04 septembre 2018

Erwann Rougé (1954 -) : « Si je fermais les yeux... »

  Si je fermais les yeux, que la toile ne soit plus entièrement la toile, mais l’ouvert, le rouge redoutable. L’empreinte serait espace, le corps devenu proie. Et non seulement en raison du froid, mais de l’attente apprise avec ses hâtes, ses piétinements.     La nuit, voir défait très lentement, dévore les ombres que l’on n’explique pas.   Extrait de « Ce que garde ce que garde l’éclair » Gérard Venturelli, peintre  In, « Revue Ecriterres, N°2, Mai 1990 » 29720... [Lire la suite]
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03 septembre 2018

Kenneth White (1936 -) : « La pensée est une pensée... »

  La pensée est une pensée à coups de vagues Et les mains tiennent la barre Oui, la barre du monde Et la poésie nage, rouge Dans les abîmes de la mer La poésie des profondeurs contre laquelle je troque ma vie Et je la sens comme je sens mon sang Et comme je sens le pays où je vis Voilà, c’est là En douceur – serre Et les filets s’enfoncent en ondulant Tandis que les premiers cheveux gris de l’aurore Se montrent dans le ciel Attends, attends le temps qu’ils dérivent Dérivent Dans le monde rouge et noir Attends... [Lire la suite]
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02 septembre 2018

Roberto Veracini (1956 -) : A naviguer / A navigare

  A naviguer « Nous n’existons pas, nous rêvons. » YVES BONNEFOY     Avant chaque voyage il y a la mer                                                        à traverser, avant chaque rêve, il y a la nuit ... [Lire la suite]
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01 septembre 2018

Edouard Glissant (1928 – 201) : Pays

  Pays   Là où pays et vents sont de même eau intarissable Devant qu’oiseaux eussent toué villes et bois J’ai tendu haut ce linge dénudé, la voix de sel Comme un limon sans fond ni diamant ni piège bleu   * A cet empan où toute lave s’émerveille de geler Devenant être, et elle prend parti d’un pur étant Là où pays et sang se mêlèrent au demeurant J’ai grandi dans l’armure où consumaient les treize vents   * Ata-Eli vieux songe d’âme et nue Où les autans si las s’énamourèrent Nous avons pris main... [Lire la suite]
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29 août 2018

Jiří Šotola (1924 – 1989) : Comment chasser le bonheur. II

  Comment chasser le bonheur II   On oublie les noms on oublie le doux parfum d’un bébé de six mois, on marche en rond, en rond, on cherche quelque chose qui n’est guère, qui pourrait, devrait être, qui à l’évidence ne peut pas ne pas être, une boule pointue, un mouvement perpétuel, un marbre irrigué de sang, on ne pense en fait à rien d’autre, on marche jusqu’à l’épuisement, ensuite avec varices, avec asthme, puis couché sous une couverture d’hôpital, on marche, on marche et on marche.   Traduit du... [Lire la suite]
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29 août 2018

Mahmoud Darwich (1941- 2008) / محمود درويش : L’art d’aimer / درس من كاما سوطرا

      L’art d’aimer Avec la coupe sertie d’azur, Je t’attends Auprès du bassin, des fleurs du chèvrefeuille et du soir, Je t’attends Avec la patience du cheval sellé pour les sentiers de montagne, Je t’attends Avec le bon goût du prince raffiné et beau, Je t’attends Avec sept coussins remplis de nuées légères, Je t’attends Avec le feu de l’encens féminin omniprésent Je t’attends Avec le parfum masculin du santal drapant le dos des chevaux, Je t’attends Et ne t’impatiente pas. Si elle arrivait après... [Lire la suite]
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28 août 2018

Tarass Chevtchenko / Тарас Григорович Шевченко (1814 – 1861) : « Le jour passe... »

  Le jour passe et la nuit passe. Et toi, La tête entre les mains tu t’étonnes Que ne vienne pas encor l’apôtre De la vérité, de la lumière.   Le 5 Novembre 1860 St-Petersbourg   Traduit de l’ukrainien par Eugène Guillevic In : « Tarass Chevtchenko » Pierre Seghers éditeur (Poètes d’aujourd’hui), 1964,
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27 août 2018

Alfonso Gatto (1909 – 1976) : Mots / Parole

  Mots   « Je te perdrai comme on perd un clair jour de fête : - je le disais à l’ombre que tu étais dans le vide de la pièce – attentive, ma mémoire te chercha en ces années florissantes, un nom, une apparence : pourtant, tu te dissiperas et ce sera toujours l’oubli de nous dans le monde. » ... [Lire la suite]
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26 août 2018

Henri Pichette (1924 – 2000) : Apoème 3

  Apoème 3    Hommes, souvenez-vous des marches et des haltes. Hommes, la gorge en feu, nous bûmes aux fontaines. Hommes penchés dehors, les trains vous emportaient. Hommes, je vous revois offrir des roses rouges. Hommes, mes délicats, vous tuiez des oiseaux. Hommes à tout venant les veillées vous fanèrent. Hommes, descendez l’eau, debout sur les péniches… Faites encor vos jeux ! clamèrent les forains. Les roues lancées à bras tournaient, tournesols ivres, Avec un bruit fou de crécelles. La lumière ... [Lire la suite]
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25 août 2018

Denis Rigal (1938 -) : journal infime

  journal infime   s’élevait au-dessus des maisons un si paisible rien          un geste bénin de l’absence            quelque chose comme le parfum doucereux des freezias. c’était dans la saison tremblante, la chair était lointaine, n’avait jamais menti, n’en tirait plus orgueil.     on se meurt, en effet, et aussi le ruisseau à l’insigne allégresse.   d’une persistence Revue « Poésie... [Lire la suite]
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