23 juin 2018

Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) : Un autre pareil / Ein Gleiches

  Un autre, pareil   Sur toutes les cimes, Plus rien ne bouge, Aux sommets des arbres, Tu perçois à peine, Un souffle d’air. Dans la forêt les oiseaux se sont tus. Attends, bientôt, Tu reposeras à ton tour. (6 septembre 1980)   Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre in, « Anthologie bilingue de la poésie allemande » Editions Gallimard (La Pléiade), 1995 Du même auteur : Le Roi des Aulnes / Erlkönig (23/06/2014) Bienvenue et adieu / Willkommen und Abschied (22/06/2015) La... [Lire la suite]
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22 juin 2018

Paul de Roux (1937 – 2016) : Le corps rayonnant

  Le cops rayonnant   Moment où il semble qu’en nous le paysage tourne, quand nous ne savons plus y trouver un chemin : ni la vraie vie ni la mort mais la vie obstruée par ce qui n’a ni forme ni visage et que l’on n’ose attaquer crainte de se tromper de cible - si la faiblesse n’est pas la seule cause de cet accablement. (Je vois les toits ressuyer après la pluie qui laisse le ciel aussi couvert et dans la cour j’entends des bruits de caisses que l’on déplace et je m’élance - trop faiblement – vers une... [Lire la suite]
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21 juin 2018

Yosa Buson / 与謝 蕪村 (1716 – 1783) : « Rien d’autre aujourd’hui... »

  Rien d’autre aujourd’hui que d’aller dans le printemps rien de plus   Traduit du japonais par Roger Munier In, « Haïkus des quatre saisons » Editions du Seuil, 2010 Du même auteur :  « Par ici, par là… » (2106/2016) « Mes os mêmes… » (21/06/2017)   « Braises… » (21/06/2019)  
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20 juin 2018

Fernando Pessoa : (1888 - 1935) : « Parfois, en certains jours de lumière ... » / « Às vezes, em dias de luz... »

  Parfois, en certains jours de lumière parfaite et exacte, où les choses ont toute la réalité dont elles portent le pouvoir, je me demande à moi-même tout doucement pourquoi j’ai moi aussi la faiblesse d’attribuer aux choses de la beauté.   De la beauté, une fleur par hasard en aurait-elle ? Un fruit, aurait-il par hasard de la beauté ? Non : ils ont couleur et forme et existence tout simplement. La beauté est le nom de quelque chose qui n’existe pas et que je donne aux choses en fonction du... [Lire la suite]
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19 juin 2018

Tahar Ben Jelloun (1944 -) : « Etranger... »

  Etranger prends le temps d’aimer l’arbre accoude-toi à la terre un cavalier t’apportera de l’eau, du pain      et des olives amères c’est le goût de la terre et les semences de la mémoire c’est l’écorce du pays et la fin de la légende ces hommes qui passent n’ont pas de terre et ces femmes usées attendent leur part d’eau. Etranger laisse la main dans la terre pourpre ici il n’est de solitude que dans la pierre   Cicatrices du soleil Editions François Maspero,1972 Du même... [Lire la suite]
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18 juin 2018

Olivier de Magny (1529 - 1561) : Au Roi

  Au Roi   Il ne faut pas toujours le bon champ labourer : Il faut que reposer quelquefois on le laisse, Car quand chôme longtemps et que bien on l'engraisse, On en peut puis après double fruits retirer. Laissez donc votre peuple en ce point respirer, Faisant un peu cesser la charge qui le presse, Afin qu'il prenne haleine et s'allège et redresse Pour mieux une autre fois ces charges endurer. Ce qu'on doit à César, Sire, il le lui faut rendre, Mais plus qu'on ne lui doit, Sire, il ne lui faut prendre. ... [Lire la suite]
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17 juin 2018

Jean Tardieu (1903-1995) : Rengaine pour piano mécanique

  Rengaine pour piano mécanique (Comme un rémouleur superbe et désabusé) Dépêche-toi de rire il en est encor temps bientôt la poêle à frire et adieu le beau temps.     D’autres viendront quand même  respirer le beau temps c’est pas toujours les mêmes mais y a toujours des gens.     Sous le premier empire y avait des habitants sous le second rempire y en avait tout autant.     Même si c’est plus les mêmes tu t’en iras comme eux tu t’en iras quand même tu t’en iras chez... [Lire la suite]
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16 juin 2018

Paul Valéry (1871 – 1945) : De la mer océane

  De la mer océane        Mer. Océan. Cap Breton.        La grande forme qui vient d’Amérique avec son beau creux et sa sereine rondeur trouve enfin le socle, l’escarpe, la barre. La molécule brise sa chaîne - Les cavaliers blancs sautent par delà eux-mêmes.      L’écume ici forme des bancs très durables, qui figurent un petit mur de bulles irisé, sale, crevard, le long du plus haut flot. Le vent chasse des chats, et des moutons nés de cette... [Lire la suite]
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14 juin 2018

Roger Milliot (1927 – 1968) : « Il y a ce corridor sans fenêtre... »

  Il y a ce corridor sans fenêtre Sans lézarde Des coups obscurs Des pas comptés Un à un ajoutés A force de vouloir L’azur encore Au bout, problématique   Surtout ne pas se retourner Sur la suite infinie Du manqué De l’inconnu De l’imaginé Sur les mille stations De la douleur Là, bafoué Là, rejeté La, trompé Là, déchiré  Marcher aveugle Marcher sourd Au chant d’en haut Aux voix humaines Parlant de joies caduques Derrière les murs Marcher pourquoi Marcher parce que Parce que pourquoi Y... [Lire la suite]
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14 juin 2018

Françoise Ascal (1944 -) : « Des orages, chaque jour... »

                                                  Des orages, chaque jour, qui métallisent le paysage. Lumière implacable qui jaunit la gamme des verts frais d’avril – ces verts que j’ai longuement contemplés dans les toiles du musée de Colmar et de Bâle, sur ces robes moyenâgeuses, austères, d’où... [Lire la suite]
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