04 décembre 2016

Antonio Gamoneda (1931 - ) : « Je sais que l’unique chant… »

  Je sais que l’unique chant, de tous les chants anciens le seul digne, l’unique poésie, est celle qui se tait et aime toujours ce monde, cette solitude qui rend fou et vous dépouille.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet « Poésie espagnole. Anthologie 1945 – 1990 » Acte sud / Editions Unesco, 1995   Du même auteur : « Vois / la fugacité sylvestre… » (04/12/2017)  
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03 décembre 2016

Christine de Pisan (1361 – 1430 ?) : « Seulette suis… »

    Seulette suis et seulette veux être, Seulette m'a mon doux ami laissée, Seulette suis, sans compagnon ni maître, Seulette suis, dolente et courroucée, Seulette suis, en langueur mesaisée (*),            (*) mal à l’aise Seulette suis, plus que nulle égarée, Seulette suis, sans ami demeurée.   Seulette suis à huis ou à fenêtre, Seulette suis en un anglet muciée (*),,             (*) cachée ... [Lire la suite]
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02 décembre 2016

Jean Toomer (1894 – 1967) : Chant de la moisson / Harvest song

  Chant de la moisson    Je suis un moissonneur dont les muscles se reposent au coucher du soleil. Toutes mes avoines sont coupées. Mais je suis trop glacé et trop fatigué pour les lier, et j’ai faim. Je craque un grain entre mes dents. Je ne le goûte pas. J’ai été dans les champs toute la journée. Ma gorge est sèche.   J’ai faim.   Mes yeux sont collés avec la poussière des champs d’avoine au      temps de la récolte. Je suis un homme aveugle qui regarde fixement les... [Lire la suite]
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01 décembre 2016

Paul Celan (1920 – 1970 ) : Matière de Bretagne

  Matière de Bretagne   Lumière des genêts, jaune, les pentes bavent du pus vers le ciel, l’épine courtise la blessure, des cloches y sonnent, c’est le soir, le néant roule ses mers pour la prière, la voile sang met cap sur toi.   Sec, asséché derrière toi le lit, envahie de roseaux, son heure, là-haut, près de l’étoile, les rigoles laiteuses de l’estran bavardent dans la vase, la datte de pierre dessous, en touffe, bée dans la bleuité, un bouquet pérennant de mortalité, beau, salue ta mémoire. ... [Lire la suite]
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29 novembre 2016

Gérard Le Gouic (1936 - ) : Cairn de Barnenez

  Cairn de Barnenez   La nuit primitive qui s’élève de la terre noire, et la lumière des premiers hommes au-dessus de la baie immuable.   Une seule pierre déplacée et l’arc-en-ciel des silex s’effondre, une seule pierre ajoutée et tout le promontoire gronde.   L’oiseau dépose son fragment de ciel, le lézard inscrit sa ligne fugitive, le vent et la pluie brassent le levain des pierres.   Chaque caillou est un son arrêté, chaque pierre une pensée d’un défunt, chaque bloc est un rêve qui... [Lire la suite]
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28 novembre 2016

Wolfdietrich Schnurre (1920 – 1989) : Quand le monde frappe à ta porte / Klopfzeichen

  Quand le monde frappe à ta porte   Ne t’éloigne pas de toi, reste en accord avec toi-même. Qui doit te donner du courage le soir, qui doit baisser les stores, qui doit te soutenir quand la porte cochère tremble sous le coups de poing du monde ?   Ne t’éloigne pas de toi, reste en accord avec toi-même. Nul ne t’appelle ; tu n’entends que le vent. Le chant de l’alouette ment au nez de la mort ; le monde qui t’attire ne souffle mot de ses infirmités.   Ne t’éloigne pas de toi, ... [Lire la suite]
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27 novembre 2016

Umberto Saba (1883 – 1957) : Ulysse / Ulisse

  Ulysse   J’ai navigué dans ma jeunesse Le long des côtes dalmates. Des îlots Emergeaient à fleur d’eau, où parfois S’arrêtait un oiseau guettant sa proie, Couverts d’algues, glissants, beaux Au soleil comme des émeraudes. Quand la marée Haute et la nuit les annulaient, les voiles Sous le vent dérivaient plus au large, Pour en fuir l’embûche. Aujourd’hui mon royaume Est cette terre de personne. Le port Pour d’autres allume ses feux ; l’esprit Indompté me pousse encore au large, Et de la vie le... [Lire la suite]
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26 novembre 2016

Jean Mambrino (1923 – 2012) : L’aube

  L’aube   L’aube est vraiment                    suspendue                                                            sur les collines ... [Lire la suite]
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25 novembre 2016

José Agustín Goytisolo (1928 - 1999) : J’invoque / Yo invoco

  J’invoque   Clarté, ne t’éloignes pas de mes yeux, n’humilie pas la raison qui m’encourage à poursuivre. Ecoute, derrière mes paroles, le cri des hommes qui ne peuvent pas parler. Au nom des coups reçus, de leur lutte engagée contre le mur de l’ombre, je te demande de persister dans ton éclat, d’illuminer ma vie, de rester avec moi, clarté.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet In, « Poésie espagnole. Anthologie 1945 1990 » Actes Sud / Editions Unesco, 1995 Du même... [Lire la suite]
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24 novembre 2016

John Ashbery (1927 - ) : La seule chose susceptible de sauver l’Amérique / The one thing that can save America

  La seule chose susceptible de sauver l’Amérique   Y a-t-il rien de central ? Vergers lancés au petit bonheur la terre, Forêts urbaines, pépinières rustiques, collines pas plus hautes que le genou ? Et ces noms de lieux, centraux eux aussi ? Elm Grove, Adcock Corner, Story Book Farm ? Défilant à toute allure à hauteur d’oeil S’incrustant de force dans le regard jusqu’à plus soif, Merci, çà suffit comme çà merci. Et maintenant, au tour du paysage à demi nocturne, Plaines humides, banlieues... [Lire la suite]
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