02 mars 2019

Alexandre Sergueïevitch Pouchkine / Александр Сергеевич Пушкин (1799 - 1837) : « Tout mais ne pas devenir fou ... »

  Tout mais ne pas devenir fou. Plutôt errer, plutôt les loups,             Les coups, la faim, le froid ; Non que je tienne à ma raison : Oh, quelle joie, quel abandon             Si j’oubliais son poids !   Fou, si l’on pouvait me laisser Libre, on me verrait m’élancer             Au fond des bois obscurs, Chantant dans un délire en... [Lire la suite]
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02 mars 2019

Marcabru (1110 -1150) : « A la fontaine du verger... » / « A la fontana del vergier... »

  A la fontaine du verger Où l'herbe est verte près du gravier A l'ombre d'un arbre fruitier,  Agrémenté des blanches fleurs Et de chants d’oiseaux printaniers Trouvai seul sans compagnon Celle qui ne voulait mon bonheur    Etait damoiselle au corps bel, Fille d'un seigneur de castel ; Et quand je pensais que l'oiseau Lui faisait joie et la verdure, Ainsi que le doux temps nouveau, Et qu'elle entendrait mon appel Tôt ferai ses pensers changer   Des yeux pleurait près la fontaine Et... [Lire la suite]
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01 mars 2019

Yòrgos Sefèris / Γιώργος Σεφέρης (1900 - 1971) : Aveugle / Τυφλός

  Aveugle   Le sommeil est lourd aux matins de décembre noir comme les eaux de l’ Achéron, sans rêves, sans mémoire, sans la moindre feuille de laurier. La veille entaille l’oubli comme la peau qu’on fouette et l’âme fourvoyée sortant des eaux brandit des débris de peintures des enfers, danseuse aux vaines castagnettes, qui titube talons meurtris par le lourd piétinement dans l’assemblée engloutie là-bas.   Le sommeil est lourd aux matins de décembre. Chaque année en décembre c’est pire. Parga* d’abord... [Lire la suite]
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28 février 2019

Alphonse de Lamartine (1790 – 1869) : L’Infini dans les cieux

  L'infini dans les cieux   C'est une nuit d'été ; nuit dont les vastes ailes Font jaillir dans l'azur des milliers d'étincelles ; Qui, ravivant le ciel comme un miroir terni, Permet à l'oeil charmé d'en sonder l'infini ; Nuit où le firmament, dépouillé de nuages, De ce livre de feu rouvre toutes les pages ! Sur le dernier sommet des monts, d'où le regard Dans un trouble horizon se répand au hasard, Je m'assieds en silence, et laisse ma pensée Flotter comme une mer où la lune est bercée.   L'harmonieux... [Lire la suite]
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27 février 2019

Clod’Aria (1916 – 2015) : La mère de famille

  La mère de famille   Et quand elle eut trimé tant trimé tant gratté tant frotté tant râclé qu’elle en devint ridée   Et quand elle eut cousu tant cousu tant rabattu décousu recousu qu’elle en devint bossue   Et quand elle eut donné tant donné tant distribué partagé prodigué qu’elle en fut dépouillée   Alors ils s’en allèrent bien nippés bien repus égoïstes ingénus   et la mère mourut. (Croquis sur le vif, 1964)   Poèmes choisis Plein chant éditeur, 1976   De la... [Lire la suite]
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26 février 2019

Seamus Heaney (1939 – 2013) : Bonne nuit / Good night

  Bonne nuit   Le loquet se soulève, un îlot de lumière S’étend dans la cour. Voûtant le dos sous la porte basse, Dans ce couloir doré ils passent Puis s’évanouissent dans l’obscurité.   Flaque d’eau, pavés ronds, chambranle et seuil Restent figés dans ce bloc de lumière Jusqu’à ce qu’à grands pas, au-delà de son ombre Elle rentre, et que tout redevienne noir.   Traduit de l’anglais par Florence Lafon in, Seamus Heaney : « Poèmes 1966 – 1984 » Editions Gallimard, 1988   Du... [Lire la suite]
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25 février 2019

Alicia Bykowska-Salczynska (1953 -) : Au vent

  Au vent   La Bretagne est la région de France où il y a le plus de suicides ; c’est ce que disent les statistiques.   Il est vrai qu’il y en a plus que jamais. C’est à cause de ce vent qui souffle sans arrêt, comme tu l’écris, Chéri, dans le récit de ton premier voyage. Jean-Luc sourit, amer quand je lui lis ton article traduit. Ce n’est pas le spleen, dit-il. C’est la pauvre eau de vie, le dur labeur, et le sentiment d’être encore plus mal sur sa pauvre terre.   Alors, il leur paraît... [Lire la suite]
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24 février 2019

Philippe Desportes (1546 – 1606) : « Depuis le triste point de ma frêle naissance...

  Depuis le triste point de ma frêle naissance Et que dans le berceau pleurant je fus posé, Quel jour marqué de blanc m’a tant favorisé Que de l’ombre d’un bien j’aie eu de la jouissance ?   A peine étaient séchés les pleurs de mon enfance Qu’au froid, au chaud, à l’eau je me vis exposé, D’amour, de la fortune, et des grands maîtrisé, Qui m’ont payé de vent pour toute récompense.   J’en suis fable du monde, et mes vers dispersés Sont les signes piteux des maux que j’ai passés, Quand tant de fiers... [Lire la suite]
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23 février 2019

Paul – Jean Toulet (1867 – 1920) : « Voici que j’ai touché... »

  Voici que j’ai touché les confins de mon âge. Tandis que mes désirs sèchent sous le ciel nu, Le temps passe et m’emporte à l’abîme inconnu, Comme un grand fleuve noir, où s’engourdit la nage.   (Coples, 53)   Les Contrerimes Editions du Divan, 1921 Du même auteur : En Arles (10/11/2014) « L’immortelle, et l’œillet de mer… » (23/02/2016) Le tremble est blanc (23/02/2017) « Puisque tes jours ne t’ont laissé… »  (23/02/2018) « Toute allégresse... » (23/02/2020) ... [Lire la suite]
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22 février 2019

Tristan Tzara (1896 – 1963) : « la tête rampe... »

  Poème   la tête rampe entourée d’échos sur la trace des beuglements fumigènes que les volcans ont sillonnés le long des migrations de prospecteurs là-haut où tout n’est que pierre et fragile gazouillis d’inconsolés soleils suivi l’anémique viaduc débouche dans l’entonnoir de chaux de la vallée cravatée      de portails et la faune métallique grouille amèrement dans la mare de rouille et de fourrure   fragile gazouillis d’inconsolés soleils – remous de dunes dures à craquer – les... [Lire la suite]
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