09 février 2017

Pernette Du Guillet (1520 – 1545) : « La nuit était pour moi si très-obscure… »

  La nuit était pour moi si très-obscure Que Terre et Ciel elle m'obscurcissait, Tant qu'à Midi de discerner figure N'avais pouvoir - qui fort me marrissait (*) :     (*) m’affligeait Mais quand je vis que l'aube apparaissait En couleurs mille et diverse, et sereine Je me trouvai de liesse si pleine - Voyant déjà la clarté à la ronde - Que commençai louer à voix hautaine (*)      (*) à haute voix Celui qui fit pour moi ce Jour au Monde.     Rymes de gentile,... [Lire la suite]
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08 février 2017

Pierre Morhange (1901 – 1972) : Paris

      Paris   Avez-vous vu un fils tranquille ramasser au marché Une petite enfant étrangère, une Sarrasine Qui vendait des citrons sans patente Sans avoir payé sa location de l’asphalte Où elle s’accroupissait, petite sombre.   Echalote ! Il la conduit. Il a été bon. Il l’a avertie deux fois. Elle le suit devant les squares et les boutiques Elle le suit tout au long de la patente Auprès de tous les yeux patentés, des groins, des museaux patentés On ne regarde même pas la petite... [Lire la suite]
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07 février 2017

René Depestre (1926 - ) : Dito

  Dito   Mon avenir sur ton visage est dessiné comme des nervures sur une feuille ta bouche quand tu ris est ciselée dans l’épaisseur d’une flamme la douceur luit dans tes yeux comme une goutte d’eau dans la fourrure d’une vivante zibeline la houle ensemence ton corps et telle une cloche ta frénésie à toute volée résonne à travers mon sang Comme les fleuves abandonnent leurs lits pour le fond de sable de ta beauté comme des caravanes d’hirondelles regagnent tous les ans la clémence de ton méridien en toute... [Lire la suite]
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06 février 2017

Friedrich Hölderlin (1770 – 1843) : Le Pays / Die Heimat

  Le pays   Joyeux le marinier vers le fleuve paisible rentre      Des îles loin d’ici, quand sa moisson est faite ;           Moi aussi, j’aimerais revenir au pays, si j’avais                Autant que de douleur moissonné de richesses. Ô, vous, rives si chères qui jadis m’éduquèrent,      Apaisez-vous les maux de l’amour, promettez-vous, ... [Lire la suite]
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04 février 2017

Bernard Binlin Dadié (1916 - 2019) : Les lignes de nos mains

    Les lignes de nos mains   Les lignes de nos mains ni Jaunes ni Noires ni Blanches Ne sont point des frontières des fossés entre nos villages des filins pour lier les faisceaux de rancoeurs.     Les lignes de nos mains sont des lignes de vie, de Destin de Coeur d’Amour, de douces chaînes qui nous lient les uns aux autres les vivants aux morts.     Les lignes de nos mains ni blanches ni noires ni jaunes, Les lignes de nos mains Unissent les bouquets de nos rêves. ... [Lire la suite]
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04 février 2017

Kobayashi Issa / 小林 一茶 (1763 – 1827) : « Première cigale… »

Première cigale dit-il, et il pissa   Traduit du japonais par Maurice Coyaud In, « Fourmis sans ombre » Editions Phébus, 1978 Du même auteur : « Quiétude… » (04/02/2016) « Ah ! pouvoir être … » (04/02/2018) « Un monde de douleurs... » (04/02/2019)
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03 février 2017

José Gutiérrez (1955 - ) : La mort que je n’ai pas eue

  La mort que je n’ai pas eue   Longue est la journée de celui qui attend en vain le mot qui le lavera de l’angoisse de s’être trompé. Il sait que le temps ne concède pas cette chimère à celui qui a tissé ses heures avec aveuglement, à celui qui n’a pas écouté la voix qui était la clé de son jardin secret. Il voit la nef s’éloigner dans la brume étrangère de l’oubli. Plus jamais la mémoire ne pourra le sauver. Il redoute son destin, sa solitude ; il n’ y a pas d’échappatoire. Sur son chemin il ne croise... [Lire la suite]
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02 février 2017

Wojciech Marek Darski (1958 - ) : Carte postale de Mazurie. Destinataire inconnu

    Carte postale de Mazurie Destinataire inconnu   Quand le soir viendra, nous irons au lac regarder les fagots descendre les bois en sarabande. Sous la lame des vagues, nous jetterons notre carcasse usée et les arbres nageront avec nous vers l’autre rive. Ou bien la pâleur des contes nous surprendra. A demi-mot, dans un faux-pas. A présent, les couronnes de verdure des sapins dorment encore. Toujours le cerf solitaire s’y arrête. Les yeux des hiboux régulent le mouvement que prennent les souris en... [Lire la suite]
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01 février 2017

Novalis (1772 – 1801) : « Les prés se sont recouverts de verdure… / « Es färbte sich die Wiese grün… »

    Les prés se sont recouverts de verdure Et j’ai vu fleurir près des haies ; Jour après jour pousser des herbes nouvelles, L’air était doux, le ciel serein, Je ne savais pas ce qui m’arrivait, Ni comme advenait ce que je voyais.   Et la forêt s’assombrissait encore, Séjour aussi de mille chanteurs divers. Par tous les chemins leurs échos bientôt M’accueillirent de douces senteurs, Je ne savais pas ce qui m’arrivait, Ni comme advenait ce que je voyais.   Partout jaillissaient ,... [Lire la suite]
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30 janvier 2017

Tomas Tranströmer (1931 - 2015 ) : Secrets en chemin

  SECRETS EN CHEMIN   I ---------------------------------   CELUI QUI FUT REVEILLE PAR LES CHANTS AU-DESSUS DES TOITS   Matin, pluie de mai. La ville est encore silencieuse comme un chalet de montagne. Les rues le sont aussi.                          Et dans le ciel un moteur d’avion qui gronde en bleu et gris. – ... [Lire la suite]
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