28 septembre 2018

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) : Sainte

  Sainte   À la fenêtre recélant Le santal vieux qui se dédore De sa viole étincelant Jadis avec flûte ou mandore,   Est la Sainte pâle, étalant Le livre vieux qui se déplie Du Magnificat ruisselant Jadis selon vêpre et complie :   À ce vitrage d’ostensoir Que frôle une harpe par l’Ange Formée avec son vol du soir Pour la délicate phalange   Du doigt que, sans le vieux santal Ni le vieux livre, elle balance Sur le plumage instrumental, Musicienne du silence. 1865   ... [Lire la suite]
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27 septembre 2018

Richard Brautigan (1935 – 1984) : On ne me l’avait jamais fait aussi gentiment / I've never had it done so gently before

  On ne me l’avait jamais fait aussi gentiment Pour M   Les nectars sucrés de ta bouche sont comme des châteaux baignés de miel. On ne me l’avait jamais fait aussi gentiment. Tu as entouré mon pénis d’un cercle de châteaux et tu les fais tourbillonner comme la lumière du soleil sur les ailes des oiseaux.   Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard in, Richard Brautigan : « Il pleut en amour suivi  de Journal japonais » Editions... [Lire la suite]
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26 septembre 2018

Ossip Emilievitch Mandelstam / О́сип Эми́льевич Мандельшта́м (1892 - 1938) : « J’écoute une musique intense... »

      J’écoute une musique intense, A mes yeux s’ouvre l’Infini. Le vol des oiseaux de minuit Traverse en planant le silence...   Simple comme le ciel uni, Et pauvre comme la nature, Ma liberté m’est plus obscure Que la voix des oiseaux de nuit.   Là-haut, blafard dans les étoiles, Brille un croissant blême et languide ; Oui, je le fais mien, ô Grand Vide, Ton univers étrange et pâle !   Traduit du russe par Katia Granoff, In, « Anthologie de la poésie russe » ... [Lire la suite]
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24 septembre 2018

Amir Gilboa/ אמיר גלבע (1917 – 1984) : « Très loin à perte de vue... »

  Très loin à perte de vue la vie bouillonne. Tout le monde habillé de fête les hommes et les femmes.   Et les fleurs d’amandier fleurissent sur les cannes des hommes Et une calme brise matinale murmure aux yeux des femmes.   Et la mort n’a pas de vie et la vie n’a pas de mort.                  Une rue entière marche.   L’écho emporte la voix et la voix emporte l’écho   ... [Lire la suite]
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23 septembre 2018

Masaoka Shiki / 正岡 子規 (1867 -1902) : « Des pins sur chaque île... »

  Des pins sur chaque île - le bruit du vent est frais   Traduit du japonais par Roger Munier In, « Haïkus des quatre saisons » Editions du Seuil, 2010
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22 septembre 2018

Déwé Gorodey (1949 -) : Et les prospectus

 Et les prospectus   Mal de la terre natale qui nous colle à la peau quand tombent les feuilles mortes de platane quand se lève le mistral quand passe un jet   Ile du nickel profit des rapaces mon pays pillé du Pacifique mon peuple colonisé d’Océanie qui s’éveille à nouveau   Et les prospectus ne parlent que de sable chaud soleils couchants gens heureux des mers du Sud   mais nous les barbelés des réserves kanakes nous griffent toujours de jour et de nuit au pays comme au loin  ... [Lire la suite]
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22 septembre 2018

Jean Lavoué (1955 -) : Nous marcherons en vue de mer

  Nous marcherons en vue de mer par des routes sans bornage. Nous élargirons l’horizon jusqu’à ne plus savoir d’où nous sommes, à part cette lisière au loin où s’espacent nos pas. Nous serons sans mobiles et sans arbres pour nous guider.   Ainsi serons-nous sans concession et complices du chant, Et libres avec nous-mêmes. Nous n’éviterons pas les courants, Jusqu’à nous perdre avec eux au soleil devancé.   Nous glanerons en des champs que nous n’aurons pas semés. Ce jour-là nos frontières nous serons... [Lire la suite]
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20 septembre 2018

Onitsura Ueshima /上島鬼貫 (1661 -1738) : « Quand les cerisiers ... »

  Quand les cerisiers sont en fleur les oiseaux ont deux pattes les chevaux quatre   Traduit du japonais par Roger Munier in, « Haïkus des quatre saisons » Editions du Seuil, 2010 Du même auteur : « Avec le cormoran… » (17/05/2015)
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16 septembre 2018

Nelly Sachs (1891 – 1970) : « Vous mes morts... » / « Ihr meine Toten... »

  Vous mes morts Vos rêves sont devenus orphelins La nuit a couvert les images Votre langue volant dans des chiffres secrets chante   La troupe de fugitifs des pensées votre legs voyageur mendie sur ma grève   Inquiète je suis très effrayée de saisir le trésor avec une petite vie   Détentrice moi-même d’instants battements de cœur adieux blessures mortelles où est mon héritage   Le sel est mon héritage   Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre In, « Anthologie bilingue... [Lire la suite]
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15 septembre 2018

André Verdet (1913 - 2004) : Tu me disais

  Tu me disais     Tu me disais : Ma femme est belle comme l’aube Qui monte sur la mer du côté de Capri Tu me disais : Ma femme est douce comme l’eau Qui poudre aux yeux mi-clos de la biche dormante Tu me disais : Ma femme est fraîche comme l’herbe Qu’on mâche sous les étoiles au premier rendez-vous   Tu me disais : Ma femme est simple comme celle Qui perdant sa pantoufle y gagna son bonheur Tu me disais : Ma femme est bonne comme l’aile Que Musset glorifia dans sa nuit du... [Lire la suite]
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