10 septembre 2015

Stratis Pascalis /Στρατής Πασχάλης (1958 - ) : « Hauts paysages de l’ascension… »

      Hauts paysages de l’ascension, ciels penchés, mystère    éclatant le soir venant je vous ai vus à la jointure entre déclin  et    triomphe.   L’amertume du temps retombait, pénombre violette,    lorsqu’ aux lointains de la terre une lumière vespérale    parut, un spectre de lumière plutôt, par-dessus la ligne des collines    et des vignes, lumière verte cuivrée, sans but, sans cause, de bon augure,    comme quand s’ouvre une... [Lire la suite]
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09 septembre 2015

Jules Laforgue (1860 – 1887) : Rosace en vitrail

  Rosace en vitrail    Vraiment! tout ce qu'un Cœur, trop solitaire, amasse  De remords de la vie et d'adoration,  Flambe, brûle, pourrit, saigne en cette rosace  Et ruisselle à jamais de consolation.    Oh! plus que dans les fleurs de fard de Baudelaire,  Plus que dans les refrains d'automne de Chopin,  Plus qu'en un Rembrandt roux qu'un rayon jaune éclaire,  Seuls aussi bons aux spleens sont les couchants de juin.    Vaste rosace d'or, d'azur et de... [Lire la suite]
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02 septembre 2015

Kenneth White (1936 - ) : La porte de l’ouest

  La porte de l’Ouest   L’échappée, ah – cette lueur bleue sombre le long du fleuve puis l’éclair d’ambre doré puis encore la lueur bleue sombre tout le long du fleuve (vieux rafiot noir là-bas traînant près d’un gros paquebot blanc) et les nuages filant bas au-dessus des vagues grises aux crêtes écumantes (ah cette course qui se brise) et    en-haut le vol noir des goëlands   Puis les collines, fougères rousses entre - mêlées et les ronces et les roses sauvages et le houx rouge – sacré dans... [Lire la suite]
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02 septembre 2015

Antonio Ramos Rosa (1924- 2013) : Une voix / Uma voz

  Une voix   Je veux appartenir à la voûte obscure comme un amant désarmé, devenir le souffle du silence sur les épaules des nuages. Je veux adhérer à l’ombre des paroles du feuillage et comprendre la terre dans la soie farouche du désir.   Traduit  du portugais par Michel Chandeigne, in « Les poètes de la Méditerranée. Anthologie » Editions Gallimard (Poésie), 2010 Du même auteur : La femme dilacérée / A mulher dilacerada (02/09/2014) Quand la lumière s’efface… / Quando a luz se... [Lire la suite]
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01 septembre 2015

Edouard Glissant (1928 – 2011) : Le premier jour

  Le premier jour   I    La boue des mornes descend rougir les coutelas. Présence, ô flots ! Un homme en son discours régit les brumes des flambeaux, il voit    L'image qu'ont levée sa poitrine, ses mots. Il noue la nuit parmi les cannes et les eaux. Il dit l'argile sur le corps, et puis ce mot.    Il crie.      Je fus en ce pleurer, où j'écoutais la nuit.   II    Temps anciens. Temps nubiles. Trouées d'espaces. Mâts !    Le premier sel... [Lire la suite]
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30 août 2015

Gaston Miron (1928 -1996) : Les siècles de l’hiver

  Les siècles de l’hiver   Le gris, l’agacé, le brun, le farouche tu craques dans la beauté fantôme du froid dans les marées de bouleaux, les confréries d’épinettes, de sapins et autres compères parmi les rocs occultes et parmi l’hostilité   pays chauves d’ancêtres, pays tu déferles sur des milles de patience à bout en une campagne affolée de désolement en des villes où ta maigreur calcine ton visage nous nos amours vidées de leurs meubles nous comme empesés d’humiliation et de mort   et tu ne... [Lire la suite]
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29 août 2015

Mahmoud Darwich (1941 - 2008) / محمود درويش : Pluie d’automne lointain

  Pluie d’automne lointain   Douce pluie d’un automne lointain, Les oiseaux sont bleus… bleus, Et la terre est en fête. Ne dis pas : Je suis un orage dans l’aéroport, Car je n’attends de ma patrie tombée des vitres des trains Que le mouchoir de ma mère Et des raisons de mourir encore.   Douce pluie d’un automne étranger, Les fenêtres sont blanches… blanches, Et le soleil, un verger, au couchant. Je suis une orange spoliée. Pourquoi t’échappes-tu de mon corps ? Quand je requiers du pays des... [Lire la suite]
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28 août 2015

Maïakovski (Vladimir Vladimirovitch) / Маяковский (Владимир Владимирович) (1893 – 1930) : Prologue à la Tragédie « Vladimir Maïa

  Prologue à la Tragédie « Vladimir Maïakovsky »   Est-ce vous qui comprendrez pourquoi serein, sous les tempêtes de sarcasmes, au dîner des années futures j’apporte mon âme sur un plateau ? Larme inutile coulant de la joue mal rasée des places, je suis peut-être le dernier poète. Avez-vous vu comme se balance entre les allées de briques le visage strié de l’ennui pendu ? Sur le cou écumeux des rivières bondissantes les ponts tordaient leurs bras de pierre. Le ciel pleure avec... [Lire la suite]
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27 août 2015

Robert Marteau (1925 – 2011) : « C’est ce que j’aime… »

  C’est ce que j’aime : un tertre avec des cyprès ; l’eau Qui ruisselle sur la pierre d’un abreuvoir ; Des chevaux disséminés parmi les genêts ; Un chemin qui s’insinue entre l’herbe ; un toit De tuiles ; une hirondelle accrochée au bord De la génoise ; un épouvantail que les pies Prennent pour un perchoir et que les geais vitupèrent. C’est le premier matin de juin : le faisan Salue, étonné du silence ; un coup de vent Fait parler le frêne, emportant un papillon Sur les vagues... [Lire la suite]
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26 août 2015

Henri Pichette (1924 – 2000) : Le Duo d’Amour Fou

  Le Duo d'Amour  Fou   a  (l’Amoureuse ) Quand il fait jour je pense à la nuit p  (le Poète)  et la nuit je fêle ta voix, je m’initie à ton parfum,       tes seins fermissent, tu tires mes yeux a  et tu me frises et me tutoies avec des gants. p  Je tords la joie de vivre. Je te visite entière. Je t’irise. A mon      aise je t’incendie. a  Comme en hiver, de ta main droite tu fouettes l’attelage tandis      que... [Lire la suite]
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