25 janvier 2018

Antonin Artaud (1896 – 1948) : « Les êtres /ne sortent pas … »

    Les êtres ne sortent pas dans le jour extérieur   Ils n’ont d’autre pouvoir que de jaillir dans la nuit souterraine où ils se font.   Mais depuis des éternités qu’ils passent leur temps et le temps à se faire ainsi pas un ne s’est jamais produit.   Il faut attendre que la main de l’Homme les prenne et les fasse car seul l’Homme inné et prédestiné                a cette redoutable ... [Lire la suite]
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24 janvier 2018

Robert Marteau (1925 – 2011) : Brindilles au ciel

  Brindilles au ciel, je m’imagine qu’un homme Pourrait, chaque jour, attentif à cela seul, L’arbre, consacrer à sa croissance sa vie, Acquiesçant, acquérant par ce soin assidu Connaissance autre contre quelconque désir De savoir ; qu’il comprendrait, livré à la joie, Par superstition l’envers vide où plus rien Ne résiste à être identifié par qui Ne prononce pas en vain le nom ; connaîtrait, Voué en pure perte au temps, l’accès, non qu’il Voulût, s’étant défait de tout gain, gagner Dieu Sait quoi ;... [Lire la suite]
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23 janvier 2018

André Breton (1896 – 1966) : La lanterne sourde

  La lanterne sourde A Aimé Césaire, Georges Gratiant, René Ménil.          Et les grandes orgues c'est la pluie comme elle tombe ici et se parfume : quelle gare pour l'arrivée en tous sens sur mille rails, pour la manœuvre sur autant de plaques tournantes de ses express de verre ! A toute heure elle charge de ses lances blanches et noires, des cuirasses volant en éclats de midi à ces armures anciennes faites des étoiles que je n'avais pas encore vues. Le grand jour de préparatifs... [Lire la suite]
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18 janvier 2018

René-Guy Cadou (1920 – 1951) : Celui qui par hasard

  Celui qui entre par hasard   Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui Que chaque nœud du bois renferme davantage De cris d'oiseaux que tout le cœur de la forêt Il suffit qu'une lampe pose son cou de femme À la tombée du soir contre un angle verni Pour délivrer soudain mille peuples d'abeilles Et l'odeur de pain frais des cerisiers fleuris Car tel est le bonheur de cette solitude Qu'une caresse toute plate de la main Redonne à ces grands meubles... [Lire la suite]
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17 janvier 2018

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) : Le Loup et le Chien

  Le Loup et le Chien          Un Loup n'avait que les os et la peau,        Tant les Chiens faisaient bonne garde. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau, Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.        L'attaquer, le mettre en quartiers,        Sire Loup l'eût fait volontiers.        Mais il fallait livrer bataille, ... [Lire la suite]
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16 janvier 2018

Philippe Soupault (1897 – 1990) : « Sous les arbres mauves… »

      Sous les arbres mauves une nuit mauvaise j’allais contre le froid tous ceux que la faim faisait doucement gémir tous ceux qui laissaient tomber les bras guettaient dans l’ombre Ils étaient là près de moi Leurs yeux trop grands étaient des menaces J’avais honte de savoir marcher et une lumière plus douce que la neige me tirait Tu ne me quittais pas tu dormais et ta vie était cette nuit que je respirais Je savais par mes yeux mes mains mes pas que tout s’effaçait qu’il n’ y avait plus que la... [Lire la suite]
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15 janvier 2018

Zu Shuzhen / 朱淑真 (1135 – 1180) : Touchée par les paroles d’un fermier pendant les chaleurs sèches

  Touchée par les paroles d’un fermier pendant les chaleurs sèches Kure wen tianfu yu you gan   Roue du soleil, feu charrié qui brûlent le ciel infini, Jours caniculaires du sixième mois, Les nuages secs en dix mille paliers rougeoient sans pleuvoir, La terre se fend, les fleuves tarissent, poussière soulevée par le vent. Les paysans craignent la mort des grains dans les champs, Pédalent dans les norias, secourant les champs sans répit. En ces longues journées, affamés, assoiffés, gorges en feu, Sueur de sang,... [Lire la suite]
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14 janvier 2018

Michel-Ange / Michelangelo Buonarotti (1475 - 1564) : « Quelle mordante lime… » / « Per qual mordace lima… »

  Quelle mordante lime Amenuise toujours ta carcasse épuisée, Mon âme infirme ? Quand la pourras-tu quitter, Ce voile périlleux et mortel déposé, Pour retourner au ciel où tu fus tout d’abord, Radieuse et heureuse ? Bien que je change de pelage En ces brèves années dernières, Je ne puis rien changer à mes vieilles manières, De jour en jour plus contraignantes, plus pressantes. Amour, je ne te cache pas Que je porte envie aux défunts, Plein de confusion et d’effroi Car mon âme, pour elle-même, tremble et... [Lire la suite]
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13 janvier 2018

Langston Hughes (1902- 1967) : « Quand je serai devenu compositeur… »

  Quand je serai devenu compositeur J'écrirai pour moi de la musique sur Le lever du jour en Alabama J'y mettrai les airs les plus jolis Ceux qui montent du sol comme la brume des marécages Et qui tombent du ciel comme la rosée douce J'y mettrai des arbres très hauts très hauts Et le parfum des aiguilles de pin Et l'odeur de l'argile rouge après la pluie   Et les longs cous rouges Et les visages couleur de coquelicots Et les gros bras bien bruns Et les yeux pâquerettes Des Noirs et des Blancs des Noirs des... [Lire la suite]
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12 janvier 2018

Attila József (1905 – 1937) : Lentement, pensivement

  Lentement, pensivement   A la fin, l’homme atteint le sable d’une plaine triste et trempée, il s’étend là, le regard vague, acquiesce sans jamais espérer.   Et moi je m’efforce souvent de regarder le monde sans tricher. Les coups d’une hache d’argent jouent dans les feuilles du peuplier.   Mon cœur est sur la branche de rien, perché, grêle, il tremble sans bruit, les astres doucement s’assemblent pour regarder mon cœur la nuit.   Traduit du hongrois par Alice Zeniter in, Alice... [Lire la suite]
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