10 juin 2022

David – Herbert Lawrence (1885 – 1930) : Crépuscule / Twilight

  Crépuscule   L’ombre se lève de la terre           Et les hirondelles piquent dans la pâleur de l’ouest ; Du foin vient la clameur de la joie des enfants.           S’efface le vieux palimpseste.   La giroflée exude son parfum,           Une phalène bleu-lune volète alentour. Tout ce que le jour vulgaire signifiait ... [Lire la suite]
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06 janvier 2022

Emily Jane Brontë (1818 – 1848) : Brouillard léger sur la colline / Mild the mist upon the hill

  Brouillard léger sur la colline   Brouillard léger sur la colline Et qui ne parle pas d’orages pour demain : Le jour a pleuré tout son saoul, Épuisé sa réserve de muet chagrin.   Oh! je suis revenue aux jours de ma jeunesse, Me voici enfant à nouveau, Et de sous le toit paternel où je m’abrite, De la porte du vieux château,   Je regarde le soir lourd de nuées descendre Après une journée de pluie : Des brumes bleues d’été, de tendres brumes tendent Les montagnes de l’horizon.   Une moiteur... [Lire la suite]
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03 novembre 2021

David Gascoyne (1916 – 2001) : Amor Fati

  Amor Fati   Ennemi bien-aimé, toi qui prépares ma mort, Quand il ne restera plus aucun vêtement Pour amoindrir l’entrechoquement de nos membres Quand il y a sécheresse mutuelle dans nos haleines rapides Et nos langues jumelées se débattent pour le bord Du torrent gonflé - une marée douloureuse Qui nous aspire vers le dedans - quand le désir, La soif du sang vient d’atteindre le comble de son feu blanc Et la convulsion arrive dans des bouffées de vitesse progressive La parole est fatale. Ne trouble pas... [Lire la suite]
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08 septembre 2021

William Shakespeare (1564 – 1616) : « Quand je compte les coups du balancier... » / « When I do count the clock... »

  12   Quand je compte les coups du balancier de l’heure Et vois sombrer en nuit d’horreur le jour vaillant, Quand je sais de violette étiolée la fraîcheur Et telles boucles noires argentées de blanc,   Quand je vois le grand arbre privé de ses feuilles Où venaient les troupeaux accablés chercher l’ombre, Et le vert de l’été tout en gerbes de deuil Comme une barbe blanche que l’on porte en tombe,   Alors pour ta beauté même question m’inquiète, Que tu aies à rejoindre des ruines l’empire Puisque... [Lire la suite]
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28 juillet 2021

Thomas Stearns Eliot (188-1965) : La terre vaine. I. L'enterrement des morts / The waste land. I. The burial of the dead

La terre vaine   "Nam Sibyllam quidem Cumis ego ipse oculis meis vidi in ampulla pendere, et cum illi pueri dicerent : Σιβυλλα τι θελεις ; respondebat illa : αποθανειν θελω."   Pour Ezra Pound : Il miglior fabbro   I. L’ENTERREMENT DES MORTS        Avril est le plus cruel des mois, il engendre Des lilas qui jaillissent de la terre morte, il mêle Souvenance et désir, il réveille Par ses pluies de printemps les racines inertes. L’hiver nous tint au chaud, de sa neige... [Lire la suite]
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16 juillet 2021

John Keats (1795 – 1821) : Ode à un rossignol / Ode to a Nightingale

  Ode à un rossignol    Mon cœur souffre et la douleur engourdit      Mes sens, comme si j'avais bu d'un trait La ciguë ou quelque liquide opiacé,      Et coulé, en un instant, au fond du Léthé : Ce n'est pas que j'envie ton heureux sort,      Mais plutôt que je me réjouis trop de ton bonheur,           Quand tu chantes, Dryade des bois aux ailes ... [Lire la suite]
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30 juin 2021

Emily Jane Brontë (1818 - 1848) : « Dis-moi, dis, souriante enfant... » / « Tell me, tell me, smiling child... » (01/07/2021)

    Dis-moi, dis, souriante enfant, Qu’est-ce, pour toi, que le passé ? « Un soir d’automne, doux et clément, Où le vent soupire endeuillé. »   Qu’est-ce, pour toi, que le présent ? « Un rameau vert chargé de fleurs Où l’oiselet bande ses forces Pour s’envoler dans les hauteurs. »   Et l’avenir, enfant bénie ? « La mer sous un soleil sans voiles, La mer puissante, éblouissante Qui, là-bas, rejoint l’infini. » Juillet 1836   Traduit de l’anglais... [Lire la suite]
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10 juin 2021

David – Herbert Lawrence (1885 – 1930) : Enfant dans la discorde / Discord in childhood

Autoportrait, 1929   Enfant dans la discorde   Dehors un frêne inclinait ses terribles fouets, Et la nuit, quand le vent se levait, les lanières de l’arbre Hurlaient et cinglaient le vent, comme d’un navire Les sinistres agrès hurlent dans la tempête, hideusement.   Dans la maison deux voix s’élevaient, une mince lanière Sifflant sa folle fureur de femme, et le terrible bruit D’un cuir plus fort, tonnant, meurtrissant, et noyant enfin L’autre voix dans un silence de sang, sous le bruit du frêne.   ... [Lire la suite]
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03 novembre 2020

David Gascoyne (1916 – 2001) : La Cage / The Cage

  La Cage   Dans la nuit qui s’éveille Les forêts se sont arrêtées de pousser Les coquilles sont à l’écoute Les ombres dans les mares deviennent grises Les perles se dissolvent dans les ombres Et je reviens vers toi    Ton visage est indiqué sur le cadran Mes mains sont au-dessous de tes cheveux Et si l’heure que tu indiques libère les oiseaux Et s’ils s’envolent vers la forêt L’heure ne nous appartiendra plus    A nous appartient la cage d’oiseaux ornée La tasse d’eau... [Lire la suite]
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30 août 2020

Robert Graves (1895 – 1985) : Tiède toile / Cool web

  Tiède toile   Il manque aux enfants les mots pour exprimer la chaleur du jour, L’intense parfum de la rose d’été, L’épouvante, au soir, par les noirs déserts du ciel, L’épouvante, quand passent, tambour battant, les grands soldats.   Mais nous avons les mots pour tiédir la colère du jour, Les mots pour émousser de la rose la fragrance cruelle. Nous conjurons la nuit au-dessus de nos têtes, Nous conjurons la peur et les soldats.   C’est la tiède toile du langage qui nous enveloppe A l’abri... [Lire la suite]
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