05 avril 2020

Herberto Helder (1930 -2015) : Elégie multiple (1,3)

    Elégie multiple   1 Ta noble tête, comment se déferait-elle en moi, cette tour éblouie par la chaleur muette des jours, l’éclat du gel nocturne ? C’est par la tête que les morts merveilleusement pèsent sur notre cœur. Ces fleurs intangibles auxquelles nous tremblons de sourire, les armes ciselées, le tressaillement des lyres fléchies sur les fleuves impétueux des choses. Seul l’amour les ouvre, dévoilant leurs géographie confuse et grave, les sources sauvages d’où foisonnent les pensées comme... [Lire la suite]
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04 avril 2020

Marie – Noël (1983 – 1937) : Vision

  Vision   Quand j’approcherai de la fin du Temps, Quand plus vite qu’août ne boit les étangs, J’userai le fond de mes courts instants ;   Quand les écoutant se tarir, en vain J’en voudrai garder pour le lendemain, Sans que Dieu le sache, un seul dans ma main ;   Quand la terre ira se rétrécissant Et que mon chemin déjà finissant Courra sous mes pieds au dernier versant ;   Quand sans reculer pour gagner un pas, Quand sans m’arrêter ni quand je suis las, Ni dans mon sommeil,... [Lire la suite]
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03 avril 2020

Fernando Arrabal (1932 -) : Kétamine (heureux !)

  Kétamine (heureux !)   Avec quel vertige l’anesthésie, m’emporte vers le périple de l’hallucination. Je traverse des labyrinthes et des forêts exponentiels instantanément multipliés. Ou je rêve ?   Avec quel éclat des galaxies, des planètes du trapèze, et des tunnels du cerveau, s’élèvent jusqu’au ciel parmi les gouffres des abysses. Ou je rêve ?   Riant à chaudes larmes je n’ai pas le temps de tout voir, tout défile à trop grande vitesse entre des fleurs géantes ou des... [Lire la suite]
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02 avril 2020

Vladimir Vladimirovitch Maïakovski / Владимир Владимирович Маяковский (1894 - 1930) : La blouse du dandy / Кофта Фата

  La blouse du dandy   Dans le velours de ma voix je vais tailler mon pantalon noir. Une blouse jaune dans trois toises de midi. Par un Nevsky(*),  mondial, sa lisse patinoire, j’irai flâner du pas d’un Don Juan dandy.   Laissez crier la terre avachie de sommeil : « Tu t’en vas violer les printemps verdissants ! » Insolemment rieur je défie le soleil : « J’aime à me dandiner sur l’asphalte glissant »   Est-ce parce qu’il fait un ciel bleu ce matin, et que la... [Lire la suite]
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01 avril 2020

Marcela Delpastre (1925 – 1998) : « Entre toutes choses... » / « Entre tot... »

            Entre toutes choses je louerai la main. Cinq doigts. Le poing fermé, l’oiseau qui dort, la tête sous l’aile.      Cinq doigts. Le poing qui se déplie comme une aile, la feuille de mai. L’oiseau qui se réveille. La tête, les pattes, le bec. La main vivante. Je te louerai.      La main qui s’ouvre et s’étend vers l’arbre et vers le pain, vers l’ombre et le soleil, et la chaleur du feu.      La main qui est... [Lire la suite]
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31 mars 2020

Nizar Quabbani (1923 – 1998) / نـزار قـبـّانـي : « Quand je t’ai dit : / « Je t’aime »... »

  - 3 - Quand je t’ai dit : « Je t’aime » je savais... que je menais un coup d’Etat contre les coutumes de la tribu que je sonnais les cloches du scandale je voulais prendre le pouvoir pour rendre les forêts du monde plus feuillues les mers du monde plus bleues les enfants du monde plus innocents je voulais... mettre fin à l’ère de la barbarie et tuer le dernier Calife j’avais l’intention – quand je t’ai aimée – de briser les portes du harem de sauver les seins des femmes... des dents des... [Lire la suite]
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30 mars 2020

Eugène Guillevic (1907 – 1997) : Lyriques

  Lyriques   Lorsque nous entrerons Dans le temple désert A nous deux nous serons Le centre de ce lieu.   Et tout ce qui est là, Qui nous regardera, Voudra venir en aide Aux pauvres que nous sommes. * Tu m’es apparue Au fond de l’allée   Et ce fut comme si L’allée Devant toi s’inventait. * Je ne t’ai pas demandé Où nous allions.   Je savais que tu trouverais Ce pourquoi nous allons. * Je ne t’ai pas vue Devenir jacinthe   J’ai vu la jacinthe Vouloir t’égaler. * Je ne t’ai... [Lire la suite]
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29 mars 2020

Lorand Gaspar (1925 – 2019) : Amandiers

  Amandiers   Te faire surgir de la provenance du bond de l’effraction perdue du jaillir. Là tu te tiens dans les décombres du porche fraîcheur de sève, poignée d’écume – neige odorante dans la nuit du regard.       Que la joie est simple au bout du cheminement obscur ! Comme ces minces pellicules donnent corps à la lumière !   Regarde comme il fond ce peu de blanc tombé au fond de l’œil !   Les amandiers dans la nuit ! Ô les dents de clarté ! Pulsation... [Lire la suite]
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28 mars 2020

Yves Bergeret (1948 -) : Fleuve lent

  Fleuve lent   UNE PLUIE DORMANTE   Pluie louvière                 ces bramements de forêts perdues sous leur marais de brume            tels corps, œil bas                     corps          flétri en très lointaine côte   Pluie ... [Lire la suite]
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27 mars 2020

Jack Kerouac (1922 – 1969) : 96ème Chorus / 96th Chorus

Jack Kerouac par  Tom Palumbo vers 1956. 96ème Chorus   Je dégringolais la rue Sur mon tricycle, très vite, J’aurais pu continuer Et tomber dans la rivière. - Ou sur les rails de tramway Et être écrasé sur les pavés Et tout broyé ainsi plus tard J’aurais pas pu rêver De Lakeview Avenue, Et voir mon père mourir Si j’étais mort à 2 ans –           Mais j’ai vu mon père mourir           J’ai vu mon frère mourir ... [Lire la suite]
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