14 octobre 2016

František Halas (1901 – 1949) : Toute d’Automne

  Toute d’Automne   Sa robe était d’automne et d’automne ses cheveux d’automne ses yeux   Sa bouche était d’automne et d’automne ses seins d’automne ses songes   Sa vie était d’automne et d’automne son giron d’automne son sourire   Son goût était d’automne et d’automne sa tendresse d’automne son angoisse   Toute d’automne elle était Tel un poème de la Toussaint   Traduit du tchèque par Petr Král In, « Anthologie de la poésie tchèque contemporaine 1945 - 2000 » ... [Lire la suite]
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13 octobre 2016

Bernard Delvaille (1931 – 2006) : Amsterdam – Rembrandtsplein

  Amsterdam – Rembrandtsplein   Je mourrai sous le ciel de l’aube tel un enfant sans cœur dans les reflets froids du matin ô solitude sans un cri sans une larme d’autrui à l’heure où les dahlias se fanent abandonné des oiseaux Je mourrai sur mon lit défait en noir et blanc dans l’appel des bateaux du rêve comme j’ai vécu avide et las triste et blessé coupable n’ayant pas su prolonger dans l’eau l’ombre d’un étoile ô solitude Je mourrai dans l’odeur des lilas à l’instant du dernier blues dans les... [Lire la suite]
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12 octobre 2016

Dominique Sampiero (1954 - ) : « La main, en écrivant… »

  Mains nues   10    La main, en écrivant, touche le monde, l’incendie, retrouve chaque souvenir. Les ombres accourent, les contours retentissent de soies rugueuses, d’appels. Et ce qui chante se lève, réchauffe les parois.    Il y a la main des fruits, pommes, citrons, framboises, celle délicate qui soupèse, hume, et s’approche de l’énigme, se glisse dans le ruisseau des saveurs, accueille le pubis d’une pêche comme une joue d’enfant parce que la neige est déjà dans l’épluchure, une immensité... [Lire la suite]
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11 octobre 2016

Sylvia Plath (1932 - 1963) : Lettre d’amour / Love letter

  Lettre d’amour   Pas facile de formuler ce que tu as changé pour moi Si je suis en vie maintenant, j’étais morte alors, Bien que, comme une pierre, sans que cela ne m’inquiète, Et je restais là sans bouger selon mon habitude. Tu ne m’as pas simplement un peu poussée du pied, non – Ni même laissée régler mon petit œil nu A nouveau vers le ciel, sans espoir, évidemment, De pouvoir appréhender le bleu, ou les étoiles.   Ce n’était pas cà. Je dormais, disons : un serpent Masqué parmi les roches noires... [Lire la suite]
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10 octobre 2016

Jacques Brault (1933 - ) : Suite fraternelle

  Suite fraternelle   Je me souviens de toi Gilles mon frère oublié dans la terre de Sicile      je me souviens d’un matin d’été à Montréal je suivais ton cercueil      vide j’avais dix ans et je ne savais pas encore   Ils disent que tu es mort pour l’Honneur ils disent et flattent leur bedaine      flasque ils disent que tu es mort pour la Paix ils disent et sucent leur      cigare long comme un fusil   Maintenant je sais... [Lire la suite]
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09 octobre 2016

Guy Tirolien (1917 - 1988) : Prière d’un petit enfant nègre

      Prière d’un petit enfant nègre   Seigneur, je suis très fatigué. Je suis né fatigué. Et j’ai beaucoup marché depuis le chant du coq Et le morne est bien haut qui mène à leur école. Seigneur, je ne veux plus aller à leur école, Faites, je vous en prie, que je n’y aille plus. Je veux suivre mon père dans les ravines fraîches Quand la nuit flotte encore dans le mystère des bois Où glissent les esprits que l’aube vient chasser. Je veux aller pieds nus par les rouges sentiers Que cuisent les... [Lire la suite]
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08 octobre 2016

Anna-Elisabeth de Noailles (1876 - 1933) : « T'aimer… »

  T'aimer. Et quand le jour timide va renaître, Entendre, en s'éveillant, derrière les fenêtres, Les doux cris jaillissants, dispersés, des oiseaux, Éclater et glisser sur la brise champêtre Comme des grains légers de grenades sur l'eau... - T'espérer ! Et sentir que le golfe halète En bleuâtres soupirs vers le ciel libre et clair ; Et voir l'eucalyptus, dans la liqueur de l'air, Agiter son feuillage ainsi que des ablettes ! - Voir la fête éblouie et profonde des cieux Recommencer, et luire ainsi qu'au... [Lire la suite]
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07 octobre 2016

Jacques Chessex (1934 – 2009) : Pauvre dormeur

  Pauvre dormeur   Il neige les arbres fleurissent Je vais léger perdu dans les rues tristes d’une ville Je marche sans marcher Je vais en reculant dans une enfance de forêts Où se perdent mes traces avec le temps   Absent je vais dans les couloirs Frôlant les murs Et le soleil sous les feuilles Bourdonne doux dans le jour englué Un chien ne cesse de pleurer Au fond de la journée c’est comme Si toute ma vie se mettait à tourner Autour de cette voix lointaine C’est comme si quelqu’un de très aimé ... [Lire la suite]
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06 octobre 2016

Michel Houellebecq (1958 - ) : « Mon corps est comme un sac… »

  Mon corps est comme un sac traversé de fils rouges Il fait noir dans la chambre, mon œil luit faiblement, J’ai peur de me lever, au fond de moi je sens Quelque chose de mou, de méchant, et qui bouge.   Cela fait des années que je hais cette viande Qui recouvre mes os. La couche adipeuse, Sensible à la douleur, légèrement spongieuse. Un peu plus bas il y a un organe qui bande.   Je te hais, Jésus-Christ, qui m’a donné un corps Les amitiés s’effacent, tout s’enfuit, tout va vite, Les années glissent et... [Lire la suite]
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05 octobre 2016

Joseph Sayegh (1928 -) / زف صايغ : « A chaque prophète sa grâce… »

    A chaque prophète sa grâce, à chaque amour son langage   Et toi, mon aimée, toi parole gracieuse, toi ma voix et me signes   Unique de la singularité de l’inspiration, Demeures la solitaire du verbe   Parmi toutes les femmes, parmi tous les destins, je t’ai choisie responsable de la joie   De la solitude qui façonne les aigles, responsables de l’amour qui façonne le langage pour les hommes singuliers.   Les générations des mots se renouvellent en nous comme nous nous... [Lire la suite]
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