15 avril 2021

Salvatore Quasimodo (1901 – 1968) : Vent à Tyndaris / Vento a Tindari

Vent à Tyndaris   Tyndaris, tu n’es que tendresse, Je le sais, parmi tes larges côteaux, Toi, suspendu sur la mer Baignant les douces îles du dieu, Tu fonds sur moi aujourd’hui Et te penches dans mon cœur.   J’escalade des pics vertigineux, des abîmes, Et le vent dans les pins me ravit, Et ma bande qui m’accompagne en douceur S’éloigne dans les airs, Vagues de sons et d’amour.   Et tu me prends, Toi dont je me suis mal dépris Et mes peurs d’ombres et de silences, Mes havres de douceurs jadis... [Lire la suite]
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14 avril 2021

Théophile de Viau (1590 – 1626) : La solitude

La solitude   Dans ce val solitaire et sombre, Le cerf, qui brame au bruit de l'eau, Penchant ses yeux dans un ruisseau, S'amuse à regarder son ombre.   De cette source une Naïade Tous les soirs ouvre le portail De sa demeure de cristal, Et nous chante une sérénade. Les Nymphes que la chasse attire À l'ombrage de ces forêts  Cherchent les cabinets secrets Loin de l'embûche du Satyre.   Jadis au pied de ce grand chêne, Presque aussi vieux que le Soleil, Bacchus, l'Amour et le Sommeil ... [Lire la suite]
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13 avril 2021

Saphô / Σαπφώ (vers 630 – vers 580 av. J. C.) : « ... Rien n’est plus beau... »

      ... Rien n’est plus beau, dit l’un, qu’une imposante armée ; L’autre : rien n’est plus beau qu’une escadre en plein vent. Rien n’est plus beau pour moi que le coeur de l’aimée Chacune fait son choix et risque en le suivant Des enfants des parents, un nom, des biens quittés ; Hélène pour Pâris fit brûler des cités. Le doux bruit de tes pas, ton beau visage tendre, J’aimerai mieux le voir, j’aimerai mieux l’entendre Que le char du Grand Roi et sa garde d’honneur. Hélas ! Nul être... [Lire la suite]
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12 avril 2021

Johannes Kühn (1934 -) : « Brouillard se dissipant au jardin... » / « Verfliegender Nebel im Garten... »

  Brouillard se dissipant au jardin   Le brouillard, laine blanche qu’aucune fille ne tire au rouet, enveloppe le jardin et se déplace vers l’avant, vers l’arrière, puis se dissipe. Et dans leur éclat se tiennent là, tulipes, anémones, rosiers, haies de lauriers : du bonheur qui pénètre les sens, j’en fredonne des chants purs et clairs, chaque son bien senti, chaque pas bien rendu me donne de la joie. Hier il a plu et d’un calice de fleur je sirote l’eau stagnante, puis cueille la fleur dont le... [Lire la suite]
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11 avril 2021

Heinrich Von Morungen (1150 - 1180) : « Las !... » /« Owê,.. »

12.VI   Las ! ne verrai-je plus jamais dans la nuit l’éclat plus blanc que neige de son corps si bien fait. Mes yeux abusés croyaient que c’était la lueur de la lune – et vint l’aube.   « Las ! ne passera-t-il jamais plus ici la matinée ? Puisse la nuit s’écouler pour nous sans que nous ayons à nous lamenter : « Las ! il fait jour à présent »  C’est ce qu’il s’écria plaintivement la dernière fois qu’à mes côtés il reposa – et vint l’aube. »   Las !... [Lire la suite]
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10 avril 2021

Jacque Réda (1929 -) : L’aurore hésite

    L’aurore hésite   Les arbres penchés dans le brouillard immobile Écoutent le cri de l'oiseau sans patrie. On passe avec effroi par le chemin de terre : La haute plaine au-delà n'existe plus, Les buissons et les pierres sont en exode. Au milieu du jardin tombé en déshérence, La source rentre sous l'argile et pas un brin D'herbe ne bouge. Mais on parle à mots couverts Derrière la clôture où s'attarde l'odeur D'un feu mouillé qui rôde. Est-ce vraiment l'aurore ? Dans le brouillard qui s'épaissit luit le... [Lire la suite]
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09 avril 2021

Pierre Reverdy (1889 – 1960) : Trois poèmes

Pierre Reverdy par Pablo Picasso   Trois poèmes   1   Un carré de rayon s’abat sur la lumière Ailleurs il fait sombre Et je vois voler mon chapeau Et vos doigts me disent le nombre des oiseaux Qui sont dans la cage d’en face   La fenêtre fait une grimace Le rideau se lève Et celle qui me regarde est belle Derrière il y a de l’eau Une glace Et l’ombre danse à travers les carreaux   Soleil Merveille C’est une danseuse irréelle Sur le bout des arbres du boulevard. Les grelots tintent il... [Lire la suite]
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08 avril 2021

Rutebeuf (1230 – 1285) : La grièche d’été

La grièche d’été   En rappelant ma grand folie qui n’est ni gente, ni jolie mais est vilaine et vilain celui qui la conte, me plains sept jours en la semaine et par raison. Jamais nul ne fut si perdu ! En hiver toute la saison j’ai tant œuvré et je me suis tant appliqué qu’en oeuvrant n’ai rien recouvré dont je me couvre. C’est fol ouvrier et folle œuvre qui par son travail rien ne gagne : tout tourne à perte et la grièche est si experte qu’« échec » dit « à la découverte » à son... [Lire la suite]
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07 avril 2021

Jean Cocteau (1889 – 1963) : Le Requiem : Première période

  Le Requiem   La magnifique et sauvage déraison de la poésie vous réfute, sectateurs de l’utile. C’est justement la  volonté de se délivrer de l’utile qui élève l’homme au- ... [Lire la suite]
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05 avril 2021

Karadja-Oghlan (17ème siècle) : « O vent de l’aube... »

  O vent de l’aube, salue la bien-aimée de ma part il m’est venu une telle envie de revoir mon pays le cœur désire, mais à quoi bon je n’y peux rien, des gens barrent notre chemin.   Le shah d’Iran nous a envoyé missive le chagrin nous a assailli de ses hordes le cruel destin nous a consumés et il a dispersé nos cendres au vent.   Mon fardeau c’est la peine, j’en achète et j’en vends je brûle et m’enfume comme la phalène dans l’autre monde je prendrai le destin à la gorge, qu’il n’abandonne pas nos roses... [Lire la suite]
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