27 avril 2019

Claude Vigée (1921-) : « Depuis l’origine... »

  « Depuis l’origine toute l’eau s’est évaporée. La fêlure est dans l’os. Dehors sur la sphère aplatie et sèche de la terre c’est un craquèlement d’argile désertique – ruche d’abeilles mortes, engluées dans leur miel ; la cire s’est muée en alluvions opaques, croûte d’excréments perforée d’alvéoles scellés. Monde de sourds-muets. Chacun, sans la parole, est un juge effrayant pour l’autre qui l’annule. Un meurtrier se tapit derrière chaque fenêtre. Ni pain, ni syllabes complices à rompre en compagnie face... [Lire la suite]
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26 avril 2019

Paul Claudel (1868 – 1955) : Verlaine

  Verlaine   I Le faible Verlaine        L’enfant trop grand, l’enfant mal décidé à l’homme, plein de secrets et plein de menaces,      Le vagabond à longues enjambées qui commence, Rimbaud, et qui s’en va de place en place,      Avant qu’il n’ait trouvé là-bas son enfer aussi définitif que cette terre le lui permet,      Le soleil en face de lui pour toujours et le silence le plus complet,      Le voici... [Lire la suite]
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25 avril 2019

José Hierro (1922 – 2002) : « J’aimerais, ce soir... / Quisiera esta tarde... »

  J’aimerais, ce soir, ne pas haïr ne pas charger mon front de nuages sombres. Je voudrais que mon regard fût plus clair et pouvoir le poser, calme, sur le lointain...   Il doit être si beau de pouvoir dire : « Je crois à ce qui existe et même à ce qui peut-être n’existe pas aux choses qui peuvent me sauver, même si j’ignore leur nom : je connais le fruit doré de la joie. »   Ce soir, j’aimerais ne pas haïr, me sentir léger, chantant, être le vent qui berce les épis. Je regarde au... [Lire la suite]
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24 avril 2019

Ribemont–Dessaignes (1884 – 1974) : « Ils sont revenus, les morts... »

  Ils sont revenus, les morts, tous les morts de la vie, Ils sont revenus, je les ai vus, en grande colonne. A travers le printemps, traînant leur bagage, Et devant eux marchait le bourreau, Grand, large et gros, avec tant de chair autour de ses os, Comme un sac de farine, comme un sac plein d'abats, Avec son odeur de bourreau qui sent le suint et l'eau de Cologne, Et qui semble son propre bagage, Et qui pourtant portait son bagage. Ils allaient à travers les jardins, et chantait un oiseau, A travers les chemins, et... [Lire la suite]
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23 avril 2019

Rabindranath Tagore (1861 - 1941) / রবীন্দ্রনাথ ঠাকুর : « Poète, le soir approche ... »

  Poète, le soir approche ; tes cheveux grisonnent.      Entends-tu pendant tes rêveries solitaires le message de l’au-delà ?      C’est le soir, dit le poète, j’écoute : quelqu’un peut appeler du village, malgré l’heure tardive.      Je veille : Deux amoureux se cherchent. Leur cœur les guidera-t-il sûrement ? — Les cœurs errants de deux jeunes amants se rencontreront-ils ; leurs yeux ardents mendient une harmonie d’amour qui... [Lire la suite]
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22 avril 2019

Francis Picabia (1879 – 1953) : Des perles aux pourceaux

  Des perles aux pourceaux   Mon amie   Merci je prépare un cyclone Pour faire rire les yeux de mon amie Elle a beau ne rien craindre il faut l’effrayer pour ne pas avoir peur... En temps normal je chasse le chien dans les plaines où les crabes de prairies ne vont plus à la messe ! Mon ami crache à terre Et voilà tout.   Poème d’Espérance   Son regard m’amuse comme une porte que l’on pousse sur un parc rouillé. Citron du soleil qui tombe. elle passe comme le hérisson en boule ... [Lire la suite]
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20 avril 2019

Paul Dirmeikis (1954 -) : « Pas d’avantage que d’aucuns ... »

  mardi 12 juin 2012   ... [Lire la suite]
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20 avril 2019

Yves Broussard (1937 – 2018) : « Bourdonnements d’insectes ... »

    A Christian Catoni   Bourdonnements d’insectes au cœur de l’été dans la transparence des signes   Furtives quelques ombres hachurent les restes du sentier   Sur ce monde introublé noyau d’abîmes   le vide et le silence composent un infini mélange   et s’émiette l’éternité   Mesures de la vie Editions Le Taillis Pré, Châtelineau (Belgique), 2004 Du même auteur : « Il est un lieu de longues marches... » (13/01/2016)
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19 avril 2019

Jude Stéfan (1930 -) : Dans les matinées

Dans les matinées   Semblables étaient les vaches au temps de   ronsard   et   pareilles la  brume  et semblables  entre  les  draps à nu mises les  chairs  pour  le  plaisir des bouches et même les feuilles qui tombent comme les  habits  d’époque  et semblable aussi (s’ouvre la  parenthèse  pour une grosse perdrix  rouge  un  fabuleux  reptile   ici qui   passent  ... [Lire la suite]
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18 avril 2019

Cesare Pavese (1908 – 1950) : Paysage VIII / Paesaggio VIII

Paysage VIII   Les souvenirs commencent vers le soir sous l’haleine du vent à dresser leur visage et à écouter la voix du fleuve. Dans le noir l’eau ressemble aux mortes années.   Dans le silence obscur un murmure s’élève où passent des voix et des rires lointains ; bruissement qu’accompagne une vaine couleur de soleil, de rivages et de regards limpides. Un été de voix. Chaque visage enferme pareil à un fruit mûr une saveur passée.   Les regards qui émergent conservent un goût d’herbes et de choses... [Lire la suite]
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