14 février 2016

Friedrich Hölderlin (1770 – 1843) : Ainsi Ménon pleurait Diotima / Menons Klagen um diotima

      Ainsi Ménon pleurait Diotima I Chaque jour je m’en vais sous le ciel et je cherche en vain un changement. Je leur ai depuis longtemps tout demandé, aux sentiers de la campagne ; les collines là-haut où souffle la fraîcheur, j’erre de l’une à l’autre, et de    l’ombre à la source. Et mon âme, des sommets aux vallées, implore le repos. Ainsi la bête blessée fuit aux forêts où jadis à midi elle reposait nonchalamment à l’ombre, mais son gîte de verdure ne rendra pas la paix à son... [Lire la suite]
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01 février 2016

Novalis (1772 – 1801) : « Quand ce ne seront plus les nombres et les figures » / « Wenn nicht mehr Zahlen und Figuren »

  Quand ce ne seront plus les nombres et les figures Qui fourniront la clef de toutes créatures, Quand ceux-là qui chantent ou embrassent Seront plus savants que les grands docteurs, Quand le monde sera revenu Dans la vie libre et rendu dans le monde, Et que s’épouseront, pour éclairer vraiment, De nouveau la lumière et l’ombre, Et que l’on connaîtra dans contes et poèmes Les éternelles histoires du monde, Alors il suffira d’un seul mot mystérieux Pour que s’envole tout le faux ordre des choses.   Traduit de... [Lire la suite]
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28 novembre 2015

Wolfdietrich Schnurre (1920 - 1989): Messages clandestins, poèmes 1945 – 1956 / Kassiber, gedichte 1945 – 1956 (I)

Messages clandestins   MESSAGE CLANDESTIN Cela grandira hors des cieux, porté par un vol d’hirondelle. Cela fumera des blessures, viendra avec le cri des bêtes. Ce sera comme un champignon crevant l’asphalte, un ouragan. Cela croîtra comme la mousse, détruisant ce qui existait : l’éclat du vernis sur les bottes ; le tube à essai de l’horreur ; et la rengaine du pouvoir. Et ce monde s’épanouira en poussière.   CHANSON C’est peu ce que je demande à savoir ; moins que l’autorité... [Lire la suite]
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22 juin 2015

Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) : Bienvenue et adieu / Willkommen und Abschied

  Bienvenue et adieu    Mon coeur battait fort, vite en selle!  Et, sitôt, j’étais à cheval  Le soir déjà berçait la terre  La nuit pendait aux montagnes.  Déjà, le chêne avait son costume de brume,  Tour gigantesque dressée, là,  Dans la broussaille ténébreuse,  Où m’observaient cent regards noirs.    La lune au sommet d’un  nuage  Passait un regard langoureux,  Les vents à lents frottement d’ailes  Sifflaient, lugubres, à mes oreilles... [Lire la suite]
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16 avril 2015

Peter Huchel (1903 – 1981) : Exil

  Exil   Le soir, les amis s’ approchent, les ombres des collines. Ils passent lentement le seuil, assombrissent le sel, assombrissent le pain et conversent avec mon silence.   Dehors dans l’érable s’agite le vent : ma sœur, l’eau de pluie dans l’auge chaulée, prisonnière elle suit les nuages du regard.   Va avec le vent, disent les ombres. L’été pose la faux de fer sur ton cœur. Va-t-en, avant que dans la feuille d’érable ne brûle le stigmate de l’automne.   Sois fidèle,... [Lire la suite]
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14 février 2015

Friedrich Hölderlin (1770 – 1843) : « Je connais quelque part un château-fort …» / “ Das alte Schloss zu untergraben…”

  Je connais quelque part un château-fort Dans lequel vit un roi silencieux ; Une suite bizarre l’accompagne ; Mais il ne monte jamais aux créneaux. La chambre de ses plaisirs est cachée Et d’invisibles sentinelles veillent ; Seul, le chant des sources familières Descend à lui, du toit bariolé.   Ce que leurs prunelles claires ont vu Sous les vastes espaces constellés, Elles en font un fidèle rapport En contant d’interminables histoires. Et lui se baigne en leur flot débordant, Il y purifie... [Lire la suite]
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01 février 2015

Novalis (1772 – 1801) : "Faut-il toujours que le matin revienne ?..." / "Muss immer der Morgen wierderkommen?..."

Hymne à la nuit II         Faut-il toujours que le matin revienne ? L’empire de ce monde ne prend-il jamais fin ? Une fatale activité engloutit les élans divins de la Nuit qui s’approche. Ne va-t-il donc jamais, le sacrifice occulte de l’Amour, éternellement brûler ?      La lumière a son temps, qui lui fut mesuré ; mais le royaume de la Nuit est hors le temps et l’espace.- Et c’est l’éternité que le sommeil a pour durée.      Sommeil... [Lire la suite]
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08 janvier 2015

Gunter Radtke (1925 -) : Epigrammes, I

Epigrammes I   Personne d’autre ne pourrait aimer le monde comme nous l’aimerions si nous n’étions pas le monde que nous sommes   Traduit de l’allemand par Madeleine Ce In, Radtke « Tu ne t’en sortiras pas », Editions Jacques Brémond 1978,  
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28 novembre 2014

Wolfdietrich Schnurre (1920 - 1989): Adoration / Anbetung

Adoration   Je ne suis pas un roi ; ma bicyclette est posée contre cette étable et tout ce que j’apporte,  c’est l’angoisse : tu vas fuir à présent.   L’âne a déjà fini de plonger son museau tendre, qu’orne un anneau, dans l’orge dorée, bientôt plus pâle aussi sera la blancheur des colombes, et le matin donne l’alerte.   Marie se mire dans une boîte de conserve vide, dont le rond déforme son image ; sa bouche s’exerce à sourire, elle veut s’endurcir.     Le briquet que... [Lire la suite]
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23 juin 2014

Johann Wolfgang von Goethe (1749 - 1832) : Le roi des aulnes / Erlkönig

    Le roi des aulnes   Qui chevauche si tard dans la nuit et le vent ? C'est le père avec son enfant. Il serre le jeune garçon dans ses bras, Il le tient au chaud, il le protège.     « — Mon fils, pourquoi caches-tu peureusement ton visage  ? — Père, ne vois-tu pas le roi des Aulnes, Le roi des Aulnes, avec sa couronne et sa traine ? — Mon fils, c'est une trainée de brume.     — Cher enfant, viens, partons ensemble ! Je jouerai tant de  jolis jeux... [Lire la suite]
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