09 octobre 2020

José-Maria de Heredia (1842 – 1905) : Suivant Pétrarque

  Suivant Pétrarque     Vous sortiez de l'église et, d'un geste pieux, Vos nobles mains faisaient l'aumône au populaire, Et sous le porche obscur votre beauté si claire Aux pauvres éblouis montrait tout l'or des cieux.   Et je vous saluai d'un salut gracieux, Très humble, comme il sied à qui ne veut déplaire, Quand, tirant votre mante et d'un air de colère Vous détournant de moi, vous couvrîtes vos yeux.   Mais Amour qui commande au coeur le plus rebelle Ne voulut pas souffrir que,... [Lire la suite]
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08 octobre 2020

Jean-Joseph Rabéarivelo (1901 - 1937) : Danses

     Danses   Chuchotement de trois valiha,      son lointain d’un tambour en bois,      cinq violons pincés ensemble      et des flûtes bien perforées :       La femme-enfant avance avec cadence,      vêtue de bleu-double matin !      Elle a un lambe rose qui traîne,      et une rose sauvage dans les cheveux.       Est-ce une pousse d’herbe... [Lire la suite]
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07 octobre 2020

Auguste de Villiers de L’Isle-Adam (1838 – 1889) : Je m’envolerai

Je m’envolerai   Je m’envolerai dans les profondeurs !      Je fuirai la vie et ses lois moroses ! Et je cueillerai d’immortelles roses      Loin de vos hideurs.   Je m’élancerai vers vous, ô silences ! L’oubli loin d’ici m’attend, vaste mer,  - Pour mon cœur percé de vieux coups de lances      Plus rien n’est amer.   Je m’envolerai, moi l’oiseau sauvage, Vers tant de pays ignorés de tous, Car l’indifférence est le seul... [Lire la suite]
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06 octobre 2020

Rabindranath Tagore / রবীন্দ্রনাথ ঠাকুর (1861 – 1941) : Cygne (VII – XII)

  Cygne (VII – XII)   VII Tu savais bien, Saha Jehan, Empereur des Indes, Que vie jeunesse honneur richesse sont balayés par le Temps. Aussi tu t’efforças de faire que l’agonie de ton âme survécût aux gloires de      l’empereur. La force de diamant de ta souveraineté Peut disparaître comme l’éclat du couchant derrière le rideau du sommeil ; Un seul petit soupir de l’âme Etendra toujours sa couleur sur le ciel - car immense était le désir de ton cœur. Oui, la splendeur des gemmes et... [Lire la suite]
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05 octobre 2020

Pierre Torreilles (1921 – 2005) : « Je dis / La souveraineté des choses évidentes... »

  Je dis La souveraineté des choses évidentes Je dis Qu’entre le visage et le cœur, Mêlée d’ombre et dans la lumière, Git la naissance, avec la mort. Et je dis la limpidité Des choses de la mort Je dis l’éternité de l’évidence.   * Il semble que mon dire est déjà loin de moi Dans le temps éloigné comme déjà perdu Déjà presque effacé. A-t-il laissé qui soit visible Le lieu de son espacement ? Car il est là Le seul silence disponible.   Le temps non déroulé n’est donc pas perceptible Et j’ai vu... [Lire la suite]
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04 octobre 2020

Claudio Rodríguez (1934 -1999) : Etranger / Ajeno

  Etranger        Longue est la journée de qui n’aime pas et le sait. Il entend les accents durs et courts de son corps, sa chanson éraillé, sonnant toujours à lointain. Il ferme sa porte, la voilà bien fermée ; il sort et, pour un moment, ses genoux vont heurter le sol. Mais l’aube avec une dangereuse générosité, le rafraîchit et le redresse. Très claire est sa rue, il l’arpente d’un pied sombre, et il boîte aussitôt parce qu’il est accompagné de sa seule fatigue. Et il se voue à... [Lire la suite]
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03 octobre 2020

Emile Verhaeren (1855 – 1916) : Fleur fatale

  Fleur fatale   L'absurdité grandit comme une fleur fatale Dans le terreau des sens, des coeurs et des cerveaux ; En vain tonnent, là-bas, les prodiges nouveaux ; Nous, nous restons croupir dans la raison natale.   Je veux marcher vers la folie et ses soleils, Ses blancs soleils de lune au grand midi, bizarres, Et ses échos lointains, mordus de tintamarres Et d'aboiements et pleins de chiens vermeils.   Iles en fleurs, sur un lac de neige, nuage Où nichent des oiseaux sous les plumes de... [Lire la suite]
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02 octobre 2020

Gilles Baudry (1848-) : « Nos pas / seraient plus purs... »

  Nos pas seraient plus purs s’ils avaient la lenteur de la sève et notre sang battrait à l’unisson de la forêt   Si nous savions poser sur le monde un regard de pollen la vie comme l’été à l’épi serait propice au plus déshérité   Adossés à nous-mêmes l’été ne serait plus sans lendemain mais s’inscrirait déjà dans nos plus menus gestes   Chaque matin pourrait tenir les promesses de la première page.   Invisible ordinaire Editions Rougerie, 1995 Du même auteur :  « Du... [Lire la suite]
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01 octobre 2020

Vicente Huidobro (1893 – 1948) : Deux poèmes

Portrait de Vicente Huidobro par Picasso   Deux poèmes   1 Je garde en mes yeux La chaleur de tes larmes Les dernières Maintenant tu ne pourras pleurer Jamais plus   Par les chemins L’Automne vient Des doigts invisibles Arrachent toutes les feuilles Quelle fatigue ! Une pluie d’ailes Couvre la terre   2 La chambre déserte On sent s’en aller la lumière Les ombres sortent de sous les meubles Au loin les objets qu’on a perdus Se rient La nuit La chambre s’inonde Un cri Plein d’angoisse... [Lire la suite]
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29 septembre 2020

Anne-José Lemonnier (1958-) : « Le vent déchirent les feuilles mortes... »

  Le vent déchirent les feuilles mortes et les vagues déferlent remontent sur la plage emportant les pensées échouées sans suite sur le sable   Demeure la table l’appui fidèle du bois son passé d’arbres et de racines force taillée dans la patience et dans la gravité des forêts   Demeure le chat coquillage de sagesse enroulé sur la page blanche   Le vent déchire les années déchire aussi les déchirements de tout ce temps   La main d’aujourd’hui rature les mots douleur et joie et les... [Lire la suite]
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