11 octobre 2017

Sylvia Plath (1932 – 1963) : Berck plage / Berck-plage

  Berck plage    Et voilà la mer, cette grande absence. Le soleil – ventouse aspire ma brûlure.   Des sorbets aux couleurs électriques, puisés à même le gel Par de pâles filles, courent le ciel en des mains écorchées   Pourquoi ce calme ? Que me cache-t-on ? J’ai deux jambes et je vais souriante.   Un étouffoir de sable tue les vibrations ; Il s’étend sur des milles, les voix amenuisées   Flottent irréelles et rétrécies à demi. La ligne de vision, échauffées par les... [Lire la suite]
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10 octobre 2017

Paul fort (1872 – 1960) : Le chef de saint Denys

  Le chef de Saint Denys        Le printemps est né, mesdames, sur les tours de Notre-Dame.      Aussi dans la grande Rose au fond de la nef enclose. Comme il brille ! voyez-le, à genoux sur les prie-Dieu.      Même, au cri d’une hirondelle, il est né au-dessus de l’autel ;      à travers la Rose en fleur, il lui jette des couleurs.      Le printemps est né, mesdames, sur les tours de Notre-Dame. ... [Lire la suite]
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09 octobre 2017

Jose-Maria de Heredia (1842 – 1905) : Armor

  Armor   Pour me conduire au Raz, j'avais pris à Trogor  Un berger chevelu comme un ancien Evhage ;  Et nous foulions, humant son arôme sauvage,  L'âpre terre kymrique où croît le genêt d'or.     Le couchant rougissait et nous marchions encor,  Lorsque le souffle amer me fouetta le visage ;  Et l'homme, par-delà le morne paysage  Étendant un long bras, me dit : Sell euz ar-mor (1) !     Et je vis, me dressant sur la bruyère rose,  L'Océan qui,... [Lire la suite]
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08 octobre 2017

Anna-Elisabeth de Noailles (1876 - 1933) : Il fera longtemps clair ce soir

  Il fera longtemps clair ce soir   Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent. La rumeur du jour vif se disperse et s’enfuit, Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit, Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent…   Les marronniers, sur l’air plein d’or et de lourdeur, Répandent leurs parfums et semblent les étendre ; On n’ose pas marcher ni remuer l’air tendre De peur de déranger le sommeil des odeurs.   De lointains roulements arrivent de la ville… La poussière qu’un peu... [Lire la suite]
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07 octobre 2017

Jacques Chessex (1934 – 2009) : L’énigme gère tes pas

  L’énigme gère tes pas     Fuite des prés Devant le soir Le soleil est une barre jaune Les graminées d’automne se penchent sous le vent C’est l’heure où le passant fait ses comptes Ni royaume ni certitude D’autre tissu que d’air et de chemins perdus De pensée en va-et-vient comme l’inquiet oiseau du regret De pistes brûlantes et vaines Cendre du soir   Quel signe suivre L’entrelac des paroles disperse Sait-il faire silence Au vent du crâne passent trop de huées La caverne du cœur résonne de... [Lire la suite]
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06 octobre 2017

Michel Houellebecq (1956 -) : « Le jour monte et grandit… »

  Le jour monte et grandit, retombe sur la ville Nous avons traversé la nuit sans délivrance J'entends les autobus et la rumeur subtile Des échanges sociaux. J'accède à la présence.   Aujourd'hui aura lieu. La surface invisible Délimitant dans l'air nos êtres de souffrance Se forme et se durcit à une vitesse terrible ; Le corps, le corps pourtant, est une appartenance.   Nous avons traversé fatigues et désirs Sans retrouver le goût des rêves de l'enfance Il n'y a plus grand-chose au fond de nos sourires, ... [Lire la suite]
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04 octobre 2017

Said Akl / سعيد عقل (1912 -2014) : Nahayar

  Nahayar   Au plus suave du parfum, plus parée Que la séduction, plus que le jour à sa pointe, Elle fut. La beauté fut. Branches épanouies soudain, Arpège d’une écharpe au coulant de la taille, Son nom est fruit du jasmin. O papillon, papillon, calme tes ailes ! Naya est fille de l’esprit. Quelle orgueilleuse étincelle L’a proférée pour l’humiliation du soleil ! Plénière, la voici. Colline de roses, sa hanche ? Colline d’épées nues ? Furtive, elle a touché sa hanche, pas longtemps De peur... [Lire la suite]
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04 octobre 2017

Kalina Kovatcheva (1943 - ) : Courrier

  Courrier   Un jour je vais écrire une lettre A mes parents décédés, Mais il va falloir La leur porter moi-même.   Traduit du bulgare par Anélia Véléva Revue « Hopala, N° 21, novembre 2005- février 2006 » 29800 Landerneau Du même auteur : La porte (04/10/2014)
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03 octobre 2017

Jacques Josse (1953 -) : « Dès l’aube, la brume… »

            Dès l’aube, la brume cherche un éclat de vie dans les yeux des ramasseurs de pommes de terre. *      Le braconnier n’ose plus bouger. Il est persuadé que la brume a changé de place à ses collets. *      Des fois la brume s’absente pour une urgence à 2000 mètres au-dessus de nos têtes. On ne la voit plus mais on la devine au travail, tissant sans relâche des coussins doux pour les avions de La Pan Am ou de la Luftansa. * ... [Lire la suite]
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02 octobre 2017

André-Ferdinand Hérold (1865 - 1940) : « Sur la terre il tombe de la neige… »

  Sur la terre il tombe de la neige, Sur la terre il tombe de l’ombre.   Où sont allées les feuilles sèches ? Même les feuilles sèches sont mortes, Et maintenant de la neige et de l’ombre tombent.   On dirait de mauvais anges qui heurtent Les marteaux rouillés contre les portes, Des anges qui nous tuent de souffrances très lentes.   Et, à l’horizon, les tristes nues, traînantes…   Les maisons sont closes comme des tombes sombres, Et, partout, c’est de la neige et de l’ombre qui tombent. ... [Lire la suite]
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