24 février 2021

Wang Wei / 王维 (701 – 761) : « Seul assis parmi des bambous... »

  Seul assis parmi des bambous Je joue à la cithare en chantant Aucune personne au fond du bois Seule la lune brillante vient m’éclairer   Traduit du chinois par Jean-Marie Gustave Le Clézio et Dong Qiang In, J.M.G. Le Clézio : « Le flot de la poésie continuera de couler » Editions Philippe Rey, 2020
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23 février 2021

Juan Gelman (1930 – 2014) : Citations (Sainte Thérèse) : I – XV

Juan Gelman, juillet 2007.   CITATION I (SAINTE THERESE)   l’âme inondée par cette douceur / comme si l’homme tout entier / intérieur extérieur / devenait un et que cette douceur on la mettait dans la moelle de tous les petits os   qui nous transportent / pour le pire / pour le meilleur / cette vie que tu vis en moi / les sucs que tu me converses en silence comme patrie ou grand parfum si doux   qu’on ne sait pas où elle est / ivresse qui ne cherche rien / ni désir / ni demande / sauf que tu me... [Lire la suite]
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22 février 2021

Tristan Tzara (1896 – 1963) : Doutes / Indoieli

Tristan Tzara, par M.H. Maxy   Doutes   J’ai tiré le vieux rêve de sa boîte comme tu le fais d’un chapeau quand tu te fais beau dan ton habit à nombreux boutons comme tu tires le lièvre par les oreilles de ton carnier quand tu reviens de la chasse Comme tu choisis la fleur d’entre les mauvaises herbes et l’ami d’entre les courtisans   Voici ce qui m’est arrivé Lorsque le soir vint tout doucement comme un insecte Bon pour beaucoup comme un remède, quand j’allume dans mon âme un feu de bois mort Je me suis... [Lire la suite]
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21 février 2021

Inger Christensen (1935 – 2009) : Lumière

Lumière   I Je reconnais là une clairière dans la langue les mots refermés sont là pour être aimés pour être répétés jusqu’au simple Un cygne replié sur un œuf est encore en nous un écho de création Et le cygne enlève ton œil vers le soleil encore une fois présage d’un miracle   On peut dans le mot reconnaître la lumière acte incroyable de l’homme à la femme Un mot qui change ton âme en cygne : juste asse simple pour former un œuf. La langue qui se replie dans l’œuf, ses ailes portent de la... [Lire la suite]
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19 février 2021

Mang Ke /芒克 (1951 -) : Le doux rêve est repos éternel

Le doux rêve est repos éternel   Quand toute énergie dépensée le feu soudain se fait si froid que son éclat gèle le doux rêve est repos éternel l’existence est sans mystère   tu reçois ta vie simple et brève tu la revois comme si c’était un seul jour depuis la marche de l’aurore jusqu’au soleil sombrant derrière les monts tes traces sont ensevelies dans les ténèbres   mais la mort est interminable la solitude infinie seul les vœux non accomplis de ton vivant t’accompagnent encore et souvent... [Lire la suite]
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18 février 2021

Antonio Ramos Rosa (1924 – 2013) : Un astre

    Un astre   Entends la mémoire du sang qui s’éteint, la longue incohérence de la parole. Entends la terre taciturne. Tout est furtif, les ombres inaccueillantes. Nul jardin de secrets. Nulle patrie entre les herbes et le sable. Mais où donc jaillissent l’ombre et la clarté ?   Voici les coteaux de la terre aride et noire. Qui reconnaît l’équilibre des évidences sereines ? Ces mots ont une odeur de portes souterraines. Comment dominer la démesure de l’absence et le vertige ? Comment... [Lire la suite]
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18 février 2021

Théodore Agrippa d’Aubigné (1551 – 1630) : « Je veux peindre la France... »

Auteur inconnu (école française), Portrait d’Agrippa d’Aubigné, huile sur toile, début 17e siècle. © Musée international de la Réforme, Genève.   Je veux peindre la France une mère affligée, Qui est entre ses bras de deux enfants chargée. Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts Des tétins nourriciers ; puis, à force de coups D'ongles, de poing, de pied, il brise le partage Dont nature donnait à son besson l'usage ; Ce voleur acharné, cet Esaü malheureux, Fait dégât du doux lait qui doit nourrir... [Lire la suite]
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17 février 2021

Yannis Ritsos / Γιάννης Ρίτσος (1909 – 1990) : Crépuscule

  Crépuscule     Tu la connais cette heure du crépuscule d’été dans la chambre close ; le reflet rose infime en travers des planches du plafond ; le poème inachevé sur la table – deux vers, pas plus une promesse non tenue de voyage parfait, d’un peu de liberté, d’indépendance, et d’une (relative, bien sûr) immortalité.   Dehors dans la rue déjà, l’appel de la nuit, les ombres légères de dieux, d’humains, de bicyclettes quand les chantiers s’arrêtent, que les jeunes ouvriers avec leurs... [Lire la suite]
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16 février 2021

Li Qingzhao / 李清照 (1084 – vers1155) : Amour et mélancolie

Amour et mélancolie (Chant sur la Brindille de Mume)   Le lotus rouge se fane La nappe verte de bambou annonce l’automne Je défais doucement ma robe de soie et seule, saute dans la barque mouvante Qui m’envoie un message à travers les nuages ? Les oies sauvages sont déjà de retour Mon pavillon d’ouest gémit au clair de lune   Rien n’arrête les pétales qui s’en vont au gré de l’eau Si loin de l’autre, un même amour nous tourmente Rien ne peut apaiser cette douleur qui se lisait déjà sur mon visage Et... [Lire la suite]
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15 février 2021

Maurice Scève (1500 – 1563 ?) : « Plutôt seront Rhône et Saône... »

  XVII   Plutôt seront Rhône et Saône disjoints, Que d'avec toi mon coeur se désassemble : Plutôt seront l'un et l'autre Monts joints, Qu'avecque nous aucun discord s'assemble : Plutôt verrons et toi et moi ensemble Le Rhône aller contremont lentement, Saône monter très violentement, Que ce mien feu, tant soit peu, diminue, Ni que ma foi décroisse aucunement. Car ferme amour sans eux est plus que nue.   Délie, obiect de plus haulte vertu, A Lyon chez Sulpice Sabon pour Antoine Constantin, 1544 ... [Lire la suite]
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