15 avril 2022

Peter Huchel (1903 -1981) : Île du sud / Südliche insel

Peter Huchel par Davide Racca   Île du Sud Pour Walter Jens   Ile de rochers, Ile de tortues, La pierre fendillée respire telle un volcan, Là où sous les sources La terre attise son feu sombre.   Des agaves lèvent les lances, Portent l’éponge trempée de vinaigre A la bouche assoiffée du ciel.   Piazza déserte. Midi frappe Le cercle brûlant Avec le compas du soleil. Sur le toit en terrasse, L’aire de la pluie, Sèchent des figues et des grappes de raisin. Les citernes sont vides. Quand le... [Lire la suite]
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12 avril 2022

Johannes Kühn (1934 -) : Migration vers le sud / Südflug

  Migration vers le sud   S’élevant dans le ciel, dans le ciel, prêts à partir – Les oiseaux se sont rassemblés, chantant encore l’automne, mais pas trop, pour le reste, déjà leur cœur se chauffait d’un ardent désir d’aller vers le sud. Là-bas ,sur les fils, là-bas, près des ruisseaux je les ai encore vus, en était réjoui. Puis de les voir partir si vite, cela m’attrista. Pas un rayon de soleil, pas un paysage nuageux encore chaud ne pouvait les retenir. 08. 11. 2016   Traduit de l’allemand par... [Lire la suite]
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09 février 2022

Selma Meerbaum-Eisinger (1924 – 1942) : « Ô toi, sais-tu comment crie un corbeau ?... » / « Du, weißt du, wie ein Rabe schreit ?

Zu Klampen Verlag - Selma Merbaum   Ô toi, sais-tu comment crie un corbeau ? Et comment la nuit, blême, effrayée, Ne sait plus par où s’enfuir ? Sais-tu comment, anxieuse, elle ne sait plus Si c’est son règne ou si ce n’est plus son règne, Si elle appartient au vent ou si c’est lui qui lui appartient ? Et les loups, avec leur voracité, Ne sont-ils pas prêts à nous déchirer ?   Ô toi, sais-tu comment le vent hurle aujourd’hui Et comment la forêt, blême, effrayée, Ne sait plus par où... [Lire la suite]
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07 février 2022

Friedrich Nietzche (1844 – 1900) : Venise /Venedig

  Venise   J’étais accoudé au pont, Voici peu, dans la nuit brune. J’entendais un chant au loin : Goutte dorée qui s’échappait Sur la surface tremblante. Gondoles, lampes, musique – Tout s’est évanoui, ivre, dans le crépuscule...   Mon âme, guitare effleurée D’une invisible main y ajoutait En secret une barcarolle, Frémissant d’un bonheur multiple - Quelqu’un l’a-t-il écoutée ?...    Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre In, « Anthologie bilingue de la poésie... [Lire la suite]
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06 février 2022

Friedrich Hölderlin (1770 - 1843) : La moitié de la vie / Hälfte des Lebens

  La moitié de la vie   Lourde de poires jaunes Et pleine de roses sauvages La terre est penchée sur le lac, Et vous, cygnes charmants, Enivrés de baisers, Vous trempez votre tête Dans l’eau sobre et sacrée.   Où, malheureusement, irai-je prendre, Quand vient l’hiver, les fleurs, où L’or du soleil, Et l’ombre de la terre ? Les murs sont là Muets et froids, dans le vent Les bannières tintent (1).   Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre In, « Anthologie bilingue de la poésie... [Lire la suite]
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29 janvier 2022

Clemens Brentano (1778 – 1842) : « Il y a longtemps ce me semble... » / « Es sang vor langen Jahren... »

  Il y a longtemps ce me semble, Le rossignol chantait aussi ; Comme il était doux de l’entendre Au temps où nous étions ensemble.   Je chante et ne puis pas pleurer, Et file à mon rouet, si seule, Mon fil limpide et pur Tant que brillera la lune.   Quand ensemble nous étions, Le rossignol chantait, Aujourd’hui mon chant me rappelle Que tu es parti loin de moi.   Chaque nuit que luit la lune, Je pense à toi uniquement, Mon cœur est limpide et pur, Dieu veuille un jour nous réunir ! ... [Lire la suite]
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27 décembre 2021

Friedrich Gottlieb Klopstock (1724 – 1803) : Les tombes précoces / Die frühen Gräber

  Les tombes précoces   Bienvenue, ô lune d’argent    Compagne silencieuse et belle de la nuit.       Tu fuis ? Ne te presse pas, reste, amie de mes pensées !           Vois, elle reste, seule la nuée s’en allait.   Le réveil de Mai n’en est    Que plus beau encore, tout comme la nuit d’été,       Lorsque à sa boucle perle une rosée lumineuse, ... [Lire la suite]
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01 décembre 2021

Paul Celan (1920 – 1970) : « La nuit, quand le pendule de l’amour... » / « Nachts, wenn das Pendel der Liebe...

  La nuit, quand le pendule de l’amour balance entre Toujours et Jamais, la parole vient rejoindre les lunes du cœur et ton œil bleu d’orage tend le ciel et la terre.   D’un bois lointain, d’un bosquet noirci de rêve l’Expiré nous effleure et le Manque hante l’espace, grand comme les spectres du futur.   Ce qui maintenant s’enfonce et soulève vaut pour l’Enseveli au plus intime : embrasse, aveugle, comme le regard que nous échangeons, le temps sur la bouche.   Traduit de l’allemand par... [Lire la suite]
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28 novembre 2021

Wolfdietrich Schnurre (1920 – 1989) : Nouveaux poèmes 1965 – 1979 (I) / Neue Gedichte 1965 – 1979 (I)

  Nouveaux poèmes 1965 – 1979 (I) Pour Marina   I   IN MEMORIAM La pureté de l’arête de ton nez. Tes sourcils sont des ailes de colibri.   Tes doigts, faits pour modeler les gouttes de rosée.   Où dort-elle ton ombre ? Je me couche auprès d’elle   BONHEUR Tu es couchée au soleil, renarde ; indolente, devant l’entrée de ta tanière.   Ton pelage frémit. Comme des étincelles de cuivre les puce sautent là-dedans.   Avec ton oreille gauche tu épies le... [Lire la suite]
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01 août 2021

Friedrich Hölderlin (1770 - 1843) : Fête de la paix / Friedensfeier

  Fête de la paix      Veuillez, je vous prie, ne lire ces feuilles qu’avec bonté. Je suis sûr qu’ainsi ce poème ne sera pas incompréhensible, et encore moins choquant. S’il se trouvait cependant certaines personnes pour estimer cette langue trop peu conventionnelle, il faut bien que j’avoue une chose : c’est que je ne peux pas faire autrement. N’est-on pas disposé, quand la journée est belle, à entendre toute façon de chanter, et la nature, dont ce champ provient, le reprend aussi. ... [Lire la suite]
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