06 août 2020

Robert Desnos (1900 -1945) : « Hors du manteau, la lumière... »

  Hors du manteau, la lumière De ta chair, nymphe Calixto, En pleine étoile se libère Du clair du jour et nous éclaire Tard ou, suivant la saison, tôt. Mais qu’importe si l’on préfère, Jailli du manteau de ta chair, Ton cœur lui-même sombre et clair.   Que l’éclat sombre sur les rives Où ta chair décline un couchant Erotique au ciel où s’inscrivent Nord, Sud, Est, Ouest et leurs dérives Et les ourses qui dans ce champ Vont brouter des herbes cursives, Aurores, nuages, lueurs Et boire aux rêves les sueurs. ... [Lire la suite]
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05 août 2020

Luis Mizón (1942 -) : Fantôme / Fantasmas

  Fantômes   1 Nous avons mangé des anguilles frites des cervelles d’agneau du riz des testicules de taureau des gâteaux au gingembre et bu du vin.   Que l’on amène à table les fous incurables qui caressent un cheval fantôme. Ceux qui marchent la nuit parmi les cris et les tambours dans les couloirs des hôpitaux et les villes inconnues. Ceux qui dorment sur un dessin de fleurs en tremblant comme bêtes pures dans leur labyrinthe de sable. Ceux qui regardent le feu de loin sans oser s’approcher. Que... [Lire la suite]
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04 août 2020

Victor Hugo (1802 – 1885) : Une nuit qu’on entendait la mer sans la voir

  Une nuit qu'on entendait la mer sans la voir   Quels sont ces bruits sourds ? Ecoutez vers l'onde Cette voix profonde Qui pleure toujours Et qui toujours gronde, Quoiqu'un son plus clair Parfois l'interrompe... - Le vent de la mer Souffle dans sa trompe.   Comme il pleut ce soir ! N'est-ce pas, mon hôte ? Là-bas, à la côte, Le ciel est bien noir, La mer est bien haute ! On dirait l'hiver ; Parfois on s'y trompe... - Le vent de la mer Souffle dans sa trompe.   Oh ! marins... [Lire la suite]
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03 août 2020

Georges-Emmanuel Clancier (1914 – 2018) : Arbre mon univers

 Arbre mon univers   Arbre je crois en toi je crie à ton feuillage Je suis perdu loin du navire de tes ombres. Que ta sève aux rameaux de mes veines remonte Fleuve fidèle, épais, de neige et de nuage. Arbre, mon univers déchiqueté d'oiseaux, Tu n'es plus qu'une main dressée en mon désert Là-bas, sur l'horizon interne de l'hiver, Pauvre main qui surgit ramenée à ses os. Arbre vivant et vrai qu'enlacent les collines, Arbre peuplé de chants, de durée et d'étoiles, Image de ma chair, beau visage natal Que la nuit... [Lire la suite]
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02 août 2020

Edouard Joseph Marc Maunick (1931-) : « ouvre avec moi ce livre... »

  ouvre avec moi ce livre pesant poids de mémoire compromis entre éden et souventes blessures                * maints lendemains de fêtes changés en cicatrices aux lèvres de ma soif de vivre en moi vivant                * je pars pour des pays plus lointains que les rêves j’habite des paysages où les arbres sont des dieux ... [Lire la suite]
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01 août 2020

Olvido Garcia Valdés (1950 -) : « Sur le point de se briser... » / « A punto de quebrarse... »

  Sur le point de se briser comme les courbes qui composent l’attitude des vierges dans certaines annonciations italiennes ainsi, miroitant et fragile était le vol pour finir. Icare dans l’eau.  Un court moment, le pied chaussé d’une douce sandale bleue. Comme un oiseau mort dans les mains d’un enfant. Pendant ce temps, le paysan laboure, le pêcheur s’incline, et le berger regarde le ciel. Deux aigles planent. Des bateaux suivent la route du cristal. Pénétrante et profonde est la distance entre le rêve... [Lire la suite]
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30 juillet 2020

Yousouf Al-Khal / يوسف الخال‎ (1917 - 1990) : Les compagnons

Portrait de Yousouf Al-Khal par  Maha Bayrakdar  Al-Khal   Les compagnons   Je me rappelle qu’ils étaient      un fagot de rebelles. Chacun d’entre eux avait creusé son sillon      en parcourant les mers, et sur le sentier des révolutions, à leur suite,      l’eau avait jailli des durs rochers amoncelés. Mai soudain sur eux se sont acharnés les vents      et ils sont tombés, dispersés, envolés, certains ayant cherché... [Lire la suite]
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30 juillet 2020

Anthony Lhéritier (1912 – 1993) : Retours

Anthony Lhéritier en 1992   Retours   Me voici revenu d’inutiles voyages Je ne sais plus, plus loin, quels soleils tropicaux Ont brûlé mon regard et sculpté mon visage Au roulis sans sommeil de quels obscurs cargos.   C’est loin, je ne sais plus où saigne ma tristesse De quel port dans la nuit rôde le souvenir Escale de misère, il pleuvait, où était-ce ? Je ne sais plus. A l’aube, il fallait repartir.   Et puis ailleurs encore, après quelque bagarre Quel nègre épileptique aboyait comme un chien ... [Lire la suite]
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29 juillet 2020

Jean Rousselot (1913 – 2004) : Sept petites plaintes

      Sept petites plaintes   Comment dire Et pourquoi   A quel égal que j’ignore   Ce charroi cette ornière Ce tremblement Ces choses qui s’affolent Sous la roue   Et que je suis tout cela Roue et douleur Parois pavés paroles pour Trembler   Trembleur qui creuse l’ornière Comme on bricole   * A quoi bon maintenant Que tu m’as livré aux menues bêtes du temps Feindre de durer   Le voudrais-je comment subsister Si je n’ai plus à brouter Le chèvrefeuille de... [Lire la suite]
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28 juillet 2020

Guido delle Colonne (1210 – 1287) : « Amour, qui si longuement m’as mené... » / « Amor, che lungiamente m’hai menato... »

    Amour, qui si longuement m’as mené A courte bride et sans perdre haleine, Je t’en supplie, relâche un peu les rênes, Je suis fourbu de cette rude course. J’ai enduré à ce jour trop de maux Pour vous, ma dame, à qui je suis plus lige Que ne l’est à son maître un haschischin Consentant à mourir par loyauté.      Aimer est un délicieux supplice, Et bien le nomme-t-on un doux martyre, Mais cependant, ma dame, ayez pitié Du grand chagrin qui me ronge et dévore : Ce mal n’est doux que... [Lire la suite]
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