20 octobre 2018

Tristan Corbière (1845 – 1875) : Petit mort pour rire

  Petit mort pour rire   Va vite, léger peigneur de comètes ! Les herbes au vent seront tes cheveux ; De ton oeil béant jailliront les feux Follets, prisonniers dans les pauvres têtes...     Les fleurs de tombeau qu'on nomme Amourettes Foisonneront plein ton rire terreux... Et les myosotis, ces fleurs d'oubliettes...     Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes  Pour les croque-morts sont de simples jeux,  Boîtes à violon qui sonnent le creux...  Ils te croiront mort -... [Lire la suite]
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19 octobre 2018

Maodez Glanndour (1909 – 1986) : Iles bretonnes sous la neige / An erc’h war enezeg

    Iles bretonnes sous la neige   Serait-ce que dans la nuit sont descendus Les cygnes tout blancs du Nord Et qu’ils dorment sur la mer, engourdis, Tête pliée sous leur plumage ?   Non pas des cygnes mais la neige Qui est tombée ailée sur les îles. N’y a dans l’estuaire que des rochers Qui rêvent doucement sous leur plumage.   Traduit du breton par l’auteur   Du même auteur : Les oies de mer (02/08/2015) Ecriture inconnue (02/08/2016)    An erc’h war an enezeg ... [Lire la suite]
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18 octobre 2018

François Villon (1431 – 1463) : Ballade des Dames du temps jadis

  Ballade des Dames du temps jadis    Dites-moi où, n'en quel pays, Est Flora la belle Romaine, Archipiadé, ne Thaïs, Qui fut sa cousine germaine, Echo, parlant quant bruit on mène Dessus rivière ou sur étang, Qui beauté ot* trop plus qu'humaine ?  * eut Mais où sont les neiges d'antan ?   Où est la très sage Héloïs, Pour qui châtré fut et puis moine Pierre Esbaillart à Saint-Denis ? Pour son amour ot cette essoine*.       * épreuve Semblablement, où est la... [Lire la suite]
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17 octobre 2018

Jean-Marc Lovichi (1937 - 2018) : Mort du sultan des Asphodèles

  Mort du sultan des Asphodèles   1. Voici que vient le crépuscule et cette face d’ombre en nous                    qui se fait jour qui grimace qui rit sous la poudre des siècles   Et nous aurons parlé en vain.       2. A la surface du silence crèvent trois bulles irisées ah ! rien ne restera de nous qu’un arbre foudroyé sur la rive du fleuve que le cri d’un busard à la corne d’un roc ... [Lire la suite]
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16 octobre 2018

Georges Perros (1923 -1978) : « Il n’y a rien...

  Il n’y a rien sinon le vent pour traverser votre âme ô les mouettes Vous qui tissez de vif-argent le grand ciel enfant de bohême Gloire à vous Filles de l’air et de la mer vos ailes battent encor comme dans le cœur de Tristan pour toutes les Yseult du monde   Programme de la Fête des Mouettes de Douarnenez, Juillet 1971 Du même auteur :  « On meurt de rire… » (10/08/2014) « Foutez-moi tout çà dans la mer… » (10/08/2015)  « Mon coeur bredouille… »... [Lire la suite]
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15 octobre 2018

André Velter (1945 -) : Planisphères

  Planisphères A Jean-Christophe Victor     Je ne cherche pas d’images dans les songes mais dans l’inconnu du monde, aux rives de la terre et en tous lieux inhabités, aussi bien sous le ciel millimétré des almagestes, que près des récifs de vieux portulans même si mes regards et mes pas sont d’abord accordés aux grandes dépressions de sable, d’herbe ou de neige.   Chaque tracé porte mes caravanes qui vont interminablement d’égarements en bivouacs pour oublier le but et mettre à distance, sans... [Lire la suite]
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14 octobre 2018

Jan Zahradníček (1905 -1960) : Autrefois

  Autrefois   Autrefois où si passionnément nous jetions les mots ces dés excités impatients de savoir comment le poème allait finir chaque fois on ne sait quelle gloire se dévoila pour nous un pan du réel et nous entrevîmes le futur guerroyant   Mais en somme personne n’en tenait pas plus compte que d’un rêve confus vers l’aube ou d’un tonnerre lointain Les maisons demeuraient debout et les gens se promenaient Du lundi au samedi le temps tant bien que mal passait toujours Il y avait toujours des... [Lire la suite]
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12 octobre 2018

Wilhelm Karlovitch Küchelbecker / Вильге́льм Ка́рлович Кюхельбе́кер (1797 – 1846) : La lune

  La lune   Lune, toi qui blanchis le fer Des froids barreaux de ma cellule, Astre de neige, calme et clair Qui, loin, là-haut, sans flamme brûles,   Je te salue de ma douleur, Reine nocturne, œuvre divine – La paix me vient de ta blancheur, C’est l’âme que tu m’illumines.   Comment ! serais-je seul ici, Comptant sans fin les pas des gardes ? J’ai des amis qui, eux aussi, Veillent et songent, te regardent.   Peut-être, ils penseront à moi En s’endormant, prieront peut-être ;... [Lire la suite]
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12 octobre 2018

Dominique Sampiero (1954 -) : « Il range tes lettres... »

                 Il range tes lettres comme des papillons ou je ne sais quoi. Comme des pages de lumière vivante qui battent des ailes avant qu’on repousse le tiroir. Je les entends remuer la nuit, le jour. Tu sais à quelle vitesse s’éteignent ces brasiers qui nous font croire plus vivants. Cette sorte d’amour. On a beau tourner la page, c’est encore la blancheur. On entre jamais ici, on effleure.   La fraîche évidence Edition Lettres Vives,1995 Du... [Lire la suite]
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11 octobre 2018

Sylvia Plath (1932 – 1963) : Wuthering Heights

Wuthering Heights   Les horizons m'encerclent comme des fagots Qui penchent, disparates, et pour toujours instables. Il suffirait d'une allumette pour qu'ils me réchauffent Et que leurs lignes fines Rougissent l'air Lestant le ciel pâle d'une couleur plus sûre, Avant que les lointains qu'elles fixent ne s'évaporent. Mais ils ne font que dissoudre et se dissoudre Comme une succession de promesses, à mesure que j'avance.   Nulle vie ne s'élève au-dessus de l'herbe Ou du cœur des moutons, et le vent Vient se... [Lire la suite]
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