14 mai 2015

Guillaume Apollinaire (1880 – 1918) : Le pont Mirabeau

  Vu par Jean Metzinger   Le pont Mirabeau   Sous le pont Mirabeau coule la Seine        Et nos amours    Faut-il qu’il m’en souvienne La joie venait toujours après la peine.         Vienne la nuit sonne l’heure        Les jours s’en vont je demeure   Les mains dans les mains restons face à face        Tandis que sous    Le pont de nos bras passe   Des éternels... [Lire la suite]
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13 mai 2015

José Maria de Heredia (1842 - 1905) : Maris stella

Maris stella    Sous les coiffes de lin, toutes, croisant leurs bras  Vêtus de laine rude ou de mince percale,  Les femmes, à genoux sur le roc de la cale,  Regardent l'Océan blanchir l'île de Batz.   Les hommes, pères, fils, maris, amants, là-bas,  Avec ceux de Paimpol, d'Audierne et de Cancale,  Vers le Nord, sont partis pour la lointaine escale.  Que de hardis pêcheurs qui ne reviendront pas !   Par-dessus la rumeur de la mer et des côtes  Le chant plaintif... [Lire la suite]
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12 mai 2015

Charles Baudelaire (1821 – 1867) : Le voyage

Photographie de Charles Nadar   Le Voyage  À Maxime Du Camp                                  I    Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,  L'univers est égal à son vaste appétit.  Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !  Aux yeux du souvenir que le monde est petit !   Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,  Le coeur gros de rancune et de désirs amers,  Et... [Lire la suite]
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06 mai 2015

Jacques Chessex (1934 – 2009) : 13 Janvier 1976

13 Janvier 1976   Visage revenu de la mort Mains croisées sur le soleil de l’inconnaissable Visage, os, lumière enfouie Qui suis-je pour oser vous contempler Sans hurler d’effroi et de tristesse   Cortège entre les maisons Quatre paysans sortis de vos poèmes Vous portent Nous marchons derrière vous Pluies, larmes, nous nous souvenons   Ce matin la chapelle est une amande Cruellement accueillante Les quatre paysans vous ont déposé devant nos yeux Seul sous le drap des morts Nous ne comprenons pas, ... [Lire la suite]
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05 mai 2015

Alfred de Vigny (1797 – 1863) : « Souvent dans les forêts de la Louisiane… »

  Souvent dans les forêts de la Louisiane, Bercé sous les bambous et la longue liane, Ayant rompu l’œuf d’or par le soleil mûri, Sort de son lit de fleurs l’éclatant colibri : Une verte émeraude a couronné sa tête, Des ailes sur son dos la pourpre est déjà prête, La cuirasse d’azur garnit son jeune cœur, Pour les luttes de l’air l’oiseau part en vainqueur… Il promène en des lieux voisins de la lumière Ses plumes de corail qui craignent la poussière ; Sous son abri sauvage étonnant le ramier, Le hardi... [Lire la suite]
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04 mai 2015

Blaise Cendrars (1887 – 1961) : Pâques à New-York

   à Agnès Flecte Ramos, arbor alta, tensa laxa viscera Et rigor lentescat ille quem dedit nativitas Ut superni membra Egis miti tendas stipite... ... [Lire la suite]
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03 mai 2015

Arthur Rimbaud ( 1854 – 1891) : Alchimie du verbe

Alchimie du verbe        A moi. L'histoire d'une de mes folies.       Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles,  et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.       J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de  saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée,  latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos... [Lire la suite]
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02 mai 2015

René Char (1907 – 1988) : « J’ai ce matin, suivi des yeux Florence …»

             J’ai ce matin,  suivi des yeux Florence qui retournait au Moulin du Calavon. Le sentier volait autour d’elle : un parterre de souris se chamaillant ! Le dos chaste et les longues jambes n’arrivaient pas à se rapetisser dans mon regard. La gorge de jujube s’attardait au bord de mes dents. Jusque ce que la verdure, à un tournant, me la dérobât, je repassai, m’émouvant à chaque note, son admirable corps musicien, inconnu du mien     Feuillets d’Hypnos, ... [Lire la suite]
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01 mai 2015

Guy Etienne (1928 - 2015 ) : « Un ramier…/ Un dube… »

           Un ramier, puis un second émergent des feuilles de pommier sous ma fenêtre. Un merle noir comme mûre auprès d’une grive sur le troisième fil de la ligne électrique au-dessus du premier champs vers la ville. Le ciel du 31 mai 1971. Jeunesse qui est à moi, l’homme aux quarante-trois ans. Ma jeunesse n’est pas derrière moi dans quelque passé, mais ici devant moi, fragile dans le ciel glorieux de brume du 31 mai, et plus solide que le monde, fondement du monde.     ... [Lire la suite]
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29 avril 2015

William Blake (1757 – 1827) : “ L’alouette, sur son lit de terre… / The Lark, sitting upon his earthy bed…”

------------------ L’alouette,  sur son lit de terre, dès que le matin point Ecoute en silence ; puis, s’élançant du champ de blé qui    ondule, à pleine voix Conduit le chœur du jour : son trille éperdu Montant sur les ailes de la lumière dans le vaste Espace Retentit en écho dans l’adorable azur et la brillante Sphère    des cieux. Sa gorge étroite lutte avec l’inspiration ; toutes les plumes De sa gorge, de sa poitrine, de ses ailes vibrent du souffle    Divin. Toute... [Lire la suite]
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