05 août 2020

Luis Mizón (1942 -) : Fantôme / Fantasmas

  Fantômes   1 Nous avons mangé des anguilles frites des cervelles d’agneau du riz des testicules de taureau des gâteaux au gingembre et bu du vin.   Que l’on amène à table les fous incurables qui caressent un cheval fantôme. Ceux qui marchent la nuit parmi les cris et les tambours dans les couloirs des hôpitaux et les villes inconnues. Ceux qui dorment sur un dessin de fleurs en tremblant comme bêtes pures dans leur labyrinthe de sable. Ceux qui regardent le feu de loin sans oser s’approcher. Que... [Lire la suite]
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29 mai 2020

Óscar Arturo Hahn (1938 -) : Le corps interroge l’âme / El cuerpo le pregunta al alma

  Le corps interroge l’âme   Te souviendras-tu de moi après ma mort ? Te souviendras-tu du visage que tu avais lorsque tu habitais ma chair et que j’étais la demeure de tes nuits et de tes jours ?   Libérée du temps et de l’espace à quel moment te languiras-tu de moi ? et dans quel lieu prendras-tu le temps de te souvenir de l’amour avec son miel et ses poisons ?   Âme qui te dissous dans le tout quand perdue dans l’incommensurable tu penseras à moi  je serai cendres ... [Lire la suite]
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02 novembre 2019

Pablo Neruda (1904 – 1973 ) : Le paresseux / El perozoso

    Le paresseux   Continueront voyager choses de métal entre les étoiles des gens s’exténueront monter pour violer la lune douce là-bas fonder leurs pharmacies   En ce temps de vendanges pleines le vin chez nous commence à vivre de la mer à la Cordillère Au Chili dansent les cerises chantent des fillettes obscures et dans les guitares l’eau brille   Le soleil joue à toute porte Et fait miracles pour le blé Le premier vin est rosé Il est doux comme un enfant tendre Le second vin est vin... [Lire la suite]
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01 octobre 2019

Vicente Huidobro (1893 – 1948) : Chemin inutile

  Chemin inutile   Couper le soupir de l’infini jailli de notre cœur Couper le soir aux grand seins désolés La peur des lèvres avant que ne monte le chant La peur de la montagne devant la lune Et du temps en ma tête devant le temps vide   Je foule mon chant désespéré Cherchant le coin secret de moi-même Sans crainte de tomber sur mes montagnes Sans crainte de la tempête qui se prépare en mes yeux Je parcours mon navire Je piétine ce squelette sans retour et sans tristesse Je marche je marche Menacé par... [Lire la suite]
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05 août 2019

Luiz Mizon (1942 -) : Arbre / Árbol

    Arbre   1 L’arbre apaise ta folie. Le bon remède est d’écouter les pauses mélodieuses d’un eucalyptus qui grandit sur un fleuve souterrain lorsque midi brûle la plume d’un vieux récit de cigales.   Les feuilles mortes dessinent les mains du harpiste.   2 Comment tolérer cette vie qui n’a jamais été la mienne autrement que par les racines où s’assoient les musiciens autrement que par la mouette qui se reflète dans mes lunettes noires et que par le joueur d’échecs qui montre ses... [Lire la suite]
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02 novembre 2018

Pablo Neruda (1904 – 1973) : « Que ne t’atteigne pas l’air... » / « No te toque la noche... »

  Que ne t’atteigne pas l’air, l’aurore, la nuit, mais seulement la terre, et la vertu des grappes, et la pomme qui pousse en entendant l’eau pure, la résine et la boue de ta terre odorante.   Depuis Quinchamali où tes yeux furent faits jusqu’à tes pieds créés pour moi sur la Frontière tu es la glaise obscure et que je reconnais : tout le blé je le touche à nouveau sur tes hanches.   Et peut-être l’ignorais-tu, mon Araucane, lorsque avant de t’aimer j’oubliai tes baisers qu’il me restait au coeur... [Lire la suite]
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01 octobre 2018

Vicente Huidobro (1893 – 1948) : L’homme triste

  L’Homme triste   Sur mon cœur il y a des voix qui pleurent Ne plus penser à rien ! Le souvenir et la douleur se dressent Prends garde aux portes mal fermées.   Les choses s’ennuient Dans la chambre Derrière la fenêtre où le jardin se meurt les feuilles pleurent Et dans le foyer tout s’écrase   Tout est noir Rien ne vit que dans les yeux du chat   Sur la route un homme s’en va L’Horizon parle dans le crépuscule il s’efface   La mère est morte sans rien dire Et dans ma... [Lire la suite]
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05 août 2018

Luis Mizón (1942 -) : Retour / Retorno

  Retour   1 Je suis ici pour oublier tout dans mes mots pour partir en voyage et revenir sans rien par le chemin manuscrit des chênes poussiéreux.   2 Les visages en passant laissent dans les miroirs des échos vulnérables cendres et murmures semences que la main serre pour enfin trouver le cri   3 Mémoire et écriture voix et semences. Je reviens lentement à mon origine archaïque. Je reviens les yeux enterrés. Je devine mon visage sous les cendres qui couvrent les miroirs ou en touchant... [Lire la suite]
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02 novembre 2017

Pablo Neruda (1904 – 1973) : Hauteurs de Macchu-Picchu / Alturas de Macchu-Picchu

  Hauteurs de Macchu-Picchu   VI Alors, j’ai monté sur l’échelle de la terre, Parmi l’atroce enchevêtrement des forêts perdues,   Jusqu’à toi, Macchu-Picchu.   Haute cité de pierres escalières, La demeure, enfin, de ce que la terre Ne dissimula pas sous des vêtements endormis. En toi, comme deux lignées parallèles, Le berceau de l’éclair et celui de l’homme Se balançaient dans un vent d’épines.   Mère de pierre, écume des condors.   Hauts récifs de l’aurore humaine.   Pelle... [Lire la suite]
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05 août 2017

Luis Mizón (1942 -) : Vent du Sud / Viento Sur

  Vent du sud 1 Le vent apporte de nouveau une poussière de voix théâtrales des prières émanant des tavernes du Sud des paroles volées dans des mariage de gens pauvres des fleurs difformes des échos domestiques   Et soudain il nous offre le silence où parle un ami à n’importe quel moment de la nuit   2 Viens sous l’ombre vert clair écouter les pas absents là où la vague efface sur l’asphalte les pas absents. Viens parmi les affiches du vent du Sud et les pas absents. Taches rouges ferraille toiles... [Lire la suite]
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