23 septembre 2022

Compiuta Donzella (XIIIéme siècle) : « En la saison où tout est en fleur... » / « A la stagion che ‘l mondo foglia ... »

  Printemps triste   En la saison où tout est en fleur et feuillole, Tous les amants courtois sont en grande liesse ; Alors dans les vergers se promènent les couples Aux charmants gazouillis des oisillons en chœur.   Tout noble damoiseau dès lors tombe amoureux Et chacun à l’envi courtise son élue ; Si chaque jouvencelle a le cœur en fête, Moi, je ne suis qu’en pleurs et dans le désarroi.   Mon père m’a plongée dans le doute et l’angoisse, Souvent il me harcèle et me fait bien souffrir, ... [Lire la suite]
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20 août 2022

Dino Campana (1885 – 1932) : Le soir de la foire / La sera di fiera

  Le soir de foire   Le cœur ce soir me dit : tu ne sais pas ? La rose-brune enchanteresse Dorée d’une chevelure blonde : Aux yeux brillants et bruns celle qui de grâce impériale Enchantait la rosée Fraîcheur des matins : Et toi tu poursuivais dans l’air La fraîche incarnation d’un rêve matinal : Et elle se plaisait à vaguer quand le rêve Et le parfum voilaient les étoiles (Que tu aimais à regarder derrière les portails Les étoiles les pâles nocturnes) : Qui se plaisait à passe... [Lire la suite]
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17 août 2022

Antonella Anedda (1958 -) : « Ce sera exactement... » / « Davvero come adesso... »

  A Sofia, 19 novembre 1993 Ce sera exactement comme aujourd’hui, l’olivier sur le balcon le vent qui transforme les nuages. Au-delà du siècle dans les crépuscules que ni toi ni moi ne verrons quand les années seront des branches avec quoi pousser des choses sans destination dans les soirs ou d’autres gens se regarderont comme en ce moment dans le sommeil, l’obscurité pareils à des moulages de volcan inclinés dans la cendre blanche.   Je replie le drap, j’éteins la dernière lampe. J’attends que tes tempes... [Lire la suite]
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14 août 2022

Eugenio Montale (1896 – 1981) : Midi / « Gloria del disteso mezzogiorno... »

  Midi   Midi triomphe en nappes étendu, Lorsque les arbres n’ont pas d’ombre Et qu’alentour de plus en plus Tout rutile dans ce trop-plein d’éclat.   Soleil, au zénith, - et la berge et ses galets. Ma journée n’est donc point passée : Ce mur clos me cache à la fois La pâleur du couchant et l’heure de ma joie.   Sécheresse, autour ; un martin-pêcheur en quête Virevolte sur un reste de vie. Après le morne ennui la bonne pluie, Mais dans l’attente gît la joie la plus parfaite.   ... [Lire la suite]
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31 juillet 2022

Alfonso Gatto (1909 – 1976) : Elégie nocturne / Elegia notturna

Elégie nocturne   Peut-être mon seul souvenir : ta joie dans la maison là-bas où le soir apporte l’odeur de la terre et la calme lumière nocturne, c’est ta vraie voix   celle où jeune tu parles sur le visage riant des enfants. Sont passées dans ton regard des nuits limpides au bruissement dru des étoiles, les façades   voilent des maisons blanches, une fontaine vibre d’une eau seule à s’écouter et la ville se déploie au seuil lointain de la mer. C’est l’âme qui vole.   Sans le savoir,... [Lire la suite]
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13 mai 2022

Giuseppe Ungaretti (1888 – 1970) : Calme / Sereno

Lithographie de Pericle Fazzini, 1958   Calme   Après tant de brouillard une à une se dévoilent les étoiles.   Je respire la fraîcheur que m’apportent les coloris du ciel.   Je me reconnais image fugitive   enclose en un  cercle immortel.   Bosco di Courton, juillet 1918   Traduit de l’italien par Geneviève Burckhardt In, « Italie poétique contemporaine » Editions du Dauphin, 1968 Du même auteur :   Où la lumière / Dove la luce... [Lire la suite]
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18 avril 2022

Cesare Pavese (1908 – 1950) : Dépaysement / Gente Spaesata

  Dépaysement   Trop de mer. Nous l’avons assez vue cette mer. Le soir, quand l’eau s’étend délavée et se perd dans le néant, mon ami la regarde fixement, je fixe mon ami et personne ne parle. La nuit, on finit par aller s’enfermer dans le fond d’un bistrot, perdus dans la fumée, et on boit. Mon ami a ses rêves (les rêves qu’accompagnent les vagues qui déferlent sont un peu monotones) où l’eau n’est qu’un miroir, entre une île et une autre, de collines que diaprent cascades et fleurs sauvages. C’est comme ça... [Lire la suite]
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15 avril 2022

Salvatore Quasimodo (1901 – 1968) : Temple de Zeus à Agrigente / Tempio di Zeus Ad Agrigento

  Temple de Zeus à Agrigente   La jeune fille assise dans l’herbe relève les cheveux rêches de sa nuque et rit de sa course et du peigne égaré. Elle ne dit pas sa couleur, s’il fut arraché par la main de feu qui salue au loin derrière un amandier, où s’il finit sur la mosaïque du cerf grec au bord du fleuve, ou dans un fossé d’épines violettes. Et elle rit, la folie des sens, elle ne cesse de rire sur sa peau de canicule à midi de l’île, et l’abeille luisante siffle et décoche ses venins, ses pièges pour... [Lire la suite]
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08 février 2022

Eugenio Montale (1896 -1981) : « Ne t’abrite pas à l’ombre... » / « Non rifugiarti nell'ombra... »

Eugenio Montale vu par Tullio Pericoli   Ne t’abrite pas à l’ombre De cette verdure touffue Comme l’autour qui fonce En un éclair dans la touffeur.   Il est temps de laisser la maigre Roselière qui semble assoupie Et de regarder les formes De la vie qui s’effrite.   Nous marchons dans un poudroiement Nacré qui vibre Dans un éblouissement qui englue Nos yeux et nous vide un peu.   Dans le jeu d’arides flots qui croupissent En cette heure de malaise, le sens-tu, Ne jetons pas cependant nos vies... [Lire la suite]
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01 février 2022

Dino Campana (1885 – 1932) : Le chant de la ténèbre / Il canto della tenebra

  Le chant de la ténèbre   La lumière du crépuscule s’atténue : Esprits inquiets douce soit la ténèbre Au cœur qui n’aime plus ! Des sources des sources avons à écouter, Sources, sources qui savent Sources qui savent que des esprits sont là Que des esprits sont là à écouter... Ecoute : la lumière du crépuscule atténue  Et aux esprits inquiets est douce la ténèbre : Ecoute : tu es vaincu par le Sort : Mais pour les cœurs légers une autre vie est à la porte : Il n’est... [Lire la suite]
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