11 octobre 2015

Sylvia Plath (1932 – 1963) : L’agneau de Marie / Mary’s Song

  L’agneau de Marie   L’agneau pascal frit dans sa graisse. La graisse Sacrifie son opacité…   La vitre est d’or sacré. Le feu la rend précieuse, Le même feu toujours   Fondant le suif des hérétiques Et débusquant les juifs. Leurs draps de fumée noire ondoient   Sur les stigmates de la Pologne Et l’Allemagne incendiée. Ils ne meurent pas.   Des oiseaux gris hantent mon cœur, Bouche en cendre, œil cendreux, Ils se posent. Sur l’immense   Précipice Qui a vidé un homme dans... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 10:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

19 février 2015

Ezra Pound (1885 – 1972) : « Et donc les lianes me jaillissent des doigts… »

XVII   Et donc les lianes me jaillissent des doigts Et les abeilles lourdes de pollen Naviguent pesamment entre les sarments :           Cherr- cherr- che-ricc – ronronnements Et les oiseaux ensommeillés entre les branches           ZAGREUS ! IO ZAGREUS ! A la première pâleur qui éclaire les cieux Et les cités sises entre leurs collines, La déesse aux belles cuisses S’avance, le bois de chêne derrière elle, La... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 12:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
13 février 2015

Henry Taylor (1942 - ) : Pas encore

  Pas encore   Il viendra peut-être ce jour où, dans un fauteuil,           je me perdrai lentement du regard, où, immobile à l’orée d’un champ, au bout d’un rue           que je ne pourrai reconnaître, je tenterai de retrouver le souvenir qui semblerait           faire que longue vie vaille d’être vécue,   mais aujourd’hui, presque assoupi  dans le midi, j’ai ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 12:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
10 février 2015

Charles Bukowski : (1920 – 1994) : "elle me disait : tu es une vraie bête... / you’re a beast, she said"

  elle me disait : tu es une vraie bête avec ton gros ventre blanc et tes pieds velus. tu ne coupes jamais tes ongles et tu as des mains rondes et souples comme un chat et ton pif rouge brille comme un phare mais tu as les plus belles couilles que j’ai jamais vues. tu lâches ton foutre comme une baleine lâche son jet.   bête, tu es ma bête, et que je t’embrasse et que je t’embrasse : qu’est-ce que tu prends pour ton petit déjeuner ?   Traduit de l’américain par Gérard Guéguan In,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 11:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
08 février 2015

Jack Kerouac (1922 -1969): 162ème chorus /162nd chorus

162ème chorus     LES REVES DE BILL Filles minces en kimonos légers De soie bleue, gaze légère, Longs, et transparents, Couchées, mi-assises, Fumant de très longs tubes Dans lesquels de temps en temps Un servant met des drogues, Dans un bol central,      Et tandis qu’elles fument      Un serviteur asperge      leurs yeux de poudre             de talc Et leurs yeux battent  De joie. ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 11:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
27 janvier 2015

Walt Whitman (1819 – 1892) : Descendance d'Adam / Children of Adam

        Descendance d’Adam   JUSQU’AU JARDIN LE MONDE   Jusqu’au jardin le monde montant à nouveau, Puissance d’époux, de filles, de fils en prélude, Etant ou signifiant l’amour et la vie de leurs corps, Voyez comme est curieuse ma résurrection, j’ai dormi Mais la ronde des cycles en son vaste manège m’a ramené Vers vous, je suis mûr, amoureux, tout est beau, tout m’étonne, M’émerveillent plus que tout mes membres et ce feu frémissant qui y court,      expliquez-moi... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 17:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

22 janvier 2015

Jennifer Clement (1960 - ) : Tiens ma robe

Tiens ma robe   J’accrocherai mes vêtements près de tes complets – les manches encore moulées se toucheront comme des bras.   Lorsque nous serons tous deux assis à lire, ma page tournera en réponse à la tienne   Mon souffle embuera ton miroir, nous laverons nos mains avec le même savon.   Et tu tiendras ma robe afin que je puisse y pénétrer.     Traduit de l’anglais par Marie Evangéline Arsenault In, «l’Inconnu et le marin de Newton », Editions Ecrits des Forges (Québec),... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 15:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
26 décembre 2014

Stephen Crane (1871 – 1900): La guerre est aimable / War is kind

    La guerre est aimable   1 Ne pleure pas jeune fille, la guerre est aimable. Même si ton bien-aimé a tendu ses bras affolés vers le ciel Et que son coursier terrifié s’est enfui, Ne pleure pas. La guerre est aimable.          Tambours rauques et tonnants de la guerre,      Petites âmes assoiffées de batailles ;      Ces hommes étaient nés pour les manoeuvres et pour la mort      La mystérieuse gloire... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 15:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
08 octobre 2014

Robert Creeley (1926 – 2005) : « Est-ce que tu penses... » / " Do you think that if ..."

  Est-ce que tu penses que si tu fais un jour ce que tu veux faire tu voudras ne pas le faire.   Est-ce que tu penses que si il y a une pomme sur la table et que quelqu'un la mange, elle  n'y sera plus.   Est-ce que tu penses que si deux personnes s'aiment l'une et l'autre, il faut que l'une ou l'autre soit moins amoureuse que l'autre à un moment donné dans une relation heureuse par ailleurs.   Est-ce que tu penses que si tu prends un jour une bouffée d'oxygène, tu ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 16:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
17 septembre 2014

Richard Brautigan ( 1935 – 1984) : 30 Cents, Deux Tickets, Amour / 30 Cents, Two Transfers, Love

        30 Cents, Deux Tickets, Amour      Je pensais à toi très fort  en montant dans le bus j’en ai eu pour trente Cents  et j’ai demandé deux tickets           au conducteur avant de réaliser que           j’étais tout seul.     Traduit de l’américain par Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard In « Il pleut en amour », Editions L’Incertain, 1989-1990   Du... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 18:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :