28 décembre 2020

Friedrich Gottlieb Klopstock (1724 – 1803) : La nuit d’été / Die Sommernacht

Friedrich Gottlieb Klopstock, tableau de Jens Juel    La nuit d’été   Quand la douce lueur de la lune tombe Et se répand dans les forêts, et que dans l’air fraîchi Passent les senteurs mêlées Aux parfums du tilleul,   Je sens l’ombre sur moi de pensées à la tombe De l’aimée, et je ne vois plus Qu’un crépuscule au fond des arbres, Et il ne me vient plus de message des fleurs.   Cela, je l’ai connu jadis, ô vous les morts, avec vous, Ô, comme nous baignaient les parfums, les fraîcheurs, Comme la... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

27 décembre 2020

Louis Brauquier (1900 – 1976) : « Sorcières des étangs... »

  I Sorcières des étangs qui vous levez en songe, Avec des cris gelés dans cette aube d’hiver, Ne me rendrez-vous pas le goût de mon enfance Avant que le mistral vous chasse vers la mer ?   Des oiseaux épuisés percutent la surface Et s’enfoncent pesants comme des souvenirs ; - Peut-être au creux des eaux quelque ville ancienne, Dormant dans la clarté de leurs ombres marines, Sous l’auvent de ses toits garde-t-elle leurs nids ! –   Même nu et blessé d’une terrible absence, A travers tant de... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
26 décembre 2020

Charles Guérin (1873 – 1907) : « Il a plu... »

Charles Guérin, portrait par Paul Baudier    Il a plu. Soir de juin. Ecoute, Par la fenêtre large ouverte, Tomber le reste de l'averse De feuille en feuille, goutte à goutte.   C'est l'heure choisie entre toutes Où flotte à travers la campagne L'odeur de vanille qu'exhale La poussière humide des routes.   L'hirondelle joyeuse jase. Le soleil déclinant se croise Avec la nuit sur les collines ;   Et son mourant sourire essuie Sur la chair pâle des glycines Les cheveux d'argent de... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
25 décembre 2020

Virginia Pésémapéo - Bordeleau (1951 -) : Je te veux vivant

  Je te veux vivant   Ces mots arrachés à pleine pages, Déracinés de leur boue, Ils portent mon mal et ma peur Qui rampent sur ta vie, Sur la mienne.   Nous n’aurons pas ce temps des amours Qui veillent auprès des flammes, Qui jettent les branches sur le feu, Afin que le froid se dérobe.   Il y a déjà ce seuil familier, Emprunté par mon père, Attendu par ma sœur, Espéré par ma mère, Imprévu pour mon frère, Déchirure pour mon fils.   Leur âme me percute Au cœur de mes nuits, Me touche... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
24 décembre 2020

Pavie Zygas (1949 -) : La petite fille et la mort

La petite fille et la mort   Dans un cimetière sur une tombe elle demeure allongée   parfois elle se dresse quand on passe et s’assied mais jamais jamais elle ne pardonne         Passage sentes ténues éphémère extinction de l’être   sanctuaire du soir   la patte crépusculaire se pose sur la branche les pierres la courbe d’une tige toutes nous glissons dans l’ombre       Pourtant j’ai mangé de ta chair et bu de ton sang, mère       ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:08 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :
23 décembre 2020

Luís Vaz de Camões (1524 – 1580) : « Amour est feu qui brûle... » / « Amor é fogo que arde... »

  Amour est feu qui brûle et qu’on ne voit ;      Plaie qui fait mal sans qu’on le sente ; Contentement qui mécontente ;      Douleur qui vous égare et qui ne poind ;   C’est non-vouloir plus grand que le vouloir ;      C’est être seul chez les nombreux ;      C’est le bonheur sans être heureux ; C’est croire que l’on gagne alors qu’on perd.   C’est librement vouloir être en prison, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

22 décembre 2020

André de Richaud (1909 – 1968) : Seul ton amour

Dessin à l'ncre de Chine, par Jacques Chapiro, 1954   Seul ton amour Pour Paul M.   J’errais dans les bois sanglants dans l’arbre de ma vie dans les vagues stériles de mon sommeil marchant à contre-courant et tirant sur mes veines éclatées Comme Œdipe empêtré dans les racontars de la pythie et de ces vieillard aux jambes creuses et comme les chevaux éventrés embourbés dans les ornières aux glaçons de sang de mon pays dont je me croyais chassé par la lune rouge et comme le mendiant aveugle que pourchassent les... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
21 décembre 2020

Faraj Bayrakdar (1951 -) / فرج بيرقدار : « Bleu des profondeurs... »

  Bleu des profondeurs est la tristesse Profondeur du bleu Etoile où tremble une larme en cet espace Langue hautement lucide raccompagnant la nuit Pour que s’accomplissent les questions il blesse l’instant avec le rêve et s’en va chargé de prophètes et du hennissement des souvenirs imminents   Bleu des profondeurs est la tristesse Profondeur du bleu Nous n’avons qu’elle Sommes-nous dans son miroir ou elle dans le nôtre ? Cela revient au-même Le silence de ma femme est le sel de ma voix quand... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
20 décembre 2020

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : A la lune / Alla luna

Giacomo Leopardi sur son lit de mort   A la lune   Ô favorable Lune, je me rappelle, Sur ce col même – voilà, l’année revient -, Je venais te mirer plein d’angoisse ; Et tu pendais alors sur cette sylve, L’éclairant toute, comme aujourd’hui. Mais brumeux, incertain, par les pleurs Qui montaient sous mes cils, à mes yeux, Paraissait ton visage, car un supplice Etait ma vie, ; et depuis rien n’a changé d’elle, Bien-aimée Lune. Et cependant me plaît La souvenance, et de compter les âges De ma douleur. Ô... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
19 décembre 2020

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : L’infidèle / La casada infiel

  L’Infidèle        Et moi qui l’ai entraînée, avec moi à la rivière la croyant encore fille quand elle avait un mari ! Ce fût le soir de Saint-Jacques, Ce fut presque par gageure, tous réverbères éteints, et les grillons allumés. Vers les derniers carrefours, Je touchais ses seins dormants qui soudain s’épanouirent comme bouquets de jacinthes. Son jupon amidonné froufroutait à mon oreille, telle une ce de soie sous le fil de dix couteaux. Nulle lumière d’argent sur leurs têtes... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :