02 septembre 2019

Roberto Veracini (1956 -) : Ce vent a un nom / Questo vento ha un nome

  Ce vent a un nom   S’il est vrai           que « lorsque tout autour est sombre, les yeux                          commencent à voir » alors je vois                          très bien, j’écoute ce vent ... [Lire la suite]
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27 août 2019

Alfonso Gatto (1909 – 1976) : « Les soirs reviendront... / « Torneranno le sere ... »

  Les soirs reviendront   Les soirs reviendront tiédir dans le bleu les places, aux murs blancs la lune, haut, montera de la mer et dans la crue des jardins le vent dru de maisons, d’arbres, d’étoiles passera dans le grand air serein. Reviendront en rêve jusqu’aux voix des familles éclairées au dîner, la rapide ivresse de leur rire.   Ô fenestrelles, puis, loggias, vitres attachées à la vie, à la lueur des frais plaisirs et de regrets, ô lune neuve sur ma mémoire, revenez comme l’aube avec ce chant ... [Lire la suite]
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20 août 2019

Dino Campana (1885 – 1932) : Poésie facile /Poesia facile

  Poésie facile   Paix je ne cherche, guerre ne supporte Tranquille et seul vais par le monde en rêve Empli de chants étouffés. Je désire La brume et le silence en un grand port.   Un grand port empli de voiles, voiles légères Parées à se lancer vers l’horizon azur Doucement ondulant, tandis que le murmure Du vent passe tramant des accords éphémères.   Et ces accords le vent au loin se les emporte Au lointain par-dessus l’océan inconnu. Rêve. La vie est triste et je suis seul   Oh quand oh... [Lire la suite]
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14 août 2019

Eugenio Montale (1896 – 1981) : La bourrasque / La bufera

  La bourrasque   La bourrasque qui fait ruissellement aux feuilles Dures du magnolier les longs coups de tonnerre Printanier et la grêle,   (Les sons cristallins dans ton lit nocturne Te surprennent, d’un or Qui s’éteignit aux acajous, aux tranches des reliures, Il brûle un grain de sucre encor aux coquilles de tes paupières)   Et l’éclair qui blancheur Confit arbres et murs et les surprend en leur Eternité d’instant – et le marbre et la manne Et la destruction – ce que gravé en toi Tu portes... [Lire la suite]
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13 mai 2019

Giuseppe Ungaretti (1888 – 1970) : J’ai tout perdu / Tutto ho perduto

  J’ai tout perdu   J’ai tout perdu de l’enfance, Jamais plus je ne pourrai Perdre mémoire à crier.   L’enfance, je l’ai enfouie Au fond des nuits. A présent, lame invisible, Elle me coupe de tout.   Je me souviens comment j’exultais de t’aimer, A présent je suis perdu Dans l’illimité des nuits.   Désespoir incessant, croissant, La vie ne m’est plus rien, En travers de la gorge, Qu’un roc de cris.   Traduit de l’italien par Philippe Jaccotet In, Giuseppe Ungaretti : « Vie... [Lire la suite]
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18 avril 2019

Cesare Pavese (1908 – 1950) : Paysage VIII / Paesaggio VIII

Paysage VIII   Les souvenirs commencent vers le soir sous l’haleine du vent à dresser leur visage et à écouter la voix du fleuve. Dans le noir l’eau ressemble aux mortes années.   Dans le silence obscur un murmure s’élève où passent des voix et des rires lointains ; bruissement qu’accompagne une vaine couleur de soleil, de rivages et de regards limpides. Un été de voix. Chaque visage enferme pareil à un fruit mûr une saveur passée.   Les regards qui émergent conservent un goût d’herbes et de choses... [Lire la suite]
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15 avril 2019

Salvatore Quasimodo (1901 – 1968) : Devant le gisant d’Ilaria del Carretto / Davanti al simulacro d’Ilaria Del Carretto

  Devant le gisant d’Ilaria del Carretto   Déjà la lune douce éclaire tes collines ; Au long du Serchio en robes bleues et rouges Se promènent d’un pas léger les jeunes filles, Comme de son temps, ô ma chère ; et Sirius Pâlit, de plus en plus on le voit s’éloigner Et la mouette sur les grèves délaissées S’affole. Les amants s’avancent dans la joie Sous le ciel de septembre et leurs gestes soulignent Des mots que tu connais, paroles chuchotées. Ils n’ont plus de pitié. Mais quelle est donc ta plainte,... [Lire la suite]
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21 février 2019

François Pétrarque / Francesco Petrarca (1304 - 1374) : « La vie fuit... » / « La vita fugge... »

    La vie fuit et s’en va ni ne s’arrête une heure Et à marches forcées la mort nous traque et suit Et présent et passé aussi bien que futur Se liguent contre moi pour me livrer combat.   Et me voilà navré tour à tour et autant Par l’attente de l’un, le souvenir de l’autre. J’aurai tôt fait déjà d’être de ces pensées Délivré, si de moi je n’avais eu pitié.   Eprouva-t-il jamais mon cœur mélancolique Les douceurs de la vie ? Il m’en souvient encore. Mais je vois devant moi les vents troubler ma... [Lire la suite]
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14 janvier 2019

Michel-Ange / Michelangelo Buonarotti (1475 – 1564)) : « Tout ce qui naît ... » / « Chiunche nasce... »

  Tout ce qui naît avec le temps expire ; et le soleil ne laisse en vie nulle chose.   S’évanouissent délices et peines et l’esprit des hommes, et les paroles vaines ; et nos progénitures ne sont plus qu’ombres au soleil, et fumée au vent.   Comme vous, nous fûmes des hommes, tristes et joyeux, comme vous, et à présent nous ne sommes que terre au soleil, exsangues.   Toute chose vient à mourir. Jadis nos yeux étaient intacts, chaque orbite avait sa lumière ; ils sont devenus... [Lire la suite]
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20 décembre 2018

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : A se stesso

    A se stesso   Or à jamais tu sommeilles, si harassé, mon cœur. L’ultime mirage s’est éteint, qui me faisait croire éternel. Mort. Je le sens bien, même les rêves les plus chers, y compris l’espoir, se sont fanés. Repose pour toujours. Toi qui a tant palpité. D’aucuns soupirs n’est digne la terre, ni ne mérite tes ardeurs. Rien qu’amertume et ennui, la vie ; et le monde n’est que boue. Sois en paix désormais. Désespère en cet instant ultime. A notre espèce le sort n’a offert que le mourir.... [Lire la suite]
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