20 décembre 2022

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : Le passereau solitaire / Il passero solitario

  Le passereau solitaire        Du sommet de l’ancienne tour Vers la campagne, passereau solitaire, Tu vas chantant jusqu’à la mort du jour, Et dans ce val errent tes mélodies. A l’entour, le printemps Rayonne dans les airs, exulte dans les champs, Si bien qu’à le voir le cœur se fait plus tendre. On entend bêler les troupeaux, mugir le bétail. Joyeux, les autres oiseaux, comme à l’envi, Tournoient dans le ciel libre, Célébrant ainsi le plus beau de leur temps. Toi, songeur, à l’écart tu... [Lire la suite]
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22 novembre 2022

Giovambattista Marino (1569 - 1625) : Au Sommeil / Al Sonno

  Au Sommeil   Toi, enfant du Silence et de la Mort, Père de visions, fictives et charmantes, C’est sur tes pas sans bruit, Sommeil aimable, Qu’au Ciel d’Amour souvent montent nos âmes ;   Lorsque chacun, sauf moi, au sein des ombres, Légères et clairsemées, se repose et dort, Laisse, je t’en prie, les grottes cimmériennes Et l’Erèbe, aussi noir que mes pensées,   Et viens consoler mon désir inassouvi Avec ton oubli, doux et tranquille, et avec Son beau visage qui me ravit et m’apaise.  ... [Lire la suite]
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01 novembre 2022

Giuseppe Ungaretti (1888 – 1970) : Ironie / Ironia

  Ironie        Je sens le printemps dans les noirs rameaux tout endoloris. Ne peuvent le saisir, à cette heure seule, que les rares flâneurs perdus en leurs songes.      C’est l’heure des fenêtres écloses, mais      la tristesse de ces retours m’a ravi le sommeil.      A l’aube prochaine, un voile vert-tendre s’épandra de ces arbres, que la nuit mourante connut desséchés.      Dieu ne s’accorde nul repos. ... [Lire la suite]
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19 octobre 2022

François Pétrarque / Francesco Petrarca (1304 - 1374) : « De mon visage il pleut larmes amères... » / « Piovonmi amare lagrime d

  XVII De mon visage il pleut larmes amères, Avec un vent tout d’angoisseux soupirs, Quand il advient que je tourne les yeux Vers vous, par qui m’est étranger le monde.   Doux et clément, il est vrai, le sourire Vient apaiser de mes désirs l’ardeur Et me soustraire au bûcher du martyre, Tant que je vous regarde sans bouger.   Mais mes esprits se glacent quand je vois, Lors du départ, vos mouvements suaves Qui loin de moi entraînent mes étoiles.   Puis par les clés de l’amour libérée, De mon cœur... [Lire la suite]
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06 octobre 2022

Salvatore Quasimodo (1901 – 1968) : La pie noire rit sur les orangers / Ride la gazza, nera sugli aranci.

  La pie noire rit sur les orangers   C’est peut-être un signe avéré de la vie : autour de moi des enfants aux légères oscillations de tête dansent en un jeu de cadences et de voix le long du pré de l’église. Pitié du soir, ombres rallumées sur l’herbe si verte, sublimes dans le feu de la lune ! La mémoire vous accorde un bref sommeil ; maintenant, réveillez-vous. Le puits résonne de la première marée. C’est l’heure : non plus mienne, simulacres anciens et  brûlés. Et toi, vent du sud... [Lire la suite]
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05 octobre 2022

Cesare Pavese (1908 – 1950) : Manie de solitude / Mania di solitudine

Huile sur toile de Laura Oréni, 2011   Manie de solitude   Je dîne légèrement à la claire fenêtre. Il fait déjà noir dans la chambre et l’on voit dans le ciel. Dehors, les rues tranquilles mènent en pleine campagne au bout de peu de temps. Je mange et je regarde le ciel - qui sait combien de femmes sont en train de manger à cette heure – et mon corps est tranquille ; le travail étourdit chaque femme et mon corps.   Dehors, après le dîner, les étoiles viendront et toucheront la terre, sur la plaine sans... [Lire la suite]
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23 septembre 2022

Compiuta Donzella (XIIIéme siècle) : « En la saison où tout est en fleur... » / « A la stagion che ‘l mondo foglia ... »

  Printemps triste   En la saison où tout est en fleur et feuillole, Tous les amants courtois sont en grande liesse ; Alors dans les vergers se promènent les couples Aux charmants gazouillis des oisillons en chœur.   Tout noble damoiseau dès lors tombe amoureux Et chacun à l’envi courtise son élue ; Si chaque jouvencelle a le cœur en fête, Moi, je ne suis qu’en pleurs et dans le désarroi.   Mon père m’a plongée dans le doute et l’angoisse, Souvent il me harcèle et me fait bien souffrir, ... [Lire la suite]
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20 août 2022

Dino Campana (1885 – 1932) : Le soir de la foire / La sera di fiera

  Le soir de foire   Le cœur ce soir me dit : tu ne sais pas ? La rose-brune enchanteresse Dorée d’une chevelure blonde : Aux yeux brillants et bruns celle qui de grâce impériale Enchantait la rosée Fraîcheur des matins : Et toi tu poursuivais dans l’air La fraîche incarnation d’un rêve matinal : Et elle se plaisait à vaguer quand le rêve Et le parfum voilaient les étoiles (Que tu aimais à regarder derrière les portails Les étoiles les pâles nocturnes) : Qui se plaisait à passe... [Lire la suite]
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17 août 2022

Antonella Anedda (1958 -) : « Ce sera exactement... » / « Davvero come adesso... »

  A Sofia, 19 novembre 1993 Ce sera exactement comme aujourd’hui, l’olivier sur le balcon le vent qui transforme les nuages. Au-delà du siècle dans les crépuscules que ni toi ni moi ne verrons quand les années seront des branches avec quoi pousser des choses sans destination dans les soirs ou d’autres gens se regarderont comme en ce moment dans le sommeil, l’obscurité pareils à des moulages de volcan inclinés dans la cendre blanche.   Je replie le drap, j’éteins la dernière lampe. J’attends que tes tempes... [Lire la suite]
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14 août 2022

Eugenio Montale (1896 – 1981) : Midi / « Gloria del disteso mezzogiorno... »

  Midi   Midi triomphe en nappes étendu, Lorsque les arbres n’ont pas d’ombre Et qu’alentour de plus en plus Tout rutile dans ce trop-plein d’éclat.   Soleil, au zénith, - et la berge et ses galets. Ma journée n’est donc point passée : Ce mur clos me cache à la fois La pâleur du couchant et l’heure de ma joie.   Sécheresse, autour ; un martin-pêcheur en quête Virevolte sur un reste de vie. Après le morne ennui la bonne pluie, Mais dans l’attente gît la joie la plus parfaite.   ... [Lire la suite]
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