13 décembre 2017

Jean-Pierre Duprey (1930 – 1959) : Où que j’erre

  Où que j’erre   Sortir de la mort, sortir de la pluie, sortir du pays, Sortir du pays, sortir de son pain, sortir de l'ennui, Sortir du toujours, sortir du jamais, sortir du pays, Il y a là-dedans quelque chose qui ne me revient pas, Quelque chose qui me ronge et me découpe. Ah sortir de sa boue, Et sortir de sa nuit et de la nuit des autres, Sortir de sa chance et de sa mauvaise chance, De l'amer et de l'aigu, de la mer et de la terre, Sortir de ce pays qui m'assèche, Ce pays qui me pousse dans le... [Lire la suite]
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11 décembre 2017

Gilberte H. Dallas (1918-1960) : « J’ai plongé mon avide soif… »

  O        J’ai plongé mon avide soif dans l’algue de ton corps sur l’enclume reposé, splendide charogne, trésor des Galapagos j’ai plongé mes mains dans tes entrailles en ai retiré  la robe de pierres de la Dame Noire, pierres d’herbes, d’eau et de ciel, pierres de fils et de soleil.      J’ai plongé mes mains dans ton ventre, en ai retiré le cheval de bois blanc comme un astre, avec son harnais de tulipe.      J’ai plongé mes mains et mon visage... [Lire la suite]
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11 décembre 2017

Hubert Juin (1926 – 1987) : « Où sont les appels de la lumière… »

  Où sont les appels de la lumière Où les flammes lisses de jour d‘été dans son habit d’eau courante Et les marchés au village le vendredi parmi les rires les marronniers étendus à l’aise dans l’or noir du théâtre lorsque se levait narquoise la toile peinte c’était l’aube encore et elle la servante haussait sa nudité à la fenêtre espérant un regard un oiseau de chair comme l’enfant qui voit son sexe se gonfler lorsque le lave la servante aux doigts bleus L’orchestre n’en finissait pas de crisser de geindre de peigner... [Lire la suite]
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10 décembre 2017

Roland Dubillard (1923 – 2011) : Si le bruit recommence

  Si le bruit recommence Si le bruit recommence à prendre mon oreille comme un arbre sa pomme; Si je ne suis plus moi-même au volant des vagues pour conduire la mer où la mer serait mieux; Si j’ai des horizons qui m’entrent dans les yeux, un cri pour ne toucher que le tympan des morts; Si un rien m’étrangle, et encore! sans gorge pour les doigts de l’oubli fouillant la mémoire comme une veste son armoire; Si cela recommence et si cela se réinstalle et si je dois signer ma propre figure et me scier ma scie comme... [Lire la suite]
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08 décembre 2017

Jean-Pierre Schlunegger (1925 – 1964) : Quand je me trouve seul

Retour (09/12/2018)     Quand je me trouve seul   Quand je me trouve seul, comme au temps de misère, Quand je fais le café pour le repas du soir, Quand tu me laisses pour un jour à mes pensées, Il me semble toujours que je ne pourrais plus, Jamais plus vivre encor ces nuits tissées de brume Où je sombrais ainsi qu’un arbre dans la mer. Douce comme le pain et le vin sur la table, Je n’avais pas encore cette chaleur en moi, Ni tes mains sur mes yeux, ni ces mots dits par toi, Vivants et anciens, ces mots... [Lire la suite]
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08 décembre 2017

Charles Juliet (1934 -) : Pourquoi écrire

  Pourquoi écrire   Écrire. Écrire pour obéir au besoin que j'en ai.   Écrire pour apprendre à écrire. Apprendre à parler.   Écrire pour ne plus avoir peur.   Écrire pour ne pas vivre dans l'ignorance.   Écrire pour panser mes blessures. Ne pas rester prisonnier de ce qui a fracturé      mon enfance.   Écrire pour me parcourir, me découvrir. Me révéler à moi-même.   Écrire pour déraciner la haine de soi. Apprendre à m'aimer.   Écrire pour surmonter... [Lire la suite]
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07 décembre 2017

Alain Jégou (1948 – 2013) : « marcher sur des chemins provisoires… »

  à Armande   marcher sur des chemins provisoires pavés de coquillages brisés de gamberges inabordées parce qu’inabordables lasse le gris froid qui plisse entre les lèvres et la morsure du silence comme sable où le sang s’infiltre négligemment un jour est nécessaire d’amour des mots qui portent les yeux à l’ébloui de l’autre des errances qui s’improvisent sous les caresses de l’autre et tous deux d’étreintes à pleins corps ébahis pour des étés à se lécher le cœur alors qui comme nous demeurent sur cette... [Lire la suite]
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06 décembre 2017

Maurice Roche (1924 – 1997) : « Je suis un malade, … »

  Je    suis   un   malade,   mon   père   le sait.             Il   fait   nuit   et j’ ... [Lire la suite]
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05 décembre 2017

Jacques Roubaud (1932 -) : Un jour de juin

  Un jour de juin   d’après un épithalame de Georges Pérec   Le ciel est bleu ou le sera bientôt Le soleil cille au-dessus de l’île de la Cité La terre entière écoute les sonates du Rosaire de Heinrich Biber  L’encre et l’image se retrouvent solidaires et alliées Comme l’oubli et la trace Au début des années obéissantes Et le jais noir de la toute jeunesse           et la turquoise bleue de l’être-adulte Et l’abalone jaune du néant qui ne se conçoit... [Lire la suite]
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04 décembre 2017

Antonio Gamoneda (1931 -) : « Vois / la fugacité sylvestre… »

  Pour le peintre Alejandro Vargas   Vois la fugacité sylvestre. Ses ramages en transit vers un espace invisible.                               Perçois une musique à la fois inaudible (tu sais que dans le silence la musique demeure) et tu la résous en pigments traversés par la lumière. ... [Lire la suite]
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