27 mars 2017

Jack Kerouac (1922 – 1969) : 127ème chorus / 127th chorus

  127ème chorus   Nul ne connaît l’autre côté         de ma maison, Mon coin où je suis né,             guitares poussiéreuses De ma pauv’e pt’it rue fatiguée         où mes petits pieds Piétinaient et cajolaient         mes sœurs tandis Que j’attendais le coucher de         l’après-midi le cri De maman me ramenant au ... [Lire la suite]
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26 mars 2017

Jean-Paul Kermarrec (1949 - ) : Dans la lente lumière des lices

  Dans la lente lumière des lices   I le ciel ce mur tous ces débris de rêves   dégringolant des échelles de la nuit la mort nous frôle dès le petit matin dans l’odeur du pain frais à la croûte craquante   le chat nous regarde afficher sur la ville des soleils en papier pour la paix dans le monde   ***   nous irons avec et malgré tout cela affronter l’insolence   et nous ferons la guerre à la peur sournoise aux angoisses aux silences gluants collés dans les couloirs de... [Lire la suite]
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25 mars 2017

Zbigniew Chojnowski (1962 - ) : Lac gelé

  Lac gelé   Tu entends la glace qui cède comme un grondement las qui repose au fond des eaux. Comme la mère d’Helmut jusqu’au printemps dernier, tombée d’un traîneau qui rejoignait le rivage. De son corps sortaient des anguilles. Tu lèves les bras au ciel, dos au vent, tu glisses sur l’onde noire, comme on parcourt l’éternité. Te lances à la poursuite d’un trou laissé dans la glace, glace où les pêcheurs d’Ortakow, par temps de gel, retirent leurs filets argentés de gardons et de brêmes.   Sniardwy,... [Lire la suite]
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24 mars 2017

Pierre Dalla Nogare (1934 – 1984) : La dissimulation révélée

  La dissimulation révélée        Le fuir précède le poète, dissimulé dans l’Oubli.        Ouvrir dans la Nuit sa Nuit, n’est-ce point travailler à l’approche du jour ?        Celui qui ne viole le vocable ne découvre point le verbe. Afin de se justifier, il se dit humble face à la parole. Impuissant à descendre en Lui – donc sans l’Autre qui n’est pas Je mais encore Lui – il ne prononce Rien, sinon des dires anciens, sans formuler sa... [Lire la suite]
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23 mars 2017

Bohuslav Reynek (1892 – 1971) : Souvenir de la solitude

    Souvenir de la solitude     Solitude des vitres. Solitude de la porte. Porte dans le noir. Vitre où baisse le jour. Porte pour accueillir le front. L’ombre bruit dans un buisson.   Vivre dans l’angle. Ailleurs un simple mur. Le mur suinte. Au plafond il arrache une plainte. Fatigue de la bouche sous le pas des soupirs.   Solitude du plafond. Couvercle esseulé. Esseulée solitude. Quelqu’un éclate en sanglots.   Solitude de l’hiver. Gel. Des griffes blanches écorchent la vitre.... [Lire la suite]
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22 mars 2017

Anjela Duval (1905 -1981) : La feuille / An delienn

  La feuille   Des deux côtés du Léguer noir Les rangs de peupliers minces Jettent au ciel leurs mâts droits. De-ci de-là un frêne : Tulle vert qui tremble dans les souffles. La surface tranquille de l’eau : miroir clair Qui renvoie l’image : Moutons d’un blanc exquis dans le ciel bleu Et arc-de-triomphe des grands arbres. Face à face de l’abîme et de l’espace.   Une feuille rousse tombe de l’espace. Une feuille rousse sort de l’abîme. À la même vitesse : lentes, de biais Toutes... [Lire la suite]
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21 mars 2017

Clément Marot (1496 -1544) : De sa grande Amie

  De sa grande Amie   Dedans Paris, ville jolie, Un jour, passant mélancolie, Je pris alliance nouvelle A la plus gaie Damoiselle Qui soit d'ici en Italie.   D'honnêteté elle est saisie, Et crois (selon ma fantaisie) Qu'il n'en est guère de plus belle               Dedans Paris.   Je ne vous la nommerai mie, Sinon, que c'est ma grande Amie, Car l'alliance se fit telle, Par un doux baiser, que j'eus d'elle, Sans... [Lire la suite]
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20 mars 2017

Charles d’Orléans (1394 – 1465) : « Nouvelles ont couru en France… »

  Nouvelles ont couru en France  Par maints lieux que j’étais mort,  Dont avaient peu déplaisance  Aucuns qui me hayent à tort ;  Autres en ont eu déconfort,  Qui m’aiment de loyal vouloir,  Comme mes bons et vrais amis.  Si fais à toutes gens savoir  Qu’encore est vive la souris !    Je n’ai eu ni mal ni grevance (*)    (*) peine  Dieu merci, mais suis sain et fort,  Et passe temps en espérance  Que paix, qui trop longuement... [Lire la suite]
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19 mars 2017

Kalil Hâwi (1919 - خليل حاوي/ ( 1982 : Dans l’obscurité des entrailles

  Dans l’obscurité des entrailles    Marchez plus doucement Sur nos nerfs, passants. Non, nous ne sommes pas morts. Fatigués, seulement, D’un sale brouillard Au visage pourri et faux Qui s’étire et se fait serpent, pieuvre, énigmes. Plutôt le ventre de la terre que cet air sans air.   Marchez plus doucement Sur nos nerfs, passants. Nous sommes dans le noir d’un sous-sol tranquille. Effaçant la fièvre, retrouvant l’esprit, nous chantons. Nous nous cachons. Nous cachons notre vie loin des chemins... [Lire la suite]
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18 mars 2017

Francis Jammes (1868 – 1938) : Quelle est cette lumière ?

    Quelle est cette lumière ?   Le Poète Quelle est cette lumière qui est presque de l’ombre ?   La Petite Vieille C’est l’aube qui va accoucher. Elle se gonfle. Elle va accoucher de tout ce qu’on verra : du soleil et de l’eau, de la terre et des bois.   Le Poète Qu’est-ce qui luit ?   La Petite Vieille   ... [Lire la suite]
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