07 mars 2018

Georges Gratiant (1907 – 1992) : Volcan éteint

  Volcan éteint   Vomissures de flamboyants Carrousel du cadre rouge au Grand Palais de cuivre Les canéficiers fieuzals de miel roux engendrent les longues silhouettes noires de mélasse opiacée Lauriers blancs face à la mer Sabots pommelés de fracas incandescents sabots de feu et de sang lambeaux de feu qui descend dans les flancs sabordés pleins de sang qui descend et qui coule et qui roule boule de feu sabot noir étincelant boule de feu et de sang noir figé Et les canéficiers croulant de miel doré coulent... [Lire la suite]
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06 mars 2018

Michel Manoll (1911 – 1984) : La maison de la mer

  La maison de la mer   Non, ne me cherchez plus sous ces tuiles disjointes, Mouette d’autrefois, visiteuse attentive, Je ne reviendrai plus m’asseoir à cette table, Ni reprendre ma place à l’orée de la mer ;   Celui qui cherchait là un langage accessible Au moindre brin d’éther, au plus léger embrun, S’est engagé, depuis, dans une longue errance, Séparé des trésors qui brillaient sous son front ;   Il a masqué ses yeux de frondaisons nocturnes Et ne sait plus très bien en quel lieu il se... [Lire la suite]
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05 mars 2018

Gil Jouanard (1937-) : Al-Kimiya, II

    Kimiya II   A un certain moment l’heure pèse de tout son poids sur la couleur de la lumière, et l’or s’altère, le rouge s’attiédit, et l’espace se creuse pour laisser filtrer goutte à goutte comme l’écho lointain, à peine audible, d’un cri, comme, éclatant, les veines du silence.   C’est comme si la lumière se muait en plomb, pour sceller le secret dans l’épaisseur fugitive du souffle.   Ou comme si, encore la nuit se soulevait un peu au-dessus des brindilles et des graviers,... [Lire la suite]
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04 mars 2018

Saint-Pol-Roux (1861- 1940) : « Océan / Divinité de houles… »

  Aux pêcheurs de Camaret,   Océan :      Divinité de houles et de houles sur des gouffres et des gouffres,       Irascible énergie à la voix de cornac,       Monstre glauque, semblable à quelque énorme gueule de  baudroie suivie d'une incommensurable queue de congre,      Masse mouvante avec, pour âme, cette lame sourde jaillissant en  lave d'un puits abyssal,      Époux de la Tempête aux... [Lire la suite]
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03 mars 2018

Alexandre Sergueïevitch Pouchkine / Александр Сергеевич Пушкин (1799 - 1837) : « Lorsque j’erre, songeur… »

  Lorsque j’erre, songeur, au-delà du faubourg, Au cimetière urbain je passe faire un tour : Les grilles des enclos, colonnettes et dalles Qui abritent les morts de notre capitale Pourrissant l’un sur l’autre au milieu des marais, Hôtes gloutons et froids d’un trop maigre banquet ; Mausolées commerçants, monuments fonctionnaires, Fantaisies à trois sous d’un sculpteur de misère, Avec leurs inscriptions en prose ou mal rimées Sur le rang et le cœur d’un mari bien-aimé ; Larmes enamourées sur la mort... [Lire la suite]
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02 mars 2018

Armel Guerne (1911 – 1980) : Le poids vivant de la parole

  Le poids vivant de la parole   On peut écrire, et l’on écrit ; On peut se taire, et l’on se tait. Mais pour savoir que le silence Est la grande et unique clef, Il faut percer les symboles, Dévorer les images, Ecouter pour ne pas entendre, Subir jusqu’à la mort Comme un écrasement Le poids vivant de la parole.   Le poids vivant de la parole. Solaire, Editeur, 1983 Du même auteur : Froid (02/03/2015)   L’Ouverture (02/03/2016) Les maudits (02/03/2017)
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01 mars 2018

Germain Nouveau (1851-1920) : Dernier Madrigal

  Dernier madrigal   Quand je mourrai, ce soir peut-être, Je n'ai pas de jour préféré, Si je voulais, je suis le maître, Mais... ce serait mal me connaître, N'importe, enfin, quand je mourrai, Mes chers amis, qu'on me promette De laisser le bois... au lapin, Et, s'il vous plaît, qu'on ne me mette Pas, comme une simple allumette, Dans une boîte de sapin; Ni, comme un hareng, dans sa tonne ; Ne me couchez pas tout du long, Pour le coup de fusil qui tonne, Dans la bière qu'on capitonne Sous... [Lire la suite]
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27 février 2018

Pierre Gabriel (1926 – 1994) : La nuit venue

  La nuit venue   Et cette nuit soudain venue Nous envahir le cœur, Nous sceller les paupières, Il faudra bien l’exorciser d’un mot Si nul silence n’y parvient, Nous l’extirper de la chair et des os Avant que son venin N’ait mordu jusqu’à l’âme Et glacé sur nos lèvres Un semblant de réponse.     Tu n’atteindras de toi Que ce halo qui te ressemble, La trace - rien de plus – D’une lueur trop brève Engloutie par la nuit. Car tu es, non le feu, Mais l’ombre de toi qu’il projette En démesuré sur... [Lire la suite]
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25 février 2018

Franck Venaille (1936 -) : « Le marcheur d’eau… »

  Le marcheur d’eau   Il étreint le froid Il étreint le vide   Il a peur du vide   Craint de ressembler aux joncs   Il guette le vide   Le givre avec sa tête de mouton   L’enserre et le cerne   Dure est cette angoisse   De la bête perdue   Qui étreint le froid Qui étreint le vide   L’écluse fermée   On y regarde l’eau dans les yeux   Etreignant le froid Etreignant le vide   On marche dans la fêlure intime du monde Ces soubresauts nés... [Lire la suite]
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25 février 2018

Alicia Bykowska-Salczynska (1953 -) : Nuage

  Nuage   Dis, toi, nuage sous le ciel de Bréhat, d’où viens-tu ? De ce côté-ci du silence, où j’entends son mugissement désarticulé, où j’effleure la terre assombrie par l’orage qui viens d’éclater ? Dis, nuage, te fallait-il parcourir mille milles, pour comprendre une fois de plus que l’amour nous a quittés, en même temps que la parole ? Mais au-dessus des rochers un grand oiseau crie, un ton plus haut que la corde vocale qui cède dans la gorge de Dieu.   Nuage, j’apprends à... [Lire la suite]
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