30 juin 2019

Nakahara Chûya (1907 – 1937) / 中原 中也 : Sur le lac

  Sur le lac   Quand la lune soudain resplendira, Nous sortirons pour voguer sur les eaux. Le clapotis des vagues nous atteindra sans doute, Il y aura même un peu de vent, je crois.   Quand nous gagnerons le large il fera sombre sans doute. Et le son de l’eau gouttant le long des rames Nous l’entendrons, je crois, comme une chose très intime - Au milieu des blancs laissés par tes paroles.   La lune tendra l’oreille, sans doute, Peut-être même descendra-t-elle un peu, Et lorsque nous rapprocherons... [Lire la suite]
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29 juin 2019

Mérédith Le Dez (1973 -) : Souviens-moi

  Souviens-moi   I Souviens-moi à voix basse de l’ombre encore dans l’enclos et toujours souviens-moi les yeux mi-clos du jours dehors prêt à bondir   Oui   Souviens-moi inlassable de la clairière du poème   II Souviens-moi   Souviens-moi aux boucles des matins empoignés sans douceur souviens-moi du soleil tantôt levé tantôt couché comme d’une sueur de bête arquée sur la mer   Souviens-moi du silence de l’eau jugulée   III Souviens-moi   Souviens-moi ... [Lire la suite]
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28 juin 2019

Christian Bachelin (1933 -) : « Pourquoi nous émouvoir... »

  Pourquoi nous émouvoir d’un paysage d’oiseaux D’une alouette sonnant les matines du soir Simplement d’une abeille cognant sur la vitre Si déjà la rumeur ne réveille l’écho D’une autre nostalgie plus vaste que l’oubli Et nous qui sommes fous d’irréel de mystère Pourquoi nous éblouir seulement d’une pomme Toute ronde vêtue de clarté coutumière Comme si par le charme ultime d’un regard L’intemporel devait s’enraciner ici A l’ombre d’un seul jour au ciel d’un seul pays   Neige exterminatrice Editions Guy... [Lire la suite]
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27 juin 2019

Francesca-Yvonne Caroutch (1937-) : « Dormeurs enfouis sous la rivière... »

    Dormeurs enfouis sous la rivière enfants aux yeux rivés à l’envers des lueurs veilleurs ensorcelés sous l’aile du mirage nous sentons grandir entre nous des paysages impalpables Les dieux oubliés se consument dans le halo des marécages Nous épions le miracle égarés entre deux vents endormis entre les planètes aveugles les arbres sans mémoire   La Voie du cœur de verre Editions Saint-Germain-des-Prés, 1972
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26 juin 2019

Pierre Dhainaut (1935 - ) : Levées d’empreintes

  Levées d’empreintes   1. Inlassablement, et disant cela, on a beau détacher chaque syllabe afin de lui être présent, ce mot-là ou un autre, qu’importe, tous se ressemblent, on n’a pu faire un tri, on  recrée le bruit de ces blocs lorsqu’ils s’écroulent, un à un, des falaises, sans que l’on sache en différer la chute, la vague aussi avide en s’éloignant continue son travail de sape, continue de mêler silence, tumulte, on voit comme on entend, comme on respire, inlassablement donc, le resserrement de la... [Lire la suite]
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24 juin 2019

Mariem Mint Derwich (1964 - ) : Où sont les miens ?

  Où sont les miens ? (Aux pays perdus et à ceux qui les arpentent)     Où sont les miens dont je n’entends plus que des voix lointaines ? Où sont les miens ? Sont-ils dans le flanc des pirogues dans la trace sur le sable dans le vol silencieux d’un oiseau dans l’aube qui blanchit la porte de la nuit ? Où sont les miens les miens racines les miens maisons Où sont-ils les miens d’ici les miens d’ailleurs ? Je les suis, doigt hésitant, je soulève les pierres je plonge tout au... [Lire la suite]
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24 juin 2019

Vénus Khoury-Ghata (1937) : « Lorsqu’un arbre pleure toute sa sève... »

  Lorsqu’un arbre pleure toute sa sève qu’il se frappe l’aubier pour exprimer sa douleur qu’il se traîne à genoux autour de son écorce il faut lui parler le langage d’avril lui dire l’automne n’est qu’une invention.   Anthologie personnelle Actes Sud, 1997 De la même auteure : « Parce que leurs noms étaient trop larges… » (19/01/2016)
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23 juin 2019

Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832) : Présence de l’Aimé / Nähe des Geliebten

  Présence de l’Aimé   Je pense à toi quand l’éclat du soleil rayonne de la mer ; je pense à toi lorsque la lune se mire et tressaille à la source.   C’est toi qui viens, quand sur la route, là-bas se lève la poussière, et dans la nuit, quand le voyageur tremble sur la passerelle.   Ta voix chante pour moi au sourd murmure du flot qui monte ! au calme du bocage combien de fois j’épie quand tout se tait !   Je suis auprès de toi, aussi loin que tu sois, et tu es là ! -... [Lire la suite]
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22 juin 2019

Paul de Roux (1937 – 2016) : Les discrets

  Les discrets   Peut-être sont-ils dans l’ombre comme dans la lumière, il suffit d’aimer cette lézarde dans le mur, une graine y a volé dans la poussière et tu peux voir la plante inaccessible fleurir : les dieux couvent l’obscure germination, l’attention au petit est l’encens qu’ils agréent ; eux qui ne connaissent pas la distance de l’étoile à la haie s’endorment sur le calice d’une rose.   Le soleil dans l’œil Editions Gallimard, 1998 Du même auteur : Le corps rayonnant (22/06/2018)
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21 juin 2019

Yosa Buson / 与謝 蕪村: (1716 – 1783) : « Braises… »

  Braises sur le crottin – les fleurs du prunier rouge   Traduit du japonais par Corinne Atlan et Zéno Bianu In, « Haiku. Anthologie du poème court japonais » Editions Gallimard (Poésie), 2002 Du même auteur :  « Par ici, par là… » (21/06/2016) « Mes os mêmes… » (21/06/2017) Rien d’autre aujourd’hui... » (21/06/2018)
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