27 août 2018

Alfonso Gatto (1909 – 1976) : Mots / Parole

  Mots   « Je te perdrai comme on perd un clair jour de fête : - je le disais à l’ombre que tu étais dans le vide de la pièce – attentive, ma mémoire te chercha en ces années florissantes, un nom, une apparence : pourtant, tu te dissiperas et ce sera toujours l’oubli de nous dans le monde. » ... [Lire la suite]
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26 août 2018

Henri Pichette (1924 – 2000) : Apoème 3

  Apoème 3    Hommes, souvenez-vous des marches et des haltes. Hommes, la gorge en feu, nous bûmes aux fontaines. Hommes penchés dehors, les trains vous emportaient. Hommes, je vous revois offrir des roses rouges. Hommes, mes délicats, vous tuiez des oiseaux. Hommes à tout venant les veillées vous fanèrent. Hommes, descendez l’eau, debout sur les péniches… Faites encor vos jeux ! clamèrent les forains. Les roues lancées à bras tournaient, tournesols ivres, Avec un bruit fou de crécelles. La lumière ... [Lire la suite]
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25 août 2018

Denis Rigal (1938 -) : Nord Nord-Ouest par Ouest

  Nord Nord-Ouest par Ouest   Quand il fera bien noir au revenant décembre quand se fera la féroce nuit des grands poissons dormeurs et sans paupières dans l’eau morne et le temps sombré comme mortas   je parlerai de toi qui es piéça chair de brouillard erres parmi quelques chevaux d’orage des crématoires et de l’oubli       Marchait oblique sous la pluie patiente parlait plus gris d’à grand peine songer si loin les fermes embourbées et les enfances ténues, le lait tiède entre... [Lire la suite]
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24 août 2018

Michel Seuphor (1901 – 1999) : Les vieux amis

  Les vieux amis Une lyromanie pour Marcel Janco   janco hinco yinco colo janco hinto tajmahal janco colomayo trogo janco calamistero (tero)      Les vieux amis sont des crocodiles qui traînent un peu partout dans la maison et qui de temps en temps vous mangent un membre cru. Les jeudis treize à marée haute ils se mettent sur le dos afin que l’on fasse luire comme un miroir leur ventre vertueux.    Les vieux amis sont des maisons très hautes qui cachent une partie du ciel ... [Lire la suite]
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23 août 2018

José Herrera Petere (1909 – 1977) : Arbres / Arboles

  Arbres   Arbres drus qui descendez en flots ombres crépusculaires des montagnes colloque muet le long des flancs lustrés. Lumière tranquille ô lumière héritée d’êtres anciens et verts avec des branches, des lèvres balbutiantes. Arbres comme des moines psalmodiants comme une attente triste vous avez sous le ciel une douceur d’ogive colonnes enamourées bruissantes absides comme des nids de plumes et de colombe corps et refuges. Arbres vivants sans bruits vous descendez ! O forêts de beauté pour mon... [Lire la suite]
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22 août 2018

Jean-Antoine de Baïf (1532 -1589) : « Ô doux plaisir... »

  Ô doux plaisir plein de doux pensement, Quand la douceur de la douce mêlée, Etreint et joint l'âme en l'âme mêlée,   Le corps au corps accouplé doucement.   Ô douce mort ! ô doux trépassement ! Mon âme alors de grand joie troublée, De moi dans toi s'écoulant a l'emblée, Puis haut, puis bas, quiert son ravissement.   Quand nous ardents, Méline, d'amour forte, Moi d'être en toi, toi d'en toi tout me prendre, Par cela mien, qui dans toi entre plus,   Tu le reçois, me laissant masse... [Lire la suite]
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21 août 2018

August von Platen (1796 – 1835) : « O tendre printemps... » / « O süßer Lenz... »

  O tendre printemps, fais que ton pas se hâte, Et, cette fois, viens encore plus tôt que de coutume ! Toi qui nous guéris quand notre cœur est serré, Et dont le doux remède toujours nous guérit !   Oh ! si je pouvais déjà au profond même de ta fleur, Quand à peine le jour arde à l’horizon, Et jusqu’à ce qu’enfin il se dissipe dans le couchant, Vivre de pleurs et sans vœu ni prière !   Ton clair soleil flammant dans le bleu, Je lèverais les yeux vers le haut, étendu parmi l’herbe, Et... [Lire la suite]
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20 août 2018

Dino Campana(1885 – 1932) : La Chimère / La Chimera

  La Chimère   Ne sait si entre les roches ton pâle Visage m’apparut, ou sourire De lointains ignorés Tu fus, la pente éburnéenne Du front flamboyant ou jeune Sœur de la Joconde : Ou des printemps Eteints, par tes mythiques pâleurs Ou Reine ô Reine adolescente : Mais par ton poème ignoré De volupté et de douleur Musique enfin exsangue, Marqué de lignes de sang Au cercle des lèvres sinueuses, Reine de la Mélodie : Mais par le front virginal Incliné, moi poète nocturne Je veillai les... [Lire la suite]
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19 août 2018

Gilles Baudry (1948 -) : « Le cœur fait les cent pas... »

  Le cœur fait les cent pas.   Au bout de l’allée : pudique sourire aux lèvres d’un cerisier en fleur.     Un silence de verdure L’enfance des arbres éditeur, 56700 Hennebont, 2017 Du même auteur :  « Du monde tu ne vois… » (09/07/2014) Coda (09/07 /2015) Le poète et son double (09/07/2016) « Nul ne sait… » (19/08/2017)
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18 août 2018

Alfred de Musset (1810 – 1957) : « Quand, par un jour de pluie... »

  Quand, par un jour de pluie, un oiseau de passage Jette au hasard un cri dans un chemin perdu, Au fond des bois fleuris, dans son nid de feuillage, Le rossignol pensif a parfois répondu.   Ainsi fut mon appel de votre âme entendu, Et vous me répondez dans notre cher langage. Ce charme triste et doux, tant aimé d’un autre âge, Ce pur toucher du cœur, vous me l’avez rendu.   Était-ce donc bien vous ? Si bonne et si jolie, Vous parlez de regrets et de mélancolie. — Et moi peut-être aussi, j’avais un... [Lire la suite]
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