08 février 2021

Eugenio Montale (1896 – 1981) : Correspondances

  Correspondances   Tandis qu’un mirage au fond De vapeurs vacille et se perd Autre chose aux arbres annonce La trompette du pivert.   La main qui plonge au sous-bois Et vient transpercer la trame Du cœur par les pointes du chaume, C’est celle qui fait aux étangs Mûrir les cauchemars en or A l’heure où Bassarée avec son char sonore Reporte les glapissements fous des béliers Sur les carreaux arides des coteaux   Toi aussi tu reviens, bergère sans brebis Et sur ma pierre tu te places ? Je te... [Lire la suite]
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01 février 2021

Dino Campana (1885 – 1932) : L’espérance (sur le torrent nocturne) / La speranza (sul torrente notturno)

  L’espérance (sur le torrent nocturne)     Pour l’amour des poètes Princesse des rêves secrets Dans les ailes des vives pensées répète répète Ô princesse tes chants : Toi chevelue de chants muets Pâle amour des errants Etouffe les pleurs inéteints Donne trêve aux amours secrètes : Qui les taciturnes portes Veille que la Nuit A ouvertes sur l’infini ? Penchent les heures : avec le rêve évanoui Penche le pâle Sort..................................... ... [Lire la suite]
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20 décembre 2020

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : A la lune / Alla luna

Giacomo Leopardi sur son lit de mort   A la lune   Ô favorable Lune, je me rappelle, Sur ce col même – voilà, l’année revient -, Je venais te mirer plein d’angoisse ; Et tu pendais alors sur cette sylve, L’éclairant toute, comme aujourd’hui. Mais brumeux, incertain, par les pleurs Qui montaient sous mes cils, à mes yeux, Paraissait ton visage, car un supplice Etait ma vie, ; et depuis rien n’a changé d’elle, Bien-aimée Lune. Et cependant me plaît La souvenance, et de compter les âges De ma douleur. Ô... [Lire la suite]
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07 décembre 2020

Giovanni Pascoli (1855 – 1912) : Fides

  Fides   Lorsque brillait le soir vermeil Et que le cyprès avait l’air D’être en or fin : « Tout là-haut un verger Est ainsi fait », disait la mère A son enfant. Dans son sommeil Celui-ci rêve des forêts d’or, Tandis qu’au coeur de la nuit sombre Le cyprès pleure dans la tempête Et à l’assaut du vent tient tête.   Traduit de l’italien par Sicca Vernier in, « Poètes d’Italie. Anthologie, des origines à nos jours » Editions de la Table Ronde, 1999   Fides Quando brillava... [Lire la suite]
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22 novembre 2020

Giovambattista Marino (1569 – 1625) : Polyphème et Galatée

  Polyphème et Galatée   « Je suis laid, mais qu’importe ! Et même si ma barbe N’est qu’un roncier piquant qui couvre mon visage, Si ma poitrine et mon dos sont noirs et toisonnent, Si mes cheveux ne sont qu’une épaisse broussaille   Ne me méprise point, mon enfant, ma mignonne ! Sous ma laideur se cache un amour si brûlant ; Car la mer enfouit dans une dure enveloppe L’inestimable chair de bien des coquillages.   Non, ne te gausse pas de mon immense torse, Puissant et... [Lire la suite]
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27 août 2020

Alfonso Gatto (1909 – 1976) : Et tu m’écouteras / E tu m'ascolterai

  Et tu m’écouteras   Dans ce grand silence où l’aube arrive des ports de brumes, aux vitres d’une maison étrangère, je parlerai de la vie perdue comme un rêve et tu m’écouteras au cœur de ton froid, fermant peu à peu les yeux, bleue.   Puis descendra sur le monde la paix de tes mains, finalement sauve sans peur d’être troublée. Et nous croirons porter en nous avec nos premiers espoirs une autre vie : au souffle d’une vois désormais lointaine comme la lune morte du matin.   Traduit de... [Lire la suite]
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20 août 2020

Dino Campana (1885 – 1932) : Bâtiment en voyage / Bastimento in viaggio

  Bâtiment en voyage (anciennement : Fragment)   Le mât oscille par touches dans le silence. Une lumière ténue blanche et verte tombe du mât. Le ciel limpide à l’horizon, chargé vert et doré après la bourrasque. Le cadre blanc de la lanterne en haut Illumine le secret nocturne ; depuis la fenêtre Les cordages d’en haut à triangle d’or Et un globe blanc de fumée qui n’existe pas comme musique Au-dessus du cercle avec les touches de l’eau en sourdine.   Traduit de l’italien par Irène Gayraud et... [Lire la suite]
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14 août 2020

Eugenio Montale (1896 – 1981) : Bateaux sur la Marne / Bache sulla Marna

  Bateaux sur la Marne   Bonheur du liège abandonné au flot Du courant Qui se détrempe autour de ces ponts renversés Et de la pâle pleine lune par le soleil : Bateaux sur la rivière, argiles dans l’été Et là un croupissant murmure de cités. Suis de rames le pré si tu vois le chasseur De papillons venir porteur de son filet, La tremblaie sur la muraille où c’est un sang De dragon qui se redit dans le cinabre.   Voix sur le fleuve et vous éclats des rives Ou rythmique scandement de la pirogue A... [Lire la suite]
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28 juillet 2020

Guido delle Colonne (1210 – 1287) : « Amour, qui si longuement m’as mené... » / « Amor, che lungiamente m’hai menato... »

    Amour, qui si longuement m’as mené A courte bride et sans perdre haleine, Je t’en supplie, relâche un peu les rênes, Je suis fourbu de cette rude course. J’ai enduré à ce jour trop de maux Pour vous, ma dame, à qui je suis plus lige Que ne l’est à son maître un haschischin Consentant à mourir par loyauté.      Aimer est un délicieux supplice, Et bien le nomme-t-on un doux martyre, Mais cependant, ma dame, ayez pitié Du grand chagrin qui me ronge et dévore : Ce mal n’est doux que... [Lire la suite]
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13 mai 2020

Giuseppe Ungaretti (1988 – 1970) : La mort méditée (1,2,5,6) / La morte meditata (1,2,5,6)

La mort méditée   Chant premier   O toi sœur de l’ombre, Nocturne, d’autant plus que le jour a de force, Tu me poursuis, ô mort.   C’est dans un jardin pur Qu’une convoitise ingénue te donna le jour Et la paix sur ta bouche Fut perdue, mort pensive.   Et depuis ce moment, dans le flux de l’esprit Je t’entends Approfondir les distances, Emule souffrant de l’éternel.   Mère venimeuse des temps Dans la peur du battement de cœur La peur de la solitude,   Beauté punie et riante, ... [Lire la suite]
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