04 avril 2017

Patrice de La Tour du Pin (1911 – 1975) : Légende

  Légende     Va dire à ma chère Ile, là-bas, tout là-bas, Près de cet obscur marais de Foulc, dans la lande, Que je viendrai vers elle ce soir, qu'elle attende, Qu'au lever de la lune elle entendra mon pas.     Tu la trouveras baignant ses pieds sous les rouches, Les cheveux dénoués, les yeux clos à demi, Et naïve, tenant une main sur la bouche, Pour ne pas réveiller les oiseaux endormis.     Car les marais sont tout embués de légende, Comme le ciel que l'on découvre dans ses... [Lire la suite]
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04 avril 2017

Marie-Noel (1883 - 1967) : " Les chansons que je fais..."

  Les chansons que je fais, qu’est-ce qui les a faites ?...   Souvent il m’en arrive une au plus noir de moi… Je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi C’est cette folle au lieu de cent que je souhaite.   Dites-moi… Mes chansons de toutes les couleurs, Où mon esprit qui muse au vent les a-t-il prises ? Le chant leur vient – d’où donc ? – comme le rose aux fleurs Comme le vert à l’herbe e t le rouge aux cerises.   Je ne sais pas de quels oiseaux, en quel pays De buissons creux et pleins de songe... [Lire la suite]
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03 avril 2017

Claude Vigée (1921 - ) : « Soleils… »

  Soleils              fils d’une angoisse                                              héritier de ma peur, malgré l’étouffement ... [Lire la suite]
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02 avril 2017

Ma Kiang Lan (XVIème siècle) : l’orchidée que j’ai peinte

  L’orchidée que j’ai peinte     (1)  D'où vient ce vent tout chargé de parfum ? Pour l'accueillir, devant mon rideau, je brave le       froid du printemps. Je suis trop pauvre pour m'acheter des orchidées, Aussi j'en peins une sur une feuille de papier.    (2) D'une vraie fleur solitaire sur sa tige Nul n'a pitié. Mais celle que j'ai peinte, Ne craint ni le vent froid ni la pluie oblique.    Traduit du chinois par Patricia Guillermaz In,... [Lire la suite]
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01 avril 2017

Catherine Pozzi (1882 – 1934) : Vale

  Vale   La grande amour que vous m’aviez donnée Le vent des jours a rompu ses rayons — Où fut la flamme, où fut la destinée Où nous étions, où par la main serrée           Nous nous tenions     Notre soleil, dont l’ardeur fut pensée L’orbe pour nous de l’être sans second Le second ciel d’une âme divisée Le double exil où le double se fond     Son lieu pour vous apparaît cendre et crainte, Vos yeux vers lui ne l’ont pas reconnu L’astre... [Lire la suite]
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30 mars 2017

Eugène Guillevic (1907 - 1997) : Les Rocs

  Les Rocs  I   Ils ne le sauront pas les rocs, Qu'on parle d'eux.    Et toujours ils n'auront pour tenir Que grandeur.    Et que l'oubli de la marée Des soleils rouges.  II Ils n'ont pas le besoin du rire Ou de l'ivresse.    Ils ne font pas brûler Du souffre dans le noir.    Car jamais Ils n'ont craint la mort.    De la peur Ils ont fait un hôte.    Et leur folie Est clairvoyante.   III Et puis la joie  ... [Lire la suite]
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29 mars 2017

Lorand Gaspar (1925 - ) : Patmos

  Patmos   Dans la ruelle pavée de mer trois vieilles vêtues de noir éclairées du blanc d’un mur accueillent la nuit.   Le chœur antique me salue sur le seuil les voix très hautes déraillent un peu sous la cendre endormie des deuils frissonne la mémoire d’un feu.   La pêche fut bonne cette année je me souviens de la peur dans les fonds, le combat obscur, la lueur clouée, un timbre éteint dans la musique –   cela bouge encore dans la chair tant de ténèbres soudain à creuser sur le chemin... [Lire la suite]
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28 mars 2017

Nazik al –Malaïka (1923 - 2007) / نازك الملائكة : Oraison funèbre pour une femme sans importance

  Oraison funèbre pour une femme sans importance   Elle nous quitta sans que blêmisse une joue ou frémisse une lèvre Les portes n’entendirent personne rapporter le récit de sa mort Aucun rideau de fenêtre suintant le chagrin Ne se leva pour suivre son cercueil des yeux jusqu’à ce qu’il      disparaisse Dehors de rares personnes s’émurent de son souvenir La nouvelle se perdit dans les ruelles sans que se répande son écho Et se réfugia dans l’oubli de quelques fosses La lune déplora ce malheur ... [Lire la suite]
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27 mars 2017

Jack Kerouac (1922 – 1969) : 127ème chorus / 127th chorus

  127ème chorus   Nul ne connaît l’autre côté         de ma maison, Mon coin où je suis né,             guitares poussiéreuses De ma pauv’e pt’it rue fatiguée         où mes petits pieds Piétinaient et cajolaient         mes sœurs tandis Que j’attendais le coucher de         l’après-midi le cri De maman me ramenant au ... [Lire la suite]
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26 mars 2017

Jean-Paul Kermarrec (1949 - ) : Dans la lente lumière des lices

  Dans la lente lumière des lices   I le ciel ce mur tous ces débris de rêves   dégringolant des échelles de la nuit la mort nous frôle dès le petit matin dans l’odeur du pain frais à la croûte craquante   le chat nous regarde afficher sur la ville des soleils en papier pour la paix dans le monde   ***   nous irons avec et malgré tout cela affronter l’insolence   et nous ferons la guerre à la peur sournoise aux angoisses aux silences gluants collés dans les couloirs de... [Lire la suite]
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