17 février 2020

Eric Arendt (1903 -1984) : Le cimetière juif de Prague / Prager Judenfriedhof

  Cimetière juif de Prague Pour Paul Celan   Mortes les racines à l’intérieur. Au mont des Oliviers l’ombre de la mort, séparée. Chemin de Croix qui ne finit jamais : le tien, le mien – mais elle erre encore, l’aile de mer de la parole.   Ici, jours années, gris, le tissu l’effeuillé. En haut quelque chose écoute. Inaudible, un vent. Jours années, gris, une plainte, sillage dans l’air. Vent, ancien comme un obscurcissement d’écorces. Mais sous le jour, la paupière, songent – ... [Lire la suite]
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07 février 2020

Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) : Le soleil décline / Die Sonne sinkt

  Le soleil décline   1 Tu ne connaîtras plus la soif longtemps encore, cœur brûlé ! Dans l’air passe une promesse, le souffle m’en vient de bouches inconnues :   - la grande fraîcheur approche.   Mon soleil brûlait au-dessus de moi à midi : salut à vous, qui venez, vents subits, frais génies de l’après-midi !   L’air passe, étranger et pur. De son regard biais de séductrice, la nuit, ne me lorgne-t-elle pas ?... Reste fort, ô mon cœur valeureux ! Ne... [Lire la suite]
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05 février 2020

Friedrich Hölderlin (1770 - 1843) : En bleu adorable / In lieblicher Bläue

    En bleu adorable   En bleu adorable fleurit Le toit de métal du clocher. Alentour Plane un cri d’hirondelles, autour S’étend le bleu le plus touchant. Le soleil Au-dessus va très haut et colore la tôle, Mais silencieuse, là-haut, dans le vent, Chante la girouette. Que quelqu’ Un au-dessous de la cloche, descende les degrés, alors Le silence sera une vie ; car, Lorsqu’une figure à ce point se détache, la Forme aussitôt ressort, de l’homme. Les fenêtres, d’où les cloches tintent, sont Comme des... [Lire la suite]
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01 janvier 2020

Raoul Schrott (1964 -) : Corollaires VI / Korollarien VI

  Corollaires VI   dans ce froid l’air est comme la porcelaine et le ciel une jatte – une fêlure du clocher au sommet – une fissure par laquelle la nuit regarde jusqu’à ce que la terre éclate en étoiles völs am schlern, 7.4.97   Traduit de l’allemand par Odile Demange In, « La poésie allemande contemporaine » Editions Seghers / Goethe-Institut Inter Nationes, Paris, 2001 Du même auteur :  Une histoire de l’écriture III / Eine Geschichte der Schrift III (01/01/2017) Du sublime III... [Lire la suite]
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28 novembre 2019

Wolfdietrich Schnurre (1920 - 1989) : Stance / Strophe

  Stance   Quand le faucon planta sa griffe dans la chair de la colombe, un plume tomba sur la bouche du monde. Elle resta suspendue, immobile, aux lèvres desséchées et attendit le souffle. Il ne vint pas ; ce fut le vent du soir qui l’emporta.   Traduit de l’allemand par Raoul Bécousse In, Wolfdietrich Schnurre : « Messages clandestins, et nouveaux poèmes » Editions Noah, 1986 Du même auteur : Adoration /Anbetung (28/11/2014) Chanson / Lied (28/11/2015) Quand le monde frappe... [Lire la suite]
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22 octobre 2019

Herwarth Walden (1878 – 1941) : « Ferne blühen Deine Augen – Loin fleurissent tes yeux... »

  Fern blühen Deine Augen – Loin fleurissent tes yeux Fern – Loin Weit hinter den Nächten – Loin derrière les nuits Blühen still Leben zwischen Sterben Blühen stiller Sterben zwischen Leben Entre vivre et mourir silence fleurissent Le mourir entre le vivre plus silencieusement fleurissent Blühen Sterne in die Nächte – Fleurissent étoiles dans les nuits Augensterne – Yeux étoiles Nacht schmiegt sich an Nacht und Nächte La nuit s’unit à la nuit et les nuits Atmen tief und ab und auf Respirent profondément et expirent... [Lire la suite]
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23 juin 2019

Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) : Présence de l’Aimé / Nähe des Geliebten

  Présence de l’Aimé   Je pense à toi quand l’éclat du soleil rayonne de la mer ; je pense à toi lorsque la lune se mire et tressaille à la source.   C’est toi qui viens, quand sur la route, là-bas se lève la poussière, et dans la nuit, quand le voyageur tremble sur la passerelle.   Ta voix chante pour moi au sourd murmure du flot qui monte ! au calme du bocage combien de fois j’épie quand tout se tait !   Je suis auprès de toi, aussi loin que tu sois, et tu es là ! -... [Lire la suite]
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16 avril 2019

Peter Huchel (1903 – 1983) : : Le tombeau d’Ulysse / Das Grab des Odysseus

  Le tombeau d’Ulysse   Personne ne trouvera le tombeau d’Ulysse, aucun coup de bêche le casque encroûté dans la vapeur d’os pétrifiés.   Ne cherche pas la grotte, où, sous la terre, une bouffé de suie, rien qu’une ombre, mutilée par la poix de la torche, descendit vers ses compagnons morts, les mains levées sans armes, couverte du sang des moutons égorgés.   Tout est à moi, dit la poussière, le tombeau du soleil derrière le désert les récifs pleins du fracas de l’eau, midi sans fin, qui... [Lire la suite]
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06 février 2019

Friedrich Hölderlin (1770 – 1843) : Fantaisie du soir / Abendphantasie

  Fantaisie du soir   Assis dans l’ombre, devant sa cabane, tranquillement      Le laboureur, le frugal, voit son âtre qui fume.           Dans la paix du village la cloche du soir salue                Le voyageur au loin de sons hospitaliers.   En cette heure sans doute les marins rentrent aussi au port,      Dans des villes lointaines, joyeux et... [Lire la suite]
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16 décembre 2018

Brigitte Oleschinski (1955 -) : Puis à nouveau le long des façades / Dann nieder die niedrigen buckligen

  Puis à nouveau le long des façades basses et bossues   au crépi qui s’effrite, les pavés bourdonnant comme du gâteau encore chaud entre les bordures raides et obliques du caniveau. Dans la cour, la sueur fraîche pose un glaçage sur les minces plaques dans la cour qu’un métier enchanté ... [Lire la suite]
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