08 août 2018

Roger Gilbert – Lecomte (1907 - 1943) : Le fils de l’os parle

  Le fils de l’os parle   Je frappe comme un sourd à la porte des morts Je frappe de la tête qui gicle rouge On me sort en bagarre on m'emmène Au commissariat Rafraîchissement du passage à tabac Les vaches Ce n'est pas moi pourtant Qui ai commencé A la porte des morts que je voulais forcer Si je suis défoncé saignant stupide et blême Et rouge par traînées C'est que je n'ai jamais voulu que l'on m'emmène Loin des portes de la mort où je frappais De la tête et des pieds et de l'âme et du vide Qui... [Lire la suite]
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07 août 2018

Gaston Miron (1928 – 1996) : Ma femme sans fin

  Ma femme sans fin   ... [Lire la suite]
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06 août 2018

Robert Desnos (1900 – 1945) : Baignade

  Baignade     Andromède, au matin, sur la plage, a donné Rendez-vous à tous ceux qui veulent se baigner Dans la mer fraîche éclose, enceinte de lumière. L’étoile brille encor, qu’arrive, la première, Rosemonde aux beaux seins qui, seule, se dévêt Et livre son corps nu, que roussit le duvet, Aux dernières lueurs de la nuit, aux prémices De l’aube qui se dresse au fond des précipices. Sabine la rejoint, tige en fleur qui jaillit D’un flot de linge, par le vent frais assailli. Une neige d’écume éclabousse... [Lire la suite]
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05 août 2018

Luis Mizón (1942 -) : Retour / Retorno

  Retour   1 Je suis ici pour oublier tout dans mes mots pour partir en voyage et revenir sans rien par le chemin manuscrit des chênes poussiéreux.   2 Les visages en passant laissent dans les miroirs des échos vulnérables cendres et murmures semences que la main serre pour enfin trouver le cri   3 Mémoire et écriture voix et semences. Je reviens lentement à mon origine archaïque. Je reviens les yeux enterrés. Je devine mon visage sous les cendres qui couvrent les miroirs ou en touchant... [Lire la suite]
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04 août 2018

Victor Hugo (1802 – 1885) : Horror-IV

  Horror    IV     Depuis quatre mille ans que, courbé sous la haine, Perçant sa tombe avec les débris de sa chaîne,           Fouillant le bas, creusant le haut, Il cherche à s'évader à travers la nature, L'esprit forçat n'a pas encor fait d'ouverture            A la voûte du ciel cachot. Oui, le penseur en vain, dans ses essors funèbres, Heurte son âme d'ombre au plafond de ténèbres ;           Il tombe, il... [Lire la suite]
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03 août 2018

Edmond Jabès (1921 – 1991) : « Tu marches vers la mort... »

    Tu marches vers la mort qui t’as épargné jusqu’ici afin que tu ailles, de ton plein gré, vers elle. Tu marches sur toutes les morts qui furent les tiennes et celles de ta race, sur les sens obscurs et les non-sens de tous ces morts.      Et c’est moi qui te force à marcher ; moi qui sème tes pas.      Et c’est moi qui pense, qui parle pour toi, qui cherche et qui cadence ;      Car je suis écriture      et toi blessure. ... [Lire la suite]
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02 août 2018

Edouard Joseph Marc Maunick (1931 -) : Parole 45

  Parole 45   qu’un jour     le vent domine la ville et nous voilà corsaires     jetés en pleine messe océane nos grappins cherchent la pierre des maisons qui nous furent interdites au salon gardé par des bêtes de faïence sommeille l’incendie nous brisons ses rêves à coups de mots sauvages après nous     le feu regarde avec de grands yeux ouverts la faïence foudroyée le feu fou de vent debout   Ensoleillé vif, Editions Saint-Germain-des-Prés... [Lire la suite]
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01 août 2018

Laurice Schehadé (1908 – 2009) : « Mon pays, comme en la laine... »

              Mon pays, comme en la laine des blanches brebis, je voudrais passer mes mains en toi, t’étreindre plus cher qu’un homme, que l’homme le plus aimé, pays d’olives et de pain, de mes origines et de la joie, puis morte trouver une place dans le cimetière où jouent la chèvre et l’enfant quand les fleurs fêtent leur naissance. *      J’ai mal de t’avoir quitté, mal de vivre, pays de mûriers, de vignes, de ruisseaux secrets, semblances de... [Lire la suite]
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30 juillet 2018

Guy Goffette (1947 -) : Le poids du silence

  Le poids su silence         Les commencements sont nombreux, mais c’est toujours la même histoire,      celle d’un homme que le petit matin dans la rue saisit par le col,      alors qu’il était sorti pour acheter une baguette à la boulangerie.      Et voilà que ce qu’il croyait établi dans sa vie, le chemin tracé, une femme avec un chat parmi les livres,      voilà que la rue humide et riante sous le premier... [Lire la suite]
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29 juillet 2018

Alexis Gloaguen (1950 -) : Donegal Bay

  Donegal Bay   Proue sur la falaise           je rampe           dans l’herbe peignée par le vent           parmi les pierres montées en fusée par la mer   roche erratique élancé vers les vagues là-bas   Les pétrels dévident leurs cris sur les corniches           et me frôlent en un rêve de vol j’échange un rai de regard ... [Lire la suite]
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