14 novembre 2017

Jean Malrieu (1915 - 1976) : La joie

La joie   Avec au bord des lèvres la vie surprise au moment où j’allais dire ton nom Je m’avance, respire Tu es ma femme et je te connais depuis cent ans Tu es un château de feuilles   J’ai pris ta main au bout du soleil Et le soleil m’a dit une longue histoire de soleil Avec des radeaux sur la rivière Et la rivière m’a parlé de ton corps Et ton corps se termine par une main que j’ai rendue au soleil C’est toi Je suis fait d’ombre à tes côtés Je suis fait des silences que tu aimes   Nous sommes... [Lire la suite]
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13 novembre 2017

Raoul Hausmann (1886 – 1971) : Le rien noir néant

  (19/20 avril 1962) LE RIEN                 NOIR                            NEANT   Je l’ai vu. Je le vois. Je ne dirai pas quoi. Je ne le dis pas à toi. Quoi. Toi ? Moi. Je ne vois que le miroir. La nuit. Dans le noir. Le miroir miroite le noir. Le noir rien de rien. Je ne le dirai pas. Je ne le dis... [Lire la suite]
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12 novembre 2017

Jules Supervielle (1884 – 1960) : Nocturne en plein jour

  Nocturne en plein jour Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux Dans l’univers obscur qui forme notre corps, Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent Nous précèdent au fond de notre chair plus lente, Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes Arrachant à la chair de tremblantes aurores. C’est le monde où l’espace est fait de notre sang. Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants Ont du mal à voler près du cœur qui les mène Et ne peuvent s’en éloigner qu’en périssant ... [Lire la suite]
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11 novembre 2017

André Pieyre de Mandiargues (1909 - 1991) : Hedera ou la persistance de l’amour pendant une rêverie

  Hedera ou la persistance de l’amour pendant une rêverie   A Meret Oppenheim   Je vois blêmir de bruns étendards fumants Tous les drapeaux d’un monde inguérissable Quand grandit ce dur écheveau sombre L’ombre de ton corps sur un drap blanc Je vois rouiller le fer fondre la cire Choir le duvet de ces vaisseaux plumeux Que les chiens volants tirent en notre ciel Je vois au ruisseau les armes et leurs hommes Couler vers un sale bouquet de mains vertes Vers le sein gluant de la mère du monde Accroupie... [Lire la suite]
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10 novembre 2017

Marcellin Pleynet (1933 -) : La grande élégie doit tout dire

  La grande élégie doit tout dire   A Robert Motherwell   Mémoire derrière la mémoire ils éveillent la sombre nuit la peur qui sommeille à la voûte le temps où brille la pensée les monstres de l’intelligence la fable et l’intelligence du temps   où encore la vérité histoire et préhistoire du monde soufflant au lointain dans un cri la naissance le bain de sang la peinture à l’envers du monde   et tous ceux qui habitent le puits     Comme Giotto le premier jour à l’imitation... [Lire la suite]
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09 novembre 2017

Michel Deguy (1930 -) : « La bulle du ciel… »

             La bulle du ciel chavire au hublot ; éclipse rapide sur les champs ; le vent canne un siège de houles ; arctique des nuages, et nous gagnons la réserve de bleu.           L’île bientôt : fruit persistant au creux de l’altitude.           Puis glissade à la plus grande pente du ciel             Planète... [Lire la suite]
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08 novembre 2017

Hashin Kajiwara (1864 - ?) : « Il n’y a plus ni ciel ni terre… »

  Il n’y a plus ni ciel ni terre rien que la neige qui tombe sans fin   Traduit du japonais par Roger Munier In, « Haïkus des quatre saisons » Le Seuil éditeur, 2010
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06 novembre 2017

Pierre Oster (1933 - ) : « Le ciel sur les hauteurs… »

    Le ciel sur les hauteurs a l'éclat d'une rose qu'on cueille. Le vent siffle, murmure. Une plume d'oiseau tombe de feuille en feuille. Et, sans un mot, dès le matin, je me lève et j'adresse mes pas Vers un jardin que je connais, que le soleil n'ignore pas ! L'herbe est moins noire. C'est le jour. C'est l'ultime gelée. J'offre ma bouche vide à la nuit qui fut vaine et salée ! Le vent m'incite à tout sentir comme un triomphe ou comme un don, À me confondre avec le jour, puisque le jour est bon, Puisque... [Lire la suite]
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06 novembre 2017

Anne-José Lemonnier (1958 - ) : « Au lieu de pleurer… »

  Au lieu de pleurer sur la tombe du jeune mort les amis se recueillent dans le chant familier   qui l’aidait à franchir les heures vers la nuit et qu’il a revêtu un matin pour mourir   afin que cet air lui prête quelquefois des bras pour entourer les vivants bien – aimés   Linceul de l’émotion humaine la musique abrite pour tous les jours   son âme qui respire et son pas de silence son sourire le plus secret un vol de mouettes sur les vagues   Une langue sauvage Editions... [Lire la suite]
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05 novembre 2017

Claire Genoux (1971 -) : « Vague immense de nos voix… »

  Vague immense de nos voix respirations qui nous rongeaient le ventre vague immense de nos souffles au-delà des voûtes comme de très hauts nuages   chevelure de nos voix peignée par les doigts du vent toison léonine aux boucles rousses de nos salives nos haleines ondulaient comme des guirlandes par-dessus les arbres et tous les toits de la ville chevelure nouée de nos cris - large bandeau au front des montagnes longue tresse d’air qui s’ébroue en lançant des appels aux sillages inconnues   chevelure de... [Lire la suite]
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