07 décembre 2018

Alain Jégou (1948 – 2013) : Lorient-Keroman

  Lorient – Keroman        Espace portuaire dorloté par la nuit. L’ombre maousse pèse sur l’avenue de La Perrière, les troquets aux quinquets fermés, les magasins de marée, la glacière, le slip-way et ses bassins de carénage. Pas ou peu de bruit encore, aucune agitation particulière, pas le tintouin excessif des nuits estivales. L’air est vif et glacial.  Notre monde frémit et recroqueville sous la botte hivernale. La vie la nuit se bourre d’étoupe, de silences grassouillets, pour colmater... [Lire la suite]
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06 décembre 2018

Maurice Roche (1924 – 1997) : « La douleur qui, peut-être... »

          La douleur qui, peut-être,        la bosse humide à cet endroit a provoqué le cauchemar em-       du plan correspond dans la pêche que l’on se rendorme.         réalité à un tertre – les ser – On ne sait plus. On a la joue         vices topographiques qui ont droite enflée par un abcès qui       dressé cette carte... [Lire la suite]
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05 décembre 2018

Jacques Roubaud (1932) : « nuit ... »

  nuit                                                            [GO 15]   les raisins s’écrasaient sur la route bleue grappes guêpes et froissées sous les pieds nus contre le soir de groseille qui venue qui ? la nuit... [Lire la suite]
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04 décembre 2018

Antonio Gamoneda (1931 -) : « Il existait tes mains... » / « Existían tus manos... »

  Il existait tes mains.   Un jour le monde devint silencieux ; les arbres, là-haut, étaient profonds et majestueux, et nous sentions sous notre peau le mouvement de la terre.   Tes main furent douces dans les miennes et j’ai senti en même temps la gravité et la lumière, et que tu vivais dans mon cœur.   Tout était vérité sous les arbres, tout était vérité. Je comprenais toutes choses comme on comprend un fruit avec la bouche, une lumière avec les yeux.   Traduit de l’espagnol par... [Lire la suite]
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03 décembre 2018

Jacques Lacarrière (1925 – 2005) : Mémoire fourragère

    Mémoire fourragère     Fétu d'abord dans la grossesse des vents. Puis les jeux d'une enfance herbagère. Je grandis à l'école des pailles et j'eus le premier Prix de fenaison. Après quoi, je quittai l'été.   Je me souviens de deux ou trois orages sur ma tige. Des envolées de la poussière soulevée par l'Impondérable. De nos fous rires avec l'ivraie.   Je me souviens d'un trèfle à quatre feuilles écartelé dans le printemps. De l'affolement des luzernes apprenant l'arrivée de... [Lire la suite]
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02 décembre 2018

Virginia Pésémapéo – Bordeleau (1951 -) : « Je suis de promiscuité... »

  Je suis de promiscuité, de trois enfants par lit. Je suis de fierté farouche, de confort et d’indifférence.   Je suis de demi-frères suicidés dans leur silence des réserves. Je suis de demi-frères criards qui veulent et la chèvre et le chou. Je suis de deux races en mal de vivre, de leur incapacité à se rejoindre.   Je suis le pont entre deux peuples qu’un accident de parcours a tendu au-dessus d’un précipice.   Je suis riche de différences, marquée au fer du paradoxe. Je suis de blanche... [Lire la suite]
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01 décembre 2018

Paul Celan (1920 – 1970) : « Voix... / Stimmen... »

  Voix , rayures gravées sur la face verte de l'eau. quand le martin-pêcheur plonge, la seconde grésille   ce qui était avec toi sur chacune des rives, pénètre fauché dans une autre image. * Voix  venues du chemin d'orties:    viens sur les mains jusqu'à nous. Quand on est seul avec la lampe, on n'a que la main pour y lire.  * Voix, envahies de nuit, cordes auxquelles tu pends la cloche. Arque-toi, monde : quand le coquillage des morts... [Lire la suite]
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29 novembre 2018

Gérard Le Gouic (1936 -) : Pierres

  Pierres   I Ce ne sont pas les arbres qui dominent un paysage, ni le balancement des vallons, le quadrillage des parcelles, ni même les nuages.   ce sont les pierres, nues, géantes, côte à côte solitaires comme des immolés.   II Par quels arbres, quels vents, quelles rivières,   par quelles autres pierres (celles qui s’aiguisent contre la mer, formant des caps, celles qui balisent les routes des hommes ?)   se transmet la distance le parler des pierres ?   ... [Lire la suite]
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28 novembre 2018

Wolfdietrich Schnurre (1920 -1989) : Harangue du policier de banlieue pendant sa ronde du matin / Ansprache des vorortpolizisten

  Harangue du policier de banlieue pendant sa ronde du matin     Tu habites dans la rosée, dans le cri de la sittelle au-dessus des jardins, dans le cauchemar du mouchard et le rail conducteur du train de banlieue. Tu souffles le brouillard dans la vallée, la suie sur la bougie d’allumage, tu chantes sous le sabot du cheval et par la bouche de l’ivrogne. Telle est ta mission. Les veines du germe palpitent dans le battement de ton pouls.   Mon maître et chef, si petit que je sois devant le pupitre... [Lire la suite]
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26 novembre 2018

Roberto San Geroteo (1951-) : (fin de sieste, 3)

         (fin de sieste,3)           sur le bord du lit comme au bord de la           rivière.           tu vois le sol, la poussière, leurs visa -           ges changeants :           tu poursuis encore un rêve, une parole, ... [Lire la suite]
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