24 janvier 2020

Antonin Artaud (1896 – 1948) : « Il y a dans la magie... »

    Il y a dans la magie l’immixion perpétuelle de dieu non comme un esprit ou comme un être mais comme un état plus carié                     du cœur Car qu’est-ce que c’est que le cœur ?                     Une carie une carie perforante de chair dont l’attendrissement a fait cet organisme de sang mou et battant ... [Lire la suite]
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23 janvier 2020

André Schmitz (1929 - 2016) : Prière grommelée

    Prière grommelée   Seigneur, aie pitié des âmes qui sont couchées comme des chiennes dans la niche insalubre des corps.   Entends le grommellement de leurs pensées tomber de leur gueule comme des prières révoltées ou des insultes suppliantes.   Jette-leur un os d’espérance à ronger en silence dans l’amitié déjà de la Nuit qui vient après la nuit.   Appelle sur elles et sur leurs souillures des fraîcheurs de rosées et vêts le serpent de leur échine du velours des sommeils enfantins.... [Lire la suite]
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23 janvier 2020

André Breton (1896 – 1966) : Le verbe être

  Le verbe être          Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n’a pas d’ailes, il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse, le soir, au bord de la mer. C’est le désespoir et ce n’est pas le retour d’une quantité de petits faits comme des graines qui quittent à la nuit tombante un sillon pour un autre. Ce n’est pas la mousse sur une pierre ou le verre à boire. C’est un bateau criblé de neige, si vous voulez, comme les oiseaux qui... [Lire la suite]
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22 janvier 2020

Gibran Khali Gibran (1883 – 1931) / جبران خليل جبران : « A jamais je marcherai ... »

  A jamais je marcherai    sur ces rivages,      Entre sable et écume.      La marée haute effacera      les empreintes de mes pas,      Et le vent soufflera l’écume.    Mais la mer et le rivage resteront à jamais.   Traduit de l’anglais in, Khali Gibran : « Enfants du prophète. Œuvre anglaise » Editions Albouraq, 1999
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21 janvier 2020

Henri-Simon Faure (1923 – 2015) : un manoeuvre n’en fait qu’à sa forte tête ... (0 – 16)

  un manœuvre n’en fait                                                                                                   qu’à sa forte tête ... [Lire la suite]
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20 janvier 2020

Felix Grande (1937 – 2014) : Madrigal

  Madrigal   Parole, douce et triste personne, et petite, Douce et triste vieille chérie, je te caresse, Moi, vieillard comme toi, de ma langue flétrie, La vieillesse et l’amour apaisant notre vice.   Parole, ma compagne, tu me donnes la main, Corde, tu me retiens chaque fois que je sombre ; Tu viens à mon appel et je vois que tu m’aimes, Essayant d’édifier un monde dans le mien.   Ma petite fourmi, j’use de toi pour vivre ; Et sans toi je ne sais ce que serait ma vie, Sans doute une... [Lire la suite]
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19 janvier 2020

Géo Norge (1898 – 1990) : Du temps

  Du temps   Dans l’eau du temps qui coule à petit bruit, Dans l’air du temps qui souffle à petit vent, Dans l’eau du temps qui parle à petits mots Et sourdement touche l’herbe et le sable ; Dans l’eau du temps qui traverse les marbres, Usant au front le rêve des statues, Dans l’eau du temps qui muse au lourd jardin, Le vent du temps qui fuse au lourd feuillage Dans l’air du temps qui ruse aux quatre vents, Et qui jamais ne pose son envol, Dans l’air du temps qui pousse un hurlement Puis va baiser... [Lire la suite]
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18 janvier 2020

René - Guy Cadou (1920 – 1951) : Cornet d’adieu

  Cornet d’adieu   Jésus a dit « Il n’y aura pas de printemps cette année Parce que Max(*) s’en est allé Emportant les chevaux les vergers et les ailes Parce que sur la croix le bon Saint Matorel A lâché les oiseaux vers un pays glacé » Et c’est vrai. Les bourgeons se taisent. Les poitrines Voient se faner leurs seins. Tout au fond des vitrines Une enfance à genoux se suicide et le ciel Epuise en un regard ses réserves de miel Il fait froid maintenant que tu n’es plus Beau masque de douleur ... [Lire la suite]
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17 janvier 2020

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) : Le Savetier et le Financier

  Le Savetier et le Financier   Un Savetier chantait du matin jusqu'au soir :      C'était merveilles de le voir, Merveilles de l'ouïr ; il faisait des passages (*),        Plus content qu'aucun des sept sages. Son voisin au contraire, étant tout cousu d'or,      Chantait peu, dormait moins encor.      C'était un homme de finance. Si sur le point du jour parfois il sommeillait, Le Savetier alors en chantant l'éveillait, ... [Lire la suite]
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16 janvier 2020

Philippe Soupault (1897 – 1990) : Rien

  Rien          Plus rien même pas de la cendre même pas le souvenir    plus rien Plus rien sauf cette joie de l'oubli ce vent de l'oubli qui arrache tout détruit tout et saccage le reste Le moment est enfin venu de ne plus espérer de ne plus attendre de ne plus croire de ne plus s'imaginer de ne plus trembler savoir qu'on ne craint plus le vide que tout est consommé consumé désincarné que ce qui était n'est plus    plus rien même plus... [Lire la suite]
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