23 décembre 2018

Saadi Youssef (1934 -) / سعدي يوسف : Alllégeance

  Allégeance   D’un pays à l’autre tu tourneras D’une femme à l’autre tu fuiras d’un désert à l’autre Mais le fil tendu du cerf-volant restera le fil attaché au palmier d’où ton premier  avion s’est envolé...     Traduit de l’arabe par Abdellatif Laâbi et Jabbar Yassin Hussin in, « Loin du premier ciel » Actes Sud / Sindbad, 1999  
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22 octobre 2018

Abû Nuwâs (757-815) / أبو نواس الحسن بن الهانئ : Art poétique

  Art poétique   Mais moi, niant ce que je vois, je dirai de mes illuminations celles qui me viennent.   Je me prends à composer une chose dressée dans l’illusion dans le nom, unique dans le sens, plurielle. En la cherchant je cherche le lieu nulle part.   Comme si je poursuivais la beauté d’une chose indiscernable et devant moi.   Traduit de l’arabe par Anne Wade Minkowski  et Bassam Tahhan in, Revue « Poésie 1, N° 41, Mars 2015 » Le cherche-midi éditeur, 2015
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27 mai 2018

Badr Châker al-Sayyâb (1926 -1964) /بدر شاكر السياب : Dans la nuit

  Dans la nuit   La chambre a sa porte close, le silence est profond, les rideaux près de ma fenêtre      tombent jusqu’au sol. Il se peut que la rue prête l’oreille pour m’écouter, pour me guetter derrière la fenêtre.      Et mes habits tels ceux d’un épouvantail planté en plein champ      sont noirs. La porte close leur a donné une âme. Elle a enfoui en eux des lambeaux      de sentiments ; elle va les réveiller de cette... [Lire la suite]
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21 avril 2018

Abd-al-Wahab Al-Bayati (1926 - 1999) / عبد الوهاب البياتي : L’Hôtellerie du destin

  L’Hôtellerie du destin   La Lune aveugle dans le ventre      du Poisson et toi, éloigné du pays natal, tu ne vis pas, tu ne meurs pas. Le Feu des Mages s’est éteint, allume donc le lampion !   Cherche où a passé le papillon. Peut-être vole-il dans l’ombre verte      de cette ténèbre ensorcelée ? Bois la nuit qui coule de cette lumière, puis brise en morceaux le verre. Cette nuit, sache-le,      ne reviendra pas.   La flèche... [Lire la suite]
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28 mars 2018

Nazik al –Malaïka (1923 – 2007)) / نازك الملائكة : Jeunesse

  Jeunesse   C’est en vain que tu rêves, ô poétesse mienne, entre un matin et un soir, sans répit, à ce qu’est cette existence.   C’est en vain que tu demandes pourquoi le secret n’est pas dévoilé, pourquoi l’on ne t’accorde pas le don de briser les chaînes.   A l’ombre du saule, tu as passé tes heures dans la perplexité, sous les coups douloureux que t’infligeaient ces énigmes,   questionnant l’ombre, alors que l’obscurité ne sait rien et que les destinées connaissent tout ce qu’elle... [Lire la suite]
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27 mai 2017

Badr Châker al-Sayyâb (1926 - 1964) /‎ بدر شاكر السياب : Testament d’un agonisant

  Testament d’un agonisant   O muets, muets cimetières en vos tristes allées, je hurle, je crie ; je crie, me lamente et dans le silence j’entends l’austère neige éparpillée dans l’ombre où se répercutent des pas solitaires. Comme si une bête de fer et de pierre rongeait la vie : point de vie du soir jusqu’au jour ! Où est l’Irak ? Où est le soleil de ses matins, emporté par un bateau sur l’eau du Tigre ou du Buwayb ? Où sont les échos des chants qui palpitent comme ailes de pigeons vers les épis et les... [Lire la suite]
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20 avril 2017

Abd-al- Wahab Al-Bayati (1926 -د الوهاب البياتي/ (1999 : Tristesse de la violette

    Tristesse de la violette Les multitudes qui travaillent Ne rêvent pas à la mort du papillon Ni aux tristesses des violettes Ni au voile qui scintille Sous la lumière de la lune verte des nuits d’été Ni aux amours du fou avec son fantôme Les multitudes qui travaillent Qui se dépouillent Qui se déchirent Les multitudes qui fabriquent le bateau du rêveur Les multitudes qui tissent les mouchoirs des amants Les multitudes qui pleurent Qui chantent qui souffrent Tout autour de la terre Dans les usines de... [Lire la suite]
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28 mars 2017

Nazik al –Malaïka (1923 - 2007) / نازك الملائكة : Oraison funèbre pour une femme sans importance

  Oraison funèbre pour une femme sans importance   Elle nous quitta sans que blêmisse une joue ou frémisse une lèvre Les portes n’entendirent personne rapporter le récit de sa mort Aucun rideau de fenêtre suintant le chagrin Ne se leva pour suivre son cercueil des yeux jusqu’à ce qu’il      disparaisse Dehors de rares personnes s’émurent de son souvenir La nouvelle se perdit dans les ruelles sans que se répande son écho Et se réfugia dans l’oubli de quelques fosses La lune déplora ce malheur ... [Lire la suite]
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24 février 2016

Badr Châker al-Sayyâb / بدر شاكر السياب ‎(1926- 1964) : Retour à Jaykour

  Retour à Jaykour    Sur le coursier du rêve Je suis parti à travers les collines, Fuyant la ville, ses tournoyantes poussières Son souk plein de marchands, Son aube basse, Sa nuit sifflante et ses passants, Sa lumière sans couleur, Son dieu lavé avec le vin, Sa honte cachée dans des fleurs, Sa mort glissant sur le fleuve, Marchant sur ses flots endormis. Ah, si l’eau se réveillait Et si la Vierge venait y boire, Si le soleil blessé du couchant Venait se rafraîchir, ou s’il se levait, Si les... [Lire la suite]
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11 février 2016

Abd-al-Wahab Al-Bayati (1926 - 1999) / عبد الوهاب البياتي : Amants en exil

  Amants en exil   (…) Là-bas dans les vases périssent les fleurs Et le soleil embrasse les maisons. Et la chanson des enfants Poursuit la ronde ancienne Et les vendeurs ambulants Et les cœurs insouciants Marchandent toujours Les restes de ce petit aigle qui s’appelle « conscience » Et ces gens-là et toi et moi Telle la chèvre lépreuse qu’évite le troupeau Nous sommes sans printemps Sans printemps ni maison Du coucher du soleil à son lever Et du lever au coucher Nous restons à attendre ce qui... [Lire la suite]
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