01 janvier 2020

Raoul Schrott (1964 -) : Corollaires VI / Korollarien VI

  Corollaires VI   dans ce froid l’air est comme la porcelaine et le ciel une jatte – une fêlure du clocher au sommet – une fissure par laquelle la nuit regarde jusqu’à ce que la terre éclate en étoiles völs am schlern, 7.4.97   Traduit de l’allemand par Odile Demange In, « La poésie allemande contemporaine » Editions Seghers / Goethe-Institut Inter Nationes, Paris, 2001 Du même auteur :  Une histoire de l’écriture III / Eine Geschichte der Schrift III (01/01/2017) Du sublime III... [Lire la suite]
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28 novembre 2019

Wolfdietrich Schnurre (1920 - 1989) : Stance / Strophe

  Stance   Quand le faucon planta sa griffe dans la chair de la colombe, un plume tomba sur la bouche du monde. Elle resta suspendue, immobile, aux lèvres desséchées et attendit le souffle. Il ne vint pas ; ce fut le vent du soir qui l’emporta.   Traduit de l’allemand par Raoul Bécousse In, Wolfdietrich Schnurre : « Messages clandestins, et nouveaux poèmes » Editions Noah, 1986 Du même auteur : Adoration /Anbetung (28/11/2014) Chanson / Lied (28/11/2015) Quand le monde frappe... [Lire la suite]
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22 octobre 2019

Herwarth Walden (1878 – 1941) : « Ferne blühen Deine Augen – Loin fleurissent tes yeux... »

  Fern blühen Deine Augen – Loin fleurissent tes yeux Fern – Loin Weit hinter den Nächten – Loin derrière les nuits Blühen still Leben zwischen Sterben Blühen stiller Sterben zwischen Leben Entre vivre et mourir silence fleurissent Le mourir entre le vivre plus silencieusement fleurissent Blühen Sterne in die Nächte – Fleurissent étoiles dans les nuits Augensterne – Yeux étoiles Nacht schmiegt sich an Nacht und Nächte La nuit s’unit à la nuit et les nuits Atmen tief und ab und auf Respirent profondément et expirent... [Lire la suite]
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23 juin 2019

Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) : Présence de l’Aimé / Nähe des Geliebten

  Présence de l’Aimé   Je pense à toi quand l’éclat du soleil rayonne de la mer ; je pense à toi lorsque la lune se mire et tressaille à la source.   C’est toi qui viens, quand sur la route, là-bas se lève la poussière, et dans la nuit, quand le voyageur tremble sur la passerelle.   Ta voix chante pour moi au sourd murmure du flot qui monte ! au calme du bocage combien de fois j’épie quand tout se tait !   Je suis auprès de toi, aussi loin que tu sois, et tu es là ! -... [Lire la suite]
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16 avril 2019

Peter Huchel (1903 – 1983) : : Le tombeau d’Ulysse / Das Grab des Odysseus

  Le tombeau d’Ulysse   Personne ne trouvera le tombeau d’Ulysse, aucun coup de bêche le casque encroûté dans la vapeur d’os pétrifiés.   Ne cherche pas la grotte, où, sous la terre, une bouffé de suie, rien qu’une ombre, mutilée par la poix de la torche, descendit vers ses compagnons morts, les mains levées sans armes, couverte du sang des moutons égorgés.   Tout est à moi, dit la poussière, le tombeau du soleil derrière le désert les récifs pleins du fracas de l’eau, midi sans fin, qui... [Lire la suite]
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06 février 2019

Friedrich Hölderlin (1770 – 1843) : Fantaisie du soir / Abendphantasie

  Fantaisie du soir   Assis dans l’ombre, devant sa cabane, tranquillement      Le laboureur, le frugal, voit son âtre qui fume.           Dans la paix du village la cloche du soir salue                Le voyageur au loin de sons hospitaliers.   En cette heure sans doute les marins rentrent aussi au port,      Dans des villes lointaines, joyeux et... [Lire la suite]
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16 décembre 2018

Brigitte Oleschinski (1955 -) : Puis à nouveau le long des façades / Dann nieder die niedrigen buckligen

  Puis à nouveau le long des façades basses et bossues   au crépi qui s’effrite, les pavés bourdonnant comme du gâteau encore chaud entre les bordures raides et obliques du caniveau. Dans la cour, la sueur fraîche pose un glaçage sur les minces plaques dans la cour qu’un métier enchanté ... [Lire la suite]
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28 novembre 2018

Wolfdietrich Schnurre (1920 -1989) : Harangue du policier de banlieue pendant sa ronde du matin / Ansprache des vorortpolizisten

  Harangue du policier de banlieue pendant sa ronde du matin     Tu habites dans la rosée, dans le cri de la sittelle au-dessus des jardins, dans le cauchemar du mouchard et le rail conducteur du train de banlieue. Tu souffles le brouillard dans la vallée, la suie sur la bougie d’allumage, tu chantes sous le sabot du cheval et par la bouche de l’ivrogne. Telle est ta mission. Les veines du germe palpitent dans le battement de ton pouls.   Mon maître et chef, si petit que je sois devant le pupitre... [Lire la suite]
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21 août 2018

August von Platen (1796 – 1835) : « O tendre printemps... » / « O süßer Lenz... »

  O tendre printemps, fais que ton pas se hâte, Et, cette fois, viens encore plus tôt que de coutume ! Toi qui nous guéris quand notre cœur est serré, Et dont le doux remède toujours nous guérit !   Oh ! si je pouvais déjà au profond même de ta fleur, Quand à peine le jour arde à l’horizon, Et jusqu’à ce qu’enfin il se dissipe dans le couchant, Vivre de pleurs et sans vœu ni prière !   Ton clair soleil flammant dans le bleu, Je lèverais les yeux vers le haut, étendu parmi l’herbe, Et... [Lire la suite]
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23 juin 2018

Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) : Un autre pareil / Ein Gleiches

  Un autre, pareil   Sur toutes les cimes, Plus rien ne bouge, Aux sommets des arbres, Tu perçois à peine, Un souffle d’air. Dans la forêt les oiseaux se sont tus. Attends, bientôt, Tu reposeras à ton tour. (6 septembre 1980)   Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre in, « Anthologie bilingue de la poésie allemande » Editions Gallimard (La Pléiade), 1995 Du même auteur : Le Roi des Aulnes / Erlkönig (23/06/2014) Bienvenue et adieu / Willkommen und Abschied (22/06/2015) La... [Lire la suite]
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