12 août 2017

Ronny Someck (1951 -) / רוני סומק : Albanie, vers la citadelle Kruja

  Albanie, vers la citadelle Kruja A Ukzenel Bucpapa   Le jus qu’on va tirer des feuilles sera l’encre verte dont je me servirai pour décrire les oliviers sur le chemin vers la citadelle. Ici ils ne sont pas plantés comme des cartes de visite que Noé avait éparpillées après le déluge, c’est un souvenir du prince Scanderberg qui, au quinzième siècle, avait ordonné à tous les nouveaux mariés de planter dix arbres au nom de leur amour. Les canons de l’histoire, pour embellir le langage, ne se sont jamais tus... [Lire la suite]
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11 août 2017

Michel Butor (1926 – 2016) : Vers l’été

    Vers l’été 1 Les nuages se séparent avec regrets   Les plaques de neige se fendillent pour laisser perler un torrent   Sur les phylactères des montagnes les anges calligraphient des runes indéchiffrables   C’est sur leur partition qu’ils improvisent mais nous n’entendons pas leur cantilène seulement la soufflerie des orgues   La nuit se fait plus indulgente il y a des aubes sans gelée blanche   Les étangs polissent leurs miroirs la roue des paons s’irise et se bronze ... [Lire la suite]
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11 août 2017

Oscar Wilde (1854 – 1900): La ballade de la geôle de Reading / The ballad of Reading Gaol

      La Ballade de la geôle de Reading   ... [Lire la suite]
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10 août 2017

Flavien Ranaivo (1914 – 1999) : Vulgaire chanson d’amant

  Vulgaire chanson d’amant   Ne m'aimez pas, ma parente, comme votre ombre car l'ombre au soir s'évanouit et je dois vous garder jusqu'au chant du coq; ni comme le piment qui donne chaud au ventre car ne pourrais alors en prendre à ma faim; ni comme l'oreiller, car on serait ensemble aux heures du sommeil mais on ne se verrait guère le jour; ni comme le riz, car sitôt avalé vous n'y penseriez plus; ni comme les douces paroles car elles s'évaporent; ni comme le miel, bien doux mais trop commun. ... [Lire la suite]
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09 août 2017

Joachim Du Bellay (1522 – 1560) : « J'aime la liberté…

  J'aime la liberté, et languis en service, Je n'aime point la Cour, et me faut courtiser, Je n'aime la feintise, et me faut déguiser, J'aime simplicité, et n'apprends que malice ; Je n'adore les biens, et sers à l'avarice, Je n'aime les honneurs, et me les faut priser, Je veux garder ma foi, et me la faut briser, Je cherche la vertu, et ne trouve que vice ; Je cherche le repos, et trouver ne le puis, J'embrasse le plaisir, et n'éprouve qu'ennuis, Je n'aime à discourir, en raison je me fonde ; J'ai le... [Lire la suite]
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08 août 2017

Roger Gilbert – Lecomte (1907 – 1943) : Chassé – croisé du coma

      Chassée croisé du coma   Eh, l’angoisseux, l’agonisant quand tu verras, le ciel : un dôme d’or tacheté de points noirs stellaires, et la lune pastille noire sur un grand ventre de lumière le temps sera venu : voici ta mort dernière voici ta naissance première.   Oeuvres complètes, T.II Editions Gallimard, 1975 Du même auteur : Je n’ai pas peur du vent (08/08/2014) Sacre et massacre de l’amour (08/0820/15)  Le vent d’après / le vent d’avant 08/(08/2016)  
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07 août 2017

Claude Couffon (1926 – 2013) : Fenêtre sur la nuit

  Fenêtre sur la nuit (fragments)   « J’écris avec des mots déterrés la nuit » Edouard Glissant   Nuit   Sur l’eau polie du rêve glisse un vide nostalgique la nuit dicte son silence aux mots Pourtant au fond lueur instinctive s’entrouve – presque imperceptible – la fenêtre du mystère…     Mots (I)   Dans le feu jaune de la nuit les mots parfois scintillent ou fuient violets verdâtres collier brisé froid mort dans les doigts de l’imaginaire     ... [Lire la suite]
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06 août 2017

Robert Desnos (1900 – 1945) : Infinitif

  Infinitif   Y mourir ô belle flammèche y mourir voir les nuages fondre comme la neige et l’écho origines du soleil et du blanc pauvres comme Job ne pas mourir encore et voir durer l’ombre naître avec le feu et ne pas mourir étreindre et embrasser amour fugace le ciel mat gagner les hauteurs abandonner le bord et qui sait découvrir ce que j’aime omettre de transmettre mon nom aux années rire aux heures orageuses dormir au pied d’un pin grâce aux étoiles semblables à un numéro et mourir ce que j’aime au bord... [Lire la suite]
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05 août 2017

Luis Mizón (1942) : Vent du Sud / Viento Sur

  Vent du sud 1 Le vent apporte de nouveau une poussière de voix théâtrales des prières émanant des tavernes du Sud des paroles volées dans des mariage de gens pauvres des fleurs difformes des échos domestiques   Et soudain il nous offre le silence où parle un ami à n’importe quel moment de la nuit   2 Viens sous l’ombre vert clair écouter les pas absents là où la vague efface sur l’asphalte les pas absents. Viens parmi les affiches du vent du Sud et les pas absents. Taches rouges ferraille toiles... [Lire la suite]
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04 août 2017

Victor Hugo (1802 – 1885) : Stella

  Stella   Je m'étais endormi la nuit près de la grève. Un vent frais m'éveilla, je sortis de mon rêve, J'ouvris les yeux, je vis l'étoile du matin. Elle resplendissait au fond du ciel lointain Dans une blancheur molle, infinie et charmante. Aquilon s'enfuyait emportant la tourmente. L'astre éclatant changeait la nuée en duvet. C'était une clarté qui pensait, qui vivait ; Elle apaisait l'écueil où la vague déferle ; On croyait voir une âme à travers une perle. Il faisait nuit encor, l'ombre régnait en vain, ... [Lire la suite]
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