04 mai 2019

Henri Michaux (1889 – 1984) : Le grand combat

  Le grand combat A R.M. Hermant   Il l’emparouille et l’endosque contre terre ; Il le rague et le roupète jusqu’à son drâle ; Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouillais ; Il le tocarde et le marmine, Le manage rape à ri et ripe à ra. Enfin il l’écorcobalisse.   L’autre hésite, s’espudrine, se défaisse, se torse et se ruine. C’en sera bientôt fini de lui ; Il se reprise et s’emmargine... mais en vain Le cerceau tombe qui a tant roulé. Abrah ! Abrah ! Abrah ! Le pied a failli ! Le bras a... [Lire la suite]
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03 mai 2019

Arthur Rimbaud (1854 – 1891) : Ophélie

  Ophélie   I Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles... - On entend dans les bois lointains des hallalis.   Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ; Voici plus de mille ans que sa douce folie Murmure sa romance à la brise du soir.   Le vent baise ses seins et déploie en corolle Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ; Les... [Lire la suite]
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01 mai 2019

René Char (1907 – 1988) : Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud

  Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud        Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Tes dix-huit ans réfractaires à l’amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu’au ronronnement d’abeille stérile de ta famille ardennaise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller aux vents du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine. Tu as eu raison d’abandonner le boulevard des paresseux, les estaminets des pisse-lyres, pour l’enfer des... [Lire la suite]
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01 mai 2019

Guillaume Apollinaire (1880 – 1918) : Départ

  Départ   Et leurs visages étaient pâles Et leurs sanglots s’étaient brisés   Après la neige aux purs pétales Comme ses mains sur les baisers Tombaient les feuilles automnales   In, Revue « Nord-Sud, N°8, Octobre 1917 » Chez Pierre Reverdy, 1917 Du même auteur : Les colchiques (14/05/2014) Le pont Mirabeau (14/05/2015) A la Santé (14/05/2016)  Si je mourais là-bas (14//05/2017) Vitam impendere amori (01 /05/2018)  
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30 avril 2019

Alfred Jarry (1873 – 1907) : Madrigal

  Madrigal   Ma fille - ma, car vous êtes à tous, Donc aucun d'eux ne fut valable maître, Dormez enfin, et fermons la fenêtre : La vie est close, et nous sommes chez nous.   C'est un peu haut, le monde s'y termine Et l'absolu ne se peut plus nier ; Il est si grand de venir le dernier Puisque ce jour a lassé Messaline.   Vous voici seule et d'oreilles et d'yeux. Tomber souvent désapprend de descendre. Le bruit terrestre est loin, comme la cendre Gît inconnue à l'encens bleu des cieux.   ... [Lire la suite]
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29 avril 2019

Joseph Brodsky / Иосиф Александрович Бродский (1940 -1996) : « Le grand Hector gît... / « Великий Гектор стрелами убит... »

  Sonnet   Le grand Hector gît, percé de flèches, son âme flotte sur les eaux noires, les buissons gémissent, les nuages se meurent et là-bas, dans le silence, Andromaque pleure.   Ajax traverse le crépuscule triste, les genoux ployés dans le ruisseau transparent, et la  vie s’envole de ses yeux ouverts à la poursuite d’Hector, le flot bat sa poitrine, l’obscurité trouble son regard sans fond à travers les vagues et les buissons, l’eau étreint ses hanches, sa lourde épée tourbillonne dans le... [Lire la suite]
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28 avril 2019

Alain Mabanckou (1966 -) : « L’horizon appelle...

  L’horizon appelle l’horizon aucun espace n’immobilise le songe chaque instant de repos fermente déjà le déplacement   il est des endroits où l’herbe et la pierre se concertent défigurent le relief mais l’endurance du nomade l’emporte   l’immensité demeure un affront   Les arbres aussi versent des larmes Editions de l’Harmattan, 1997 Du même auteur : A ma mère (28/03/2015)  « j’emprunte à l’oiseau… » (29/04/2018)
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27 avril 2019

Claude Vigée (1921-) : « Depuis l’origine... »

  « Depuis l’origine toute l’eau s’est évaporée. La fêlure est dans l’os. Dehors sur la sphère aplatie et sèche de la terre c’est un craquèlement d’argile désertique – ruche d’abeilles mortes, engluées dans leur miel ; la cire s’est muée en alluvions opaques, croûte d’excréments perforée d’alvéoles scellés. Monde de sourds-muets. Chacun, sans la parole, est un juge effrayant pour l’autre qui l’annule. Un meurtrier se tapit derrière chaque fenêtre. Ni pain, ni syllabes complices à rompre en compagnie face... [Lire la suite]
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26 avril 2019

Paul Claudel (1868 – 1955) : Verlaine

  Verlaine   I Le faible Verlaine        L’enfant trop grand, l’enfant mal décidé à l’homme, plein de secrets et plein de menaces,      Le vagabond à longues enjambées qui commence, Rimbaud, et qui s’en va de place en place,      Avant qu’il n’ait trouvé là-bas son enfer aussi définitif que cette terre le lui permet,      Le soleil en face de lui pour toujours et le silence le plus complet,      Le voici... [Lire la suite]
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25 avril 2019

José Hierro (1922 – 2002) : « J’aimerais, ce soir... / Quisiera esta tarde... »

  J’aimerais, ce soir, ne pas haïr ne pas charger mon front de nuages sombres. Je voudrais que mon regard fût plus clair et pouvoir le poser, calme, sur le lointain...   Il doit être si beau de pouvoir dire : « Je crois à ce qui existe et même à ce qui peut-être n’existe pas aux choses qui peuvent me sauver, même si j’ignore leur nom : je connais le fruit doré de la joie. »   Ce soir, j’aimerais ne pas haïr, me sentir léger, chantant, être le vent qui berce les épis. Je regarde au... [Lire la suite]
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