05 avril 2016

Patrice de La Tour du Pin (1911 – 1975) : La quête de joie

  La quête de joie   à  A. L. T. P. Il dit : « Il faut partir pour conquérir la Joie. Vous irez deux par deux pour vous garder du mal, Par les forêts, les fleuves, par toutes les voies Ouvertes sur les solitudes de  lumière ; Vos bonheurs assouvis sentent déjà la cendre ; Vous chasserez de nuit, de jour, jusqu’aux frontières De l’âme où vous n’avez jamais osé descendre ; Il vous faudra forcer au fond de leurs retraites, Jusqu’au ciel de la mort, étrangement hanté, Tout... [Lire la suite]
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04 avril 2016

Marie-Noël (1883 – 1967) : Retraite

  Retraite   Quand viendra le soir au bout des années Où, l’épaule basse et les yeux rougis, Je  ne serais plus, traînante et fanée, Qu’une vieille de trop qui vaque au logis ;   Quand la maison mienne à qui je fus douce Ne me fera plus ni place, ni part ; Quand le feu qui prend, le jardin qui pousse, Tous ingrats, tiendront mes mains à l’écart ;   Quand j’aurai perdu ma dernière aiguille Et ne pourrai plus rien qu’aimer tout bas, Rien que gêner peu mes petites-filles, Mes... [Lire la suite]
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03 avril 2016

Claude Vigée (1921 - ) : la clef de l’origine

    La clef de l’origine     Celui qu'a terrassé la violence  N'est-il pas retranché pour toujours de lui-même ?  Pèlerin du soleil aux trousses de son ombre,  Renaîtra-t-il, errant combien d'années encore,  Cherchant la vérité dans une place étrange ?    Prier  C'est écouter  Aux portes du silence.    Je franchis le seuil du cimetière de campagne juif en Basse-Alsace  Où j'allai tout enfant avec mon père dans les averses de mars  Après... [Lire la suite]
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02 avril 2016

Wang Ji / 王老吉 (585 -644 ) : Le cannelier au printemps

  Le cannelier au printemps (Dialogue)   Au printemps je dis au cannelier : - Pêchers et pruniers sont en fleurs. L’année atteint partout sa plénitude Pourquoi seul ne pas vous épanouir ?   Le cannelier me répond : - Fleurs du printemps ne dure guère. Quand vent et givre les abattront, Savez-vous que je fleurirai seul ?   Traduit du chinois par Patricia Guillermaz In, « La poésie chinoise des origines à la révolution » Editions Gérard & C° (Marabout Université),... [Lire la suite]
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01 avril 2016

Gérard Gay-Barbier (1942 - ) : « Basalte noir. Nuit de l’univers… »

       Basalte noir. Nuit de l’univers.        Coulée vivante des mémoires friables de nos nuits de sable et de sueur. Essayer de comprendre et d’approcher les anciennes éruptions.        Basalte d’ombre enrichi d’étincelles, assailli d’olivine. Froideur douce de l’onyx et fraîcheur de la pierre. Tendresse des montagnes bleues. Sensualité fluide de l’agate que des mains bientôt réchaufferont en des jeux d’enfants.       ... [Lire la suite]
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30 mars 2016

Eugène Guillevic (1907 – 1997) : Du silence

  Du silence   Je fore Je creuse.   Je fore Dans le silence   Ou plutôt Dans du silence,   Celui qu’en moi Je fais.   Et je fore, je creuse Vers plus de silence,   Vers le grand, Le total silence en ma vie   Où le monde, je l’espère Me révèlera quelque chose de lui.     Je veux entrer Mais je ne sais Ni où ni dans quoi.   Il semblerait que ce soit là Où je me confondrais   Avec la source de ce Dont j’ai toujours eu besoin.     ... [Lire la suite]
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29 mars 2016

Lorand Gaspar (1925 -) : La maison près de la mer, II

  La maison près de la mer, II       Air, arbres, corps et mer,  cordes, cuivres et vents,  par nos mains et nos bouches,  la source sans racine  ni nom, ni lieu, ni toit,  compose la musique       Il regardait la tourmente saisir  à bras-le-corps et jusqu’au fond les eaux  murmurant quelque chose sur le vent  qui vendange le raisin de la mer –     ces puits d’air et d’espace où plonge  ailes repliées l’ange sans... [Lire la suite]
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28 mars 2016

Michel Dugué (1946 - ) : « Aucun de nous … »

  Aucun de nous ne tient seul.   Il lui faut outre les os une parole – fût-elle économe.   Alors le jour contemporain s’éclaire un peu.                            *   Le sol est dur. L’hiver le baigne d’un soleil très blanc.   Il est des mots qu’on aimerait éprouver ainsi.   Infracassables après le retrait du poème.   Barques dormantes, elles furent... [Lire la suite]
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27 mars 2016

Laurent Tailhade (1854 – 1919) : Menuet d’Automne

  Menuet d’Automne        Les asters et les véroniques, - de leurs corolles sans parfums, - laissent tomber sur les parterres – où d’autres fleurs ne s’ouvrent plus – la tristesse mystique et lente des adieux.      Mauve tendre et vert alangui – leurs teintes vagues s’harmonisent - aux ciels lavés du prime automne, - à la souriante langueur – des beaux jours près de s’envoler.      Bouquets de souvenir et non bouquets de deuil, - l’or violent des ... [Lire la suite]
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26 mars 2016

Marcel Moreau (1933 -) : « Un livre devrait s’ouvrir… »

  Un livre devrait s’ouvrir comme le corps d’une femme qui n’en peut plus d’attendre l’envahissement promis. J’écris, donc j’écris en sorte que le corps du désir de mots n’en puisse plus d’attendre son envahissement par un sens, au point d’en précipiter, à tout prix la survenue. Il y a urgence. J‘écris et, pour le coup, l’intra-utérin est mon royaume, l’ovulation en moins. Je ne veux plus faire d’enfants, sauf à cette sensation, matricielle en toutes et en même temps terriblement lascive, qu’écrire ne vaut que par la... [Lire la suite]
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