02 mars 2017

Armel Guerne (1911 – 1980) : Les maudits

    Les maudits   Maudits ils sont par la malédiction qu’ils portent Et qui les porte comme un fleuve épais, heureux De ses remous et du bouillon de ses souillures. Car les eaux sales sont heureuses, loin des sources, Et ne rêvent jamais d’eau pure ou de fraîcheur : Dormant dans la tiédeur oui bien véhiculant Les marques trop visibles de leur majesté, Demandez-leur comment elles pourraient songer De les perdre au profit d’une légèreté Dont toute trace a disparu depuis longtemps Sous les crasses qui... [Lire la suite]
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01 mars 2017

Germain Nouveau (1851 – 1920) : « Je ne crains pas les coups du sort… »

  Je ne crains pas les coups du sort, Je ne crains rien, ni les supplices, Ni la dent du serpent qui mord, Ni le poison dans les calices, Ni les voleurs qui fuient le jour, Ni les sbires ni leurs complices, Si je suis avec mon Amour.   Je me ris du bras le plus fort, Je me moque bien des malices, De la haine en fleur qui se tord, Plus caressante que les lices ; Je pourrais faire mes délices De la guerre au bruit du tambour, De l'épée aux froids artifices, Si je suis avec mon Amour.   ... [Lire la suite]
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27 février 2017

Edouard Joseph Marc Maunick (1931 - ) : « J’écris ces pages en vrac… »

  ……………………………… J’écris ces pages en vrac j’oublie le dérisoire des mots et des syllabes je mets dans le poème toute ma foi païenne avec prière sauvage et rituel animiste je dis à l’arbre debout prête-moi tes racines plongées loin dans la terre pour diviser les vents à cette heure de bourrasque Je dis à la pierre nue donne-moi l’insolence enclose en l’immobile cette forge en travail dont il me faut le feu Je dis aux grands orages d’investir ma charpente et d’irriguer ma gorge j’ai mission très urgente de... [Lire la suite]
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26 février 2017

Franck Venaille (1936 - 2018) : « Ainsi nous portons tous… »

  Ainsi nous portons tous un homme malade dans notre poitrine nous le portons. Parfois lorsqu’il s’est trop longuement assoupi quelque part c’est avec des gestes tendres que nous le ramenons à nous. On l’allonge sur un lit de de fer. Il est blanc. Il porte le masque d’avant la vie d’avant l’imitation de la vie. Pire : il nous crie qu’il n’a jamais connu sa mère la gisante sous les tubes. Tous nous avons dans notre poitrine l’homme que j’ai dit. Il se promène. Marche dans un couloir. S’arrête devant chaque pièce où... [Lire la suite]
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25 février 2017

Tahar Bekri (1951 - ) : Comme une forêt en marche

  Comme une forêt en marche   Si ta vague ne soulève pas la mer Si tes voiles sont soumises aux vents Si ton gouvernail ne brise pas la houle Si tes flots n’emportent que l’écume Si ton cri n’est pas plus fort que l’océan Comment peux-tu libérer l’horizon ?   Si ton sable est toujours mouvant Si du soleil brûlant tu caches ton front Si ta halte perd son chemin Si ta sueur n’irrigue pas ton  sel Si ta nuit n’accouche pas de l’aube Comment peux-tu dompter le mirage ?   Si ton palmier... [Lire la suite]
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24 février 2017

Philippe Desportes (1546 – 1606) : « Rosette, pour un peu d'absence… »

  Rosette, pour un peu d'absence, Votre coeur vous avez changé, Et moi, sachant cette inconstance, Le mien autre part j'ai rangé : Jamais plus, beauté si légère Sur moi tant de pouvoir n'aura Nous verrons, volage bergère, Qui premier s'en repentira.   Tandis qu'en pleurs je me consume, Maudissant cet éloignement, Vous qui n'aimez que par coutume, Caressiez un nouvel amant. Jamais légère girouette Au vent si tôt ne se vira : Nous verrons, bergère Rosette. Qui premier s'en repentira.   Où sont tant de... [Lire la suite]
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23 février 2017

Paul – Jean Toulet (1867 – 1920) : Le tremble est blanc

  Le tremble est blanc   Le temps irrévocable a fui. L'heure s'achève. Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve, Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,                Tes yeux plus clairs. A travers le passé ma mémoire t'embrasse. Te voici. Tu descends en courant la terrasse Odorante, et tes faibles pas s'embarrassent                Parmi les fleurs.... [Lire la suite]
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22 février 2017

Jennifer Clement (1960 - ) : Pour une jumelle qui n’a jamais eu de robe de soie

  Pour une jumelle qui n’a jamais eu de robe de soie   Peut-être que je vis deux vies une pour elle et une pour moi et que je ne regarde jamais dans les miroirs.   Qui est la femme qui monte à cheval se coupe le visage avec ses bagues joue au poker chante Haendel et collectionne les pierres ?   Qui est la femme qui aime les choses brisées mange des orchidées qui ne dort ni ne rêve et goûte la rosée et le sang ?   Qui est la femme qui dessine les lignes de sa main et cherche... [Lire la suite]
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21 février 2017

Jeanne Mégnen (19 ?- 19 ?) : Demain, commencera le bruit.

  Demain, commencera le bruit   La lumière crie, elle m’épaule. Le rayon perpétue l’ardeur étale, Les cordes sont tendues à se rompre… … Vous vous taisez…   Je me heurte de front à l’arbre décharné. Parce que tout est muet, j’entends l’air craquer…                Patiente. Les ailes étendent leur ombre sur nos prés et nous gardent. Tous les chiens sont rentrés. Les clochettes marchent en couronne vers la falaise.   Nous porterons... [Lire la suite]
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20 février 2017

Mang Ke /芒克 (1951 -) : Vent à fleur d’eau

  Vent à fleur d’eau   Le vent à fleur d’eau laisse une odeur masculine monte sur la rive ruisselle se presse vers l’ombre verte malgré son extrême langueur et là se pare d’un vêtement s’arrête se retourne et l’onde apaisée découvre sa gorge tendre nénuphars sur le point d’éclore ne sont-ils pas turgescents gonflés de désirs   Traduit du chinois par Chantal Chen-Andro In, "Le Ciel en fuite. Anthologie de la nouvelle poésie chinoise" Editions Circé, 2004 Du même auteur : Le temps sans le... [Lire la suite]
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