08 septembre 2021

Hélène Cadou (1922 – 2014) : Le bruit d’une grille

  Le bruit d’une grille...   Le bruit D’une grille   L’odeur Des salles   Les parois bleues De l’ombre   Mais le jardin Entre silence Et lumière   La dernière rose   Juste à l’instant Où dans l’allée S’éveillent Des gestes d’autrefois   Tout s’active Et ton pas Rejoint Le temps qui s’empresse   Sans usure Ni robe grise.   In, « Il fait un temps de poèmes » Textes rassemblés et présentés par Yvon Le Men Filigranes Editions, 22140 Trézélan,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

07 septembre 2021

Georges Ribemont – Dessaignes (1884 – 1974) : Sérénade à quelques faussaires

  Sérénade à quelques faussaires   Sous les couronnes de fer et de zinc, O constance mécanique et fureur des limites, Si l’inutile fleur de liberté se sèche pour mourir, Esclave des libérateurs automates, Hélas meurt la dernière ressource Et sur le cheval verte et fulgurant, On ne verra plus passer l’os dressé vers le ciel Avec ses lambeaux de charogne, Les doux platanes et les descentes de lit des campagnes, Les frais enfants de l’espoir, Les confitures de vertu, les grandes chandelles de papier Ont-ils... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 16:40 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :
06 septembre 2021

Adèle Nègre (1965 -) : Parler avec le sphinx (extraits)

Crédits photographiques : Bruno Guattari, éditeur   Parler avec le sphinx (extraits)   Le doigt montre la lune à portée d’œil j’explore les partis entre doigt et lune dans l’épreuve de leur distance dans l’épreuve de la durée et de l’étendue où je nais en regard     Tout s’accorde pourvu que j’aille en reconnaissance longue lente j’entends dans l’herbe merveille une avec profonde déférence toute la terre dessous et son fer est aussi dans mon sang       Ce qu’il y a d’animal... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
05 septembre 2021

Denise Le Dantec (1939 -) : Les fileuses d’étoupe (IV)

  Les fileuses d’étoupe (IV)   ------------------------------------------------------- C’était, je crois, l’heure de notre rencontre Sur les pics et les ravins couvant le feu   Couvrant tes paroles de poésie           plus rouge que les sentiers de mûres   Où naguère je m’en allais       L’espoir en ce temps de mûres était plus vif   Que le poulain des nuits de Beltaine enfui sous le futaies vertes   Plus dangereux aussi ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
04 septembre 2021

Iliazd / Ильязд (1894 – 1975) : « A l’automne... » / « Осенью... »

  A l’automne, le Soleil, pour l’étancher l’amour Offre aux collines la grappe bleu nuit du raisin. Le jus qui gicle, la terre mourante l’offre à boire à chaque fruit. Les tournesols, les poires sont mûres Les lourdes masses des melons remplissent les potagers. Une huppe au bord de la rivière. Cherche des scarabées. Dans la pénombre des pressoirs on se soûle à grands cris, on répand le vin jeune. Les cruches, les gourdes se vident sitôt remplies. Les bergers, des montagnes, ramènent les troupeaux dans la plaine. Les... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 septembre 2021

Kenneth White (1936 -) : Le testament d’Ovide

  Le testament d’Ovide   Sur les rives de la mer Noire premières années de notre ère   Et l’on m’a jeté sur la côte des Scythes...   au début j’ai eu du mal à m’y faire pensez un des écrivains les plus vues de Rome Publius Ovidius Naso ami d’Horace et de Properce membre de l’Académie seul parmi les barbares sur les rives brumeuses et froides de l’impossible mer Noire   j’ai craché ma colère : l’odeur des cochons et du varech offensait mes délicates narines – j’ai griffonné des... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 02:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

01 septembre 2021

Hervé Carn (1949 -) : Le bruit du galop (II)

  ------------------------------ Vive la brume dis-tu Dans l’après-midi uniforme A peine troué des cimes des arbres Car la brume est un linceul Amical délicat humide Des sueurs de l’amour Des travaux des champs Dans la présence de la caresse Et puis le temps abandonne Son pouvoir à l’atone embellie D’un vide protecteur Qui laisse les pleurs En suspens comme le rire On n’attend plus le soir Il est déjà là au coeur Du même enclos Des rêves et du trépas   Le vide muet appelle Une voix impossible Qui... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
01 septembre 2021

Edouard Glissant (1928 – 2011) : Saisons

    Saisons   GLOIRE   à Jacques Charpier          Les reines du nouvel azur lèvent de leur pays sans frein.        Fleuve des frondaisons, et chemin du matin,      De l’aube même, de l’azur, et hennissaient les bêtes,      J’ai vu que vous faisaient gloire et tristesse les vieux mots,      Et ce mirage cet embrasement,      Cavales maintenant très connues, et... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
31 août 2021

Dominique Sorrente (1953 -) : l’Apparent de lumière

  L’apparent de lumière   aux compagnons du temps de Bruges   I Ici tu viendras boire l’eau, ici la fontaine et sa pierre où les mots sont des soifs, noires et blanches lorsque tu parles.   Pierre du pélican. Une grâce y rougeoie, une plaine y descend et toi qui ne vois pas encore, oiseau enfant, oiseau malgré l’envol, tu fais une fronde pour que la mort se passe dans les mots.   Une ornière ici est la face de l’été   II Ne tends plus le bras, n’enferme plus la main, rassemble la... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
30 août 2021

Antonella Anedda (1958 -) : « Pour la nuit qui tombe trop tard... » / « Per la notte che cade troppo tardi... »

  A Ida Porena   Pour la nuit qui tombe trop tard pour le ciel qui révèle les crêtes : la montagne au milieu des sables, la ville austère dans la chaleur grise de l’été pour cette peur qui est due à la seule lumière, au cuivre de la casserole,  à la nourriture qui descendra dans le corps.   Il faudra comprendre la leçon du chagrin qu’un geste suffit à écarter le frisson que nous mettons chaque jour de côté sans savoir s’il annonce ou abrège le souffle d’autres vies.   A la fenêtre de la... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :