27 décembre 2019

Louis Brauquier (1900 – 1976) : « Nous avons marché côte à côte ... »

    Nous avons marché côte à côte dans les rues de tant de villes Que parfois dans notre silence je m’éveille Et me demande, une seconde, où je suis.   Hélas ! Ce n’est pas la rue de la Douane, à Malmousque, Ni celle des Pharaons dans la blanche Alexandrie, Ni toutes celles des ports ou des villes dans les terres Que nous regrettons, bien sûr, puisqu’elles sont le passé.   Mais tu es là, près de moi, dans la foule étrangère, Où, seul, je me serais si facilement perdu ; Et je te tiens par le... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 11:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

26 décembre 2019

Claude Roy (1915 – 1997) : A la lisière du temps

    A la lisière du temps   Quand on marche le soir à la lisière du temps il monte soudain une bouffée d'enfance les cris d'hirondelles folles d'un préau d'école ou le silence de la barque sur la rivière à la tombée du jour quand le soleil rase l'eau qui moucheronne ou bien la sonnette (deux fois) de l'épicerie-mercerie où on achète après l'école les rouleaux de réglisse Zan, qui barbouillent de noir et font les doigts collants.   On tend l'oreille le long du voile de la brume. Quelqu'un parle à... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 16:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
23 décembre 2019

Saadi Youssef (1934 -) / سعدي يوسف : Le village

  Le village   Hier il s’est mis dans un coin, avec son acte de naissance Haletant, il a tourné et retourné les feuilles : l’âge les années le visage enfantin puis son village Il a senti la terre ferme sous ses pieds et l’eau qui coulait Ce pont-là était toujours aussi petit Brusquement la chanson de l’enfance s’est insinuée en lui Lakdhar au verbe hésitant dira-t-il quelque chose ? Et les pas ? Laissera-t-il ses pieds se diriger où bon leur semble ?   Au loin son village le pont... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
22 décembre 2019

André de Richaud (1909 – 1968) : La chanson de mort

  La chanson de mort   Vous, les autres qui m’avaient tiré par les lèvres jusqu’à une seconde de votre peau et dont je me suis repoussé jusqu’à l’éternité parce que mon amour vous aurait      peut-être tué   Adieu les autres ce n’est pas le moment d’être hypocrite chacun de mes mouvements vous inonde de mort Allez-vous en Allez-vous en  que je vous voie longtemps ne plus penser à moi   Pourtant tout se déchire sous mon visage Pourtant mes gestes s’éloignent de moi je... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
20 décembre 2019

Louise Warren (1956 -) : L’Amant gris

    L’Amant gris     Tu ne sais pas grand-chose de moi. Tu connais le goût du vin laissé sur ma langue mais tu n’as pas goûté à ma bouche gonflée de sommeil. Tu sais que la nuit je vois des serpents et des flèches sur les murs de ma chambre et j’entends siffler des trains. Quand la lune est ronde, elle fait des vœux, seulement les mercredis de pleine lune, seulement les mercredis. Tu connais un échantillon de ma peau et tu sais les tissus qui m’habillent. Tu as deviné que la soie sauvage est... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:36 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :
20 décembre 2019

Giacomo Leopardi (1798- 1837) : Les souvenirs / Le ricordanze

  Les souvenirs             Belles étoiles de l’Ours, pouvais-je croire Qu’un jour je reviendrais vous contempler Scintillantes au-dessus du jardin de mon père, Et deviser avec vous depuis les fenêtres De cette demeure où j’habitais Enfant et de mes joies connus la fin. Alors, que de chimères, que de fables Engendrait votre vision dans mon âme, Avec celle des lumières vos compagnes ! Quand, silencieux, assis dans l’herbe, J’aimais à passer grand-partie de mes... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

19 décembre 2019

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : « Gacela » de la mort obscure / Gacela de la muerte obscura

En 1932   « Gacela » de la mort obscure     Je veux dormir le sommeil des pommes, Et m’éloigner du tumulte des cimetières. Je veux dormir le sommeil de cet enfant Qui voulait s’arracher le cœur en pleine mer.   Je ne veux pas que l’on me répète que les morts ne perdent pas leur sang ; Que la bouche pourrie demande encor de l’eau. Je ne veux rien savoir des martyres que donne l’herbe, Ni de la lune avec sa bouche de serpent Qui travaille avant que l’aube naisse.   Je... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
18 décembre 2019

Czesław Miłosz (1911 - 2004) : Le fleuve majestueux / Powolna rzeka

  Le fleuve majestueux   Un printemps aussi beau que celui-là, cela fait longtemps qu’il n’y en a pas eu ; l’herbe juste avant le fauchage est abondante et pleine de rosée. Dans la nuit, on entend quelqu’un jouer au bord des marais, il y a une traînée rose à l’est jusqu’au petit matin. A une telle heure, chaque voix sera pour nous un cri de triomphe. Gloire, douleur et gloire à l’heure et aux nuages, à la chênaie verte, le portail de la terre se fend, clef de la terre découverte, l’étoile accueille déjà... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
17 décembre 2019

Adrien de Monluc, comte de Cramail (1588 – 1646) : Les fous

  Les fous (chanson)   De tous les fous qu’on voit en France, Et de ceux qui font les prudents, Il n’y a point de différence Que de barbe et d’habillements : Car tout le monde a sa folie Qui le possède et le manie.   Les uns désirent la richesse, D’autres désirent les hasards, Tel fait le vain de sa maîtresse Qui n’en a rien que des regards ; Et cependant la jalousie Trouble le plaisir de sa vie.   L’un aime les chants solitaires, L’autre se plaît dessus la mer, D’aucun dedans les... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
16 décembre 2019

Gaston Puel (1924 – 2013) : « Puisque le soleil décline... »

  Puisque le soleil décline je dirai la ronde bosse d’un dos d’homme Il s’éloigne et le soleil pénètre dans sa bouche illumine ses dents Il danse vers l’abîme          Des herbes l’accompagnent La poussière le suit dans l’ombre de ses jambes   Mais la prison Par ses portes de fer Ses dédales de bronze Ses vannes verrouillées Ses couloirs immergés Mais la prison Sera son lieu concis Et sa dense planète   Elle ira dans la nuit Emportant ses reclus Ses... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :