18 mai 2018

Angel González (1925 – 2008) : Ce sont les mouettes, mon amour / Son las gaviotas, amor.

  Ce sont les mouettes mon amour   Ce sont les mouettes, mon amour. Les lentes, les hautes mouettes.   Mer hivernale. L’eau grise laisse un tâche froide sur les rochers. Tes jambes, tes douces jambes, attendrissent les vagues. Un ciel sale se vautre sur la mer. Le vent efface le profil des collines de sable. Les tristes mares de sel et de froid copient ta lumière et ton ombre. Elles crient des choses là-haut que, trop absorbée, tu n’écoutes pas.   Ce sont les mouettes, mon amour. Les lentes,... [Lire la suite]
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11 mai 2018

Francisco Brines (1932 -) : Quand je suis encore la vie / cuando yo aún soy la vida.

  Quand je suis encore la vie A Justo Jorge Padrón     La vie m’entoure, comme durant ces années maintenant perdues, après la magnificence d’un monde éternel. La rose estafilade de la mer, les couleurs estompées des jardins, le fracas des pigeons dans l’air, la vie autour de moi, quand je suis encore la vie. Avec la magnificence d’autrefois, les yeux vieillis, et un amour lassé.   Quelle espérance à présent ? Vivre ; et aimer, tandis que le cœur s’épuise, un monde fidèle, bien que... [Lire la suite]
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27 avril 2018

Pablo García Baena (1923 -) : Enfant de chœur

  Enfant de chœur   Il baisa en l’enlevant le céleste manteau ; le rochet à dentelles et amidons, frivole et sensoriel comme un jupon, fut béatement plié sur le porte-serviettes. Le cordon une fois dénoué, la soutane noire à boutonnière carminée tomba à ses pieds comme une bannière vaincue. Et glissait une ancienne odeur de salve, de mois de mai, de motets angéliques de ces choeurs grégaires du samedi. Il se vit tout nu devant le miroir brume, tel un chandelier de blé, l’enfant de chœur blond, en... [Lire la suite]
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25 avril 2018

José Hierro (1922- 2002) : Enfant / Niño

  Enfant   Roi d’un chant de blé, d’une rivière, d’une vigne : ainsi devra-t-il se rêver. Et libre. Maître de soi, bûcher perpétuel où brûle la bûche de la vérité. Et que l’amour l’enserre.   Il voudra monter jusqu’à voir le ciel apposer des formes claires sur le bronze de son rêve. Les ailes font défaut. Il se blessera dans son effort, et fondra en larmes sur son front d’enfant.   Et il apprendra la vérité. Le chant mourra dans sa gorge rouge, rouge de cette frayeur qui entend et qui voit,... [Lire la suite]
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03 février 2018

José Gutiérrez (1955 -) : Paysage varié de l’amour / Vario paisaje del amor

  Paysage varié de l’amour   Durant ma jeunesse je fus différents paysages : fontaine contre ton jeune bras, arbre où l’oiseau niche, parfum d’une fleur qui un jour t’enivra, oiseau comme une flèche vers une poitrine très douce.   Poisson je fus dans tes eaux, et maintenant que tu surgis dans ma mémoire, je suis une étoile qui noue tes espaces.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet In, " Poésie espagnole, anthologie 1945 – 1990" Actes Sud / Edition Unesco,1995 Du même... [Lire la suite]
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29 janvier 2018

Jean de La Croix / Juan de La Cruz (1542 – 1591) : Cantique spirituel / Cántico espiritual

      Cantique spirituel Strophes échangées par l’âme et l’Epoux.                                 I                           L’EPOUSE           Où t’es-tu caché Aimé me laissant en gémissant ... [Lire la suite]
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19 décembre 2017

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : Chanson du cavalier / Canción de Jinete

  Chanson du cavalier     Cordoue Lointaine et solitaire.   Cheval noir, grande lune, Des olives en ma sacoche. Bien que j’en sache les chemins Jamais je n’atteindrai Cordoue.   Par la plaine, par le vent Cheval noir, lune rouge. La mort est là me regardant Du haut des tours de Cordoue.   Ah ! qu’il est long le chemin. Ah ! mon valeureux cheval. Dire que la mort m’attend Sur la route Cordoue.   Cordoue Lointaine et solitaire.   Traduit de l’ espagnol par... [Lire la suite]
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04 décembre 2017

Antonio Gamoneda (1931 -) : « Vois / la fugacité sylvestre… »

  Pour le peintre Alejandro Vargas   Vois la fugacité sylvestre. Ses ramages en transit vers un espace invisible.                               Perçois une musique à la fois inaudible (tu sais que dans le silence la musique demeure) et tu la résous en pigments traversés par la lumière. ... [Lire la suite]
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25 novembre 2017

José Agustín Goytisolo (1928 - 1999) : Sans savoir comment / Sin saber cómo

  Sans savoir comment   Dans le tumulte des autres voix, j’ai entendu sa voix, la seule que je désirais. Elle vint comme un éclair, épée luisante, pure, rose éternelle. J’attendais cette voix, et elle résonna en moi, elle, la vieille voix du peuple longtemps résonna, parce que même le sourd entend la cloche qu’il aime.   Traduit de l’espagnol par Jacinto-Luis Guereña in, « Anthologie bilingue de la poésie espagnole contemporaine » Gérard & C°, (Marabout Université), Verviers... [Lire la suite]
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10 juillet 2017

José Manuel Caballero Bonald (1926 -) : Un livre, un verre, rien. / Un libro, un vaso, nada

  Un livre, un verre, rien   Chaque nuit je laisse ma solitude dans les livres, j’ouvre la porte aux oracles, je brûle mon âme au feu du psalmiste.                           Ô cette volonté   de danger contrarié qui m’éveille et rompt l’éclatante soif de vivre de ma parole   Chaque nuit je vis inutilement la frustration du jour, je récupère les heures mortes de ma liberté,... [Lire la suite]
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