10 février 2019

Octavio Paz (1914 – 1998) : La fille et le printemps / Primavera y muchacha

  La fille et le printemps        Sur sa tige de chaleur se balance      La saison indécise                                         Là-bas      Un grand désir de voyage agite      Les entrailles glacées du lac      Des... [Lire la suite]
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10 février 2018

Octavio Paz (1914 – 1998) : Source

 Source   Parle laisse tomber une parole Bonjour j'ai dormi tout l'hiver et maintenant je me réveille Parle           Une pirogue glisse vers la lumière Une parole légère avance à pleines voiles Le jour a la forme d'un fleuve Sur ses rives brillent les plumes de tes chants Douceur de l'eau dans l'herbe endormie Eau claire voyelles à boire Voyelles pour garnir un  front des chevilles Parle           Touche... [Lire la suite]
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20 avril 2017

Efraín Bartolomé (1950 - ) : Rivière nocturne

  Rivière nocturne   On ne peut rien contre la pluie Rien contre la rivière noire Qui descend jusqu’au fond boueux du village   Rivière de nuit qui tombe crie fouette incendie tremble bruit gifle la terre, le vent, et octobre qui naît et la mémoire      gorgée d’eau de vie en tombant dans les brasiers insomniaques   Il y eut des années où le ciel venait  Egal Battre les toits comme un tambour et le manguier luxuriant de la cour avait tout l’air d’être forêt pareil à... [Lire la suite]
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10 février 2017

Octavio Paz (1914 – 1998) : Hymne parmi les ruines / Himno entre ruinas

  Hymne parmi les ruines   Couronné de lui-même le jour étend ses plumes. Cri jaune si haut levé, jet brûlant au centre du ciel, impartial et salutaire ! Les apparences sont belles dans leur vérité instantanée. La mer escalade la côte, prend appui entre les roches,  éblouissante araignée; la blessure violacée du mont resplendit, une poignée de chèvres est un troupeau de pierres; le soleil pond son œuf d’or et se répand sur la mer. Tout est dieu. Statue brisée, colonnes mangées de lumière, ruines... [Lire la suite]
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20 avril 2016

José Luis Rivas (1950 - ) : Une rivière

  Une rivière   Du haut du rocher les enfants versent leurs semences. Près de la rive des poissons–lune vif-argent se poursuivent, violents à l’ombre d’un crâne assoupi : seule leur peau lustrale s’offre fraîche au midi qu’immolent de leurs éclats l’absence de la brise et le battement calme des vagues. Aucun bateau à moteur ne vogue à cette heure Etendue à son aise comme un fleuve parallèle…   La chasse aux acamayas cachés sous les pierres occupe les plus petits qui s’agenouillent avec précaution... [Lire la suite]
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17 février 2016

Octavio Paz (1914 - 1998) : Pierres de soleil / Piedra de sol

    Pierres de soleil                                                                      La Treizième revient... C’est encor la première, ... [Lire la suite]
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13 novembre 2015

José Emilio Pacheco (1939- 2014) : Les ruines de Mexico (Elégie du retour) / Las ruinas de México (Elegia del retorno)

  Les ruines de Mexico (Elégie du retour) « Tout à coup, la terre fut violemment secouée… » Actes des Apôtres, 16 :26   « Je retournerai à la ville que j’aime le plus après tant de malheur, mais je ne serai plus qu’un étranger dans ma ville. » Luis G. Urbina : Elegia del retorno, (1916)   1 Absurde est la matière qui s’écroule, la matière pénétrée de vide, la creuse. Non : la matière ne se détruit pas, la forme que nous lui donnons se désagrège, nos œuvres se... [Lire la suite]
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24 octobre 2015

Francisco Serrano ( 1949 - ) : Vapeur

  Vapeur   Nous vivons dans un rêve, la mort nous éveille. Purs, impalpables habitants d’un triste royaume sans concession. Yeux secs, absents, corps nus abîmés, paupières sans repos, les bouches édentées. Nous sommes sans repos. Nous errons dans l’ombre, sous un ciel sans astres. Esprits violets dans une attente futile, nous sommes les rejetés, les sans voix, les insomniaques.   Nous nous déplaçons en cercles dans les plaines nues d’une terre sans larmes, terre sans mémoire, noir pays... [Lire la suite]
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05 octobre 2015

Elías Nandino (1903 – 1993) : Corps nocturne / Nocturno cuerpo

  Corps nocturne   Quand, la nuit, seul, dans les ténèbres, fatigué de je ne sais quel épuisement mon corps s’effondre et s’accommode à l’impassible surface obscure qui lui sert d’appui et de linceul, je m’étends aussi et je me limite au contour désarmé qui me livre à l’île de l’oubli où l’on se perd.   Séparé de lui et fondu en lui, je me souviens que je le porte tout le jour comme prison de fièvre qui m’opprime, comme lèvres qui tiennent d’autres discours, comme instinct qui se moque de mes désirs ... [Lire la suite]
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17 avril 2015

Jaime Sabines (1926 - 1999) : « ce n’est qu’en rêve... / sólo en sueños … »

  Ce n’est qu’en rêve, ce n’est que dans l’autre monde du rêve que je te rejoins, à certaines heures, quand je ferme les portes derrière moi. Moi qui ai tant méprisé ceux qui rêvent, me voici à mon tour ensorcelé, pris au filet. Avec quelles délices morbides je te fais entrer dans la maison abandonnée pour t’aimer mille fois d’une même façon différente ! Ces endroits que nous connaissons tous deux chaque nuit nous attendent comme un vieux lit et dans l’obscurité il y a des choses qui nous sourient. J’aime te... [Lire la suite]
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