09 décembre 2019

Jean - Pierre Schlunegger (1925 - 1964) : Le basilic

  Le basilic   Et la fermière aux mains de sel, dès l’aube S’avance dans la cour, lavande et basilic Au poing, parmi les poules noires Baignant dans une aurore d’églantine...   Le monde est un feu de copeaux légers, On dirait qu’un champagne éblouissant arrose Les genêts d’or de la poitrine incandescente, Et je vois dans le soleil bleu ce boulanger Qui va sur les chemins de seigle et de farine Vers la ferme lointaine où l’amour lui fait signe.     La Pierre allumée, suivie de La Chambre du... [Lire la suite]
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08 décembre 2019

Mellin de Saint-Gelais (1491 – 1558) : « Il n’est point tant de barques à Venise ... »

  Il n’est point tant de barques  à Venise, D’huîtres à Bourg, de lièvres en Champagne, D'ours en Savoie, et de veaux en Bretagne, De cygnes blancs le long de la Tamise ;   Ni tant d’amours se traitant en l’église, De différends aux peuples  d’Allemagne, Ni tant de gloire à un seigneur d’Espagne, Ni tant se trouve à la cour de feintise ;   Ni tant y a de monstres en l’Afrique, D’opinions en une République, Ni de pardons  à Rome  un jour de fête ;   Ni d’avarice aux... [Lire la suite]
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07 décembre 2019

Alain Jégou (1948 – 2013) : « Au cul des navires... »

            Au cul des navires, en route vers l’horizon fuyant, les premiers rayons clignotent et se liquéfient dans le sillage des pales. Le soleil aime faire ses ablutions dans le sillon tracé par les rafiots de pêche qui piaffent et se démènent pour rattraper la nuit. Enervés comme des purs sangs, soucieux de brouter la rosée sur le dos de l’infini, ils soufflent et fument des naseaux dans la fraicheur docile du jour à peine éclos.   Passe Ouest suivi de Ikaria LO 686070 ... [Lire la suite]
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06 décembre 2019

Prune Mateo (1978 -) : Les jours obscurs

  Les jours obscurs   o on peut regarder le ciel très longtemps oo         o notre appartement à Orlando avait vue sur la baie   des heures   fixant les eaux proche de m’assoupir   toujours attendre jusqu’à ce que rien ne soit stable oo       o des heures à fixer les eaux jusqu’à ce que tout s’évanouisse   l’eau est ce vide qui ne trouve pas de forme   il faudrait parler agir mais mes yeux prisonniers   cherchent ... [Lire la suite]
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05 décembre 2019

Jacques Roubaud (1932 -) : « des nuages... »

des nuages...   .                                                    [ GO 58]   des nuages glissaient grappes de fer ... [Lire la suite]
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04 décembre 2019

Antonio Gamoneda (1931 -) : Blues de l’escalier / Blues de la escalera

  Blues de l’escalier   Une femme monte l’escalier avec un chaudron rempli de peines. La femme monte l’escalier avec le chaudron de ses peines.   J’ai croisé une femme dans l’escalier qui a baissé les yeux en me voyant. J’ai croisé la femme et son chaudron.   Je n’aurai plus de paix dans l’escalier.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet « Poésie espagnole. Anthologie 1945 – 1990 » Acte sud / Editions Unesco, 1995 Du même auteur : « Je sais que l’unique... [Lire la suite]
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03 décembre 2019

Jean Sénac (1926 -1973) : Matinale de mon peuple

  Matinale de mon peuple Pour Baya   Tu disais des choses faciles travailleuse du matin La forêt poussait dans ta voix des arbres si profonds que le cœur s’y déchire et connaît le poids du chant   la tiédeur d’une clairière pour l’homme droit qui revendique un mot de paix un mot à notre dimension.   Tu tirais de sa solitude le rôdeur qui te suit tout pétri de son ombre celui qui voudrait écrire comme tu vois comme tu tisses comme tu chantes apporter aux autres le blé le lait de chèvre la... [Lire la suite]
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02 décembre 2019

James Sacré (1939 -) : Oiseaux qui sont dans la fontaine close

      Oiseaux qui sont dans la fontaine close   Foulque elle a plongé silence enfant surpris le cœur (mais lumière mais les buissons) de la fontaine est clos autour de l’eau silence et les pâtis le grand bleu souvenir comme un silence enfant surpris le cœur a plongé bruir dans l’eau – mais dans les mots ?   Poule d’eau noire c’est à la Praye du Peyré (un étang, les buissons, le trou soudain de la fontaine) poule d’eau partie l’écriture de ses pattes vertes égratigne mes yeux l’eau... [Lire la suite]
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01 décembre 2019

Paul Celan (1920 – 1970) : Psaume / Psalm

  Psaume     Personne ne nous pétrira de nouveau de terre et d’argile, personne ne soufflera la parole sur notre poussière. Personne.   Loué sois-tu, Personne. C’est pour te plaire que nous voulons fleurir. A ton encontre.   Un Rien voilà ce que nous fûmes, sommes et resterons, fleurissant : la Rose de Néant, la Rose de Personne.   Avec le style, lumineux d’âme, le filet d’étamine, ravage du ciel, la couronne rouge du mot pourpre que nous chantions, au-dessus,... [Lire la suite]
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30 novembre 2019

Jean Ristat (1943 -) : « Écriture rends-nous la mémoire ... »

      I   Écriture rends-nous la mémoire avant que L’oubli n’enfouisse nos songes comme dans Un jardin abandonné le tohu-bohu Des lilas et des herbes mouillées où se bousculent Des odeurs je pense à toi ami maintenant Que la rumeur t’a enseveli je Me retrouve seul dans l’attente des roses Que tu aimais égorger avec des ciseaux D’argent Ô comme le temps me manque au milieu De la vie comme au bord d’une tombe à qui Parlé-je donc devant ce miroir brisé Ô J’ai avalé les ombres et leurs flammes de... [Lire la suite]
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