18 mai 2017

Ángel González (1925 - 2008) : Anniversaire d’Amour / Cumpleaños de amor

  Anniversaire d’amour   Comment serai-je quand je ne serai plus ? Quand le temps aura modifié ma structure, et que mon corps sera un autre corps, mon sang un autre sang, autres mes yeux, autre ma chevelure. Je penserai peut-être à toi. Et mes corps successifs, sûrement, - me prolongeant, vivant, vers la mort – passeront de main en main, de cœur en cœur, de chair en chair, la réalité mystérieuse qui décide de ma tristesse quand tu t’éloignes et qui m’obliges, aveuglément, à te chercher, et qui,... [Lire la suite]
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11 mai 2017

Francisco Brines (1932 -) : Se regardant dans la fumée / Mirándose en el humo

  Se regardant dans la fumée        Quand l’homme a planté son menton dans sa main et fermé les yeux pour voir la fumée de sa vie, il n’a vu qu’une succession de gestes, de pas fatigués,      des ombres,   des ombres : là-bas, en un point de sa vie, une terreur, et, plus terrible encore, les joies maintenant vaines. Si quelques ombres luttent pour retrouver une forme (elles, qui furent pour lui plus vivantes que sa propre vie), dans sa mémoire le temps les... [Lire la suite]
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27 avril 2017

Pablo García Baena (1923 -) : Quand les messagers… / Cuando los mensajeros…

  Quand les messagers…   Quand les messagers frapperont aux volets et que leurs voix, à travers le bois vermoulu, pénétrera tel un vent de musique et d’argent, ô cœur, ne crains rien, ne tremble pas, mon amour. Un souffle de destin éteindra la flamme entre les lèvres et dans les barques de l’été les rameurs fleuris se tairont      à jamais. La main, sur les cordes de quelque noble instrument, demeurera, et la chanson, oiseau inachevé, cherchera son nid dans les gemmes brillantes et... [Lire la suite]
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25 avril 2017

José Hierro (1922 – 2002) : La rencontre

  La Rencontre A Rafael Alberti   Un jour je dirai : bienvenue à la maison. Voici ton feu. Bois ton vin dans ton verre, Regarde le ciel, romps le pain. Comme tu as été long. Tu as erré sous les constellations du Sud, navigué sur les fleuves aux sonorités multiples. Que ton voyage a été long. Je te trouve fatigué. Ne me demande rien. Donne à manger à tes chiens, entends la chanson du peuplier. Ne me pose aucune question, ne me demande rien.   Si je parlais, tu pleurerais. Si tu mettais tes... [Lire la suite]
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03 février 2017

José Gutiérrez (1955 - ) : La mort que je n’ai pas eue

  La mort que je n’ai pas eue   Longue est la journée de celui qui attend en vain le mot qui le lavera de l’angoisse de s’être trompé. Il sait que le temps ne concède pas cette chimère à celui qui a tissé ses heures avec aveuglement, à celui qui n’a pas écouté la voix qui était la clé de son jardin secret. Il voit la nef s’éloigner dans la brume étrangère de l’oubli. Plus jamais la mémoire ne pourra le sauver. Il redoute son destin, sa solitude ; il n’ y a pas d’échappatoire. Sur son chemin il ne croise... [Lire la suite]
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29 janvier 2017

Jean de La Croix / Juan de La Cruz (1542 – 1591) : « Au sein d'une nuit obscure… » / En una noche oscura… »

        Au sein d'une nuit obscure  Brulante d'un amour plein d'angoisse,     Oh! quelle heureuse aventure !        Je sortis sans être vue, Quand tout, chez moi, déjà reposait...            A l'obscur, en sûreté,    Par l'escalier secret, déguisée,    Oh ! quelle heureuse aventure !         A l'obscur et en cachette Quand tout, chez moi, déjà reposait...         Au sein de... [Lire la suite]
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19 décembre 2016

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : Embuscade / Sorpresa

  Embuscade Il est resté mort dans la rue, un poignard dans la poitrine, Personne ne le connaissait. Comme tremblait la lanterne ! Mère, Comme elle tremblait la petite lanterne  de la rue ! C’était au petit matin. Personne ne put se pencher sur ses yeux ouverts à l’air dur. Et il resta mort dans la rue, un poignard dans la poitrine, Et personne ne le connaissait.   Traduit de l’espagnol par Félix Gattegno In, Romancero gitan et poèmes, Editions Seghers, 1964 Du même auteur : La... [Lire la suite]
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08 décembre 2016

Antonio Machado (1875 – 1939) : Aube sur Valence / Amanecer en Valencia

 Madrid, Café de las Salesas. 8 Décembre1933   Aube sur Valence   Ces rafales de mars dans les mansardes du temps - vers la mer; la colombe au plumage tournesol, les tulipes géantes du jardin, et le soleil qui se découvre,   boule de feu dans la brume mauve, et rend lumineuse la terre levantine... bouillonnement de lait et d'argent, d'écume et d'azur, et des voiles blanches sur la mer latine!   Valence aux printemps féconds, pays de vergers fleuris et de rizières, Heureux je suis, je veux... [Lire la suite]
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04 décembre 2016

Antonio Gamoneda (1931 - ) : « Je sais que l’unique chant… »

  Je sais que l’unique chant, de tous les chants anciens le seul digne, l’unique poésie, est celle qui se tait et aime toujours ce monde, cette solitude qui rend fou et vous dépouille.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet « Poésie espagnole. Anthologie 1945 – 1990 » Acte sud / Editions Unesco, 1995   Du même auteur : « Vois / la fugacité sylvestre… » (04/12/2017) « Il existait tes mains... » / « Existían tus manos... » (04/12/2018) Blues de... [Lire la suite]
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25 novembre 2016

José Agustín Goytisolo (1928 - 1999) : J’invoque / Yo invoco

  J’invoque   Clarté, ne t’éloignes pas de mes yeux, n’humilie pas la raison qui m’encourage à poursuivre. Ecoute, derrière mes paroles, le cri des hommes qui ne peuvent pas parler. Au nom des coups reçus, de leur lutte engagée contre le mur de l’ombre, je te demande de persister dans ton éclat, d’illuminer ma vie, de rester avec moi, clarté.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet In, « Poésie espagnole. Anthologie 1945 1990 » Actes Sud / Editions Unesco, 1995 Du même... [Lire la suite]
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