mur.   De toutes mes amitiés Il n’est resté si peu que rien.   Mais il ne manque aucune croix Dans mon cœur.   Mon cœur est le pays le plus dévasté   Traduit de l’italien par Sicca Venier in, « Poètes d’Italie, Anthologie » Editions de La Table Ronde, 1999   Saint-Martin du Carso   De toutes ces maisons il n’est resté que ces... [Lire la suite]
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18 avril 2021

Cesare Pavese (1908 – 1950) : Eté – Eté 1 / Estate – Estate I

  Eté   Il est un jardin clair, herbe sèche et lumière, entouré de murets, qui réchauffe sa terre doucement. Lumière qui évoque la mer. Tu respires cette herbe. Tu touches tes cheveux et tu en fais jaillir le souvenir.   ... [Lire la suite]
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15 avril 2021

Salvatore Quasimodo (1901 – 1968) : Vent à Tyndaris / Vento a Tindari

Vent à Tyndaris   Tyndaris, tu n’es que tendresse, Je le sais, parmi tes larges côteaux, Toi, suspendu sur la mer Baignant les douces îles du dieu, Tu fonds sur moi aujourd’hui Et te penches dans mon cœur.   J’escalade des pics vertigineux, des abîmes, Et le vent dans les pins me ravit, Et ma bande qui m’accompagne en douceur S’éloigne dans les airs, Vagues de sons et d’amour.   Et tu me prends, Toi dont je me suis mal dépris Et mes peurs d’ombres et de silences, Mes havres de douceurs jadis... [Lire la suite]
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08 février 2021

Eugenio Montale (1896 – 1981) : Correspondances

  Correspondances   Tandis qu’un mirage au fond De vapeurs vacille et se perd Autre chose aux arbres annonce La trompette du pivert.   La main qui plonge au sous-bois Et vient transpercer la trame Du cœur par les pointes du chaume, C’est celle qui fait aux étangs Mûrir les cauchemars en or A l’heure où Bassarée avec son char sonore Reporte les glapissements fous des béliers Sur les carreaux arides des coteaux   Toi aussi tu reviens, bergère sans brebis Et sur ma pierre tu te places ? Je te... [Lire la suite]
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01 février 2021

Dino Campana (1885 – 1932) : L’espérance (sur le torrent nocturne) / La speranza (sul torrente notturno)

  L’espérance (sur le torrent nocturne)     Pour l’amour des poètes Princesse des rêves secrets Dans les ailes des vives pensées répète répète Ô princesse tes chants : Toi chevelue de chants muets Pâle amour des errants Etouffe les pleurs inéteints Donne trêve aux amours secrètes : Qui les taciturnes portes Veille que la Nuit A ouvertes sur l’infini ? Penchent les heures : avec le rêve évanoui Penche le pâle Sort..................................... ... [Lire la suite]
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