28 février 2020

Alphonse de Lamartine (1790 – 1869) : Les voiles

  Les voiles     Quand j'étais jeune et fier et que j'ouvrais mes ailes, Les ailes de mon âme à tous les vents des mers, Les voiles emportaient ma pensée avec elles, Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers.   Je voyais dans ce vague où l'horizon se noie Surgir tout verdoyants de pampre et de jasmin Des continents de vie et des îles de joie Où la gloire et l'amour m'appelaient de la main.   J'enviais chaque nef qui blanchissait l'écume, Heureuse d'aspirer au rivage inconnu, Et... [Lire la suite]
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27 février 2020

Clod’Aria (1916 – 2015) : Symbole

  Symbole   Je cherche un pin tordu, Un pin qui me ressemble, Un pin qu’auront battu Tous les vents de Novembre,   Un pin au tronc noueux, Crevassé, biscornu, Dont le cœur sera creux Et le creux vermoulu,   Un pin aux branches noires Tendues vers un ciel gris, Vers un ciel de déboires, Vers un ciel de mépris.   Je cherche un pin tordu, Un pin qui me ressemble, Un pin qu’auront mordu Tous les froids de Décembre,   Un pauvre pin cassé, Décharné, racorni, Par l’hiver tourmenté Et... [Lire la suite]
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26 février 2020

Kubota Kuhonta (1881-1926) : « Affalé au sol ... »

    Affalé au sol le cerf volant était sans âme   Traduit du japonais par Roger Munier in, « Haïkus des quatre saisons » Editions du seuil, 2010
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25 février 2020

Marc Le Gros (1947 -) : Cigüeña

  Cigüeña   A chaque clocher sa fleur d’épine son grand bûcher de paille vive on s’y griffe les yeux en Avril les mains nous brûlent comme la neige là-haut sur GREDOS la saison dure ce qu’elle dure et si on croche dans sa lumière c’est qu’on a peur que l’oiseau qui se pose ce grand oiseau noir et blanc ne rejoigne la lenteur ancienne des pierres mais l’heure crépite comme un chant de fagot le temps ne pèse plus que de son pois de plumes   Avila    Avril 1991 Le Nouvel Ecriterres,... [Lire la suite]
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24 février 2020

Philippe Desportes (1546 – 1906) : « Icare est chu ici... »

  Icare est chu ici, le jeune audacieux, Qui pour voler au Ciel eut assez de courage : Ici tomba son corps dégarni de plumage, Laissant tous braves coeurs de sa chute envieux.   Ô bienheureux travail d'un esprit glorieux, Qui tire un si grand gain d'un si petit dommage ! Ô bienheureux malheur plein de tant d'avantage, Qu'il rende le vaincu des ans victorieux !   Un chemin si nouveau n'étonna sa jeunesse, Le pouvoir lui faillit mais non la hardiesse, Il eut pour le brûler des astres le plus beau. ... [Lire la suite]
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23 février 2020

Paul - Jean Toulet (1867 – 1920) : « Toute allégresse...

  Toute allégresse a son défaut           Et se brise elle-même Si vous voulez que je vous aime           Ne riez pas trop haut ;   C’est à voix basse qu’on enchante           Sous la cendre d’hiver Ce cœur pareil au feu couvert,           Qui se consume et chante.   Les Contrerimes Editions du Divan, 1921 Du même... [Lire la suite]
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22 février 2020

Tristan Tzara (1896 – 1963) : « J’avance lentement... »

  J’avance lentement la colère l’allégresse reconnues jour pour jour et dent pour dent voici l’heure qui remue la nuit sonne ce sont les sabots de ceux qui s’en vont en mer marteler les vagues du poids de leur corps de leurs poings de toute leur croyance en la vie secouer les tiroirs sans fond leur vérité n’a pas de prix elle est le rire sans paresse elle conduit l’audace du monde elle fait monter à la lumière les monceaux de lumière arrachés aux louvoyants baisers du goémon elle est le chant armé aux franges de... [Lire la suite]
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21 février 2020

Alain Borer (1949 -) : La belle de Halley

  La belle de Halley (pendant son monologue, la comète effectue une rotation autour des deux captifs)        Le voyage est si long pour que je resplendisse      Au-delà des dernières planètes aux confins du système solaire      Dans l’obscurité pure et le froid absolu tourne autour du Soleil une invisible sphère      Idole informe et vague, Ô ma mère cruelle et glacée en coulisses !      Par milliards ses... [Lire la suite]
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20 février 2020

Mang Ke /芒克 (1951 -) : Sur la neige bleue

  Sur la neige bleue   Sur la neige bleue brillent des flammes la neige   tu te frottes à l’aube chevelure folle main glacée   la neige bleue déchaine la folie des loups la neige   soudain tu saisis le visage que tu cherches soleil vaguement tuméfié tordu par la bourrasque   Traduit du chinois par Chantal Chen-Andro In, "Le Ciel en fuite. Anthologie de la nouvelle poésie chinoise" Editions Circé, 2004 Du même auteur : Le temps sans le temps (20/02/2015) Poème de... [Lire la suite]
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19 février 2020

António Ramos Rosa (1924 – 2013) : « Je ne peux remettre l’amour... » / « Não posso adiar o amor... »

  Je ne peux remettre l’amour à un autre siècle je ne peux pas même si le cri s’étrangle dans ma gorge même si la haine éclate crépite brûle sous des montagnes grises et des montagnes grises   Je ne peux ajourner cette étreinte qui est une arme au double tranchant d’amour et de haine   Je ne peux rien ajourner même si la nuit pèse des siècles sur mes épaules même si tarde l’aurore indécise je ne peux remettre ma vie à un autre siècle ni mon amour ni mon cri de libération   Non je ne peux... [Lire la suite]
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