09 mai 2020

Pierre de Ronsard (1524 – 1585) : « Ô Fontaine Bellerie... »

  Ô Fontaine Bellerie, Belle fontaine chérie De nos Nymphes quand ton eau Les cache au creux de ta source, Fuyantes le Satyreau, Qui les pourchasse à la course Jusqu’au bord de ton ruisseau,    Tu es la Nymphe éternelle De ma terre paternelle : Pource en ce pré verdelet Vois ton Poète qui t’orne D’un petit chevreau de lait, A qui l’une et l’autre corne Sortent du front nouvelet.   L’Été je dors ou repose Sur ton herbe, où je compose, Caché sous tes saules verts, Je ne sais quoi, qui ta... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

08 mai 2020

André Gide (1869 – 1951) : « Nathanaël, je te parlerai des attentes... »

     Gisèle Freund : André Gide, vers 1938 - 1940      Nathanaël, je te parlerai des attentes. J’ai vu la plaine, pendant l’été, attendre ; attendre un peu de pluie. La poussière des routes était devenue trop légère et chaque souffle la soulevait. Ce n’était même plus un désir ; c’était une appréhension. La terre se gerçait de sécheresse comme pour plus d’accueil de l’eau. Les parfums des fleurs de la lande devenaient presque intolérables. Sous le soleil tout se pâmait. Nous... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 mai 2020

Yvon Le Men (1953 -) : Naître

  Naître     Même le temps est accepté Ce provisoire des merveilles JEAN MALRIEU                                                                                           ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
06 mai 2020

Miguel Angel Asturias (1899 – 1974) : Si haut le Sud

  Dessin de Ana Morales López   Si haut le Sud     Si haut dans le Sud ! Aiguille, œil de pampa, pierre sans cils, silence au fil tranchant, clarté, diamant, solitude, stature qui se cambre de la terre aux étoiles, à cette équerre en croix de la constellation où les épaules envieuses des Andes mesurent leur désir. Dédaignez ce que vous voyez, la barbe de l’aïeul éteint (*), et regardez comme il se dresse, les pieds en pleurs dans cette neige qui fond, comme la force qui pétrit et qui libère des... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
05 mai 2020

François Cheng (1929 -) : L’arbre en nous a parlé (II)

  L’arbre en nous a parlé (II)   ........................................................... Avant l’orage   Entre les amandiers Le trop-plein de l’été           s’est retiré Un chant de loriot           depuis la haie Vient se loger Dans le nid défait           de la vacance   Jailli de la senteur           du sol... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 mai 2020

Henri Michaux (1889 – 1984) : La marche dans le tunnel (1- 9)

  La marche dans le tunnel     CHANT PREMIER        J’entendis des paroles dans le noir. Elles avaient la gravité des situations périlleuses au cœur de la nuit entre personnages d’importance.      Elles disaient, ces paroles, dans l’ombre obscure. Elles disaient avec confusion. Elles disaient toutes : « Malheur ! Malheur ! » et ne cessaient pas, criant toujours : « Malheur ! Malheur ! »      Je vis... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:51 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

03 mai 2020

Arthur Rimlbaud (1854 – 1891) : Marine

Rimbaud caricaturé par Luque dans la revue Les Hommes d'aujourd'hui en janvier 1888.   Marine   Les chars d’argent et de cuivre – Les proues d’acier et d’argent – Battent l’écume, – Soulèvent les souches des ronces – Les courants de la lande, Et les ornières immenses du reflux, Filent circulairement vers l’est, Vers les piliers de la forêt, - Vers les fûts de la jetée, Dont l’angle est heurté par des tourbillons de lumière.   Illuminations In, Arthur Rimbaud : « Poésies, Une saison... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
02 mai 2020

René Char (1907 – 1988) : « Le peuple des prés m’enchante... »

    1966.     Le peuple des prés m’enchante. Sa beauté frêle et dépourvue de venin, je ne me lasse pas de me la réciter. Le campagnol, la taupe, sombres enfants perdus dans la chimère de l’herbe, l’orvet, fils du verre, le grillon, moutonnier comme pas un, la sauterelle qui claque et compte son linge, le papillon qui simule l’ivresse et agace les fleurs de ses hoquets silencieux, les fourmis assagies par la grande étendue verte, et immédiatement au-dessus les météores hirondelles... ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
01 mai 2020

Guillaume Apollinaire (1880 – 1918) : Corps de chasse

Eugène Montfort. — Portrait de Guillaume Apollinaire travesti en Louise Lalanne, 1909   Cors de chasse   Notre histoire est noble et tragique Comme le masque d’un tyran Nul drame hasardeux ou magique Aucun détail indifférent Ne rend notre amour pathétique   Et Thomas de Quincey buvant L’opium poison doux et chaste A sa pauvre Anna allait rêvant Passons passons puisque tout passe Je me retournerai souvent   Les souvenirs sont cors de chasse Dont meurt le bruit parmi le vent   Alcools, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
30 avril 2020

Roberto San Geroteo (1951-) : « Le bleu du ciel est blanc... »

  Le bleu du ciel est blanc, et froid, et vide de sens. ce qui de loin le traverse s’y attarde, s’en nourrit. des oiseaux. des cris. des nuages. et des yeux.   tu vas et viens d’un côté puis de l’autre, dedans tu te dis la saveur de l’air gris. dehors tu ne penses qu’au retour   Il neige autour d’elle, et lui, il y a très longtemps tu fermes les yeux et l’image tressaille en toi   tu vas et viens entre deux vies, l’une rit sur un versant et disparaît dans l’autre. et l’autre sur la cime semble dire... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :