05 novembre 2019

Alain Jouffroy (1928 – 2015) : Règles de stratégie

  Règles de stratégie     se lever tôt, voir le jour se lever, le suivre où il tourne,   avant que ne s’ouvre la porte du lycée           Victor Considérant sur la terrasse jonchée de feuilles –   devancer les autres (fierté de Paris) défier les futures boules de neige, ne pas craindre, volets grands ouverts           malgré le couvre-feu, la diffamation, les aigreurs –   écouter l’ennemi en le... [Lire la suite]
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04 novembre 2019

Benjamin Fondane (1898 – 1944) : « Je songe au passant qui... »

  Je songe au passant qui Traverse sans hâte la rue. Que de fois déjà il l’a vue ! Il ne la reverra plus.   Je pense à l’homme qui Etend dans ses draps une femme. La vieille chanson que la femme ! Mais c’est pour la dernière fois.   Je pense au poète vieilli. Voyez : il écrit un poème. En a-t-il écrit, des poèmes ! Mais celui-là c’est le dernier.   Je pense à l’homme qui Eteint sa lampe et se couche. Tant de fois il s’est endormi ! Mais cette fois c’est pour de bon. ... [Lire la suite]
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03 novembre 2019

Zéno Bianu (1950 -) : Fugue

  Fugue   Pour Denis Lavant   plus haut parlez plus haut les morts soufflez dans l’infini plus haut dans le secret de votre nuit   plus haut la semence des anges plus haut le ciel et les mains pleines plus haut l’immensité du noir     plus haut parlez plus haut les morts parlez pour prendre corps plus haut parler pour prendre cœur   plus haut le cortège des ombres plus haut les fables du naufrage plus haut la pulpe du désordre   plus haut parlez plus haut ... [Lire la suite]
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02 novembre 2019

Pablo Neruda (1904 – 1973 ) : Le paresseux / El perozoso

    Le paresseux   Continueront voyager choses de métal entre les étoiles des gens s’exténueront monter pour violer la lune douce là-bas fonder leurs pharmacies   En ce temps de vendanges pleines le vin chez nous commence à vivre de la mer à la Cordillère Au Chili dansent les cerises chantent des fillettes obscures et dans les guitares l’eau brille   Le soleil joue à toute porte Et fait miracles pour le blé Le premier vin est rosé Il est doux comme un enfant tendre Le second vin est vin... [Lire la suite]
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01 novembre 2019

Robert Rovini (1925 – 1968) : Nocturne

  Nocturne A Jean Ballard.     Ecoutez, il y a quelque part un oiseau qui chante, Un oiseau inconnu comme l’espoir dans ces régions, de pauvres plumes sans      nom D’où ruisselle une voix, un peu de sang quelque part Et un chant. Est-ce un arbre, cette ombre dans le coin ? Voyez-vous ces lumières là-bas, un peu plus loin, ces éclats D’un cristal écrasé, ou est-ce seulement vos yeux qui tremblent là, A cause de ce jour noir sans doute, De cette porte soudain fermée et dont on ne... [Lire la suite]
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31 octobre 2019

Biagio Marin (1891 – 1985) : « T’ai ôté chaque feuille... » / T’hè levào ogni fogia

  T’ai ôté chaque feuille comme à rose qui s’effeuille pour te voir bouton d’or.   Je ne l’ai pas trouvé : mais ton parfum m’a énivré et à présent je meurs de tant d’envie de ce parfum passé égaré oublié comme un de mes vers   Traduit de l’italien par Sophie Basch In, « La Nouvelle Revue Française, Juillet-Août 1993, N° 486-487 » Editions Gallimard, 1993     Ti ho tolto ogni foglia come ad una rosa che si disfoglia per vederti il bottone con l’oro.   Non l’ho... [Lire la suite]
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29 octobre 2019

Paul de Rességuier (18 ? – ?) : « Fort / Belle.... »

    Sonnet                                  Epitaphe                                 ... [Lire la suite]
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29 octobre 2019

Jean-Paul de Dadelsen (1913 – 1957) : Sur le nom de Bach

  Sur le nom de Bach (1)     Dans la gamme couleur d’automne de si bémol mineur, descend Cette première marche jusqu’à la note sensible ! Le nom alors se hisse Jusqu’à do, le niveau de la réalité. Et, de nouveau, du même demi-ton                     Retombe Sur ce si dont la vibration suspendue appelle une nouvelle ascension. Le clavier est l’image du monde. Comme l’échelle de Jacob ... [Lire la suite]
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28 octobre 2019

Gu Cheng / 顾城 ou 顧城 (1957 – 1993) : « Peut-être suis-je aveugle ... »

  Peut-être suis-je aveugle Je ne peux que vous toucher par ma voix Ouvrir le poème comme la paume d’une main Le tendre vers vous Ô frères sur la rive mienne du Pacifique De couleur rouge, de couleur claire, bleue, noire Fleurs qui se mettent à pleurer sur la rive mienne du Pacifique   Cette voix a traversé un vide infini   Traduit du chinois par Chantal Chen - Andro In, « Anthologie de la poésie chinoise » Editions Gallimard (La Pléiade),2015 Du même auteur : Le proche et le lointain... [Lire la suite]
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27 octobre 2019

Jean Joubert (1928 – 2015) : « Asseyez-vous, peuples de loups ... »

  Asseyez-vous, peuples de loups, sur les frontières et négociez la paix des roses, des ruisseaux, l'aurore partagée. Que les larmes, les armes s'égarent dans la rouille et la poussière. Que la haine crachée soit bue par le soleil. La terre ouvre sa robe de ténèbres, sa nudité enchante les oiseaux, le jour se fend comme fille amoureuse. Sous un ciel ébloui viennent alors après tant de saccage les épousailles de la terre et du feu, le temps des sources, des naissances. Après le sang, la traîtrise et... [Lire la suite]
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