11 février 2016

Abd-al-Wahab Al-Bayati (1926 - 1999) / عبد الوهاب البياتي : Amants en exil

  Amants en exil   (…) Là-bas dans les vases périssent les fleurs Et le soleil embrasse les maisons. Et la chanson des enfants Poursuit la ronde ancienne Et les vendeurs ambulants Et les cœurs insouciants Marchandent toujours Les restes de ce petit aigle qui s’appelle « conscience » Et ces gens-là et toi et moi Telle la chèvre lépreuse qu’évite le troupeau Nous sommes sans printemps Sans printemps ni maison Du coucher du soleil à son lever Et du lever au coucher Nous restons à attendre ce qui... [Lire la suite]
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10 février 2016

Charles Bukowski (1920 – 1994) : L’écrasement / The crunch

  L’écrasement    trop grand trop petit   trop gros trop maigre ou rien du tout.   rires ou larmes   haineux amoureux   des inconnus avec des gueules passées à la limaille de plomb   des soudards qui parcourent des rues en ruines qui agitent des bouteilles et qui, baïonnettes au canon, violent des vierges   ou un vieux type dans une pièce misérable avec une photographie de M. Monroe.   il y a dans ce monde une solitude si grande que vous pouvez la... [Lire la suite]
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09 février 2016

Pernette Du Guillet (1520 - 1545) : « Quand vous voyez, que l'étincelle … »

    Quand vous voyez, que l'étincelle  Du chaste Amour sous mon aisselle Vient tous les jours à s'allumer,  Ne me devez-vous bien aimer ?   Quand vous me voyez toujours celle, Qui pour vous souffre, et son mal cèle,  Me laissant par lui consumer,  Ne me devez-vous bien aimer ?   Quand vous voyez, que pour moins belle  Je ne prends contre vous querelle,  Mais pour mien vous veux réclamer,  Ne me devez-vous bien aimer ?   Quand pour quelque autre amour... [Lire la suite]
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08 février 2016

Pierre Morhange (1901 – 1972) : Le Dimanche

  Le Dimanche    Je haïssais toujours le dimanche comme un ennemi Ce jour imbécile Avec une voûte céleste Sous laquelle les hommes traînaient Se forçant à une morne fête, Ne croyant ni à dieu ni à eux-mêmes.   Je haïssais simplement le dimanche Des phonographes, des ouvriers saouls, Des lâches riches fuyant en autos, De l’odeur généreuse des frites de la patrie, Des pioupious nègres et adjudants rasés de frais, Je haïssais l’ennui que seul dans ma chambre Je lisais dans le ciel si vache quand il... [Lire la suite]
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07 février 2016

Jean-Pierre Claris de Florian (1755- 1794) : Le Voyage

  Le voyage   Partir avant le jour, à tâtons, sans voir goutte, Sans songer seulement à demander sa route ; Aller de chute en chute, et, se traînant ainsi, Faire un tiers du chemin jusqu’à près de midi ; Voir sur sa tête alors s’amasser les nuages, Dans un sable mouvant précipiter ses pas, Courir, en essuyant orages sur orages, Vers un but incertain  où l’on n’arrive pas ; Détrempé vers le soir, chercher une retraite, Arriver haletant, se coucher, s’endormir : On appelle cela naître,... [Lire la suite]
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06 février 2016

Emile Verhaeren (1855 – 1916) : Le vent

  Le vent   Sur la bruyère longue infiniment, Voici le vent cornant Novembre, Sur la bruyère, infiniment,            Voici le vent, Qui se déchire et se démembre, En souffles lourds, battant les bourgs,             Voici le vent, Le vent sauvage de Novembre.          Aux puits des fermes, Les seaux de fer et les poulies  ... [Lire la suite]
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05 février 2016

Georgette Camille (1900 - 1998 ) : Combat dans la nuit

  Combat dans la nuit   La boîte de cristal enferme cet oiseau blanc Qui viendra sur un char Ne le laissez pas sous cette pluie de sang Voleter au hasard   Forme neuve de l’esprit trouvera-t-il sa tour Aux détours qu’il a pris prisonnier sans retour ? Les lampes de la plaine éclatent en plein jour Le ciel tombe sur terre pour obscurcir les ombres   Les femmes gorgées de sang Tournent de peur sur elles-mêmes Et percent leurs seins menaçants Au bord des fleuves immobiles Les têtes incrustées... [Lire la suite]
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04 février 2016

Issa Kobayashi / 小林 一茶 (1763 – 1827) : « quiétude… »

  quiétude au fond du lac la cime des nuages   Traduit du japonais par Alain Gouvret et Nobuko Imamura In, Issa : « Sous le ciel de Shinano » Editions Arfuyen, 1996 Du même auteur : « Première cigale… » (04/02/2017)
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03 février 2016

José Gutiérrez (1955 - ) : Du renoncement / De la renuncia

  Du renoncement   Si avec le temps meurt cette chimère de chercher une lumière qui jamais ne sera nôtre, si les rêves deviennent une ombre noire sous un ciel cerné par l’orage, si le lieu de l’amour est la menace et sa nudité l’éclat d’une pièce de monnaie, si le plaisir ne nous suffit pas, si l’habitude c’est ce miroir brisé, sans beauté, mettons la vie au rebut et que la vaine mémoire du silence soit ton héritage écrit dans une fin qui nous condamne   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet ... [Lire la suite]
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02 février 2016

William Shakespeare (1564 – 1616) : « Lorsque quarante hivers… » / «When forty winters… »

  Lorsque quarante hivers auront battu ton front Et labouré profond le champ de ta beauté, Ton fier pourpoint de jeunesse, tant admiré, Sera guenille dont on fera peu de cas.   A qui demanderait alors : où donc est-elle Ta beauté, ton trésor des jours ardents, où donc ? Répondre qu’ils sont enfouis dans tes yeux caves Serait honte sans merci, louange de misère.   Combien plus nous louerions l’emploi de ta beauté Si ta réponse était : « Ce bel enfant que j’ai Pour moi sera garant,... [Lire la suite]
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