09 novembre 2019

Nourredine Aba (1921 – 1966) : « On dit que vos porteurs d’encensoir... »

  On dit que vos porteurs d’encensoir plient l’échine quand par hasard vous leur adressez la parole, Monsieur le haut dignitaire du parti ? On dit aussi que certains de vos courtisans Vous font la révérence et vous appellent sire ? Pourquoi pas Votre Majesté ? On vous le doit. Ces gueux étaient la veille de pauvres palefreniers, comme vous, qui n’étiez qu’un garçon d’écurie ! Mais vous voilà hissé jusqu’aux balcons du ciel. C’est de là que vous décidez, que vous ordonnez. Le peuple a la voix... [Lire la suite]
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08 novembre 2019

Marc Alyn (1937 -) : La terre promise sera tenue

  La terre promise sera tenue   La terre promise sera tenue. Mais il nous faut toute la Terre et toute la lyre du ciel : Jonas Icare et compagnie Aphrodite née près d’ici Et Ulysse dont le désir n’a cessé d’odysser Sur son rêve d’écume aux longs muscles de sel : La mer telle une chair fabuleuse qui glisse Hors des pièges de la durée entre souffrance et volupté.   Nous voulons dérouler le tapis de l’espace aux motifs étoilés Pour déchiffrer enfin le message caché Cat l’univers est Livre tout... [Lire la suite]
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07 novembre 2019

Sully Prudhomme (1839 – 1907) : Le cygne

  Le cygne   Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes, Le cygne chasse l’onde avec ses larges palmes, Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil A des neiges d’avril qui croulent au soleil ; Mais, ferme et d’un blanc mat, vibrant sous le zéphire, Sa grande aile l’entraîne ainsi qu’un lent navire. Il dresse son beau col au-dessus des roseaux, Le plonge, le promène allongé sur les eaux, Le courbe gracieux comme un profil d’acanthe, Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante. Tantôt le... [Lire la suite]
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05 novembre 2019

Paul Fort (1872 – 1960) : Chanson à l’aube

  Chanson à l’aube        - Où donc est ma peine ? Je n’ai plus de peine. Où donc est ma mie ? Je ne m’en soucie.    Sur la douce plage, à l’heure sereine, dans l’aube innocente, ô la mer lointaine !      - Où donc est ma peine ? Je n’ai plus de peine. Où donc est ma mie ? Je ne m’en soucie.    Tes flots de rubans, la brise marine, tes flots de rubans entre mes doigts blancs !      - Où donc est ma... [Lire la suite]
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05 novembre 2019

Alain Jouffroy (1928 – 2015) : Règles de stratégie

  Règles de stratégie     se lever tôt, voir le jour se lever, le suivre où il tourne,   avant que ne s’ouvre la porte du lycée           Victor Considérant sur la terrasse jonchée de feuilles –   devancer les autres (fierté de Paris) défier les futures boules de neige, ne pas craindre, volets grands ouverts           malgré le couvre-feu, la diffamation, les aigreurs –   écouter l’ennemi en le... [Lire la suite]
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04 novembre 2019

Benjamin Fondane (1898 – 1944) : « Je songe au passant qui... »

  Je songe au passant qui Traverse sans hâte la rue. Que de fois déjà il l’a vue ! Il ne la reverra plus.   Je pense à l’homme qui Etend dans ses draps une femme. La vieille chanson que la femme ! Mais c’est pour la dernière fois.   Je pense au poète vieilli. Voyez : il écrit un poème. En a-t-il écrit, des poèmes ! Mais celui-là c’est le dernier.   Je pense à l’homme qui Eteint sa lampe et se couche. Tant de fois il s’est endormi ! Mais cette fois c’est pour de bon. ... [Lire la suite]
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03 novembre 2019

Zéno Bianu (1950 -) : Fugue

  Fugue   Pour Denis Lavant   plus haut parlez plus haut les morts soufflez dans l’infini plus haut dans le secret de votre nuit   plus haut la semence des anges plus haut le ciel et les mains pleines plus haut l’immensité du noir     plus haut parlez plus haut les morts parlez pour prendre corps plus haut parler pour prendre cœur   plus haut le cortège des ombres plus haut les fables du naufrage plus haut la pulpe du désordre   plus haut parlez plus haut ... [Lire la suite]
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02 novembre 2019

Pablo Neruda (1904 – 1973 ) : Le paresseux / El perozoso

    Le paresseux   Continueront voyager choses de métal entre les étoiles des gens s’exténueront monter pour violer la lune douce là-bas fonder leurs pharmacies   En ce temps de vendanges pleines le vin chez nous commence à vivre de la mer à la Cordillère Au Chili dansent les cerises chantent des fillettes obscures et dans les guitares l’eau brille   Le soleil joue à toute porte Et fait miracles pour le blé Le premier vin est rosé Il est doux comme un enfant tendre Le second vin est vin... [Lire la suite]
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01 novembre 2019

Robert Rovini (1925 – 1968) : Nocturne

  Nocturne A Jean Ballard.     Ecoutez, il y a quelque part un oiseau qui chante, Un oiseau inconnu comme l’espoir dans ces régions, de pauvres plumes sans      nom D’où ruisselle une voix, un peu de sang quelque part Et un chant. Est-ce un arbre, cette ombre dans le coin ? Voyez-vous ces lumières là-bas, un peu plus loin, ces éclats D’un cristal écrasé, ou est-ce seulement vos yeux qui tremblent là, A cause de ce jour noir sans doute, De cette porte soudain fermée et dont on ne... [Lire la suite]
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31 octobre 2019

Biagio Marin (1891 – 1985) : « T’ai ôté chaque feuille... » / T’hè levào ogni fogia

  T’ai ôté chaque feuille comme à rose qui s’effeuille pour te voir bouton d’or.   Je ne l’ai pas trouvé : mais ton parfum m’a énivré et à présent je meurs de tant d’envie de ce parfum passé égaré oublié comme un de mes vers   Traduit de l’italien par Sophie Basch In, « La Nouvelle Revue Française, Juillet-Août 1993, N° 486-487 » Editions Gallimard, 1993     Ti ho tolto ogni foglia come ad una rosa che si disfoglia per vederti il bottone con l’oro.   Non l’ho... [Lire la suite]
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