24 avril 2018

Georges Ribemont-Dessaignes (1884 – 1974) : Se confondre

  Se confondre   De rien, choses, naissez, cruelles apparences, Néant, vieux magasin, prends ton enseigne visible.   Et toi, bel univers, si vieux, si jeune, ô monde inconnu, Tu prendras ta place Dans les draps de mon sang, dans les plis de mes mains, Sur la paix de mes lèvres, Je tâcherai de naître à tes apparences, Je t’interrogerai comme il se doit, Je t’aimerai pour toi.   Je ne serai rien, je serai tout, Une herbe, un éphémère, un air, Bételgeuse, une voix –   Non, rien, Le vide, et... [Lire la suite]
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23 avril 2018

Rabindranath Tagore (1861 – 1941) / রবীন্দ্রনাথ ঠাকুর : « Frère, nul n’est éternel … »

  Frère, nul n’est éternel et rien ne dure. Frère, garde ceci dans ton cœur et réjouis-toi.        D’autres que nous ont porté l’antique fardeau de la vie ; d’autres que nous ont fait le long voyage.      Un poète ne peut chanter toujours la même ancienne chanson.      La fleur se fane et meurt ; mais celui qui la portait ne doit pas toujours pleurer sur son sort.      Frère, garde ceci dans ton cœur et réjouis-toi.   ... [Lire la suite]
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22 avril 2018

Francis Picabia (1879 – 1953) : « Il est une espèce d’oiseau… »

  Il est une espèce d’oiseau d’une grande rareté et bien difficile à connaître, car ces oiseaux ne se posent jamais ; la femelle pond ses œufs dans les airs à une grande hauteur et l’éclosion des petits a lieu avant qu’ils n’aient eu le temps d’arriver jusqu’à terre ; volant sans cesse, ignorant le repos les battements de leurs ailes sont semblables aux battements de notre cœur ; arrêt signifie mort. Ces oiseaux existent partout, ils ont, semble-t-il, toujours existé, mais d’où proviennent-ils, de quelle... [Lire la suite]
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21 avril 2018

Abd-al-Wahab Al-Bayati (1926 - 1999) / عبد الوهاب البياتي : L’Hôtellerie du destin

  L’Hôtellerie du destin   La Lune aveugle dans le ventre      du Poisson et toi, éloigné du pays natal, tu ne vis pas, tu ne meurs pas. Le Feu des Mages s’est éteint, allume donc le lampion !   Cherche où a passé le papillon. Peut-être vole-il dans l’ombre verte      de cette ténèbre ensorcelée ? Bois la nuit qui coule de cette lumière, puis brise en morceaux le verre. Cette nuit, sache-le,      ne reviendra pas.   La flèche... [Lire la suite]
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20 avril 2018

Philippe Mac Leod (1954 - 2019) : « Sur les coteaux, un clocher s’élance..."

  Sur les coteaux, un clocher s’élance au milieu des arbres. Il pleut. La route grise fend le vert sombre des prairies, le frisson des nappes de colza, les villages enfouis sous les toits roses et luisants. Je cherche le lien, le passage étroit entre les songes qui m’absorbent et la pâleur d’un jour obstinément lointain.   L’éternité par intermittence – à travers nos sommeils – derrière la pluie, comme une lueur étrangère les airs tendus différemment. Et ce chant d’oiseau - dans la cour en arrivant – tard les... [Lire la suite]
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19 avril 2018

Jude Stéfan (1930 -) : (Ni vie ni mort)

  Pourriture vous êtes ma mère oui Vers vous êtes mes frères et sœurs non moins et toi la Tombe enfin de plein silence qui des cris vains protègera je t’apporte en pâture en pâture je t’apporte  ce cœur mon jeune cœur fille des vœux les plus sûrs. mais – ô bouleaux de l’enfance et seins de baisers sonnants et langue qui claque de plaisir en embrassant leur jambes – vers toi je n’avance que mêlé d’images en chemin fem- mes. D’homme dressé j’y choirai soldat prostré sans joie et sans regret.   (Ni vie ni... [Lire la suite]
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18 avril 2018

Cesare Pavese (1908 – 1950) : La mort viendra et elle aura tes yeux / Verrà la morte e avrà i tuoi occhi

  La mort viendra et elle aura tes yeux 11 mars – 10 avril 1950   TO C. FROM  C.     Toi, sourire diapré sur la glace des neiges – vent de mars, branches en cortège jaillies sur la neige, ardente et plaintive dans tous tes manèges – daine aux membres blancs, gracieuse, puissé-je connaître encore la grâce ondoyante de tous les jours, la dentelle d’écume de tous tes tours – la plaine là-bas demain sera glacée – toi, sourire diapré toi, rire étincelant. 11 mars 1950   IN THE... [Lire la suite]
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17 avril 2018

Max Jacob (1876 – 1944) : Invitation au voyage

  Invitation au voyage A Louis Bergerot     Les trains! Les trains par les tunnels étreints Ont fait de ces cabarets roses Où les tziganes vont leur train Les tziganes aux valses roses Des îles chastes de boulingrins. Il passe une automobile Il passe de fragiles rentières Comme sacs à loto mobiles. Vers des parcs aux doux ombrages Je t'invite ma chère Elise. Elise ! Je t'invite au voyage Vers ces palais de Venise. Pour cueillir des fleurs aux rameaux Nous déposerons nos vélos Devant les armures... [Lire la suite]
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16 avril 2018

Peter Huchel (1903 -1981) : Origine / Herkunft

  Origine   Le vent des ombres m’a porté la maison le sait-elle ? Les poires dans le buffet répandent une odeur mûre de vieil été. Là où le fléau sifflait le blé volait en tas. Là où au bord du lit, la lampe s’éteignait les draps étaient étendus.   Comme je grimpais dans les sapins les cheveux enduits de résine toit et chambres résonnaient encore de l’année des hirondelles. Le carillon de la nuit souffle autour de la maison. Et par la porte froide sortent en silence les amis depuis longtemps... [Lire la suite]
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15 avril 2018

Salvatore Quasimodo (1901 -1968) : « Voilà plusieurs nuits déjà… »

  Voilà plusieurs nuits déjà qu’on entend encore Le doux bruit de la mer, dans son flux et son reflux, Le long des grèves lisses. C’est l’écho d’une voix Close dans la mémoire qui remonte le temps ; Et l’on entend aussi cette plainte assidue Des mouettes ; peut-être est-ce celle d’oiseaux Hantant les tours, que vers la plaine pousse avril. Déjà tu m’étais proche, ô toi, par cette voix ; Je voudrais qu’à mon tour à présent te parvienne Egalement de moi l’écho d’un souvenir, Tout comme cet obscur murmure... [Lire la suite]
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