09 mars 2021

Hadassa Tal (1953 -) : Fille

       Fille Peut-être vais-je révéler ton nom le crier, le crier lentement le respirer peut-être vais-je le taire l’unir à l’ivresse du raisin pressé le siroter et grogner, imbibée de vent murmurer un hymne aux herbes marines le dégorger de rochers suant dans la lumière, pieds dans l’eau peut-être vais-je y déchirer le silence le déposer dans le ventre d’une cigale et dans les éboulis de sa voix, ton nom s’élèvera si pleinement humain, comblant de douceur la vie. Peut-être… peut-être vais-je... [Lire la suite]
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24 novembre 2020

Yehuda Amichaï (1924 – 2000) / יהודה עמיחי : « Mon fils a un parfum de paix... »

  Mon fils a un parfum de paix quand je me penche sur lui ce n’est pas que l’odeur du savon.   Chacun de nous a été un enfant au parfum de paix (Et dans tout le pays il n’y a plus un seul moulin à vent qui tourne)   O pays déchiré comme des vêtements qui ne peuvent plus être rapiécés et de durs et solitaires ancêtres dans les caveaux. Silence mutilé d’enfants.   Mon fils a un parfum de paix le ventre de sa mère lui a promis ce que Dieu ne peut nous promettre.   Traduit de l’hébreu par... [Lire la suite]
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11 juin 2020

Haïm Gouri (1923 – 2018) / חיים גורי : « Autrefois une colombe... »

  Autrefois une colombe descendit sur mon épaule, des cieux, très légère, des toits de la ville compatissante.   Nous étions silencieux tous deux une heure entière et le vent entre nous. Je voulais lui dire : innocente colombe, colombe innocente, j’ai trouvé un abri pour toi.   Autrefois une colombe se précipita vers mon épaule. Blanche, chaude.   Quand je la touchai de mes lèvres son plumage devint rouge.   Traduit de l’hébreu par Michel Eckhard et Benjamin Ziffer in, Revue... [Lire la suite]
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14 mars 2020

Yaïr Hurwitz (1941 - 1988) / יאיר הורביץ : Unité du gris

  Unité du gris   Je m’assieds et regarde par la fenêtre ; Je ne vois ni arbre ni nuage où m’accrocher.   Crépuscule naïf réveillant la lumière.   la lumière de la lampe n’est plus un message. A moi avec moi je m’assieds et parle. Ma moitié et ma chair ne comprend pas ma langue, ne s’envole pas.   A la fenêtre un bruissement ou un bruit froid ; Aux persiennes, lentement, se débat une splendeur de lumière. Le gris de l’automne passe, le printemps aussi émiette les aiguilles de la... [Lire la suite]
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13 mars 2020

La Bible : Le Cantique des cantiques

Marc Chagall : "Les Amoureux de Vence", 1957   Le cantique des cantiques   TITRE ET PROLOGUE   L’Epouse.      Qu’il me baise des baisers de sa bouche.      Tes amours sont délicieuses plus que le vin ;      l’arome de tes parfums est exquis,      ton nom est une huile qui s’épanche,      c’est pourquoi les jeunes filles t’aiment.      Entraîne-moi sur tes pas, courons ! ... [Lire la suite]
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12 février 2020

Nathan Zach (1930 -) / נתן זך : « Je voudrais toujours des yeux pour voir... »

  Je voudrais toujours des yeux pour voir la beauté du monde et louer cette beauté merveilleuse, sans défaut, et louer celui qui l’a faite belle à louer et pleine, si pleine de beauté.   Et je ne voudrais jamais être aveugle à la beauté du monde tant que je vis. Je renoncerais à d’autres chose, mais je ne me lasserais de voir cette beauté où je vis où mes mains se promènent comme des bateaux et pensent et font ma vie courageusement, et non moins que cela, patiemment, d’une patience infinie.   Et je ne... [Lire la suite]
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14 mars 2019

Yaïr Hurwitz (1941 – 1988) / יאיר הורביץ : « L’image du malheur à ma fenêtre... »

  L’image du malheur à ma fenêtre. Aussi quand je sors, l’image m’accompagne. Je m’imagine en arbre. Il me plaît de ressembler à un arbre grandissant qui fait pousser des feuilles, donne des fruits qui accomplissent la promesse de la terre. Mais à vrai dire je ressemble plutôt à un champ qui, à l’heure du désir se remplit de fleurs, et quand une pensée le croise comme un vent passager, les arbres approfondissent les racines jusqu’aux bas-fonds .Et entre nous soit dit, quand l’image du malheur est à ma... [Lire la suite]
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13 mars 2019

La Bible : Le livre de consolation

Rembrandt : "Moïse brisant les tables de la loi", 1659. (Gemädegalerie, Berlin)   Le livre de consolation   I Consolez ma nation, consolez-la, dit Dieu, Parlez au coeur de Jérusalem, criez-lui Qu’est fini son servage et acquitté son crime,                Qu’elle a payé double rançon.   La voix crie : Tracez au désert l’allée de Dieu, Préparez-lui sa chaussée à travers la steppe, Comblez le précipice et rasez la montagne, ... [Lire la suite]
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12 février 2019

Nathan Zach (1930 -) / נתן זך : « Parfois très tard dans la nuit... »

  Parfois très tard dans la nuit je me mets à jouer. Que faut-il de plus à l’homme. Il a besoin de si peu  pour survivre   ici-bas, sans parler de mondes meilleurs, qui l’attendent peut-être dans un avenir caché. Sûrement, si peu. Mes mains exercées   glissent sur les touches et je joue. Oh, si je savais jouer. Mais on peut ainsi. Je n’ai pas la jalousie de Saül. Il faut si peu à l’homme pour retrouver la paix   nocturne cette nuit. Tu sembles presque sauvé, pour vivre ici de même, dans ce... [Lire la suite]
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24 septembre 2018

Amir Gilboa/ אמיר גלבע (1984 – 1917) : « Très loin à perte de vue... »

  Très loin à perte de vue la vie bouillonne. Tout le monde habillé de fête les hommes et les femmes.   Et les fleurs d’amandier fleurissent sur les cannes des hommes Et une calme brise matinale murmure aux yeux des femmes.   Et la mort n’a pas de vie et la vie n’a pas de mort.                  Une rue entière marche.   L’écho emporte la voix et la voix emporte l’écho   ... [Lire la suite]
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