18 juillet 2018

Anne Bihan (1955 -) : « Être ni l’un ni ... »

  Être ni l’un ni l’autre juste le fil tendu     entre les rives juste     l’élan ténu entre les formes singulières du même     la langue plurielle et composite                   une jambe inattendue lancée à l’oblique d’un ciel     de traîne   être la voix blanche qui tourne et tourne encore     longe le mur des fous... [Lire la suite]
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16 juillet 2018

Jany Cotteron (1944 -) : F aille

  à Tal-coat   F AILLE   Je suis celui qui marche vers les sommets à l’heure tremblée de midi quand les chiens de soleil dévorent la montagne et que le regard se tait entre les paupières épuisées de lumière   C’es l’heure où émergeant de la brume d’étranges animaux se couchent à l’horizon têtes et corps emmêlés frémissements de croupes et de dos   Leurs flancs gris portent les traces de cicatrices anciennes et leurs mufles sans âge striées de fissures de crevasses racontent les... [Lire la suite]
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16 juillet 2018

Matsuo Bashō / 芭蕉 松尾 (1644 – 1694) : « Puissé-je à la rosée... » (16/07/2018)

  Puissé-je à la rosée Petit à petit me laver Des poussières de ce monde ?   tsuyu tokutoku kokomoni ni ukiyo susugabaya   Adapté du japonais par André Vandevenne in, « Bashô : Haïkus et notes de voyage /Nozarashi kikô » Synchronique Editions, 92240 L’Hay-les-Roses, 2016 Du même auteur : « Départ du printemps… » / 行春や鳥啼魚の目は泪 11/08/2014)   « Elles vont mourir… » (16/07/2016) « Usé par le temps… » (23/07/2017)
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15 juillet 2018

Olivier Deschizeaux (1970 -) : Je me suis vu

  Je me suis vuI   Je me suis vu enfant cognant mon crâne aux montagnes de sable jurant sur le front des mers que la chair pourrit en mes entrailles comme une barque de démon luttant pour la vie en un éclair de ténèbres et ma mère qui défait mon poitrail aux vents des christ morts   je me suis vu happant la vérité d’un dieu malade au bord de mon lit et mille molochs lèchent mes cuisses enduites de terre là où respire ma seule nuit de tristesse   je me suis vu quarante ans de solitude dérive mentale... [Lire la suite]
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14 juillet 2018

Jean-Pierre Siméon (1950 -) : « ma prière... »

  ma prière voilà comment commence ma prière j’aime que le matin blanc pèse à la vitre et l’on tue ici j’aime qu’un enfant courant dans l’herbe haute vienne à cogner sa joue à mes    paumes et l’on tue ici j’aime qu’un homme se plaise à mes seins et que sa poitrine soit un bateau qui    porte dans la nuit et l’on tue ici j’aime qu’on bavarde à la porte du boulanger quand il n’y a d’autre souci que    le bleu du ciel étendu sous la théorie des nuages et l’on tue ici j’aime qu’à... [Lire la suite]
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12 juillet 2018

Léopold Sédar Senghor (1906 - 2011) : Chant du printemps

  Chant du printemps Pour une jeune fille noire au talon rose   I Des chants d’oiseaux montent lavés dans le ciel primitif L’odeur verte de l’herbe monte, Avril ! J’entends le souffle de l’aurore émouvant les nuages blancs de mes rideaux J’entends la chanson du soleil sur mes volets mélodieux Je sens comme une haleine et le souvenir de Naëtt sur ma nuque nue qui s’émeut Et mon sang complice malgré moi chuchote dans mes veines. C’est toi mon amie – Ô ! Ecoute les souffles déjà chauds dans l’avril d’un autre ... [Lire la suite]
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12 juillet 2018

Jacque Prévert (1900 – 1977) : Complainte de Gilles

  Complainte de Gilles   Tristes enfants perdus  Nous errons dans la nuit.  Où sont les fleurs du jour,  Les plaisirs de l'amour.  Les lumières de la vie? Tristes enfants perdus  Nous errons dans la nuit.  La lune blanche et nue  Dans le ciel nous poursuit,  Son sourire est glacé  Nos cœurs glacés aussi. Tristes enfants perdus  Nous errons dans la nuit.  Le diable nous emporte  Sournoisement avec lui. Le diable nous emporte  Loin de... [Lire la suite]
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11 juillet 2018

Maxence Fermine (1968 -) : « Je t’ai découverte... »

  Je t’ai découverte aux lèvres d’un coquillage bleuie de froid sous ton manteau de vagues l’algue-chevelure dénouée dans l’écume et tes yeux d’océan posés sur le sable   L’autre rive était chargée d’épices parfum d’or sur ton épaule un souffle de cerise sur ta nuque simple fruit d’un équinoxe de vent   Je me suis baigné sous le silence d’une feuille l’ombre exquis collait à ma paupière un poisson-lune a chaussé mon regard nouant mes cils bleutés sur son écaille   C’est alors que je t’ai... [Lire la suite]
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10 juillet 2018

José Manuel Caballero Bonald (1926 -) : Tandis que j’ajuste mon âge au temps

  Tandis que j’ajuste mon âge au temps   Combien de fois, en fin de journée, perdant pied dans les eaux entassées de mon âge, j’ai vu brûler, gémir la charge de ma vie qui tenait au seul fil précaire et tremblant d’une chose qui encore s’impose à mon cœur, nom arraché à coups de mémoire,  pour que jamais je ne puisse dire ce n’est pas vrai j’attends encore, je suis destiné à attendre encore et toujours tandis que j’ajuste mon âge au temps, pour ainsi me récupérer de la vie que je destitue jour après... [Lire la suite]
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09 juillet 2018

André Du Bouchet (1924 – 2001) : Nivellement

  Nivellement   Je conserve le souvenir de la rosée sur cette route où je ne me trouve pas,                                        dans le désespoir du vent            qui renoue.     ... [Lire la suite]
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