27 novembre 2022

Saleh Diab (1967 -) : Broderie

  Broderie   Nous avons un pays nous y avons laissé nos amis se recueillir autour des chagrins songer à la neige pour blanchir les hauteurs de leur solitude   que faire sous un ciel étranger à part écouter l’oubli broder nos années comme la dentelle pâtir de nos regrets à l’air libre tarir en lisant des livres   Traduit de l'arabe par Mohammed El Amraoui et Catherine Charuau in, Saleh Diab :  « Une lune sèche veille sur ma vie » Editions Comp’act, 73000, Chambéry, 2004 Du... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

21 septembre 2022

Ibn Al- Dja’bari (? – 1241) : L’Unique

  L’Unique   L’aube est passée, et celui qui T’aime est encore là, versant des larmes, ô Toi pour qui ma mort dans la soif de Son amour est aussi ma vie.   Tu m’as fait boire une gorgée dans la coupe de Ton amour, Ivre de Lui, ma mort en Lui est devenu délices.   Ô mon Bien-Aimé, le psalte a chanté les litanies de Tes différents Noms, et dans la douceur des chants l’émotion m’a ravi.   Mon âme s’est tendue vers l’Unique, agréable est mon tourment, et, du plus profond de mon cœur, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
10 août 2022

Nazih’Abu Afash (1966 -) / نزيه أبو عفش : L’erreur

  L’erreur   Dans ce pays d’erreur, en ces temps d’erreur, combien de gens meurent par erreur ! L’enfant qui s’est aventuré au jardin au premier matin de la fête est mort par erreur. La fille qui est allée acheter cahiers et stylos est morte par erreur. La femme qui s’est attardée un instant à la porte du four à pain, le sort l’a surprise et elle est morte par erreur.   L’homme qui... L’ouvrier qui... L’infirmière qui... L’élève le poète le vendeur d’épis de maïs le chauffeur le gardien du... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
31 mars 2022

Nizar Quabbani (1923 – 1998) / نـزار قـبـّانـي : Au café

    Au café   Non loin de moi, elle prit un siège, s’y installa sans hâte et fut comme une rose      exposant sa nonchalance      sur la lèvre du vase.   Le papier d’une lettre apparut, humble et soumis,      dans sa main, moissonnant un reste de sa fidélité.   Ma tasse de café s’échappait, elle, sans cesse,      de ma main, dans le désir de rejoindre sa tasse.   Ô le tourment infligé par ce capuchon dont le... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
27 novembre 2021

Saleh Diab (1967 -) : Pleine lune

  Pleine lune   J’aurais du murmurer ton nom une soirée durant pour que ce ciel s’élargisse un peu   regarder ta voix souffler de loin pour que l’obscurité ne revienne plus remplir mon sommeil   maintenant ton parfum apparaît dans un autre jardin je ne fais rien j’écoute seulement la lune de mon remords entrer dans sa plénitude   Traduit de l'arabe par Mohammed El Amraoui et Catherine Charuau in, Saleh Diab :  « Une lune sèche veille sur ma vie » Editions Comp’act,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 13:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
10 août 2021

Nazih’Abu Afash (1966 -) / نزيه أبو عفش : Bonjour

  Bonjour   A Dieu ne plaise je ne veux pas te dire adieu parce que cela veut dire que toute chose a pris fin les oiseaux la musique et les petites promenades du soir dans les quartiers voisins la soupe chaude sur une petite table les querelles passagères qui forcément surviendront la joie des premiers mots de l’enfant   toi les amis que nous visiterons les cadeaux qu’on nous a promis ils viendront fatalement la pluie les herbes les livres toutes les choses toutes les choses. A Dieu ne plaise je... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

23 mai 2021

Adonis (1930 -) / أدونيس : Corps, 3

3. L’étreinte   Il efface son visage / il le découvre   L’arrachement s’avance, ô femme, et t’habille une tentation de son aube première. L’instant s’avance : où trouver le lieu de la temporalité de la vie ? L’obscurité s’avance : par quel secouement femme, te répartir dans les globules de mon sang, toi le climat, le cycle et la sphère, par quel tremblement ? La clarté s’avance, anuite dans mes côtes je m’interromps en restant continu quand l’instant sortant de lui-même prend la figure... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 02:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
31 mars 2021

Nizar Quabbani (1923 – 1998) / نـزار قـبـّانـي : Mots

Mots   Il me fait entendre quand il danse avec moi... des mots... qui ne ressemblent pas à des mots il me saisit par le bras me plante dans l’un des nuages et dans mes yeux tombe la pluie noire averse... averse il m’emporte avec lui... il m’emporte vers un soir de balcons roses et moi comme une enfant dans ses mains comme une plume... portée par la brise il apporte pour moi... sept lunes dans ses mains et un bouquet de chansons il m’offre un soleil. il m’offre... un été ... un troupeau d’hirondelles... il... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :
21 décembre 2020

Faraj Bayrakdar (1951 -) / فرج بيرقدار : « Bleu des profondeurs... »

  Bleu des profondeurs est la tristesse Profondeur du bleu Etoile où tremble une larme en cet espace Langue hautement lucide raccompagnant la nuit Pour que s’accomplissent les questions il blesse l’instant avec le rêve et s’en va chargé de prophètes et du hennissement des souvenirs imminents   Bleu des profondeurs est la tristesse Profondeur du bleu Nous n’avons qu’elle Sommes-nous dans son miroir ou elle dans le nôtre ? Cela revient au-même Le silence de ma femme est le sel de ma voix quand... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
10 août 2020

Nazih’Abu Afash (1966 -) / نزيه أبو عفش : Le prisonnier

  Le prisonnier   Pour que mon âme ne vieillisse pas de solitude, d’obscurité, de manque d’affection je dessine sur le mur de ma cellule une rose que le geôlier hume...   et il pleure je dessine des visages de femmes souriantes des arbres que le vent secoue le soir je dessine un oiseau je déplie le ciel pour ses ailes je dessine un cœur transpercé d’une flèche et j’écris le mot « amour... » je dessine un papillon chargé de lumière de pollen de fleur et du bruissement de cils des anges, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :