15 avril 2020

Salvatore Quasimodo (1901 – 1968) : « Vous avez fini de sonner le glas ... » / « Avete finito di battere i tamburi... »

  Vous avez fini de sonner le glas Au roulement cadencé des tambours Sur tous les horizons, derrière les cercueils Suivant de près les drapeaux. Vous avez fini de vous apitoyer sur les plaies et les larmes Dans les villes détruites – tas de ruines. Et plus personne ne crie : « Mon Dieu, Pourquoi m’as-tu abandonné ? » De la poitrine trouée Ne coulent plus le lait ni le sang. Et maintenant que vous avez camouflé vos canons Parmi les magnolias, laissez-nous donc Un jour sans armes sur le gazon Au... [Lire la suite]
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14 avril 2020

Théophile de Viau (1590 – 1626) : Le matin

  Le matin   L'Aurore sur le front du jour Sème l'azur, l'or et l'ivoire, Et le Soleil, lassé de boire, Commence son oblique tour.   Ses chevaux, au sortir de l'onde, De flamme et de clarté couverts, La bouche et les nasaux ouverts, Ronflent la lumière du monde.   La lune fuit devant nos yeux ; La nuit a retiré ses voiles ; Peu à peu le front des étoiles S'unit à la couleur des cieux. ....................................................   Une confuse violence Trouble le calme... [Lire la suite]
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13 avril 2020

Saphô / Σαπφώ (vers 630 – vers 580 av. J.C.) : « ... Et je ne reverrai jamais... »

Terre cuite de 480-460 av. J.‑C., provenant d'une tombe de Mélos et conservée au British Museum  On suppose qu'il s'agit de l'une des plus anciennes représentations de Sappho, ici tenant un barbitos, en conversation avec un homme, peut-être Alcée   ... Et je ne reverrai jamais ma douce Attys. Mourir est moins cruel que ce sort odieux ; Et je la vis pleurer au moment des adieux. Elle disait : « Je pars. Partir est chose dure. » Je lui dis : « Sois heureuse, et va, car rien ne dure. ... [Lire la suite]
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12 avril 2020

Abdellatif Laâbi (1942 -) : « Ma femme aimée... »

  Ma femme aimée l’aube nous rappelle à la présence la lutte reprend et l’amour s’épanouit comme une rose dans l’arène de l’émeute ma main tremble à la limite c’est d’un membre que j’ai envie de m’amputer pour l’élever en offrande jusqu’à toi cette main justement qui se dresse pour laver l’affront oui pour toi dans l’allégresse de l’émeute   Je fais appel au désert peuplé de la parole au silence retentissant du commencement je fais appel à l’eau, à son origine de sources inconnues et de chutes... [Lire la suite]
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11 avril 2020

Heinrich Von Morungen (1150 – 1180) : « Il arrive qu’un homme... » / Von del elben wirt entsehen

  12. III   Il arrive qu’un homme soit ensorcelé pour avoir vu les Elfes, Je suis de même ensorcelé par la vue d’un objet charmant, par la plus parfaite dame qu’homme aima jamais. Si elle veut pour cela me haïr, me faire du mal, elle a un moyen de se venger. Qu’elle exauce ma prière. Elle me causera une telle joie que je mourrai de ravissement.   Elle commande, elle est souveraine de mon cœur, et plus haute en dignité que moi. Ah ! que ne puis-je avoir assez de pouvoir sur elle que je puisse... [Lire la suite]
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09 avril 2020

Jacques Réda (1929 -) : Le soir, rue de la Duée

    Le soir, rue de la Duée   A cinq heures du soir, l’hiver, un dimanche muet Retenait un peu de lumière aux angles des façades Et, sous un coup de vent tournant autour des palissades, Quelque chose - un vieux sac, un journal, un chat – remuait.   Je marchais sans bruit par la rue obscure, sous la chiche Clarté de carreaux fascinés par l’ombre ou les plafonds, Vers la lueur encore plus avare d’une friche Où les arbres avaient massé leurs entrelacs profonds.   Quelques êtres humains passaient,... [Lire la suite]
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09 avril 2020

Pierre Reverdy (1889 – 1960) : Mémoire

    Mémoire   Une minute à peine                Et je suis revenu De tout ce qui se passait je n’ai rien retenu Un point      Le ciel grandit                Et au dernier moment La lanterne qui passe                Le pas que l’on entend      Quelqu’un s’arrête... [Lire la suite]
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08 avril 2020

Rutebeuf (1230 -1285) : La grièche d’hiver

  La grièche d’hiver   Quand vient le temps qu’arbre défeuille quand il ne reste en branche feuille qui n’aille à terre, par la pauvreté qui m’atterre, qui de toutes parts me fait guerre, près de l’hiver, combien se sont changés mes vers, mon dit commence trop divers de triste histoire. Peu de raison, peu de mémoire m’a donné Dieu, le roi de gloire, et peu de rentes, et froid au cul quand bise vente : le vent me vient, le vent m’évente et trop souvent je sens venir et revenir le vent. La grièche m’a... [Lire la suite]
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07 avril 2020

Jean Cocteau (1889 – 1963) : Le séjour près du lac

  Le séjour près du lac Trois poèmes   Tu te disais : plus tard au temps des beaux voyages,  Respirer l’air, soufré par de secrets... [Lire la suite]
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05 avril 2020

Karadja-Oghlan (17ème siècle) : « Lorsque la Tchoukhourova... »

  Lorsque la Tchoukhourova (*) s’habille en fête lorsqu’elle se dépouille de sa nudité et que le février chasse le vent de l’hiver montagnes, il sied alors de vous appeler  paradis.   Vos arbres se parent de feuillages vos pierres ont foi en l’Unité toutes les fleurs se réjouissent en votre sein vos sources, montagnes coulent en chantant.   Vos branches s’agitent avec le vent entre eux jasent vos oiseaux de cette fête on froidure les lieux misérables pourquoi, montagnes, la jacinthe semble-t-elle... [Lire la suite]
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