23 mars 2019

Pierre Mac Orlan (1882 – 1970) : « Tel était Paris... »

  Tel était Paris avec sa grande tour où, chaque nuit, crépite la chevelure bleue          de la T.S.F. et ses étincelles qui laissent sur le mur de la nuit des traces d’allumettes chimiques ; avec ses vieux meubles en pierre de taille, ses parapets où les suicidés bleus et roses font des rétablissements sur les poignets et ratent leurs numéros ; avec son grand cirque où le public descend sur la piste, où les femmes, folles de l’odeur des chevaux, jaillissent du Moulin... [Lire la suite]
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22 mars 2019

Anjela Duval (1905 – 1981) : Papillon et abeille / Balafenn ha Gwenanenn

  Papillon et abeille   - S’il fait beau Dit le papillon volage S’il fait beau Je battrai bientôt la campagne. - Et moi, dit l’abeille Au papillon écervelé Je me mettrai au travail           S’il fait beau.   Juin 1967   Traduit du breton par Paol Keineg De la même autrice : Poèmes de jour, poèmes de nuit / Barzhonegoù noz, barzhonegoù deiz (01/06/2014) La feuille / An delienn (22/03/2017) Dans le bois / Er c’hoad (21/03/2018)   Balafenn ha... [Lire la suite]
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21 mars 2019

Clément Marot (1465 – 1544) : D’Anne qui lui jeta de la neige

  D’Anne qui lui jeta de la neige          Anne par jeu me jeta de la neige, Que je cuidais (*) froide certainement :              (*) je croyais Mais c’était feu, l’expérience en ai-je, Car embrasé je fus soudainement      Puisque le feu loge secrètement Dedans la neige, où trouverais-je place Pour n’ardre (*) point ? Anne ta seule grâce     (*)... [Lire la suite]
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20 mars 2019

Charles d’Orléans (1394 – 1465) : « Quand Souvenir ... »

  Quand Souvenir me ramentait (*)                    (*) me rappelait La grand beauté dont était pleine,  Celle que mon coeur appelait  Sa seule Dame souveraine,  De tous biens la vraie fontaine,  Qui est morte nouvellement, Je dis, en pleurant tendrement : ... [Lire la suite]
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19 mars 2019

André Markowicz (1960 -) : Trois aubes

  Trois aubes   I. Chanson   Tissus de l’amour-dieu      la « feuille jaunissante » et l’élan vers le rien au jour le jour, et le grand ire au cœur de la grièche et la peau grivelée                     de nos soucis de l’un pour l’autre sous la canicule, j’ai fermé les yeux      pour vous, dès lors dans notre enceinte, il dit il ne dit pas, et si j’épouse... [Lire la suite]
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18 mars 2019

Vassili Joukovski / Василий Андреевич Жуковский (1783 – 1852) : A K.M.S.

  A K.M. S. (*)   De nos plaisirs passés nous avons vu la fin, Mais pour le cœur en deuil, le deuil même est un baume. Quoi ? Tout n’est donc qu’un rêve et nos pleurs seraient vains ? Et notre pauvre vie ne serait qu’un fantôme ? Qu’un chemin tortueux pour mener au néant ? Non, c’est le désespoir qui n’est qu’errance vaine. Je sais un havre sûr, une rive sereine Où tout notre passé nous adviendra vivant ; Cette invisible Main qui protège nos têtes Par des chemins divers dans une seule... [Lire la suite]
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17 mars 2019

Charles Cros (1842 – 1888) : A des amants

  A des amants     Aimez-vous, soyez beaux, puisque vous le pouvez,                               Malgré les haines. Oubliez, entre deux baisers, les réprouvés,                               Les morts prochaines.   ... [Lire la suite]
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16 mars 2019

Christine de Pisan (1361 – 1430 ?) : « Apprenez-moi, doux ami... »

  Apprenez-moi, doux ami, S’il est vrai ce que j’ois dire, Que d’ici la Saint Remy Devait aller en l’Empire, En Allemagne bien loin Demeurer, comme j’entends, Quatre mois ou trois du moins ? Hélas ! que j’aurai mautemps !   Ne pourrait jour ni demi Sans vous voir rien me suffire Et quand vous serez de mi Eloigné, quel dur martyre ! De mourir me fut besoin Mieux que le mal que j’attends ; Ronger me faudra mon frein. Hélas ! que j’aurai mautemps !   Mon cour partira... [Lire la suite]
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15 mars 2019

Jean – Paul Guibbert (1942 -) : « Nous avancions... »

  Nous avancions, la parque noire nous guidait entre les sites pauvres des images, passée la grille qui fut fermée derrière nous comme au soir, sur les demeures larges de la mort.   L’ombre que nous jetions est fidèle et fragile et cet intime espoir éclaire notre marche.   Ici sur le linteau, la place d’une main dont les gestes ont tracé le salut, le signe sobre de l’adieu.   Nous passerons ainsi du temple de la voix au temple du silence et rien jamais plus ne pourra briser l’idée errante qui... [Lire la suite]
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14 mars 2019

Yaïr Hurwitz (1941 – 1988) / יאיר הורביץ : « L’image du malheur à ma fenêtre... »

  L’image du malheur à ma fenêtre. Aussi quand je sors, l’image m’accompagne. Je m’imagine en arbre. Il me plaît de ressembler à un arbre grandissant qui fait pousser des feuilles, donne des fruits qui accomplissent la promesse de la terre. Mais à vrai dire je ressemble plutôt à un champ qui, à l’heure du désir se remplit de fleurs, et quand une pensée le croise comme un vent passager, les arbres approfondissent les racines jusqu’aux bas-fonds .Et entre nous soit dit, quand l’image du malheur est à ma... [Lire la suite]
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