12 novembre 2015

Jules Supervielle (1884 – 1960) : Hommage à la vie

  Hommage à la vie   C’est beau d’avoir élu  Domicile vivant  Et de loger le temps  Dans un coeur continu,  Et d’avoir vu ses mains  Se poser sur le monde  Comme sur une pomme  Dans un petit jardin,  D’avoir aimé la terre,  La lune et le soleil,  Comme des familiers  Qui n’ont pas leurs pareils,  Et d’avoir confié  Le monde à sa mémoire  Comme un clair cavalier  A sa monture noire,  D’avoir donné visage  À ces mots :... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 09:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

11 novembre 2015

Georges Henein (1913 – 1974) : « Chambre rebelle à toute demeure… »

  Chambre rebelle à toute demeure… quoi de plus lourd au profil de l’absente que           cette écharpe délaissée par le vent…   quoi de plus fidèle à son image que cette           empreinte solaire là où pour la dernière           fois se posa son pied lointain…   cette chambre douce comme une haleine à la           recherche... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 09:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
10 novembre 2015

Yannis Ritsos / Γιάννης Ρίτσος (1909- 1990) : Les vieilles femmes et la mer

  Les vieilles femmes et la mer   Toutes ensemble (doucement, simplement, d’une voix lasse et lointaine)   Dès que tombe le crépuscule, nous sortons nous asseoir ici,      sur la pierre du seuil, sur les rochers pour que nous batte le vent du large et qu’il nous vide de      notre vide. Nous reposer de ne plus rien faire, oublier, nous les oubliées, faites d’oubli,  comme si tout s’en était allé, et que nous soyons restées seules sur une aire haute et large où... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 09:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
09 novembre 2015

Jean de l’Espine du Pont- Alais, dit « Songe - creux » (1490 ?- 1560 ?) : De l’état de cour

    De l’état de cour   Voilà celui qui se dit notre roi Voilà celui par qui nous vient la guerre Voilà celui qu'à tous nos biens fait guerre Voilà celui qui tue ceux qu'il veut   Voilà celui de qui chacun se deut (1) Voilà celui qui tailles nous apporte Au feu d'enfer le grand diable l'emporte Si aurons paix après qu'il sera mort.   Qui argent a la guerre il entretient Qui argent a gentilhomme devient Qui argent a chacun lui fait honneur ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 08:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
08 novembre 2015

Jorge Luis Borges (1899-1986) : Œdipe et son énigme / Edipo y el enigma

  Œdipe et son énigme   Quadrupède à l’aurore, à midi profilant Sur le ciel sa droiture, et dans le jour qui baisse A trois pattes clochant débile : la déesse Durable voyait ainsi son frère vacillant, L’homme. Mais vers le soir voici qu’un homme arrive, Et tombe au piège qu’il résout : dans le miroir De cette monstrueuse image il a pu voir, Bouleversé, notre destin et sa dérive. Nous sommes tous Œdipe ; il a tout su de tous, Il a vu cette longue et triple bête : nous. Je suis ce que je fus... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 09:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 novembre 2015

André Rolland de Renéville (1903 – 1962) : « Dans le royaume des morts… »

  I           Dans le royaume des morts, les pensées humaines construisent de singuliers édifices. Je ne voudrais point y habiter pour tous les corps du monde ! Dieu créa le labeur afin d’en modérer l’afflux. Les hommes courbés sur une tâche,  et les mains pleines d’éclis, n’ont plus le loisir de rêver jusqu’aux ténèbres. Leurs désirs restent en chantier comme des quartiers de marbre rouge. Toute leur attention se concentre sur la machine prête à les broyer sur un... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 09:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

06 novembre 2015

Renée Vivien (1877 – 1909) : Nocturne

  Nocturne    J’adore la langueur de ta lèvre charnelle Où persiste le pli des baisers d’autrefois.                          Ta démarche ensorcelle, Et la perversité calme de ta prunelle A pris au ciel du nord ses bleus traîtres et froids.   Tes cheveux, répandus ainsi qu’une fumée, Clairement vaporeux, presque immatériels, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 09:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
05 novembre 2015

Claire Genoux (1971 - ) : « Gardons ce corps solide… »

  Gardons ce corps solide ce sang frais qui fuit dans les artères gardons ces courbes claires et cette peau vivante où les hommes ont posé leur visage disons adieu aux caresses et aux lèvres anciennes qui usaient notre ventre dormons avant que le soleil ne vieillisse notre chair blonde et n’entame nos os chargés de moelle que nous restions neuve pour le vrai jour.   Soleil ovale Editions Empreintes, Chavannes-près-Renens (Suisse), 1997 Du même auteur : « Ne rien dire de mon corps … »... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 10:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
04 novembre 2015

Benjamin Fondane (1898 – 1944) : Ulysse

  Ulysse   à Armand Pascal ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 09:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 novembre 2015

André Chénier (1762 – 1794) : La jeune Tarentine

  La jeune Tarentine     Pleurez, doux alcyons ! ô vous, oiseaux sacrés,  Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez !  Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine !  Un vaisseau la portait aux bords de Camarine.   Là l'hymen, les chansons, les flûtes, lentement, Devaient la reconduire au seuil de son amant. Une clef vigilante a, pour cette journée, Dans le cèdre enfermé sa robe d'hyménée, Et l'or dont au festin ses bras seraient parés, Et pour ses blonds cheveux les... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 09:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :