24 juillet 2016

Jacques Roumain (1907 – 1944) : Nouveau sermon nègre

      Nouveau sermon nègre A Tristan Rémy   Ils ont craché à Sa Face leur mépris glacé  Comme un drapeau noir flotte au vent battu par la neige  Pour faire de lui le pauvre nègre le dieu des puissants  De ses haillons des ornements d'autel  De son doux chant de misère  De sa plainte tremblante de banjo  Le tumulte orgueilleux de l'orgue  De ses bras qui halaient les lourds chalands  sur le fleuve Jourdain  L'arme de ceux qui frappent par l'épée  De... [Lire la suite]
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17 juillet 2016

Avrom Sutzkever (1913 - 2010) / אַבֿרהם סוצקעווער : Paysage de fin de nuit

  Paysage de fin de nuit   La lune chevauche un chameau de granit bossu. Ecoute : Des frémissements traversent la terre Comme des nuées. Un éclair aux cornes violettes Plonge dans la mer, allumant La courbure d’une vague. Mais la lune méfiante regarde Comme un vieux fossoyeur qui voit un nouveau-né.   Traduit du yiddish par Charles Dobzynski Anthologie de la poésie yiddish, Le miroir d’un peuple, Éditions Gallimard, 2000. Du même auteur : Les juifs gelés (13/08/2014) Dans la hutte... [Lire la suite]
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16 juillet 2016

Matsuo Bashō / 松尾 芭蕉 (1644 – 1694) : « Elles vont mourir… »

  Elles vont mourir pourtant pas le moindre signe le cri des cigales   Traduit du japonais par  Joan Titus-Carmel In, Basho : « Cent-onze haïku » Editions Verdier, 1998 Du même auteur :  « Départ du printemps… » / 行春や鳥啼魚の目は泪 (11/08/2014) « Usé par le temps… » (23/07/2017)  
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15 juillet 2016

Walid Khaznadar وليد خازندار/ ( - 1950) : Absence

    Sa chambre est vide : Un siège de cuir noir à droite Un siège de cuir noir à gauche Un tricot vert et noir, fatigué, éperdu d’amour, Posé sur le rebord en marbre de la fenêtre   Rien : sa chambre vide. Pas de vent, pas le moindre bruit Les violettes se réfugient dans le mur Et derrière la vitre les nuages S’enfoncent dans l’azur impénétrable.   Soudain … Un bruit étouffé et doux dans le corridor Soudain… Son absence ardente et profonde Emplit la chambre.   Traduit de l’arabe... [Lire la suite]
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14 juillet 2016

Jean-Pierre Siméon (1950 - ) : « Rien n’est plus beau… »

      Rien n’est plus beau qu’un amour qui ne se croit pas immortel qui a la souple respiration du voilier endormant la vague prodige oui mais qui se sait tributaire d’un vent si incertain qu’il voudrait d’un seul déploiement de son erre boire toute une nuit d’étoiles et de lune pleine   Un amour comme une joie d’enfance grandie de sa fin trop proche et qui se tient timide au faîte de l’instant   nid d’hirondelle dans le noir ah ce n’est pas cela un amour de légende qui se targue... [Lire la suite]
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13 juillet 2016

Léopold Sédar Senghor (1906 – 2001) : Ndessé.

    Ndessé. (1)   Mère, on m’écrit que tu blanchis comme la brousse à l’extrême    hivernage Et je devrais être ta fête, la fête gymnique des moissons Ta saison belle avec sept fois neuf années sans nuages et les greniers    pleins à craquer de fin mil Ton champion, Kor-Sanou ! Tel le palmier de Katamague Il domine tous ses rivaux de sa tête au mouvant panache d’argent Et les cheveux des femmes s’agitent sur leurs épaules, et les cœurs des    vierges dans le tumulte de... [Lire la suite]
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12 juillet 2016

Jacques Prévert (1900 -1977) : Les enfants qui s’aiment

    Les enfants qui s’aiment     Les enfants qui s’aiment s’embrassent debout Contre les portes de la nuit Et les passants qui passent les désignent du doigt Mais les enfants qui s’aiment Ne sont là pour personne Et c’est seulement leur ombre Qui tremble dans la nuit Excitant la rage des passants Leur rage leur mépris leurs rires et leur envie Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit Bien plus haut que le jour Dans l’éblouissante clarté de... [Lire la suite]
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11 juillet 2016

Issa Makhlouf (1955- ) / عيسى مخلوف : « On tue pour manger… »

         On tue pour manger. On chasse l’oiseau dans son ciel et le poisson dans ses mers. L’animal on l’égorge et on déracine l’herbe.      Quelqu’un dans l’ombre nous tue et nous mange.   Traduit de l’arabe par Nabil el-Hazan, Mirage, Editions José Corti, 2004 *   Sous nos yeux le noyé appelle au secours. Et nous, derrière la vitre, nous lui faisons signe de la main et sourions.   Traduit de l’arabe par Abdellatif Laâbi Lettre aux deux sœurs ... [Lire la suite]
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10 juillet 2016

José Manuel Caballero Bonald (1926 - ) : Ma prophétie, c’est ma mémoire / Mi propia profecía es mi memoria

  Ma prophétie, c’est ma mémoire   Je reviens dans la chambre où je suis seul chaque nuit, entrepôt des jours qui ont sombré dans leur miroir irréparable. Là, parmi les témoignages ligotés, ma vie gît, immobile, avec ses papiers au destin instable.                                 Le bois, le tremblé de la lampe, le cristal visionnaire, les fragiles ... [Lire la suite]
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09 juillet 2016

Gilles Baudry (1948 - ) : Le poète et son double

  Le poète et son double   - 1 – Je crois que j’entrevois   Qui parle ainsi à son insu peut-être jamais moins seul qu’en votre compagnie ? Il est ici mais ses yeux sont lointains      Vous avez beau scruter il n’y a rien à la fenêtre qui se signe qu’un peu de buée qu’une promesse tenue en haleine      Le cœur hésite à faire quelques pas et dans la nuit si longue à se dévêtir une lampe bourgeonne      La lumière est ici l’autre nom... [Lire la suite]
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