22 décembre 2019

André de Richaud (1909 – 1968) : La chanson de mort

  La chanson de mort   Vous, les autres qui m’avaient tiré par les lèvres jusqu’à une seconde de votre peau et dont je me suis repoussé jusqu’à l’éternité parce que mon amour vous aurait      peut-être tué   Adieu les autres ce n’est pas le moment d’être hypocrite chacun de mes mouvements vous inonde de mort Allez-vous en Allez-vous en  que je vous voie longtemps ne plus penser à moi   Pourtant tout se déchire sous mon visage Pourtant mes gestes s’éloignent de moi je... [Lire la suite]
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20 décembre 2019

Louise Warren (1956 -) : L’Amant gris

    L’Amant gris     Tu ne sais pas grand-chose de moi. Tu connais le goût du vin laissé sur ma langue mais tu n’as pas goûté à ma bouche gonflée de sommeil. Tu sais que la nuit je vois des serpents et des flèches sur les murs de ma chambre et j’entends siffler des trains. Quand la lune est ronde, elle fait des vœux, seulement les mercredis de pleine lune, seulement les mercredis. Tu connais un échantillon de ma peau et tu sais les tissus qui m’habillent. Tu as deviné que la soie sauvage est... [Lire la suite]
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20 décembre 2019

Giacomo Leopardi (1798- 1837) : Les souvenirs / Le ricordanze

  Les souvenirs             Belles étoiles de l’Ours, pouvais-je croire Qu’un jour je reviendrais vous contempler Scintillantes au-dessus du jardin de mon père, Et deviser avec vous depuis les fenêtres De cette demeure où j’habitais Enfant et de mes joies connus la fin. Alors, que de chimères, que de fables Engendrait votre vision dans mon âme, Avec celle des lumières vos compagnes ! Quand, silencieux, assis dans l’herbe, J’aimais à passer grand-partie de mes... [Lire la suite]
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19 décembre 2019

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : « Gacela » de la mort obscure / Gacela de la muerte obscura

En 1932   « Gacela » de la mort obscure     Je veux dormir le sommeil des pommes, Et m’éloigner du tumulte des cimetières. Je veux dormir le sommeil de cet enfant Qui voulait s’arracher le cœur en pleine mer.   Je ne veux pas que l’on me répète que les morts ne perdent pas leur sang ; Que la bouche pourrie demande encor de l’eau. Je ne veux rien savoir des martyres que donne l’herbe, Ni de la lune avec sa bouche de serpent Qui travaille avant que l’aube naisse.   Je... [Lire la suite]
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18 décembre 2019

Czesław Miłosz (1911 - 2004) : Le fleuve majestueux / Powolna rzeka

  Le fleuve majestueux   Un printemps aussi beau que celui-là, cela fait longtemps qu’il n’y en a pas eu ; l’herbe juste avant le fauchage est abondante et pleine de rosée. Dans la nuit, on entend quelqu’un jouer au bord des marais, il y a une traînée rose à l’est jusqu’au petit matin. A une telle heure, chaque voix sera pour nous un cri de triomphe. Gloire, douleur et gloire à l’heure et aux nuages, à la chênaie verte, le portail de la terre se fend, clef de la terre découverte, l’étoile accueille déjà... [Lire la suite]
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17 décembre 2019

Adrien de Monluc, comte de Cramail (1588 – 1646) : Les fous

  Les fous (chanson)   De tous les fous qu’on voit en France, Et de ceux qui font les prudents, Il n’y a point de différence Que de barbe et d’habillements : Car tout le monde a sa folie Qui le possède et le manie.   Les uns désirent la richesse, D’autres désirent les hasards, Tel fait le vain de sa maîtresse Qui n’en a rien que des regards ; Et cependant la jalousie Trouble le plaisir de sa vie.   L’un aime les chants solitaires, L’autre se plaît dessus la mer, D’aucun dedans les... [Lire la suite]
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16 décembre 2019

Gaston Puel (1924 – 2013) : « Puisque le soleil décline... »

  Puisque le soleil décline je dirai la ronde bosse d’un dos d’homme Il s’éloigne et le soleil pénètre dans sa bouche illumine ses dents Il danse vers l’abîme          Des herbes l’accompagnent La poussière le suit dans l’ombre de ses jambes   Mais la prison Par ses portes de fer Ses dédales de bronze Ses vannes verrouillées Ses couloirs immergés Mais la prison Sera son lieu concis Et sa dense planète   Elle ira dans la nuit Emportant ses reclus Ses... [Lire la suite]
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15 décembre 2019

Jean – Philippe Salabreuil (1940 – 1970) : Un printemps

  Un printemps   (Et moi c’est un printemps Crochu par mes travers d’eau blanche Mes détours d’ombre mon plan De ciel fouetté de graves branches Un mur oblique où le soleil Jette ses bûches de sommeil Où tremble une petite rosée vieille Comme sueurs et larmes aux pointes d’un Noir fond d’herbe noire un œil un Velours incertain d’entre les tiens merveille Ancienne ou bien déjà nouvelle objet Plus clair obscur on ne sait de quel doigt de jais D’argent que l’astre à demi pris de neige Et de ténèbre en son... [Lire la suite]
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14 décembre 2019

Jean – Pierre Faye (1925 -) : « Un peuple s’étend... »

  Un peuple s’étend aussi, mais parle par langues se divise et se réunit, par les yeux et les femmes et la parole et par les doigts ou les bras sur les bancs de bois, devant la bière, les warmi (*) et le vin, le sucre peint et sculpté en parlant les langues à la fois et même en les mêlant un peu, celles-là ou celles-ci, celles qui se disent ici contre l’écusson de grès martelé ou là contre les murs rasés et près des parpaings crevés sur le bec de crête, ou derrière le remblai des rails les coupoles bleues de... [Lire la suite]
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13 décembre 2019

Jean – Pierre Duprey (1930 – 1959) : Saveur d’homme

  Saveur d’homme   Donnez-moi de quoi changer les pierres, De quoi me faire des yeux Avec autre chose que ma chair Et des os avec la couleur de l'air ; Et changez l'air dont j'étouffe En un soupir qui le respire Et me porte ma valise De porte en porte ; Qu'à ce soupir je pense : sourire Derrière une autre porte. Détestable saveur d'homme. En vérité, une main ne tremble Que pour vieillir sa mémoire ; L'autre ne vieillit que d'avoir Trop bougé de vie depuis le temps Où le monde l'a basculée Dans... [Lire la suite]
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