13 mai 2020

Giuseppe Ungaretti (1988 – 1970) : La mort méditée (1,2,5,6) / La morte meditata (1,2,5,6)

La mort méditée   Chant premier   O toi sœur de l’ombre, Nocturne, d’autant plus que le jour a de force, Tu me poursuis, ô mort.   C’est dans un jardin pur Qu’une convoitise ingénue te donna le jour Et la paix sur ta bouche Fut perdue, mort pensive.   Et depuis ce moment, dans le flux de l’esprit Je t’entends Approfondir les distances, Emule souffrant de l’éternel.   Mère venimeuse des temps Dans la peur du battement de cœur La peur de la solitude,   Beauté punie et riante, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

18 avril 2020

Cesare Pavese (1908 – 1950) : Femmes passionnées / Donne appassionate

  Femmes passionnées   Les filles au crépuscule descendent dans l’eau Quand, étale, la mer disparaît. Dans le bois chaque feuille tressaille tandis qu’elles émergent prudentes sur le sable et s’assoient sur la rive. L’écume joue inquiète le long de l’eau lointaine.   Les filles ont peur des algues enfouies sous les vagues qui s’agrippent aux épaules et au jambes : ce qui est nu de leurs corps. Lestement elles regagnent la rive et s’appellent l’une l’autre, épiant autour d’elles. Les ombres aussi, sur... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
15 avril 2020

Salvatore Quasimodo (1901 – 1968) : « Vous avez fini de sonner le glas ... » / « Avete finito di battere i tamburi... »

  Vous avez fini de sonner le glas Au roulement cadencé des tambours Sur tous les horizons, derrière les cercueils Suivant de près les drapeaux. Vous avez fini de vous apitoyer sur les plaies et les larmes Dans les villes détruites – tas de ruines. Et plus personne ne crie : « Mon Dieu, Pourquoi m’as-tu abandonné ? » De la poitrine trouée Ne coulent plus le lait ni le sang. Et maintenant que vous avez camouflé vos canons Parmi les magnolias, laissez-nous donc Un jour sans armes sur le gazon Au... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 11:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
01 février 2020

Dino Campana (1885 – 1932) : Jardin automnal (Florence) / Giardino autunnale (Firenze)

  Jardin automnal (Florence)   Au jardin spectral au laurier muet De ses vertes guirlandes A la terre automnale Un ultime salut ! Aux arides versants Âpres rougis dans l’extrême soleil Confuse de rumeurs Rauques crie la lointaine vie : Crie au soleil mourant Qui ensanglante les parterres. S’entend une fanfare Qui déchirante monte : l e fleuve disparaît Dans les arènes d’or ; dans le silence Sont les blanches statues à la tête des ponts Tournées : les choses déjà ne sont plus. Et du... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
20 décembre 2019

Giacomo Leopardi (1798- 1837) : Les souvenirs / Le ricordanze

  Les souvenirs             Belles étoiles de l’Ours, pouvais-je croire Qu’un jour je reviendrais vous contempler Scintillantes au-dessus du jardin de mon père, Et deviser avec vous depuis les fenêtres De cette demeure où j’habitais Enfant et de mes joies connus la fin. Alors, que de chimères, que de fables Engendrait votre vision dans mon âme, Avec celle des lumières vos compagnes ! Quand, silencieux, assis dans l’herbe, J’aimais à passer grand-partie de mes... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
22 novembre 2019

Torquato Tasso / Le Tasse (1544 – 1595) : Ciel et mer

  Ciel et mer   Craton, songe à la mer maintenant que son flot S’assoupit sur la grève et que le vent se tait ; Vois la nuit dans le ciel déployer son manteau Noir et bleu, fastueux, éclaboussé de gemmes.   Contemple toute nue et sans la moindre nue Nager dans l’océan de l’espace étoilé Et mêler la blancheur splendide de leurs corps La Lune et tout autour les Nymphes du ciel.   Regarde brasiller sur ces plages distinctes Et s’abattre, fondant une même splendeur : Les étoiles-poissons et... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

02 septembre 2019

Roberto Veracini (1956 -) : Ce vent a un nom / Questo vento ha un nome

  Ce vent a un nom   S’il est vrai           que « lorsque tout autour est sombre, les yeux                          commencent à voir » alors je vois                          très bien, j’écoute ce vent ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
27 août 2019

Alfonso Gatto (1909 – 1976) : « Les soirs reviendront... / « Torneranno le sere ... »

  Les soirs reviendront   Les soirs reviendront tiédir dans le bleu les places, aux murs blancs la lune, haut, montera de la mer et dans la crue des jardins le vent dru de maisons, d’arbres, d’étoiles passera dans le grand air serein. Reviendront en rêve jusqu’aux voix des familles éclairées au dîner, la rapide ivresse de leur rire.   Ô fenestrelles, puis, loggias, vitres attachées à la vie, à la lueur des frais plaisirs et de regrets, ô lune neuve sur ma mémoire, revenez comme l’aube avec ce chant ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
20 août 2019

Dino Campana (1885 – 1932) : Poésie facile /Poesia facile

  Poésie facile   Paix je ne cherche, guerre ne supporte Tranquille et seul vais par le monde en rêve Empli de chants étouffés. Je désire La brume et le silence en un grand port.   Un grand port empli de voiles, voiles légères Parées à se lancer vers l’horizon azur Doucement ondulant, tandis que le murmure Du vent passe tramant des accords éphémères.   Et ces accords le vent au loin se les emporte Au lointain par-dessus l’océan inconnu. Rêve. La vie est triste et je suis seul   Oh quand oh... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
14 août 2019

Eugenio Montale (1896 – 1981) : La bourrasque / La bufera

  La bourrasque   La bourrasque qui fait ruissellement aux feuilles Dures du magnolier les longs coups de tonnerre Printanier et la grêle,   (Les sons cristallins dans ton lit nocturne Te surprennent, d’un or Qui s’éteignit aux acajous, aux tranches des reliures, Il brûle un grain de sucre encor aux coquilles de tes paupières)   Et l’éclair qui blancheur Confit arbres et murs et les surprend en leur Eternité d’instant – et le marbre et la manne Et la destruction – ce que gravé en toi Tu portes... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :