08 décembre 2016

Antonio Machado (1875 – 1939) : Aube sur Valence / Amanecer en Valencia

  Aube sur Valence   Ces rafales de mars dans les mansardes du temps - vers la mer; la colombe au plumage tournesol, les tulipes géantes du jardin, et le soleil qui se découvre,   boule de feu dans la brume mauve, et rend lumineuse la terre levantine... bouillonnement de lait et d'argent, d'écume et d'azur, et des voiles blanches sur la mer latine!   Valence aux printemps féconds, pays de vergers fleuris et de rizières, Heureux je suis, je veux chanter ton passé,   Toi qui dompte une large... [Lire la suite]
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04 décembre 2016

Antonio Gamoneda (1931 - ) : « Je sais que l’unique chant… »

  Je sais que l’unique chant, de tous les chants anciens le seul digne, l’unique poésie, est celle qui se tait et aime toujours ce monde, cette solitude qui rend fou et vous dépouille.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet « Poésie espagnole. Anthologie 1945 – 1990 » Acte sud / Editions Unesco, 1995   Du même auteur : « Vois / la fugacité sylvestre… » (04/12/2017) « Il existait tes mains... » / « Existían tus manos... » (04/12/2018) Blues de... [Lire la suite]
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25 novembre 2016

José Agustín Goytisolo (1928 - 1999) : J’invoque / Yo invoco

  J’invoque   Clarté, ne t’éloignes pas de mes yeux, n’humilie pas la raison qui m’encourage à poursuivre. Ecoute, derrière mes paroles, le cri des hommes qui ne peuvent pas parler. Au nom des coups reçus, de leur lutte engagée contre le mur de l’ombre, je te demande de persister dans ton éclat, d’illuminer ma vie, de rester avec moi, clarté.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet In, « Poésie espagnole. Anthologie 1945 1990 » Actes Sud / Editions Unesco, 1995 Du même... [Lire la suite]
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05 août 2016

Luis Mizón (1942 - ) : Terre prochaine /Tierra próxima

    Terre prochaine 1 De l’extrémité de la table la mer interrompait nos conversations gréant et désarmant l’antique réalité que personne ne connaissait, que personne ne savait connaître. La terre prochaine qu’il fallait toucher avec nos doigts aveugles. Nous avions perdu son contour de lumière ou abîmé la trame des signes ou, peut-être, dans la perspective nous avions perdu les pas, les contes et les traces.   2 La ville semblable à une photographie jaunissante à un souvenir de plâtre à une... [Lire la suite]
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10 juillet 2016

José Manuel Caballero Bonald (1926 - ) : Ma prophétie, c’est ma mémoire / Mi propia profecía es mi memoria

  Ma prophétie, c’est ma mémoire   Je reviens dans la chambre où je suis seul chaque nuit, entrepôt des jours qui ont sombré dans leur miroir irréparable. Là, parmi les témoignages ligotés, ma vie gît, immobile, avec ses papiers au destin instable.                                 Le bois, le tremblé de la lampe, le cristal visionnaire, les fragiles ... [Lire la suite]
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18 mai 2016

Angel González (1925 - 2008 ) : Synesthésie

  Synesthésie   Absorbé et révérencieux avec ses ailes fermées, le papillon apprend dans la prose odorante de la rose.   Ensuite, quand il les ouvrira, il restituera au paysage son parfum, métamorphosé en couleurs.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet, In « Poésie espagnole. Anthologie 1945 – 1990 » Actes Sud / Editions Unesco, 1995 Du même auteur :  Monde inquiétant (18/05/2015) Anniversaire d’Amour / Cumpleaños de amor (18/05/2017) Ce sont les mouettes, mon... [Lire la suite]
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11 mai 2016

Maria Victoria Atencia (1931 - ) : Le pain dur / El duro pan

      Le pain dur   Boire mon insomnie jusqu’à la dernière goutte. Fuir à travers champ, les bras grands ouverts. Savoir de quelles angoisses naissent mes poèmes. Déchirer ma robe avec douleur et sans larmes. Mordre le pain dur de l’égoïsme d’autrui. Me noyer dans le tumulte qui assaille mes entrailles. Abandonner le théâtre qui m’est offert au quotidien. Accrocher mon désamour à un collier de givre. Planter dans ma pelote des aiguilles rouillées. Briser les heures qui me pèsent sur les tempes. ... [Lire la suite]
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27 avril 2016

Pablo García Baena (1923 - ) : Juin / Junio

  Juin   Ô je sais, je partirai à ta recherche lorsque l’automne accablera la terre de ses fruits détrempés, lorsque les jeunes filles passeront en mordant les grappes comme si c’était des lèvres, lorsque les hommes verront leurs jambes musclées se teindre du sang pourpre de la vigne et qu’une chanson flottera dans le froid bleuté du soir blet. Ô je sais, je partirai à ta recherche. Lorsque le baiser épanoui de l’ultime laurier-rose tombera    dans la rivière je chercherai tes pas sur le sable tiède ... [Lire la suite]
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25 avril 2016

José Hierro (1922 – 2002) : Lamentation / Lamentación

  Lamentation   Nous avons eu tant de choses à dire, qui n’ont pas été dites !   Prodigieuses paroles jeunes pour heurter les ouïes vieilles. Merveilleuses mélodies, chants inédits. Nous avons chanté tous ensemble et nous avons pleuré dans le silence. Nous avons appris une dure science au détriment de nos propres rêves.   Nous avons eu tant de choses à dire, qui n’ont pas été dites ! Nous avons évité si gaiement les sombres pressentiments ! Nous avons aimé chaque pousse, chaque... [Lire la suite]
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25 février 2016

Luis Antonio de Villena (1951 - ) : Oraison aux parvis de la cité de Baal

  Oraison aux parvis de la cité de Baal   A toi, Inanna-Ishtar, la douce et corruptrice, la puissante en lunes à la chair très fertile et aux lèvres énormes, celle au cul puissant et luisant de chaleur, maîtresse de la maison des fêtes, entends ma réclamation. Ce n’est plus pour te demander tout ce qui fut jadis, les très tumultueuses nuits de corps et de boissons, la jeunesse radieuse, les poitrines glabres et fines, les très fertiles bandes sans fin de jeunes gens… Ce n’est plus pour te demander les soleils... [Lire la suite]
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