01 juillet 2019

Emily Jane Brontë (1818 – 1848) : « Je viendrai quand ... » / « I’ll come when…»

  Je viendrai quand tu connaîtras la pire angoisse, Allongé, seul, dans la chambre assombrie, La folle joie de la journée évanouie Et l’heureux sourire banni Des ténèbres glacées du soir.   Je viendrai quand le vrai sentiment de ton cœur Régnera pleinement, sans rien pour le gauchir, Et que mon influence, se glissant en toi, Aggravant la désolation, gelant la joie, Emportera ton âme.   Ecoute : voici l’heure, voici Pour toi le moment redoutable ; Ne sens-tu pas déferler sur ton âme Un flot... [Lire la suite]
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10 juin 2019

David - Herbert) Lawrence (1885 – 1930) : La lande sauvage / The wild common

  La lande sauvage     Les vives étincelles sautent dans les ajoncs Petits jets de soleil pareils à des flammes. Au-dessus, exultants, les vanneaux filent : Ils ont vaincu le temps une fois encore, leur clameur l’annonce.   Les lapins, poignées de terre brune, gisent En boule sur le morne gazon qu’ils ont brouté à vif. Dorment-ils ? – vivent-ils ? – Voyez donc, lorsque je Bouge les bras, la colline exploser, soulevée par la détente de leur ruade !   La lande crâne... [Lire la suite]
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08 novembre 2018

William Blake (1757 – 1827) : Proverbes de l’Enfer / Proverbs of Hell

  Proverbes de l’Enfer   Aux semailles, apprends ; à la moisson, enseigne ; en hiver, jouis. Conduis ton char et ta charrue par-dessus les ossements des morts. La route de l’excès mène au chemin de la sagesse. La Prudence est une vieille fille riche et laide que l’Incapacité courtise Qui désire mais n’agit pas, engendre la pestilence. Le ver coupé pardonne à la charrue. Celui qui aime l’eau, qu’on le plonge dans le fleuve. Un fou ne voit pas le même arbre qu’un sage. Celui dont le visage ne rayonne... [Lire la suite]
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30 octobre 2018

William Butler Yeats (1865 - 1939) : L’île du lac d’Innisfree / The lake isle of Innisfree

  L’ïle du lac d’Innisfree   Oui, je me lèverai et j’irai maintenant,        J’irai à Innisfree ; je construirai là-bas Un petit cabanon fait de boue et de chaume ;        J’aurai là neuf plants de haricots, La ruche pour les mouches à miel,   Et là j’aurai un peu de paix, car la paix y vient goutte à goutte,        Tombant des voiles du matin Au lieu où chante le grillon;       Là minuit... [Lire la suite]
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03 septembre 2018

Kenneth White (1936 -) : « La pensée est une pensée... »

  La pensée est une pensée à coups de vagues Et les mains tiennent la barre Oui, la barre du monde Et la poésie nage, rouge Dans les abîmes de la mer La poésie des profondeurs contre laquelle je troque ma vie Et je la sens comme je sens mon sang Et comme je sens le pays où je vis Voilà, c’est là En douceur – serre Et les filets s’enfoncent en ondulant Tandis que les premiers cheveux gris de l’aurore Se montrent dans le ciel Attends, attends le temps qu’ils dérivent Dérivent Dans le monde rouge et noir Attends... [Lire la suite]
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01 juillet 2018

Emily Jane Brontë (1818 – 1848) : « Autour de moi des tombes grises... / « I see around me tombstones grey…”

  Autour de moi des tombes grises Etendent leurs ombres au loin. Là, sous le gazon que je foule, Silencieux, seuls, gisent les morts – Là, sous le gazon, sous la glaise,   Voués au froid, voués au noir. Malgré moi m’échappent des larmes Thésaurisées par la mémoire Aux dépends des années enfuies. Ah ! Temps, Mort et Tourment mortel, Si vous blessez, c’est pour toujours ; Qu’il me souvienne seulement D’une moitié de la souffrance Que j’ai vue, apprise, soufferte, Et le Ciel même ne saurait, Si pur... [Lire la suite]
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09 juin 2018

David-Herbert Lawrence (1885 – 1930) : Les secrètes eaux / The secret waters

  Les secrètes eaux   Ce qui était perdu est retrouvé ce qui fut blessé est sauvé, la clé de la vie au corps des hommes ouvre à nouveau les fontaines de paix.   Les fontaines de paix, les fontaines de paix montent à doux flot vers un plus haut niveau bouillonnant cependant sous le mur épais de cette maison de vie qui nous enclôt.   Elles bouillonnent sous le mur épais qui fut jadis une maison, mais maintenant est une prison, et pas un seul d’entre nous ne sait que les eaux ont monté.   Nul... [Lire la suite]
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09 septembre 2017

Percy Bysshe Shelley (1792 – 1822) : L’Île / The Isle

  L’île   Il y avait un petit îlot en pelouse D’anémones et de violettes      Comme en mosaïque couvert : Et son toit était de fleurs et de feuilles Que l’haleine de l’été entrelace, Où ni soleil, ni averse, ni brise Ne percent les pins ni les plus hauts arbres,      Chaque gemme gravée. Entourée de mainte vague azurée      L’abîme bleu d’un lac.   Traduit de l’anglais par André Fontainas In, Stephen Spender :« Shelley » ... [Lire la suite]
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01 juillet 2017

Emily Jane Brontë (1818 – 1848 ) : « Mon plus grand bonheur… » / “I’m happiest whan most away…”

  Mon plus grand bonheur, c'est qu'au loin Mon âme fuie sa demeure d'argile, Par une nuit qu'il vente, que la lune est claire, Que l’œil peut parcourir des mondes de lumière —   Que je ne suis plus, qu'il n'est rien — Terre ni mer ni ciel sans nuages — Hormis un esprit en voyage Dans l'immensité infinie.   Traduit de l’anglais par Pierre Leyris, In, Emily Bronte : Poèmes (1836 – 1846) Editions Gallimard, 1963       Ah, la joie éperdue de pouvoir m’en aller Et d’arracher... [Lire la suite]
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10 juin 2017

David-Herbert Lawrence (1885 – 1930) : Ombres / Shadows

    Ombres   Et si ce soir mon âme peut trouver sa paix dans le sommeil et sombrer dans le bon oubli, et au matin s’éveiller comme une fleur qui s’ouvre alors j’ai été de nouveau trempé en Dieu, et créé de nouveau. Et si, tandis que tournent les semaines dans l’obscur de la lune mon esprit s’obscurcit et s’éteint et qu’une douce étrange nuit pénètre mes mouvements mes pensées mes paroles alors je saurai que je marche toujours avec Dieu, nous sommes tout proches maintenant que la lune est ... [Lire la suite]
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