23 juin 2019

Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) : Présence de l’Aimé / Nähe des Geliebten

  Présence de l’Aimé   Je pense à toi quand l’éclat du soleil rayonne de la mer ; je pense à toi lorsque la lune se mire et tressaille à la source.   C’est toi qui viens, quand sur la route, là-bas se lève la poussière, et dans la nuit, quand le voyageur tremble sur la passerelle.   Ta voix chante pour moi au sourd murmure du flot qui monte ! au calme du bocage combien de fois j’épie quand tout se tait !   Je suis auprès de toi, aussi loin que tu sois, et tu es là ! -... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

22 juin 2019

Paul de Roux (1937 – 2016) : Les discrets

  Les discrets   Peut-être sont-ils dans l’ombre comme dans la lumière, il suffit d’aimer cette lézarde dans le mur, une graine y a volé dans la poussière et tu peux voir la plante inaccessible fleurir : les dieux couvent l’obscure germination, l’attention au petit est l’encens qu’ils agréent ; eux qui ne connaissent pas la distance de l’étoile à la haie s’endorment sur le calice d’une rose.   Le soleil dans l’œil Editions Gallimard, 1998 Du même auteur : Le corps rayonnant (22/06/2018)
Posté par bernard22 à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
21 juin 2019

Yosa Buson / 与謝 蕪村: (1716 – 1783) : « Braises… »

  Braises sur le crottin – les fleurs du prunier rouge   Traduit du japonais par Corinne Atlan et Zéno Bianu In, « Haiku. Anthologie du poème court japonais » Editions Gallimard (Poésie), 2002 Du même auteur :  « Par ici, par là… » (21/06/2016) « Mes os mêmes… » (21/06/2017) Rien d’autre aujourd’hui... » (21/06/2018) « Cheminant par…» (21/06/20) « Le halo de la lune... » (21/06/21) 
Posté par bernard22 à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
20 juin 2019

Fernando Pessoa (1888 - 1935) : Le Gardeur de troupeaux / O Guardador de rebanhos (XI-XXX)

  XI Cette dame à un piano qui est agréable mais qui n’est pas le cours des fleuves ni le murmure que font les arbres...   Pourquoi faut-il qu’on ait un piano ? Le mieux est qu’on ait des oreilles et qu’on aime la Nature.   XII Les bergers de Virgile jouaient du chalumeau et d’autres instruments et chantaient d’amour littérairement. (Ensuite – moi je n’ai jamais lu Virgile et pourquoi donc l’aurais-je lu ?)   Mais les bergers de Virgile, les pauvres, sont Virgile, et la Nature est aussi... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
19 juin 2019

Tahar Ben Jelloun (1944 -) : « Non... »

  Non tu n’es pas du pays de ton enfance tu n’as rien vu tu n’as rien connu ni les murs noirs des prisons ni la terre retournée ni le bordel d’enfants pour homosexuels de l’ Occident ni la main qui se pose sur le regard conscient ni la corde qu’on tresse de ses fibres pour ne pas sangloter à genoux ni le kif qu’on cultive pour vivre   Tu n’as connu de ton pays que la douceur du soleil que vantent les panneaux      publicitaires tu n’as connu de la douleur que la rumeur pas même les mille... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
18 juin 2019

Olivier de Magny (1529 – 15961) : « Je cherche paix... »

  Je cherche paix, et ne trouve que guerre, Ores j’ai peur, ores je ne crains rien, Tantôt du mal  et tantôt j’ai du bien, Je vole au ciel et ne bouge de terre.   Au coeur douteux l'espérance j'enserre, Puis tout à coup je lui romps le lien, Je suis à moi et ne puis être mien, Suivant sans fin qui me fuit et m’enferre.   Je vois sans yeux, je cours sans déplacer, Libre je suis et me sens enlacer D'un poil si beau que l'or même il égale :   J’englace au feu, je brûle dedans l'eau,  ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

17 juin 2019

Jean Tardieu (1903 – 1995) : Le tombeau de Monsieur Monsieur

  Le tombeau de Monsieur Monsieur   Dans un silence épais Monsieur et Monsieur parlent c'est comme si Personne avec Rien dialoguait.   L'un dit : Quand vient la mort pour chacun d'entre nous c'est comme si personne avait jamais été. Aussitôt disparu qui vous dit que je fus ?   - Monsieur, répond Monsieur, plus loin que vous j'irai : aujourd'hui ou jamais je ne sais si j'étais. Le temps marche si vite qu'au moment où je parle (indicatif - présent) je ne suis déjà plus ce que j'étais... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
16 juin 2019

Paul Valéry (1871 – 1945) : Narcisse parle

  Narcisse parle. Narcissæ placandis manibus.     O frères ! tristes lys, je languis de beauté Pour m’être désiré dans votre nudité, Et vers vous, Nymphes, Nymphes, ô Nymphes des fontaines Je viens au pur silence offrir mes larmes vaines.   Un grand calme m’écoute, où j’écoute l’espoir. La voix des sources change et me parle du soir ; J’entends l’herbe d’argent grandir dans l’ombre sainte, Et la lune perfide élève son miroir Jusque dans les secrets de la fontaine éteinte.   Et... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
14 juin 2019

Roger Milliot (1927 – 1868) : Qui ?

  Qui   Qui parle en moi, qui me regarde, d’où ? Qui dit le bien, le mieux, le pire ? Qui veut l’amour, qui nie l’amour ? Qui perce des issues, qui ouvre des gouffres ? Qui se sent étranger ? Qui habite le vide Où ce grand cri résonne ? Qui tient haut les étoiles ? Qui veut la vie, qui veut la mort ? Décembre 1966   Qui ? Edition complète et définitive Mostra del Larzac, 1969 Du même auteur : Pour une mort choisie (08/07/2014) « Je me forçais à naître chaque jour… »... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
14 juin 2019

Michel Dugué (1946 -) : « Mais la douceur s’avoue vivace... »

        ..... Mais la douceur s’avoue vivace lorsqu’un subtil éclairage attendrit les eaux. Chaque pierre tressaille comme au sortir d’un malaise ou d’une période de mutisme. Le ciel déverse ses bleus, ses mauves, ses blancs. Enrobe les rives, y met de l’air et des rumeurs. C’est d’un retour qu’il s’agit où le regard se libère de trop d’insistances. De celle qui, par exemple, nous fait prendre une nappe de brume pour un linceul ou le cri d’un goéland pour un funeste oracle.     ... La... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :