05 décembre 2015

Jacques Roubaud (1932 - ) : Lettre à Maria Gisborne

  Lettre à Maria Gisborne I En ce moment un bateau flotte dans le port Le vent tombe sur la montagne Un sentier s’ouvre dans le sol bleu de la mer Que jamais proue n’a encore ouvert Le vent médite autour des îles sans écume   II Ma sœur, ma sœur, embarqueras-tu avec moi ? Notre navire cet oiseau dont le nid Est l’Eden lointain de l’Est rouge et nous entre ses ailes pendant que la nuit le jour le bruit le silence avanceront insoucieux     piétinant la mer illimitée   III Il... [Lire la suite]
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04 décembre 2015

Mohammed al-Faytoury (1930 - ) /محمد الفيتوري : Le déluge noir

  Le Déluge noir   L’aube a blanchi ton front, O terre d’Afrique L’aurore a éclairé tes entrailles noires et humides, Entends-tu les chants des nègres Retentir lourds et terribles… ? Aperçois-tu les visages des esclaves Ricanant autour des cercueils des tyrans ? Tu étais un immense cimetière Que piétinaient les chevaux des conquérants, Tu étais une chair pourrie Qu’avaient crachée les siècles !   Terre des esclaves ! Afrique, pays des nègres déguenillés, Va-nu-pieds. Comment... [Lire la suite]
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03 décembre 2015

Christine de Pisan (1361 – 1430 ?) : La fille qui n'a point d'ami

      La fille qui n'a point d'ami   À qui dira-t-elle sa peine, La fille qui n'a point d'ami ? La fille qui n'a point d'ami, Comment vit-elle ? Elle ne dort jour ni demi Mais toujours veille. Ce fait amour qui la réveille Et qui la garde de dormir. À qui dira-t-elle sa pensée, La fille qui n'a point d'ami ? Il y a bien qui en ont deux, Deux, trois ou quatre, Mais je n'en ai pas un tout seul, Pour moi ébattre. Hélas ! mon joli temps se passe, Mon téton commence à mollir. À... [Lire la suite]
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02 décembre 2015

Edouard Joseph Marc Maunick (1931 - ) : « qui veut tout écrire sur la lumière… »

  III   qui veut tout écrire sur la lumière périra sans doute aveugle je le sais à trop vouloir lire dans mes rêves j’ai fini par fonder fertiles des aubes surréelles où l’inconscient s’allume longues heures d’insurrection où je m’interdis de mentir de changer de sommeil ni de verbe igné ni d’exil   souvent j’en veux aux mots de n’être que langage et non la respiration première originelle native natale assurément sauvage souffle monté des entrailles sur lequel graver au burin acéré du dit ... [Lire la suite]
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01 décembre 2015

Paul Celan (1920 -1970): Strette / Engfürhrung

  Strette   * Dé-placé dans le territoire à la trace non-trompeuse :   herbe écriture désarticulée. Les pierres, blanches, avec les ombres des brins : Ne lis plus - regarde ! Ne regarde plus – va !   Va ton heure n’a pas de sœurs, tu es – tu es chez toi. Une roue, lente, roule d’elle-même, les rayons grimpent grimpent dans un champ presque noir, la nuit n’a pas besoin d’étoiles, nulle part il n’y a souci de toi. * ... [Lire la suite]
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29 novembre 2015

Gérard Le Gouic (1936 - ) : Troisième île

    Troisième île   Il y a des îles où manque la mer   comme des amours brûlent sans amour.     Il y a des îles tournées vers l’intérieur d’elles- mêmes.   La mer est au-dessus de leur forces.     Il y a des îles condamnées à l’avance   tout leur réussit, même la paralysie, même la mort.     Il y a des îles qui tournent le dos à la mer.   Pour un peu elles  bâtiraient un ciel et des étoiles autour d’elles.     Il y a... [Lire la suite]
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28 novembre 2015

Wolfdietrich Schnurre (1920 - 1989): Chanson / Lied

  Chanson   C’est peu ce que je demande à savoir ; moins que l’autorité n’exige.   Je désire savoir où il y a des myrtilles et non s’il y aura la guerre.   Je désire savoir quand la pluie tombera et  non en combien de parties se démonte un fusil.   C’est peu ce que je désire en cas de guerre ; moins que l’autorité n’exige.   Quand l’ennemi arrivera, je prendrai mon filet à papillon et je le briserai.   Mais je peux aussi bien chanter cette chanson et tous... [Lire la suite]
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27 novembre 2015

Djalal ad-Dīn Muhammad Rūmī جلال‌الدین محمد رومی / (1273 -1207): « Au matin, une lune apparut dans le ciel…

      Au matin, une lune apparut dans le ciel,  elle descendit du ciel et jeta sur moi un regard :  comme un faucon qui saisit un oiseau lors de la chasse,  cette lune me ravit et m'emporta en haut des cieux.  Quand je me regardai moi-même, je ne me vis plus,  car dans cette lune mon corps, par grâce, était devenu       pareil à l'âme.  Quand je voyageai dans mon âme, je ne vis rien autre       que la lune,  jusqu'à ce que... [Lire la suite]
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26 novembre 2015

Jean Mambrino (1923 – 2012) : « la neige dessine le silence… »

  la neige dessine le silence      attire de toute part le regard           vers le centre     l’absence                          qui se dérobe à force d’être blanche             et silencieuse et nue   une seule pensée de neige     ... [Lire la suite]
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25 novembre 2015

José Agustín Goytisolo (1928 -1999) : Précisément alors

    Précisément alors   Le jour où tous les téléphones se mettront à hurler où les téléviseurs et les radios lanceront une campagne      endiablée en énumérant les avantages du suicide collectif ou quand les montres s’arrêteront à une heure complètement      idiote   alors quand vous lirez sur les bandes d’ordinateurs les données complètement fausses et quand dans la rue les feux se mettront au rouge permanent et quand vous verrez les trains partir en marche... [Lire la suite]
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