18 août 2018

Alfred de Musset (1810 – 1957) : « Quand, par un jour de pluie... »

  Quand, par un jour de pluie, un oiseau de passage Jette au hasard un cri dans un chemin perdu, Au fond des bois fleuris, dans son nid de feuillage, Le rossignol pensif a parfois répondu.   Ainsi fut mon appel de votre âme entendu, Et vous me répondez dans notre cher langage. Ce charme triste et doux, tant aimé d’un autre âge, Ce pur toucher du cœur, vous me l’avez rendu.   Était-ce donc bien vous ? Si bonne et si jolie, Vous parlez de regrets et de mélancolie. — Et moi peut-être aussi, j’avais un... [Lire la suite]
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17 août 2018

Gabriel Celaya (1911 – 1991):Méditation / Meditación

  Méditation   S’il est vrai que j’existe et que je m’appelle Raphaël, s’il est vrai que je suis ici et que ceci est une table ; s’il est vrai que je suis un petit peu plus qu’une pierre noire au milieu des orties, un peu plus qu’une pierre rugueuse au fonds d’un puits ;   s’il est vrai qu’est réelle cette étrange clarté violette du soir, si ces gris et ces mauves sont des maisons et des nuages, s’il est vrai que cet homme qui passe dans la rue n’est pas un somnambule, si est réel ce silence qui... [Lire la suite]
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16 août 2018

Avrom Sutzkever (1913 – 2010) / אַבֿרהם סוצקעווער : Pelisse de feu

  Pelisse de feu   Les prés – de blanc éblouissant métal. Les arbres – tous fondus dans le moule rocheux. Ne sait où tomber la neige en pétales, Le soleil vêt sa pelisse de feu. L’artiste gel, comme une vitre, De son pinceau de diamant sur mon front Peint légendes de neige aux couleurs vives, Sa signature est un vol de pigeon. S’éteint en moi le soleil qui brûlait. On ne voit plus, de feu, que sa pelisse Sur une longue branche. Et moi – muet, Veux m’en vêtir avant qu’il ne s’éclipse.     Traduit... [Lire la suite]
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15 août 2018

Georges – Emmanuel Clancier (1914 – 2018) : « Je ne suis que cet enfant... »

  Je ne suis que cet enfant qui va Sur les calmes routes du soir. Les fougères l’étang le brouillard L’appellent d’une voix secrète. Et lui du fond de sa solitude Ecoute le silence qui tremble.   Mon pays de crépuscule est là Derrière l’arbre de tous les jours. Le pré la forêt le bout de la route Attendent soudain on ne sait quoi De tendre et de grave, un beau visage, Celui de la mort qui leur ressemble Et qui se presse contre mon cœur.   Terre secrète Editions Seghers, 1951 Du même auteur : A... [Lire la suite]
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14 août 2018

Pierre Jean Jouve (1887 – 1976) : « jour d’été... »

      jour d’été   quel tendre brouillard tremble autour du fleuve temps   tant de soie déchirée embue la soie du cœur   le cœur à vif au bout des doigts tu sens ta perte avec les mains tu promènes au grand jour ce vide en toi comme un enfant   *** quel tendre brouillard tremble autour du fleuve temps     ce monde est ce monde est paix     la mort riant candide   (Derniers écrits 1974 – 1976) Œuvre II Editions du Mercure de France, 1987 Du même... [Lire la suite]
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13 août 2018

Ronny Someck (1951 -) / רוני סומק : Blues du troisième baiser

  Blues du troisième baiser   Elle était presque la première et j’ai voulu l’appeler Eve. Elle m’appelait Peugeot car j’étais son 306 ème. Quelques années nous séparaient – elle les avait en plus – et jusque-là je n’avais jamais fait de stop dans des voitures qui n’arrêtaient pas. Nous étions debout près de la haie de l’école agricole et sous nos pieds on pouvait entendre comment dans les tuyaux d’arrosage l’eau adoucissait un secret à la terre. « Si tu plantes un fer à cheval, disait-elle, dans un an un... [Lire la suite]
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12 août 2018

Michel Butor (1926 – 2016) : Lectures transatlantiques

  Lectures transatlantiques   Ramper avec le serpent se glisser parmi les lignes rugir avec la panthère interpréter moindre signe se prélasser dans les sables se conjuguer dans les herbes fleurir de toute sa peau   Plonger avec le dauphin naviguer de phrase en phrase goûter le sel dans les voiles aspirer dans le grand vent la guérison des malaises interroger l’horizon sur la piste d’Atlantides   Se sentir pousser des ailes adapter masques et rôles planer avec le condor se faufiler dans les... [Lire la suite]
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11 août 2018

Oscar Wilde (1854 – 1900) : Bords de l’Arno / By the Arno

  Bords de l’Arno   Le laurier-rose sur le mur Vire au pourpre à la lueur de l’aube, Mais l’ombre grise de la nuit            S’étend encore sur Florence.   La rosée éclaire la colline, Les bourgeons brillent tout là-haut, Mais, ah ! les cigales ont fui           Et leur chant attique a cessé.   A peine si les feuilles bougent A la suave brise légère Et, dans le vallon fleurant l’amandier, ... [Lire la suite]
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10 août 2018

Nazih’ Abu Afash (1966-) /نزيه أبو عفش : La porte de l’étable

  La porte de l’étable   Prenez la terre et ce qu’il y a dessus et laissez-nous le nuage... prenez les cieux et ce qu’il y a dessous et laissez-nous le babil de l’oiseau prenez le fruit et la branche la rumeur verte dans la feuille de la vie... et laissez-nous l’ombre de l’arbre prenez la maison le jardin la clôture les chandeliers de l’autel et la longe de l’ânon le rire du ruisseau et la chambre à coucher de la chèvre prenez toute chose, toute chose... et laissez-nous la porte de l’étable... afin que nous y... [Lire la suite]
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09 août 2018

Joachim du Bellay (1522 – 1560) : D’un vanneur de blé aux vents

  D'un vanneur de blé aux vents   A vous, troupe légère, Qui d'aile passagère Par le monde volez, Et d'un sifflant murmure L'ombrageuse verdure Doucement ébranlez :     J'offre ces violettes, Ces lis et ces fleurettes, Et ces roses ici, Ces vermeillettes roses, Tout fraîchement écloses, Et ces oeillets aussi.     De votre douce haleine Éventez cette plaine, Éventez ce séjour, Ce pendant que j'ahanne A mon blé que je vanne A la chaleur du jour.   ... [Lire la suite]
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