10 juillet 2019

José Manuel Caballero Bonald (1926 -) : Pas aujourd’hui / Hoy no

  Pas aujourd’hui   Je partage avec la nuit sa hâte du temps, cet impatient passage circulaire de l’ombre qui est veille d’une autre ombre ou cette paresseuse volonté de t’aimer à partir de demain, lorsque je t’aurai perdue ainsi que la lumière, et qu’il ne restera qu’un ultime délai pour t’attendre dans la fugacité du jour à venir.     Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet In, « Poésie espagnole. Anthologie 1945 – 1990, » Actes Sud / Editions Unesco, 1995 Du même... [Lire la suite]
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09 juillet 2019

André du Bouchet (1924 – 2001) : Ici en deux

             ICI EN DEUX                                        .... que                tu te déplaces                alors ... [Lire la suite]
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08 juillet 2019

Michel Leiris (1901 – 1990) : Les pythonisses

  Les pythonisses    Les lampes à gaz qui brûlent au fronton des bâtiments industriels éclairent parfois des eaux froides et vertes comme la menthe minces filets coulant avec un maigre bruit le long des trottoirs pour enjoliver de leur ruban liquide les contours souvent sans grâce de la pierre   Un reflet éclate dans le ruisseau et c'est ce choc signe de l'étreinte ensorcelée de la lumière et de sa réplique        rampante en marche le long de toutes les rues vers la... [Lire la suite]
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07 juillet 2019

Xavier Grall (1930 – 1981) : Son âme dans le couloir

  Son âme dans le couloir               Il a mis son âme dans le couloir, avec l’horloge, les manteaux et les haillons. Il ne partira pas. Il ne partira plus jamais.             Son âme dans le couloir gît, veuve des voyages et pèlerinages qui ne le verront pas cueillir les oranges de Californie, les mangues de Ceylan, boire les vins guerriers et mystique des Espagnes.   ... [Lire la suite]
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06 juillet 2019

Pierre Minet (1909 – 1975) : Abandonnés

  Abandonnés...   Abandonnés à la bienfaisance du sol Qui achève notre marche, Mollement écrasés, disjoints... Nous nous éterniserons...   Au-dessus bavarderont d’autres joies D’autres heures fragiles... D’autres cœurs, d’autres chairs enfleront Sous l’amour... La lumière, les nuits seront toujours palpées par le rêve, les yeux, le bonheur dureront...   Emiettés Sillonnés par la marche annelée des vers Nous nous éterniserons...   Des âges téméraires L’Ether Vague, Toulouse, 1989 Du même... [Lire la suite]
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05 juillet 2019

René Daumal (1908 – 1944) : Le grand jour des morts

  Le grand jour des morts   La nuit, la terreur, à cent pas sous terre, les caveaux sans espoir, la peur dans la moelle et le noir dans l'œil — l'appel de l'étoile meurt au bord du puits — et ces mains, ta détresse blanche dans la brume glacée du fond de toute la vie, dans la détresse blanche de ces mains qui seront les miennes un jour, tellement je les aurai aimées.   Ne t'échappe pas, me dit la lumière — celle qui éclate partout ici, mais légère sur l'épaisseur aveugle qu'elle enferme et vaine ;... [Lire la suite]
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04 juillet 2019

Anna Akhmatova / Анна Ахматова (1889 – 1966) : Premier avertissement / Первое предупреждение

  Premier avertissement   Que nous importe, en vérité, Que tout se transforme en poussière, Sur combien d’abîmes j’ai chanté, Dans combien de miroirs j’ai vécu ? Ce n’est pas un rêve, soit, ni un réconfort, C’est tout sauf un bienfait du ciel, Il se peut que tu sois obligé De te rappeler plus qu’il n’est nécessaire. Le grondement des poèmes qui se taisent, L’œil qui se cache dans les profondeurs, Cette couronne de barbelés rouillés Au milieu d’un silence inquiet. 6 juillet 1963   Traduit du russe... [Lire la suite]
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03 juillet 2019

Philippe Jaccottet (1925 -) : A la lumière d’hiver

  A la lumière d’hiver   I Fleurs, oiseaux, fruits, c’est vrai, je les ai conviés, je les ai vus, montrés, j’ai dit : « c’est la fragilité même qui est la force », facile à dire ! et trop facile de jongler avec le poids des choses une fois changée en mots ! On bâtissait le char d’Elie avec des graines légères, des souffles, des lueurs, on prétendait se vêtir d’air comme les oiseaux et les saints...   Frêles signes, maison de brume ou d’étincelles jeunesse...   ... [Lire la suite]
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02 juillet 2019

Haizi / 海子 (1964 -1989) : Emouvoir

  Emouvoir   L’aurore est une biche qui me piétine au front et le monde est si beau dans la grotte les fleurs sauvages en longeant mon corps brûlent jusqu’à la pointe du jour brûlent jusqu’au dehors ô le monde est si beau   et le soir, le seigneur de cette biche est depuis longtemps rentré au fond de la terre ; adossé aux racines des arbres il déplace des bonheurs que tu ne pourras jamais voir les fleurs sauvages sous terre brûlent jusqu’à la surface   les fleurs brûlent ton visage et en... [Lire la suite]
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01 juillet 2019

Emily Jane Brontë (1818 – 1848) : « Je viendrai quand ... » / « I’ll come when…»

  Je viendrai quand tu connaîtras la pire angoisse, Allongé, seul, dans la chambre assombrie, La folle joie de la journée évanouie Et l’heureux sourire banni Des ténèbres glacées du soir.   Je viendrai quand le vrai sentiment de ton cœur Régnera pleinement, sans rien pour le gauchir, Et que mon influence, se glissant en toi, Aggravant la désolation, gelant la joie, Emportera ton âme.   Ecoute : voici l’heure, voici Pour toi le moment redoutable ; Ne sens-tu pas déferler sur ton âme Un flot... [Lire la suite]
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