14 mai 2019

Jean-Claude Pirotte (1939 – 2014) : Blues du déraciné

  Blues du déraciné   mon nom je l’ai perdu donnez-moi donc le nom que vous donnez générique et banal au peuple déplacé qui va de rue en rue de taudis en taudis   donnez-le-moi ce nom celui d’un père assassiné d’un frère embastillé d’une fiancé noire au corps vendu mon nom perdu rendez-le moi rendez   son nom d’homme au pauvre Gaspard Hauser mais vous n’écoutez pas la plainte des lèvres tuméfiées ni le crépi- tement des flammes autour de minuit   nous ne pouvons même pas incendier la... [Lire la suite]
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13 mai 2019

Giuseppe Ungaretti (1888 – 1970) : J’ai tout perdu / Tutto ho perduto

  J’ai tout perdu   J’ai tout perdu de l’enfance, Jamais plus je ne pourrai Perdre mémoire à crier.   L’enfance, je l’ai enfouie Au fond des nuits. A présent, lame invisible, Elle me coupe de tout.   Je me souviens comment j’exultais de t’aimer, A présent je suis perdu Dans l’illimité des nuits.   Désespoir incessant, croissant, La vie ne m’est plus rien, En travers de la gorge, Qu’un roc de cris.   Traduit de l’italien par Philippe Jaccotet In, Giuseppe Ungaretti : « Vie... [Lire la suite]
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12 mai 2019

Charles Baudelaire (1821 – 1867) : L’Invitation au voyage

  L’Invitation au Voyage          Mon enfant, ma sœur,      Songe à la douceur D’aller là-bas vivre ensemble !      Aimer à loisir,      Aimer et mourir Au pays qui te ressemble !      Les soleils mouillés      De ces ciels brouillés Pour mon esprit ont les charmes      Si mystérieux      De tes traîtres yeux, Brillant à travers leurs... [Lire la suite]
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11 mai 2019

Francisco Brines (1932 -) : Le pacte qui me reste

  Le Pacte qui me reste   Comment rendre à ma vie la lumière du matin, les larmes nocturnes, la frayeur de la mer, les silences du merle, le temps d’un soirée interminable ?   Et comment rendre leurs différences à la douleur et au bonheur, et les aimer tous deux d’égale façon car ne sont-ils pas le piment de la vie ?   Quand l’âge devient un naufrage, que le jour est un pétale, et qu’il reste peu de roses, il est impossible que le monde soit exhumé.   Trouve-toi deux yeux,... [Lire la suite]
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10 mai 2019

Léon-Paul Fargue (1876 – 1947) : Rappel

      Rappel        Il aime à descendre dans la ville à l’heure où le ciel se ferme à l’horizon comme une vaste phalène. Il s’enfonce au cœur de la rue comme un ouvrier dans sa tranchée. La cloche a plongé devant les fenêtres et les vitrines qui s’allument. Il semble que tous les regards du soir s’emplissent de larmes. Comme dans une opale, la lampe et le jour luttent avec douceur.      Des conseils s’écrivent tout seuls et s’étirent en lettres de... [Lire la suite]
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09 mai 2019

Pierre de Ronsard (15824 – 1585) : A un bel aubépin

  A un aubépin   Bel aubépin, fleurissant,           Verdissant Le long de ce beau rivage,   Tu es vêtu jusqu'au bas           Des longs bras D'une lambruche sauvage.   Deux camps de rouges fourmis           Se sont mis En garnison sous ta souche. Dans les pertuis de ton tronc           Tout du long Les avettes ont... [Lire la suite]
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08 mai 2019

André Gide (1869 – 1951) : « Certes, délicieuse est la brume... »

            Certes, délicieuse est la brume, au soleil levant sur les plaines      Et délicieux le soleil ;      Délicieuse à nos pieds nus la terre humide      Et le sable mouillé par la mer ;      Délicieuse à nous baigner fut l’eau des sources ;      A baiser les inconnues lèvres que mes lèvres touchèrent dans l’ombre...      Mais des fruits –... [Lire la suite]
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07 mai 2019

Yvon Le Men (1953 -) : Inconnus mais pas étrangers

   Inconnus mais pas étrangers   Depuis longtemps nos langues nous séparent malgré les montagnes les plaines les rivières   que nous avons grimpées traversées longées   depuis longtemps nos dieux nous séparent malgré le désert le ciel la mer   que nous avons priés   le pommier est-il l’étranger du pin l’oranger, celui du chêne   le reflet du peuplier dans la rivière de Castille est-il plus clair que celui du bouleau   dans un lac de Finlande   la neige qui... [Lire la suite]
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06 mai 2019

Miguel Angel Asturias (1899 – 1974) : Técoun-Oumane

  Técoun-Oumane   Técoun-Oumane, guerrier aux vertes tours, aux grandes, vertes, vertes tours, aux vertes, vertes, vertes tours, et aux Indiens, Indiens en file indienne qui grouillent comme cent mille fourmis : dix mille avec des flèches au pied d’un nuage, mille avec des frondes au pied d’un peuplier, sept mille avec des sarbacanes, et mille haches qui brillent sur chaque cime aile de papillon tombé dans une fourmilière de guerriers.   Técoun-Oumane, guerrier aux plumes vertes aux longues plumes... [Lire la suite]
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05 mai 2019

François Cheng (1929 -) : « Quand se tait soudain le chant du loriot... »

  Quand se tait soudain le chant du loriot L’espace est empli de choses qui meurent Tombant en cascade un long filet d’eau Ouvre les rochers de la profondeur Le vallon s’écoute et entend l’écho D’immémoriaux battement de cœur   Double chant, Editions Encre Marine,2000   Du même auteur : « Du pied à la pierre… » (15/05/2014) « L'infini n'est autre… » (15/05/2015) « Ce qui est donné… » (15/05/2016) « Demeure ici… » (15/05/2017) Avoir tout dit (05/05/2018)
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