22 février 2017

Jennifer Clement (1960 - ) : Pour une jumelle qui n’a jamais eu de robe de soie

  Pour une jumelle qui n’a jamais eu de robe de soie   Peut-être que je vis deux vies une pour elle et une pour moi et que je ne regarde jamais dans les miroirs.   Qui est la femme qui monte à cheval se coupe le visage avec ses bagues joue au poker chante Haendel et collectionne les pierres ?   Qui est la femme qui aime les choses brisées mange des orchidées qui ne dort ni ne rêve et goûte la rosée et le sang ?   Qui est la femme qui dessine les lignes de sa main et cherche... [Lire la suite]
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21 février 2017

Jeanne Mégnen (19 ?- 19 ?) : Demain, commencera le bruit.

  Demain, commencera le bruit   La lumière crie, elle m’épaule. Le rayon perpétue l’ardeur étale, Les cordes sont tendues à se rompre… … Vous vous taisez…   Je me heurte de front à l’arbre décharné. Parce que tout est muet, j’entends l’air craquer…                Patiente. Les ailes étendent leur ombre sur nos prés et nous gardent. Tous les chiens sont rentrés. Les clochettes marchent en couronne vers la falaise.   Nous porterons... [Lire la suite]
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20 février 2017

Mang Ke /芒克 (1951 -) : Vent à fleur d’eau

  Vent à fleur d’eau   Le vent à fleur d’eau laisse une odeur masculine monte sur la rive ruisselle se presse vers l’ombre verte malgré son extrême langueur et là se pare d’un vêtement s’arrête se retourne et l’onde apaisée découvre sa gorge tendre nénuphars sur le point d’éclore ne sont-ils pas turgescents gonflés de désirs   Traduit du chinois par Chantal Chen-Andro In, "Le Ciel en fuite. Anthologie de la nouvelle poésie chinoise" Editions Circé, 2004 Du même auteur : Le temps sans le... [Lire la suite]
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19 février 2017

Georges Schehadé (1905 – 1989) : « Si je dois rencontrer les Aïeux… »

  Si je dois rencontrer les Aïeux A l'extrémité d'une terre d'élégie Là où se perd la parole des puits Et le vieil élevage des lunes La nuit fera une seule gerbe de nos ombres      Je rejoindrai l'aiguille et les songes Et la main de leurs habits - Allongés dans leurs têtes légères Sous un arbre imaginé par la vie      Si je dois rencontrer les Aïeux A l'extrémité d'une terre d'élégie Menant un enfant de grand sommeil Au bord des fleuves sans terres     Les... [Lire la suite]
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12 février 2017

Rita Mestokosho (1966 - ) : Un peuple sans terre

  Un peuple sans terre   Quand la lune sera pleine Et que le soleil sera rouge On verra alors sur la plaine Un homme faisant brûler de la sauge.   Sa peine sera immense comme la mer Car il aura vu la terre disparaître sous ses pieds. Les hommes machines l'auront dévorée les premiers Pour en faire une nouvelle cité.   Là où l'entraide et le respect n'existent pas Tu piétineras mon enfant, mais tu le fais déjà Ta soif d'ambition et de grandeur nous tuera Malgré tout cela, mon esprit survivra. ... [Lire la suite]
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11 février 2017

César Moro (1903 – 1955) : Pierre mère

    Pierre mère   Toi comme moi avons l’œil terne, pierre Comme moi tu rêves d’un cataclysme Parmi l’humidité la sécheresse ou le temps indifférent Une même soif nous accable Pareil destin : la terre l’ennui De trop t’avoir fixée ô pierre Me voilà dans l’exil Parlant un langage de pierre Aux oreilles du vent   Dans le temps infini Les larmes ont séché Mais quelle plaie Renferme notre monde   Seule la nuit nous aime Dans sa fraîcheur tu te reposes C’est le moment où je peux te... [Lire la suite]
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10 février 2017

Octavio Paz (1914 – 1998) : Hymne parmi les ruines / Himno entre ruinas

  Hymne parmi les ruines   Couronné de lui-même le jour étend ses plumes. Haut cri jaune, jet brûlant au centre d’un ciel impartial et salutaire ! Les apparences sont belles dans leur vérité spontanée. La mer gravit la côte, prend appui entre les roches, araignée éblouissante : la mauve blessure du mont resplendit, une poignée de chèvres et un troupeau de pierre, le soleil pond son œuf d’or et s’éploie sur la mer. Tout est dieu. Statue brisée, colonnes mangées de lumière, ruines vives en un monde... [Lire la suite]
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09 février 2017

Pernette Du Guillet (1520 – 1545) : « La nuit était pour moi si très-obscure… »

  La nuit était pour moi si très-obscure Que Terre et Ciel elle m'obscurcissait, Tant qu'à Midi de discerner figure N'avais pouvoir - qui fort me marrissait (*) :     (*) m’affligeait Mais quand je vis que l'aube apparaissait En couleurs mille et diverse, et sereine Je me trouvai de liesse si pleine - Voyant déjà la clarté à la ronde - Que commençai louer à voix hautaine (*)      (*) à haute voix Celui qui fit pour moi ce Jour au Monde.     Rymes de gentile,... [Lire la suite]
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08 février 2017

Pierre Morhange (1901 – 1972) : Paris

Paris   Avez-vous vu un fils tranquille ramasser au marché Une petite enfant étrangère, une Sarrasine Qui vendait des citrons sans patente Sans avoir payé sa location de l’asphalte Où elle s’accroupissait, petite sombre.   Echalote ! Il la conduit. Il a été bon. Il l’a avertie deux fois. Elle le suit devant les squares et les boutiques Elle le suit tout au long de la patente Auprès de tous les yeux patentés, des groins, des museaux patentés On ne regarde même pas la petite étrangère Les gens... [Lire la suite]
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07 février 2017

René Depestre (1926 - ) : Dito

  Dito   Mon avenir sur ton visage est dessiné comme des nervures sur une feuille ta bouche quand tu ris est ciselée dans l’épaisseur d’une flamme la douceur luit dans tes yeux comme une goutte d’eau dans la fourrure d’une vivante zibeline la houle ensemence ton corps et telle une cloche ta frénésie à toute volée résonne à travers mon sang Comme les fleuves abandonnent leurs lits pour le fond de sable de ta beauté comme des caravanes d’hirondelles regagnent tous les ans la clémence de ton méridien en toute... [Lire la suite]
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