15 janvier 2020

Zu Shuzhen / 朱淑真 (1135 – 1180) : Plainte vernale

  Plainte vernale Air : « Les Magnolias. Version abrégée »     Je marche seule, je m’assois seule, Je chante seule et seule reprends en chœur, seule encore je m’allonge. Un long moment debout, l’esprit ennuyé, Rien à faire contre le froid léger qui effleure...   Un tel émoi, qui le verra ? Mes larmes lavent le fard qui déjà s’efface à demi, Tristesse et maladies se succèdent, J’ai coupé toutes les mèches des lampes, mon rêve n’est pas venu.   Traduit du chinois par Stéphane... [Lire la suite]
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14 janvier 2020

Yves Prié (1959 -) : « Que nous soient rendues... »

  Que nous soient rendues les tempêtes brisant le ciel dans la fente des forêts   Que ce pays s’émeuve de sa nudité après les moissons et les ensilages hâtifs   Qu’il connaisse les tailles à vif les engelures éclatées sous le gel et les labours   Qu’il s’observe impassible dans la dilatation des arbres morts et les cris des corbeaux   Nous affûterons le rêve d’un jour brûlant l’hiver sous la caresse des mimosas   Le miroir incertain Editions Rougerie, 87330 Mortemart, 1986 Du même... [Lire la suite]
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13 janvier 2020

Jean / Hans Arp (1887 - 1966) : Joie noire

  Joie noire   les fleurs sont noires de joie le ciel est beau comme une flamme je m’envole pour une journée de fleur voulez-vous volez avec moi   voulez-vous une journée d’éclair voulez-vous une fleur comme un ciel voulez-vous des fleurs comme des éclairs voulez-vous un ciel de flamme   qui vole au-dessous de moi vous belle journée de fleur qui vole au-dessus de moi vous belle flamme noire de joie   In, Georges-Emmanuel Clancier : « De Rimbaud au surréalisme » Pierre... [Lire la suite]
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12 janvier 2020

Wojciech Marek Darski (1958 -) : Mazurie paysage d’automne en arrière-plan

   Mazurie paysage d’automne en arrière-plan   La grande chaleur encore couvre les feuilles hâlées de l’eau se forment des nuages les roseaux pataugent dans les eaux dormantes ou l’air déjà dans les rougeurs provoque des vents nouveaux dans les chênaies les sangliers flairent les glands les oiseaux cherchent les clés pour fermer leur nid et s’envoler la terre épuisée par les mousses joue avec les racines et l’automne de Scandinavie envoie une carte de vœux   Traduit du polonais par Frédérique... [Lire la suite]
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11 janvier 2020

Danielle Collobert (1940 – 1978) : « reprendre... »

  reprendre – avant la certitude de l’impossibilité – reprendre chaque jour les tentatives pour y arriver – inlassablement - çà n’à jamais cessé – depuis la première fois – au début - comme une seconde naissance – le long de la mer – le long d’une baie où la mer déferle avec violence – tout le temps – marcher pendant des jours – entre la ligne de mer et les marais – pas un arbre -  pas une maison pendant des jours – jusqu’à l’épuisement – l’abandon – la solitude au monde – la peur pour la première fois – collée... [Lire la suite]
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10 janvier 2020

Henry Bauchau (1913 – 2012) : Tombeau pour des archers

  Tombeau pour des archers   L’ARCHER   à Jean Sigrid   Chant funèbre   O mon peuple muet sur les barques de Tyr, le roi sourd endormi dans le chant      des rameurs Et l’aveugle écoutant, à la proue des navires, le rêveur exilé de l’histoire du      vent.   Qui pourrait retrouver le mystère perdu des grands rythmes dormant dans les      tables de pierre ? Qui pourrait déchiffrer tant de signes confus, les énigmes veillant... [Lire la suite]
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09 janvier 2020

Paol Keineg (1944 -) : Dahut

  Dahut        Parce qu’ils n’ont pas compris que la vie est ce lourd sac de cailloux à faire passer de l’autre côté de la montagne,      parce qu’ils n’ont pas compris que la vie est le combat du blaireau dans l’argile compacte,      parce qu’ils n’ont pas compris que la vie n’est pas l’économie des sens et des actes en pays tempéré,      ils gagnent à mourir. J’ouvrirai les vannes comme on s’ouvre les veines, ... [Lire la suite]
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08 janvier 2020

Jean-Paul Hameury (1933 – 2009) : Ithaque et après (II)

  Ithaque et après (II)   .................................... La poussière soulevée par le corps d’Hector est retombée depuis longtemps mais je la vois encore flotter derrière les chevaux d’Achille.   Quand j’emprunte les sentiers de l’île, mon ombre me quitte et s’en va sur les chemins d’autrefois où je fus quelqu’un. Et elle se penche sur les ornières laissées par les chars, anxieuse d’apprendre enfin à qui appartient ce sang.       Je me souviens du bois de Perséphone - les... [Lire la suite]
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07 janvier 2020

Kazimierz Brakoniecki (1952 -) : Sur la route de Pont-Aven / Na drozde do Pont-Aven

 Sur la route de Pont-Aven   I Tu es morte, tes yeux sont dans ta tombe, et moi je pars, avec des amis, pour la Bretagne. J’ouvre les yeux sur le monde, je n’en crois pas mes yeux, comme si ce monde était beau dans la fraîcheur de décembre, quand le soleil chemine sous les arbres, bottines aux pieds, couvertes de givre, sur les talus au bord d’un ravin au bord de la rivière Ellé, où majestueusement une abbaye sommeille, où les hêtres luisent d’un rouge sombre, vaches blanches, mouettes blanches, corneilles... [Lire la suite]
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06 janvier 2020

Nikolaï Alekseïevitch Nekrassov / Николай Алексеевич Некрасов (1821 – 1877) : « Ô fête de la vie ... » / « Праздник жизни - моло

  Ô fête de la vie, années de la jeunesse, Je vous aurai tuées sous le faix du labeur ; Je n’ai jamais été l’ami de la paresse, Poète favori, gâté par le bonheur.   Si mes tourments cachés à la longue débordent D’un cœur qui d’ordinaire en secret les retient, J’écris, les mots rythmés me consolent, m’emportent Au-delà des soucis du travail quotidien.   Je ne me flatte pas que notre peuple garde, Ne fût-ce qu’un seul vers de ceux que j’ai laissés ; Mon vers, mon vers austère, inhabile, angoissé, ... [Lire la suite]
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