28 novembre 2019

Wolfdietrich Schnurre (1920 – 1989) : Messages clandestins, poèmes 1945 – 1956 / Kassiber, gedichte 1945 – 1956 (IV)

  Messages clandestins   .................................................................. PRIERE Effraie-moi. Afflige-moi de visions d’horreur. Ne te retire pas derrière le large écran d’un divertissement coloré. Ne me laisse pas dépérir dans cette forêt d’antennes de télévision. Brise avec mon trépas les séries d’une statistique normalisée et envoie une mort, à qui terreur et technique sont odieuses, qui librement s’approchera de moi, dans l’auréole de l’épouvante, mais dont le front aussi sera nimbé ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

22 octobre 2019

Herwarth Walden (1878 – 1941) : « Ferne blühen Deine Augen – Loin fleurissent tes yeux... »

  Fern blühen Deine Augen – Loin fleurissent tes yeux Fern – Loin Weit hinter den Nächten – Loin derrière les nuits Blühen still Leben zwischen Sterben Blühen stiller Sterben zwischen Leben Entre vivre et mourir silence fleurissent Le mourir entre le vivre plus silencieusement fleurissent Blühen Sterne in die Nächte – Fleurissent étoiles dans les nuits Augensterne – Yeux étoiles Nacht schmiegt sich an Nacht und Nächte La nuit s’unit à la nuit et les nuits Atmen tief und ab und auf Respirent profondément et expirent... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:37 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :
23 juin 2019

Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) : Présence de l’Aimé / Nähe des Geliebten

  Présence de l’Aimé   Je pense à toi quand l’éclat du soleil rayonne de la mer ; je pense à toi lorsque la lune se mire et tressaille à la source.   C’est toi qui viens, quand sur la route, là-bas se lève la poussière, et dans la nuit, quand le voyageur tremble sur la passerelle.   Ta voix chante pour moi au sourd murmure du flot qui monte ! au calme du bocage combien de fois j’épie quand tout se tait !   Je suis auprès de toi, aussi loin que tu sois, et tu es là ! -... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
16 avril 2019

Peter Huchel (1903 – 1983) : : Le tombeau d’Ulysse / Das Grab des Odysseus

 Le tombeau d’Ulysse   Personne ne trouvera le tombeau d’Ulysse, aucun coup de bêche le casque encroûté dans la vapeur d’os pétrifiés.   Ne cherche pas la grotte, où, sous la terre, une bouffé de suie, rien qu’une ombre, mutilée par la poix de la torche, descendit vers ses compagnons morts, les mains levées sans armes, couverte du sang des moutons égorgés.   Tout est à moi, dit la poussière, le tombeau du soleil derrière le désert les récifs pleins du fracas de l’eau, midi sans fin, qui... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
06 février 2019

Friedrich Hölderlin (1770 – 1843) : Fantaisie du soir / Abendphantasie

  Fantaisie du soir   Assis dans l’ombre, devant sa cabane, tranquillement      Le laboureur, le frugal, voit son âtre qui fume.           Dans la paix du village la cloche du soir salue                Le voyageur au loin de sons hospitaliers.   En cette heure sans doute les marins rentrent aussi au port,      Dans des villes lointaines, joyeux et... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
16 décembre 2018

Brigitte Oleschinski (1955 -) : Puis à nouveau le long des façades / Dann nieder die niedrigen buckligen

  Puis à nouveau le long des façades basses et bossues   au crépi qui s’effrite, les pavés bourdonnant comme du gâteau encore chaud entre les bordures raides et obliques du caniveau. Dans la cour, la sueur fraîche pose un glaçage sur les minces plaques dans la cour qu’un métier enchanté ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

28 novembre 2018

Wolfdietrich Schnurre (1920 -1989) : Harangue du policier de banlieue pendant sa ronde du matin / Ansprache des vorortpolizisten

  Harangue du policier de banlieue pendant sa ronde du matin     Tu habites dans la rosée, dans le cri de la sittelle au-dessus des jardins, dans le cauchemar du mouchard et le rail conducteur du train de banlieue. Tu souffles le brouillard dans la vallée, la suie sur la bougie d’allumage, tu chantes sous le sabot du cheval et par la bouche de l’ivrogne. Telle est ta mission. Les veines du germe palpitent dans le battement de ton pouls.   Mon maître et chef, si petit que je sois devant le pupitre... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
21 août 2018

August von Platen (1796 – 1835) : « O tendre printemps... » / « O süßer Lenz... »

  O tendre printemps, fais que ton pas se hâte, Et, cette fois, viens encore plus tôt que de coutume ! Toi qui nous guéris quand notre cœur est serré, Et dont le doux remède toujours nous guérit !   Oh ! si je pouvais déjà au profond même de ta fleur, Quand à peine le jour arde à l’horizon, Et jusqu’à ce qu’enfin il se dissipe dans le couchant, Vivre de pleurs et sans vœu ni prière !   Ton clair soleil flammant dans le bleu, Je lèverais les yeux vers le haut, étendu parmi l’herbe, Et... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
23 juin 2018

Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) : Un autre pareil / Ein Gleiches

  Un autre, pareil   Sur toutes les cimes, Plus rien ne bouge, Aux sommets des arbres, Tu perçois à peine, Un souffle d’air. Dans la forêt les oiseaux se sont tus. Attends, bientôt, Tu reposeras à ton tour. (6 septembre 1980)   Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre in, « Anthologie bilingue de la poésie allemande » Editions Gallimard (La Pléiade), 1995 Du même auteur : Le Roi des Aulnes / Erlkönig (23/06/2014) Bienvenue et adieu / Willkommen und Abschied (22/06/2015) La... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
16 avril 2018

Peter Huchel (1903 -1981) : Origine / Herkunft

  Origine   Le vent des ombres m’a porté la maison le sait-elle ? Les poires dans le buffet répandent une odeur mûre de vieil été. Là où le fléau sifflait le blé volait en tas. Là où au bord du lit, la lampe s’éteignait les draps étaient étendus.   Comme je grimpais dans les sapins les cheveux enduits de résine toit et chambres résonnaient encore de l’année des hirondelles. Le carillon de la nuit souffle autour de la maison. Et par la porte froide sortent en silence les amis depuis longtemps... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :