07 juillet 2017

Xavier Grall (1930 – 1981) : Ne me parlez pas de moi

  Ne me parlez pas de moi   Ne me parlez pas de moi Sur ma tête mettez une pierre D’argile blanche Et parlez-moi de la terre.   Genèse et derniers poèmes Editions Calligrammes, 29000 Quimper, 1982  Du même auteur :  Solo (07/07/2014) Allez dire à la ville (0707/2015)   Les Déments (07/072016)  
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06 juillet 2017

Jan Vladislav (1923 – 2009) : Suite d’automne

    Suite d’Automne A la mémoire de Frantisek  Halas   1 Dans la couronne de terre sommeille ce qui jadis, avide, buvait le monde. Ce qui jadis était une tête vivante, croquant à belles dents la fleur vivante d’amour et de mort alliés, toujours liés dans la chair. Et nous nous illusionnons qu’aujourd’hui vous savez pour que ne nous effraie votre rêve.   2 Il est trop long. On n’entend même plus de lourd gémissements nocturnes. On ne verra pas la terre s’ouvrir dans un gloria de cloches... [Lire la suite]
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04 juillet 2017

René Daumal (1908 – 1944) : La seule

    La seule   Je connais déjà ta saveur, je connais l’odeur de ta main, maîtresse de la peur, maîtresse de la fin.   J’ai touché déjà tes os à travers la chair sans âge pétrie d’insectes millénaires et de calices de fleurs futures.   J’ai dormi depuis les déluges, j’ai dormi au fond de toi, sur ton épaule, j’ai dormi sans nom – ta poitrine n’a pas changé, l’air de la vie n’a plus le nerf de m’éveiller – ne me nomme jamais, ne me réveille pas ; tes poumons immobiles ont désappris aux... [Lire la suite]
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04 juillet 2017

Anna Akhmatova ) / Анна Ахматова (1889 – 1966) : Solitude / Уединение

  Solitude   On m’a jeté tant de pierres, Que plus aucune ne m’effraie, Le piège s’est fait haute tour, Haute parmi les hautes tours. Je remercie ceux qui l’ont construite, Qu’ils cessent de s’inquiéter, de s’attrister. De tous les côtés je vois l’aube plus tôt. Et le dernier rayon du soleil triomphe ici. Souvent dans les fenêtres de mes chambres Entrent les vents des mers du nord, Et le pigeon mange dans mes mains du grain… Cette page que je n’ai pas finie, La main brune de la Muse, Divinement calme et... [Lire la suite]
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03 juillet 2017

Philippe Jaccottet (1925 - ) : Parler

  Parler 1 Parler est facile, et tracer des mots sur la page, en règle générale, est risquer peu de chose : un ouvrage de dentellière, calfeutré, paisible (on a pu même demander à la bougie une clarté plus douce, plus trompeuse), tous les mots sont écrits de la même encre, « fleur » et « peur » par exemple sont presque pareils, et j’aurai beau répéter « sang » du haut en bas de la page, elle n’en sera pas tachée, ni moi blessé.   Aussi arrive-t-il qu’on prenne ce jeu en... [Lire la suite]
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02 juillet 2017

Izet Sarajlic (1930 - 2002 ) : Soeurs

  Sœurs   Celles d’Essénine s’appelaient Choura et Katia. Celles de Maïakovski se nommaient Ludmilla et Olia.   Les miennes avaient pour nom Nina et Raza.   Elles sont toutes mortes.   Nina et Raza sont décédées à cinquante jours d’intervalle.   Sont-elles mortes ou bien ont-elles été tuées sans balles ?   Il me faut me mettre en quête d’une nouvelle sœur.   Car il m’est impossible de ne plus être le frère d’une femme.     Traduit du serbo-croate par... [Lire la suite]
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01 juillet 2017

Emily Jane Brontë (1818 – 1848 ) : « Mon plus grand bonheur… » / “I’m happiest whan most away…”

  Mon plus grand bonheur, c'est qu'au loin Mon âme fuie sa demeure d'argile, Par une nuit qu'il vente, que la lune est claire, Que l’œil peut parcourir des mondes de lumière —   Que je ne suis plus, qu'il n'est rien — Terre ni mer ni ciel sans nuages — Hormis un esprit en voyage Dans l'immensité infinie.   Traduit de l’anglais par Pierre Leyris, In, Emily Bronte : Poèmes (1836 – 1846) Editions Gallimard, 1963 Du même auteur : Il devrait n’être point de désespoir pour toi / There should be... [Lire la suite]
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29 juin 2017

Mérédith Le Dez (1973 -) : « Front collé à la vitre … »

  XVII   Front collé à la vitre de février, une nostalgie de Baltique s’épand à l’horizon. Sous le paquet anthracite des nuages s’étrécit une zone claire que l’on dirait sableuse, où le souvenir arpente comme un marcheur regrette une négligence.   La musique tend des pièges de mer, des algues d’oubli douce, les tresses d’une cage de sirène suspendue entre des eaux intemporelles, ou des miroirs ondoyant.   Foulée jaune en lisière de plage. Le soir grise sur la mer les coques des épaves en rouille,... [Lire la suite]
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23 juin 2017

Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) : Chant de tempête du voyageur / Wanderers Sturmlied

  Chant de tempête du voyageur   Celui que tu n’abandonnes pas, Génie, Ni la pluie ni la tempête Ne souffleront la frayeur en ton cœur. Celui que tu n’abandonnes pas, Génie, A la nuée d’averse, A la bourrasque de grêle Opposera sa chanson, Comme l’alouette, Ô toi, tout là-haut.   Celui que tu n’abandonnes pas, Génie, Tu le soulèveras au-dessus du sentier fangeux Avec les ailes de feu. Il passera Comme, marchant sur des fleurs Sur le déluge boueux de Deucalion Et tuant Python, léger, grand, Pythius... [Lire la suite]
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21 juin 2017

Hélène Cadou (1922 – 2014) : Ilarie Voronca…

  Ilarie Voronca…   Ilarie Voronca Comment pourrais-je avouer ce que je vous dois ? Des soirs tristes comme une lanterne au bord de la ville Une amitié plus légère qu’un fantôme d’île Patmos aperçue dans la brume (Etait-ce le séjour des poètes Etais-ce le navire heureux Où Dante s’embarqua pour retrouver Béatrice ?) Ilarie Voronca vous êtes une longue route oubliée Un frère que je n’ai pas connu et qui m’arrive Tel un arbre perdu Une fenêtre ouverte au plus noir de l’exil Vous nous avez précédés... [Lire la suite]
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