08 septembre 2021

William Shakespeare (1564 – 1616) : « Quand je compte les coups du balancier... » / « When I do count the clock... »

  12   Quand je compte les coups du balancier de l’heure Et vois sombrer en nuit d’horreur le jour vaillant, Quand je sais de violette étiolée la fraîcheur Et telles boucles noires argentées de blanc,   Quand je vois le grand arbre privé de ses feuilles Où venaient les troupeaux accablés chercher l’ombre, Et le vert de l’été tout en gerbes de deuil Comme une barbe blanche que l’on porte en tombe,   Alors pour ta beauté même question m’inquiète, Que tu aies à rejoindre des ruines l’empire Puisque... [Lire la suite]
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28 juillet 2021

Thomas Stearn Eliot (188-1965) : « This music crept by me...

  .................................................................................. « ... This music crept by me upon the waters » En remontant le Stand et Queen Victoria Street. Cité, ô ma Cité, je surprends quelquefois Aux approches d’un bar de Lower Thames Street Le plaisant trémolo d’un air de mandoline Ainsi qu’un cliquetis de verres et de voix Là où s’attardent à midi les poissonniers, là où les murs De Magnus Martyr irradient L’inexplicable éclat de leurs ors d’Ionie.   ... [Lire la suite]
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16 juillet 2021

John Keats (1795 – 1821) : Ode à un rossignol / Ode to a Nightingale

  Ode à un rossignol    Mon cœur souffre et la douleur engourdit      Mes sens, comme si j'avais bu d'un trait La ciguë ou quelque liquide opiacé,      Et coulé, en un instant, au fond du Léthé : Ce n'est pas que j'envie ton heureux sort,      Mais plutôt que je me réjouis trop de ton bonheur,           Quand tu chantes, Dryade des bois aux ailes ... [Lire la suite]
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30 juin 2021

Emily Jane Brontë : « Dis-moi, dis, souriante enfant... » / « Tell me, tell me, smiling child... » (01/07/2021)

    Dis-moi, dis, souriante enfant, Qu’est-ce, pour toi, que le passé ? « Un soir d’automne, doux et clément, Où le vent soupire endeuillé. »   Qu’est-ce, pour toi, que le présent ? « Un rameau vert chargé de fleurs Où l’oiselet bande ses forces Pour s’envoler dans les hauteurs. »   Et l’avenir, enfant bénie ? « La mer sous un soleil sans voiles, La mer puissante, éblouissante Qui, là-bas, rejoint l’infini. » Juillet 1836   Traduit de l’anglais... [Lire la suite]
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10 juin 2021

David – Herbert Lawrence (1885 – 1930) : Enfant dans la discorde / Discord in childhood

Autoportrait, 1929   Enfant dans la discorde   Dehors un frêne inclinait ses terribles fouets, Et la nuit, quand le vent se levait, les lanières de l’arbre Hurlaient et cinglaient le vent, comme d’un navire Les sinistres agrès hurlent dans la tempête, hideusement.   Dans la maison deux voix s’élevaient, une mince lanière Sifflant sa folle fureur de femme, et le terrible bruit D’un cuir plus fort, tonnant, meurtrissant, et noyant enfin L’autre voix dans un silence de sang, sous le bruit du frêne.   ... [Lire la suite]
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30 décembre 2020

Dylan Thomas (1914 – 1953) : Le bossu du parc / The hunchback in the park

  Le bossu du parc   Le bossu du parc Un monsieur solitaire Libérait les eaux et les arbres Dès que s’ouvrait la serrure Du jardin qui les retenait Et jusqu’à la sombre note De la cloche du dimanche soir.   Mangeant du pain dans du papier journal Buvant de l’eau dans la coupe enchaînée Que les enfants remplissaient de gravier Dans la fontaine du bassin où je lançais mon voilier La nuit, il dormait dans une niche Mais personne ne l’enchaînait.   Comme les oiseaux du parc Il arrivait tôt Comme... [Lire la suite]
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03 novembre 2020

David Gascoyne (1916 – 2001) : La Cage / The Cage

  La Cage   Dans la nuit qui s’éveille Les forêts se sont arrêtées de pousser Les coquilles sont à l’écoute Les ombres dans les mares deviennent grises Les perles se dissolvent dans les ombres Et je reviens vers toi    Ton visage est indiqué sur le cadran Mes mains sont au-dessous de tes cheveux Et si l’heure que tu indiques libère les oiseaux Et s’ils s’envolent vers la forêt L’heure ne nous appartiendra plus    A nous appartient la cage d’oiseaux ornée La tasse d’eau... [Lire la suite]
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30 août 2020

Robert Graves (1895 – 1985) : Tiède toile / Cool web

  Tiède toile   Il manque aux enfants les mots pour exprimer la chaleur du jour, L’intense parfum de la rose d’été, L’épouvante, au soir, par les noirs déserts du ciel, L’épouvante, quand passent, tambour battant, les grands soldats.   Mais nous avons les mots pour tiédir la colère du jour, Les mots pour émousser de la rose la fragrance cruelle. Nous conjurons la nuit au-dessus de nos têtes, Nous conjurons la peur et les soldats.   C’est la tiède toile du langage qui nous enveloppe A l’abri... [Lire la suite]
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01 juillet 2020

Emily Jane Brontë (1818 – 1848) : Viens-t’en avec moi / Come, walk with me

  Viens-t’en avec moi   Viens-t’en avec moi ; Il n’est plus que toi Dont mon cœur se puisse réjouir ; Nous aimions par les nuits d’hiver Errer dans la neige : Si nous renouvelions ces vieux plaisirs ? Noires et folles, les nuées Tachent d’ombre, là-haut, les terres élevées Comme elles faisaient autrefois, Et ne s’arrêtent que là-bas, A l’horizon confusément amoncelées, Tandis que les rayons de lune Si prestement luisent et fuient Qu’à peine pouvons-nous dire qu’ils ont souri.   ... [Lire la suite]
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10 juin 2020

David – Herbert Lawrence (1885 - 1930) : Renaissance /Renascence

  Renaissance   Nous n’avons pas mordu dans la pomme interdite,           Eve ni moi Pourtant les éclats du jour et de la nuit Tombant autour de nous, ne pommèlent plus La même vallée de violet et de blanc.   C’est bien notre paisible val,           Notre Eden, notre demeure ; Mais le jour la fait voir qui sent intensément, Er la pâleur de la nuit ne s’accorde pas Au sommeil profond qui lui faisait un toit. ... [Lire la suite]
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