10 juin 2022

David – Herbert Lawrence (1885 – 1930) : Crépuscule / Twilight

  Crépuscule   L’ombre se lève de la terre           Et les hirondelles piquent dans la pâleur de l’ouest ; Du foin vient la clameur de la joie des enfants.           S’efface le vieux palimpseste.   La giroflée exude son parfum,           Une phalène bleu-lune volète alentour. Tout ce que le jour vulgaire signifiait ... [Lire la suite]
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09 juin 2022

Bachir Hadj Ali (1920 – 1991) : Naissance

  Naissance   A   alif     ا                 Armée du lire à l’impératif                                   L’épine vaccine l’abeille ... [Lire la suite]
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08 juin 2022

Ilarie Voronca (1903 – 1946) : Campagne

Portrait d'Ilarie Voronca par Max Hermann Maxy   Campagne   Cet horizon que le groin du cochon remue La boue a recouvert les vitres et les mains Le coq avec sa voix discordante qui mue Dans les tonneaux du vent et le ciel aigri du vin.   Et ces regards fermés, ces visages moroses Chacun traînant ses pieds pleins de terre et de deuils Quelle haine va donc de l’homme vers les choses Midi plante muet sa hache sur le seuil.   Peut-être a-t-on caché la vaisselle du rire Peut-être dans l’armoire y a-t-il... [Lire la suite]
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07 juin 2022

James Sacré (1939 -) : « Parfois l’âne arrive... »

  Parfois l’âne arrive Avec des mots sous ses sabots Comme de la poussière ou de la boue à cause De là d’où il vient et de par là où il est passé. Le poème qui n’attendait pas sa parole A pensé qu’il pourrait s’en saisir Mais brille-t-elle pas mieux la donnée Dans sa forme détachée Comme, je m’en souviens, la terre Des gros souliers de mon père secouée Au bout d’un champ ou bien Avant d’entrer dans la maison ? Le poème Si mal capable d’accepter Le vivant d’à côté.   On imagine en général Que l’âne... [Lire la suite]
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06 juin 2022

Heinrich Heine (1797 – 1856) : Questions / Fragen

  Questions   Au bord de la mer, la farouche, la mer nocturne, Un homme est là, un homme jeune, Le cœur plein de mélancolie, la tête tourmentée de doute, Et ses lèvres mornes interrogent les flots :   « Ô, dites-moi le secret de la vie, L’archaïque et cruelle énigme, Qui plongea tant d’esprits dans le guignon, De têtes à coiffe d’hiéroglyphes, A turban et barrette noire, Têtes emperruquées et mille autres Pauvres têtes d’humains transpirants – Dites-moi, que signifie l’homme ? D’où... [Lire la suite]
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05 juin 2022

Armand Robin (1912 -1961) : « Longtemps j’ai vécu de plantes... »

       Longtemps j’ai vécu de plantes, de couchants, de chevaux ; les camarades vents et ruisseaux me guidaient, je les suivais obscurément dans leurs légers voyages et parfois quelques notes de leurs chansons de route se posaient dans mon cœur, y mouraient en murmure presque muet ; tel un bruit qui le soir se détourne pour s’endormir dans le premier buisson qui s’obscurcit.      Soudain allègrement et douloureusement je me mis en quête d’un règne où plus aucune aide ne... [Lire la suite]
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04 juin 2022

Jacques Prevel (1915 – 1951) : « Que chaque parole... »

"Portrait de Jacques Marie Prevel", dessin d' Antonin Artaud, 1947 (Centre Pompidou, Paris)     Que chaque parole me soit comme un bruit de ressac Et qu’importe que mon sang coule et que je sois meurtri Je ne périrai pas si je ne fais pas un geste affolé Pour arrêter cette course située dans l’élargissement incandescent de la durée Je ne périrai pas Si ma voix ne s’élève que pour conjuguer le sarcasme avec ce vertige de me       reconnaître Et non pour demander que s’arrêtent cette mort... [Lire la suite]
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03 juin 2022

Jean-Pierre Duprey (1930 – 1959) : Qui dirait

      I. Qui dirait   DE DERRIERE LES LOUPS   Comme les loups hurlent la nuit resserre l’écrou, La terre s’arrête de tourner Pour que le ciel se mette debout. Ce soir, la terre est transparente Au soleil-deux, sang noir, vent glissant, Déployé dans le sens Du plus profond qui s’ouvre sur lui-même En ses tours de cent visages.   Visage de derrière les loups Où la nuit trépasse, passe Un bras d’épouvante. ... Lisse comme un miroir Où l’on se glace à la vague des yeux.   Le... [Lire la suite]
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02 juin 2022

Attila József (1905 – 1932) : Auprès du Danube / A Dunánál

  Auprès du Danube   I Assis sur le quai de pierre au bout du port, je regardais passer une écorce de pastèque en souffrance. A peine entendis-je, plongé en mon sort : la surface susurre, mais le fond garde le silence. Comme s’il s’était écoulé d’à même ce cœur, le Danube troublé s’avançait, sage en son abrupte grandeur.   Semblable au jeu des muscles de l’homme à l’œuvre, lorsqu’il lime, frappe, creuse ou pose du ciment, ainsi éclataient, se tendaient et se détendaient les manœuvres de chaque vague... [Lire la suite]
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01 juin 2022

Daniel Kay (1959 -) : L’atelier du peintre

Le Télégramme, 17 Octobre 2007   L’atelier du peintre (Toiles de Jean-Luc Bourel)   Comment l’espace donne-t-il du temps à ce regard qui s’épuise dans le bleu ? Comment retenir ce geste qui désigne dans le ciel un temps pour l’oiseau, celui qu’on sent à peine, perdu dans l’esquisse entre l’arc et la pointe, plus bleu encore avant de disparaître à jamais sous le voile froissé du soir qui vient.         Le mauve est comme la marée, il va et vient entre les pierres et sous la langue... [Lire la suite]
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