04 octobre 2017

Said Akl / سعيد عقل (1912 -2014) : Nahayar

  Nahayar   Au plus suave du parfum, plus parée Que la séduction, plus que le jour à sa pointe, Elle fut. La beauté fut. Branches épanouies soudain, Arpège d’une écharpe au coulant de la taille, Son nom est fruit du jasmin. O papillon, papillon, calme tes ailes ! Naya est fille de l’esprit. Quelle orgueilleuse étincelle L’a proférée pour l’humiliation du soleil ! Plénière, la voici. Colline de roses, sa hanche ? Colline d’épées nues ? Furtive, elle a touché sa hanche, pas longtemps De peur... [Lire la suite]
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04 octobre 2017

Kalina Kovatcheva (1943 - ) : Courrier

  Courrier   Un jour je vais écrire une lettre A mes parents décédés, Mais il va falloir La leur porter moi-même.   Traduit du bulgare par Anélia Véléva Revue « Hopala, N° 21, novembre 2005- février 2006 » 29800 Landerneau Du même auteur : La porte (04/10/2014)
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03 octobre 2017

Jacques Josse (1953 -) : « Dès l’aube, la brume… »

            Dès l’aube, la brume cherche un éclat de vie dans les yeux des ramasseurs de pommes de terre. *      Le braconnier n’ose plus bouger. Il est persuadé que la brume a changé de place à ses collets. *      Des fois la brume s’absente pour une urgence à 2000 mètres au-dessus de nos têtes. On ne la voit plus mais on la devine au travail, tissant sans relâche des coussins doux pour les avions de La Pan Am ou de la Luftansa. * ... [Lire la suite]
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02 octobre 2017

André-Ferdinand Hérold (1865 - 1940) : « Sur la terre il tombe de la neige… »

  Sur la terre il tombe de la neige, Sur la terre il tombe de l’ombre.   Où sont allées les feuilles sèches ? Même les feuilles sèches sont mortes, Et maintenant de la neige et de l’ombre tombent.   On dirait de mauvais anges qui heurtent Les marteaux rouillés contre les portes, Des anges qui nous tuent de souffrances très lentes.   Et, à l’horizon, les tristes nues, traînantes…   Les maisons sont closes comme des tombes sombres, Et, partout, c’est de la neige et de l’ombre qui tombent. ... [Lire la suite]
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01 octobre 2017

Vicente Huidobro (1893 - 1948) : La matelotte

  La matelotte   Matelot conduisant les vagues au port d’été A chaque pas de chaleur la lune nous gifle Et la mer se défait Agitée par le vent des pêcheurs qui sifflent                L’océan est vert de tant d’espoir noyé   Les bateaux traînent les vagues jusqu’à toucher le ciel Ils vont charger l’aurore éventuelle Tels que les escarpins ils aiment l’horizon L’horizon en arc raide pour la chanson et pour la flèche Chemin de la colombe... [Lire la suite]
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29 septembre 2017

Léon – Gontran Damas (1912 - 1978) : Savoir-vivre

  Savoir-vivre   On ne bâille pas chez moi comme ils bâillent chez eux avec la main sur la bouche je veux bailler sans tralalas le corps recroquevillé dans les parfums qui tourmentent la vie que je me suis faite de leur museau de chien d’hiver de leur soleil qui ne pourrait pas même tiédir l’eau de coco qui faisait glouglou dans mon ventre au réveil   Laissez moi bâiller la main là sur le cœur à l’obsession de tout ce à quoi j’ai en un jour donné le dos.   Pigments G.L.M. éditeur, 1937 Du... [Lire la suite]
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28 septembre 2017

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) : L’Azur

  L'azur     De l'éternel Azur la sereine ironie Accable, belle indolemment comme les fleurs, Le poète impuissant qui maudit son génie A travers un désert stérile de Douleurs. Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde Avec l'intensité d'un remords atterrant, Mon âme vide. Où fuir ? Et quelle nuit hagarde Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ?   Brouillards, montez ! versez vos cendres monotones Avec de longs haillons de brume dans les cieux Que noiera le marais livide des automnes, ... [Lire la suite]
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26 septembre 2017

Lucie Thésée (? - ?) : Beau comme…

Beau comme…        Beau comme une haute vague écumante jaillissant dans un globe de cristal.      Beau comme un léger souffle dans le tulle de la vie.      Beau comme un pleur à la pointe d’un jour radieux sur in visage parfaitement immobile.       Beau comme la flamme.      Beau comme un immense ciel insondable percé d’une étoile de dernière grandeur.           Mais... [Lire la suite]
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26 septembre 2017

Ossip Emilievitch Mandelstam / О́сип Эми́льевич Мандельшта́м 1892 -1938 : Le coquillage

    Le coquillage   Suis-je inutile et hors d’usage, Nuit ? Du gouffre de l’univers, Sans perle, un simple coquillage Jeté sur le bord de la mer ?   La vague écume sous ta brise, Ton chant est sauvage et lointain, Mais tu l’aimes, ô nuit exquise, Ce coquillage étrange et vain.   Le couvrant d’un manteau d’étoiles, Près de lui sur le sable d’or, Tu le berces pendant qu’il dort Du bruit houleux de la rafale.   Maison d’un cœur sans habitants, Ce coquillage aux murs fragiles, ... [Lire la suite]
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25 septembre 2017

Amir Gilboa / אמיר גלבע (1917 – 1984) : « Aux jours très anciens… »

  Aux jours très anciens   Aux jours très anciens tout était soleil tout était montagne et la vallée était au creux de la montagne tout était vallée et la montagne se cachait en elle.   Mais quand les dieux puissants et lointains ont répandu leur semence pour engendrer la terre les étoiles lointaines dans les cieux ont vu naître une légende de tristesse et leur face s’est obscurcie tout lentement et leurs yeux se sont remplis de larmes   et les pluies ont commencé.   Traduit de l’hébreu... [Lire la suite]
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