27 décembre 2018

Louis Brauquier (1900 – 1976) : La mer mauvaise

  La mer mauvaise   J’aime entendre la pluie tomber sur la campagne, Le tonnerre lointain, le silence mouillé.     J’aime entendre la nuit vivre endormie ;                                                            ... [Lire la suite]
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26 décembre 2018

Claude Roy (1915 – 1997) : « Jamais jamais je ne pourrai... »

  Jamais jamais je ne pourrai dormir tranquille aussi longtemps que d’autres n’auront pas le sommeil et l’abri ni jamais vivre de bon coeur tant qu’il faudra que d’autres meurent qui ne savent pas pourquoi J’ai mal au coeur mal à la terre mal au présent Le poète n’est pas celui qui dit Je n’y suis pour personne Le poète dit J’y suis pour tout le monde Ne frappez pas avant d’entrer Vous êtes déjà là Qui vous frappe me frappe J’en vois de toutes les couleurs J’y suis pour tout le monde     ... [Lire la suite]
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25 décembre 2018

Edmond Humeau (1907 – 1998) : Prière pour délier les sources d’oraison

  Prière pour délier les sources d’oraison     Petite source que tu saignes au ventre de la colline   O ma source qui te mire à l’envers des pierres où la veine fuit dans le creux des      arbres   Toi la source qui gronde en tes bouillons de grottes à faire chanter les orgues   Petite source au caprice des argiles qui te dévorent en leur porosité   Je t’appelle à délivrer la terre meulière   Par la vertu des coudriers qui mentent comme ils tremblent de... [Lire la suite]
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24 décembre 2018

Jean-Guy Pilon (1930 -) : Recours au pays

Recours au pays     I Parler comme si les très grandes voiles du matin ne devaient jamais disparaître.      Ni les lumières qui abolissent les horizons, ni la pluie, ni les arbres, ni la      nuit, ni rien.    Parler pour vivre, pour ouvrir les yeux et aimer. Pour retrouver le village de sa      naissance, enfoui quelque part sous la neige sans mémoire.   Parler pour ne plus attendre demain, ni les mois à venir, mais parce qu'il faut... [Lire la suite]
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23 décembre 2018

Saadi Youssef (1934 -) / سعدي يوسف : Alllégeance

  Allégeance   D’un pays à l’autre tu tourneras D’une femme à l’autre tu fuiras d’un désert à l’autre Mais le fil tendu du cerf-volant restera le fil attaché au palmier d’où ton premier  avion s’est envolé...     Traduit de l’arabe par Abdellatif Laâbi et Jabbar Yassin Hussin in, « Loin du premier ciel » Actes Sud / Sindbad, 1999  
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22 décembre 2018

André de Richaud (1909 – 1968) : Testament

  Testament   Autrefois j'aurais voulu être le dernier oiseau du dernier platane La première lueur du matin sur l'aile d'un olivier L'orange de midi, bien pendue sur ses feuillages de parfum Et ce nuage qui joue autour du phare J'aurais voulu être une phrase coupée au raz d'un poème Découvert par une jeune fille aux cils de pavot Au bord d'un grenier de Provence Mais maintenant Mon dernier désir est que mon souvenir brûle Les pierres où il est gravé Ici et là au petit vol de mes voyages Les sables... [Lire la suite]
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21 décembre 2018

Marc – Antoine Girard de Saint – Amant (1594-1651) : Le paresseux

Le paresseux   Accablé de paresse et de mélancolie, Je rêve dans un lit où je suis fagoté Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté, Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.   Là, sans me soucier des guerres d'Italie, Du comte Palatin, ni de sa royauté, Je consacre un bel hymne à cette oisiveté Où mon âme en langueur est comme ensevelie.     Je trouve ce plaisir si doux et si charmant, Que je crois que les biens me viendront en dormant, Puisque je vois déjà s'en enfler ma bedaine, ... [Lire la suite]
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20 décembre 2018

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : A se stesso

    A se stesso   Or à jamais tu sommeilles, si harassé, mon cœur. L’ultime mirage s’est éteint, qui me faisait croire éternel. Mort. Je le sens bien, même les rêves les plus chers, y compris l’espoir, se sont fanés. Repose pour toujours. Toi qui a tant palpité. D’aucuns soupirs n’est digne la terre, ni ne mérite tes ardeurs. Rien qu’amertume et ennui, la vie ; et le monde n’est que boue. Sois en paix désormais. Désespère en cet instant ultime. A notre espèce le sort n’a offert que le mourir.... [Lire la suite]
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19 décembre 2018

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : Village / Pueblo

Village   Sur la colline pelée, un chemin de croix, de l’eau claire et des oliviers centenaires.   Dans les ruelles, des hommes au visage caché. Et sur les clochers, des girouettes qui tournent.   Qui tournent éternellement. O village perdu dans une Andalousie de larmes.   Traduit de l’espagnol par Jacinto- Luis Guereña in « Anthologie bilingue de la poésie espagnole contemporaine » Gérard & C° (Marabout Université), Verviers (Belgique), 1969 Du même auteur : La... [Lire la suite]
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18 décembre 2018

Czesław Miłosz (1911 – 2004) : A Allen Ginsberg / Do Allena Ginsberga

  A Allen Ginsberg     Allen, mon cher, mon grand poète d’un siècle meurtrier, toi qui t’obstinant dans ta folie es arrivé à la sagesse. Je t’avoue que ma vie n’a pas été telle que je l’aurais souhaitée.   Et maintenant qu’elle est passée, elle reste là comme un pneu inutile au bord de la route.   Elle était comme la vie de millions d’hommes, contre laquelle tu te révoltais au nom de la poésie et de Dieu tout-puissant.   Soumise aux bonnes mœurs, avec la conscience que ces mœurs... [Lire la suite]
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