05 décembre 2017

Jacques Roubaud (1932 -) : Un jour de juin

  Un jour de juin   d’après un épithalame de Georges Pérec   Le ciel est bleu ou le sera bientôt Le soleil cille au-dessus de l’île de la Cité La terre entière écoute les sonates du Rosaire de Heinrich Biber  L’encre et l’image se retrouvent solidaires et alliées Comme l’oubli et la trace Au début des années obéissantes Et le jais noir de la toute jeunesse           et la turquoise bleue de l’être-adulte Et l’abalone jaune du néant qui ne se conçoit... [Lire la suite]
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04 décembre 2017

Antonio Gamoneda (1931 -) : « Vois / la fugacité sylvestre… »

  Pour le peintre Alejandro Vargas   Vois la fugacité sylvestre. Ses ramages en transit vers un espace invisible.                               Perçois une musique à la fois inaudible (tu sais que dans le silence la musique demeure) et tu la résous en pigments traversés par la lumière. ... [Lire la suite]
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03 décembre 2017

Christine de Pisan (1361 – 1430 ?) : Je ne sais comment je dure

  Je ne sais comment je dure   Je ne sais comment je dure, Car mon dolent cœur fond d'ire Et plaindre n'ose, ni dire Ma douloureuse aventure,   Ma dolente vie obscure. Rien fors la mort ne désire. Je ne sais comment je dure.   Et me faut, par couverture, Chanter que mon cœur soupire ; Et faire semblant de rire. Mais Dieu sait ce que j'endure ; Je ne sais comment je dure.   Du même auteur : La fille qui n’a point d’ami (03/12/2015)  « Seulette suis… »... [Lire la suite]
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02 décembre 2017

William Cliff (1940 -) : « je croyais que la vie… »

  je croyais que la vie s’était arrêtée que plus jamais on en reverrait le soleil ni les arbres fleurir et pousser des feuilles ni le ciel montrer qu’il peut parfois être bleu   je croyais qu’on était entré dans une cave quelque part très loin avec dans l’âme de ne plus se soucier que les habits soient déchirés qu’il faille patauger avec d’affreuses pompes dans de la noire boue que depuis quatre jours on ne soit plus rasé ni lavé et que le linge de corps fasse honte tant il pue   dire qu’il y a des gens... [Lire la suite]
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01 décembre 2017

Paul Celan (1920 – 1970) : Le Menhir

  Le Menhir   Gris de pierre qui grandit là.   Silhouette grise, toi qui n’as pas d’yeux, regard de pierre, avec lequel la terre devant nous a surgi, humaine, sur des chemins de bruyère obscure, ou blanche, le soir, face a toi, gouffre du ciel.   Du concubiné, brouetté jusqu’ici, s’abîmait par-delà le dos du cœur. Moulin de mer moulait.   Claire ailée tu pendais tôt matin entre pierre et genêt, petite phalène.   Noires, couleur de phylactère (*), ainsi étiez-vous, gousses, vous ... [Lire la suite]
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29 novembre 2017

Gérard Le Gouic (1936 -) : « La campagne semble morte… »

  La campagne semble morte à côté des villes, pourtant des déserts aux cités il n’ y a qu’un pas, un pont de fumée, un sanglot dont nous ignorons s’il brise ou raccommode.   Une ville déborde de lambeaux, de vides qui se superposent, d’instants futurs déjà gravés que nous recouvrirons par nos mains.   Dans la campagne le mouvement naît d’échanges invisibles, chaque désordre rejoint sa place, la vie boîte d’un pas de buveur, la mort ronge sa mauvaise humeur que l’éternité dure le temps d’un trou de... [Lire la suite]
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27 novembre 2017

Wolfdietrich Schnurre (1920 – 1989) : Message clandestin / Kassiber

  Message clandestin   Je me refuse à baiser les pieds du pouvoir ; la terre a toujours baisé les miens.   Je me refuse à exiger la mort de l’ennemi ; Je ne suis pas un ennemi, je n’en ai point.   Traduit de l’allemand par Raoul Bécousse In, Wolfdietrich Schnurre : « Messages clandestins, et nouveaux poèmes » Editions Noah, 1986 Du même auteur : Adoration /Anbetung (28/11/2014) Chanson / Lied (28/11/2015) Quand le monde frappe à ta porte /Klopfzeichen (28/11/2016) ... [Lire la suite]
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27 novembre 2017

Pier Paolo Pasolini (1922 – 1975) : Les pleurs de l’excavatrice, VI / Il pianto della scavatrice, VI

  Les pleurs de l’excavatrice VI   En cet abandon où flamboie Le soleil du matin – qui resplendit Maintenant, frôlant les chantiers, sur les installations   Qu’il tiédit – des vibrations Désespérées écorchent le silence, Où flotte éperdument une odeur de vieux lait,   De petites places vides, d’innocence. Depuis sept heures du matin, au moins, cette vibration Croit avec le soleil. Pauvre présence   D’une douzaine d’ouvriers déjà âgés, Avec leurs haillons et leurs tricots de peau brûlés De... [Lire la suite]
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26 novembre 2017

Jean Mambrino (1923 – 2012) : Le point du jour

  Le point du jour   Le point du jour                     braise                 attisée par la dernière brise                               de la nuit quel vide l’attire ... [Lire la suite]
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25 novembre 2017

José Agustín Goytisolo (1928 - 1999) : Sans savoir comment / Sin saber cómo

  Sans savoir comment   Dans le tumulte des autres voix, j’ai entendu sa voix, la seule que je désirais. Elle vint comme un éclair, épée luisante, pure, rose éternelle. J’attendais cette voix, et elle résonna en moi, elle, la vieille voix du peuple longtemps résonna, parce que même le sourd entend la cloche qu’il aime.   Traduit de l’espagnol par Jacinto-Luis Guereña in, « Anthologie bilingue de la poésie espagnole contemporaine » Gérard & C°, (Marabout Université), Verviers... [Lire la suite]
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