26 mars 2021

Rubén Darío (1867 – 1916) : Nocturne / Nocturno

  Nocturne   Vous qui avez ausculté le cœur de la nuit, et qui dans l’insomnie tenace avez entendu une porte se fermer, une voiture retentir au loin, un écho vague, un léger bruit...   Aux moments de mystérieux silence, quand les oubliés surgissent de leur prison, à l’heures des mort, à l’heure du repos, vous lirez mes vers d’amertume imprégnés ! ...   Comme en un vase en eux je verse la douleur de lointains souvenirs et de malheurs funestes ainsi que la triste nostalgie de mon âme, ivre de... [Lire la suite]
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24 mars 2021

Simonides de Kéos / Σιμωνίδης ὁ Κεῖος (556 – 467 avant J.C.) : Plaintes de Danaë

 Plaintes de Danaë   Sur la nacelle façonnée Souffle le vent, Et la vague l’emporte et la tient balancée. Pâle d’effroi est Danaë. Les larmes sur ses joues sans cesse vont coulant, Et de ses tendres mains elle entoure Persée, Elle lui dit : « O mon enfant, Que j’ai de peine !   Mais toi, tu dors, mais toi, calme et doux est ton cœur, Sur cette barque de douleur Rivetée par ses clous de bronze, Dans la ténèbre noire et parmi la nuit sombre. Ah ! de rien tu ne t’aperçois, Quand sur... [Lire la suite]
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24 mars 2021

Francis Combes (1953 -) : « Quand vient le jour de l’éclipse solaire... »

  Quand vient le jour de l’éclipse solaire, nous étions tous rassemblés dans la cour, regardant le ciel à travers des morceaux de verre fumé,   Une ombre passa sur le toit de l’école, sur les jardins, sur les maisons et sur la montagne,   Je me souviens de ce que me disait une femme, un autre jour et sous un autre ciel,   « Quand les bombardiers apparurent pour la première fois au-dessus de nos têtes, étincelant dans les nuages, nous fûmes un instant frappés par leur beauté. »   Nous... [Lire la suite]
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22 mars 2021

Louis Guillaume (1907 – 1971) : L’arbre des morts

 L’arbre des morts    L’arbre des morts part pour la haute mer ses feuilles sont poissons de métal souple ses fruits bateaux qui ne reviendront pas.   Les gisants d’ombre attachés au rivage : maisons, tombeaux, rochers , débarcadères soufflent dans son branchage un vent de pierre.   Sa chevelure fend le phosphore et les algues les étoiles filantes dérivent dans sa sève parmi tous les feux de la terre.   Il est le grand fleuve de lave le serpent d’or au sein des lames il est l’éclair... [Lire la suite]
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22 mars 2021

Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859) : La fileuse

La fileuse   Le ciel est haut, la lune est rouge et pleine ; Le tisserand chante à manquer d’haleine ; La terre tourne et travaille tout bas ; Et mon fuseau pourtant ne tourne pas !           Mon lin se casse,           Ma main est lasse ;           Sans toi soleil,           J’ai tant sommeil !   De... [Lire la suite]
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21 mars 2021

André Chénier (1762 – 1794) : « Salut, ô belle nuit... »

  Salut, ô belle nuit, étincelante et sombre, Consacrée au repos. Ô silence de l’ombre, Qui n’entends que la voix de mes vers, et les cris De la rive aréneuse où se brise Téthys. Muse, muse nocturne, apporte-moi ma lyre. Comme un fier météore, en ton brûlant délire, Lance-toi dans l’espace ; et, pour franchir les airs, Prends les ailes des vents, les ailes des éclairs, Les bonds de la comète aux longs cheveux de flamme. Mes vers impatients, élancés de mon âme, Veulent parler aux dieux, et volent où reluit ... [Lire la suite]
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20 mars 2021

Charles d’Orléans (1394 – 1465) : « Quand je fus pris au pavillon... »

  Quand je fus pris au pavillon (*)             (*) piège pour oiseau De ma dame très gente et belle, Je me brûlai à la chandelle Ainsi que fait le papillon.   Je rougis comme vermillon, Aussi flambant qu’une étincelle, Quand je fus pris au pavillon De ma dame très gente et belle.   Si j’eusse été émerillon (*)                       ... [Lire la suite]
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19 mars 2021

André Markowicz (1960 -) : « Laisse ton adresse... »

  Laisse ton adresse, dit en rêve, dans le train de nuit où tu somnoles, l’ombre qui se fond, tournant le buste en parlant, si bien que ce qui sonne te parvient issu non de sa bouche mais du glissement de son absence vers une autre image et si, le pauvre, tu te dis qu’il s’est ouvert les veines loin, en Italie, sans que tu saches ni pourquoi ni quand, par la brûlure que tu sens soudain au poignet gauche, outre la douleur fantôme, reste cette voix autour lointaine et proche qui te sort déjà d’une autre scène, de... [Lire la suite]
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18 mars 2021

Langston Hughes (1902 – 1967) : Le Blues Inconsolable / The weary Blues

Le Blues Inconsolable   Fredonnant syncopé un air nonchalant Il chantait un air doux en se balaçant d’arrière en avant                       J’l’écoutais jouer, le Nègre En descendant la Lenox avenue l’autre nuit Sous la pâleur terne blafarde d’un vieux bec de gaz                       Il s’balançait... [Lire la suite]
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17 mars 2021

Eustache Deschamps (1346 – 1406) : Virelai sur la tristesse du temps présent

  Virelai sur la tristesse du temps présent   Je ne voie ami n’amie Ni personne qui bien die ; Toute liesse défaut, Tous cœurs ont pris par assaut Tristesse et mélancolie.   Aujourd’hui n’est âme lie, On ne chante n’esbanie (*),                 (*) ni se distrait                      Chacun cuide (*) avoir... [Lire la suite]
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