14 février 2021

François Maynard (1582 – 1646) : La belle vieille

  La belle vieille     Cloris, que dans mon temps j'ai si longtemps servie Et que ma passion montre à tout l'univers, Ne veux-tu pas changer le destin de ma vie Et donner de beaux jours à mes derniers hivers ?   N'oppose plus ton deuil au bonheur où j'aspire. Ton visage est-il fait pour demeurer voilé ? Sors de ta nuit funèbre, et permets que j'admire Les divines clartés des yeux qui m'ont brûlé.   Où s'enfuit ta prudence acquise et naturelle ? Qu'est-ce que ton esprit a fait de sa... [Lire la suite]
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12 février 2021

Bernart de Ventadorn (1125 – 1200) : « Le temps va et vient... / Lo tems vai e ven...

    Le temps va et vient et vire, Par jours, par mois et par ans, Et moi, las ! ne sais que dire, Toujours même est mon désir, Même toujours sans changer. Je veux celle qu’ai voulu Et dont jamais je n’eus plaisir.   Elle n’en perd point le rire, A moi le dol et le dam. Au jeu où elle m’invite Deux fois serai le perdant. Il est bien perdu, l’amour, Qui s’adresse à l’insensible, Si l’accord tôt ne se signe.   Et je devrais bien blâmer De moi-même la raison. Qui donc étant né de mère, A... [Lire la suite]
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12 février 2021

Jayadeva / जयदेव (vers 1170- vers 1245) : « Lui, réveille ses eaux profondes... »

       Lui, réveille ses eaux profondes. Elle, ses seins galbés comme une jarre, en leur extrémité bourgeonnent. L’humidité excitante des lèvres de Krishna distille le désir dans tous ses membres. Elle, ses cheveux comme des lianes l’attachent à son corps.        La jouissance fait osciller son visage. Les pendants de ses oreilles, comme des balanciers contre ses joues, marquent le temps-amour. Et les grelots de sa ceinture tintent, ensorcelante musique. ... [Lire la suite]
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11 février 2021

Montserrat Álvarez (1969 -) : Elle voit plus loin

  Elle voit plus loin   A vous, vous qui allez mourir et avez peur, n’ayez crainte la Mort n’est pas maladie, douleur ou corruption la Mort est la sœur jumelle de la vie elle ne gît pas sur une civière d’hôpital elle n’a ni cathétaire ni aiguilles dans les veines La Mort est sacrée Nul médecin ou vivant ne peut la profaner ou la comprendre La Mort est plus haute La mort vous a toujours eu près de son cœur, et quand elle vient avec douceur elle vous charme, comme l’enfant à l’heure du coucher et sa mère lui... [Lire la suite]
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10 février 2021

Octavio Paz (1914 - 1998) : Mise au net / Pasado en claro

  Mise au net ... [Lire la suite]
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09 février 2021

Selma Meerbaum-Eisinger (1924 – 1942) : Chant de désir / Sehnsuchtslied

Czernowitz, mai 1940   Chant de désir     Doucement, tu entonnes dans ton chant une musique Et tu as l’impression qu’il manque quelque chose. Et confusément tu cherches auprès de chaque note Si par hasard elle pourrait te dire Où l’on peut la trouver, où, quand, comment… Mais la première est bien trop pâle Et la seconde trop voluptueuse Et la troisième trop pleine de lointain… Bien trop pleine.       Longtemps tu cherches : bémol, dièse, bémol Deviennent vivants sous tes doigts. ... [Lire la suite]
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08 février 2021

Eugenio Montale (1896 – 1981) : Correspondances

  Correspondances   Tandis qu’un mirage au fond De vapeurs vacille et se perd Autre chose aux arbres annonce La trompette du pivert.   La main qui plonge au sous-bois Et vient transpercer la trame Du cœur par les pointes du chaume, C’est celle qui fait aux étangs Mûrir les cauchemars en or A l’heure où Bassarée avec son char sonore Reporte les glapissements fous des béliers Sur les carreaux arides des coteaux   Toi aussi tu reviens, bergère sans brebis Et sur ma pierre tu te places ? Je te... [Lire la suite]
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07 février 2021

Friedrich Nietzche (1844 – 1900) : La chanson ivre / Das trunkene lied

  La chanson ivre   Homme ! fais bien attention ! Que dit le profond minuit ? « Je dormais, je dormais, Je me suis réveillé d’un rêve profond : Le monde est profond, Et plus profondément pensé que le jour. Profonde est sa douleur ; Le plaisir, plus profond encore que la peine de cœur : La douleur dit : « Passe ! » Mais tout plaisir veut l’éternité, Veut la profonde, la profonde éternité ! »   Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre In,... [Lire la suite]
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05 février 2021

Friedrich Hölderlin (1770 - 1843) : « Comme, lorsqu’au jour de fête... » / « Wie wenn am Feiertage...

  Dessin de Mary Evans Picture Library     Comme, lorsqu’au jour de fête, pour aller inspecter son champ, Un paysan s’en va le matin, quand pendant tout le temps D’une brûlante nuit la fraîcheur des éclairs est tombée Et qu’au loin retentit encore le tonnerre Le fleuve revient en ses berges, Le sol se met à reverdir, Et de l’agréable pluie du ciel La vigne goutte doucement et les arbres Du bois scintillent doucement sous le soleil :   Ainsi se trouvent-ils, sous un climat propice, Ceux que... [Lire la suite]
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05 février 2021

Heather Dohollau (1925 – 2013) : Paulina à Orta

  Paulina à Orta   Je serai éternellement bleue Pierre Jean JOUVE « Paulina 1880 ».   Seul l’unique est l’autre E. LEVINAS.   Ici au bord du lac est le seul espace Où partir sur une mer bordée de terre ? Le soleil et la lune grandissent les heures En hautes frondaisons bleues aux tiges absentes Les pentes des jardins hésitant en marches Etirent le ciel sur une couche mouvante Surface sans substance réelle où brillent en leurre Les ailes miroitantes d’un vol suspendu    ... [Lire la suite]
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