13 février 2015

Henry Taylor (1942 - ) : Pas encore

  Pas encore   Il viendra peut-être ce jour où, dans un fauteuil,           je me perdrai lentement du regard, où, immobile à l’orée d’un champ, au bout d’un rue           que je ne pourrai reconnaître, je tenterai de retrouver le souvenir qui semblerait           faire que longue vie vaille d’être vécue,   mais aujourd’hui, presque assoupi  dans le midi, j’ai ... [Lire la suite]
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12 février 2015

Hugo von Hofmannsthal (1874-1929) : Une aventure / Erlebnis

  Une aventure   Des vapeurs argentées emplissaient la vallée De crépuscules, comme si la lune luisait à travers les nuages. Ce n’était pourtant pas la nuit. Mes pensées crépusculaires Etaient noyées dans les vapeurs argentées de la vallée Lorsque calme, je m’enfonçai dans la mer, fileuses de transparences Et quittai la vie. Quelles fleurs merveilleuses Aux corolles sombres et brillantes étaient là !un fourré de fleurs Où rougeoyait la chaude averse d’une lumière dorée Comme un topaze. Partout L’intime... [Lire la suite]
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11 février 2015

François Coppée (1842 – 1908) : « Je suis un pâle enfant du vieux Paris »

  Je suis un pâle enfant du vieux Paris, et j'ai  Le regret des rêveurs qui n'ont pas voyagé. Au pays bleu mon âme en vain se réfugie, Elle n'a jamais pu perdre la nostalgie Des verts chemins qui vont là-bas, à l'horizon Comme un pauvre captif vieilli dans sa prison  Se cramponne aux barreaux étroits de sa fenêtre  Pour voir mourir le jour et pour le voir renaître.  Ou comme un exilé, promeneur assidu, Regarde du coteau le pays défendu Se dérouler au loin sous l'immensité bleue, Ainsi je fuis la... [Lire la suite]
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10 février 2015

Charles Bukowski : (1920 – 1994) : "elle me disait : tu es une vraie bête... / you’re a beast, she said"

  elle me disait : tu es une vraie bête avec ton gros ventre blanc et tes pieds velus. tu ne coupes jamais tes ongles et tu as des mains rondes et souples comme un chat et ton pif rouge brille comme un phare mais tu as les plus belles couilles que j’ai jamais vues. tu lâches ton foutre comme une baleine lâche son jet.   bête, tu es ma bête, et que je t’embrasse et que je t’embrasse : qu’est-ce que tu prends pour ton petit déjeuner ?   Traduit de l’américain par Gérard Guéguan In,... [Lire la suite]
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09 février 2015

Sully Prudhomme (1839 – 1907) : Sur l’eau

Sur l’eau   Je n'entends que le bruit de la rive et de l'eau,  Le chagrin résigné d'une source qui pleure  Ou d'un rocher qui verse une larme par heure,  Et le vague frisson des feuilles de bouleau.    Je ne sens pas le fleuve entraîner le bateau,  Mais c'est le bord fleuri qui passe, et je demeure ;  Et dans le flot profond, que de mes yeux j'effleure,  Le ciel bleu renversé tremble comme un rideau.    On dirait que cette onde en sommeillant serpente,  ... [Lire la suite]
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08 février 2015

Jack Kerouac (1922 -1969): 162ème chorus /162nd chorus

162ème chorus     LES REVES DE BILL Filles minces en kimonos légers De soie bleue, gaze légère, Longs, et transparents, Couchées, mi-assises, Fumant de très longs tubes Dans lesquels de temps en temps Un servant met des drogues, Dans un bol central,      Et tandis qu’elles fument      Un serviteur asperge      leurs yeux de poudre             de talc Et leurs yeux battent  De joie. ... [Lire la suite]
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07 février 2015

Jean-Pierre Claris de Florian (1755 – 1794) : Le grillon

Le grillon   Un pauvre petit grillon  Caché dans l'herbe fleurie Regardait un papillon  Voltigeant dans la prairie. L'insecte ailé brillait des plus vives couleurs ; L'azur, la pourpre et l'or éclataient sur ses ailes ; Jeune, beau, petit maître, il court de fleurs en fleurs, Prenant et quittant les plus belles. Ah! disait le grillon, que son sort et le mien  Sont différents ! Dame nature  Pour lui fit tout, et pour moi rien. Je n'ai point de talent, encor moins de figure. Nul ne... [Lire la suite]
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06 février 2015

Jean – Paul Guibbert (1942 -) : Voix ailée et vaine de Béatrice

Voix ailée et vaine de Béatrice   Je l’aimais, Les jours n’étaient que des escales Sur des îles de fond de mer Et la lumière de la nuit était celle du fond des eaux Et nos corps étaient des vaisseaux.   Le lent et perpétuel voyage de nos mains : Nos découvertes.     Franchi le lieu des eaux et des racines, Perdue la tige et les corolles consacrées, Je perdais pied, Lorsqu’au lointain, à la lisière du lointain, Dans les lentes contrées, M’apparurent les grands arbres.   Alors me vint... [Lire la suite]
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05 février 2015

Gisèle Prassinos (1920 - 2015) : « On a bu ses bouquets… »

On a bu ses bouquets…   On a bu ses bouquets et mangé ses cailloux de la saison vieillie il ne reste que l’ombre. Des feuilles de bonne volonté pour les pauvres des secours d’auteurs et parfois bleues, ces heures couchées sur l’orgueil de la mer.   Ce soir demain on parlera plus près des portes le jour et l’écho seront tôt fatigués. Réunis, l’ouvrage et la lampe la laine et le dos vont conspirer dans une brève stupeur entre la mémoire et l’espérance.   Pour l’arrière- saison,  Editions Pierre... [Lire la suite]
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04 février 2015

Dylan Thomas (1914 -1953) : La lumière point là où le soleil ne brille pas

La lumière point là où le soleil ne brille pas   La lumière point là où le soleil ne brille pas Là où la mer ne s’étend pas, les eaux du cœur Epandent leurs marées. Et, spectres brisés, des vers luisants plein la tête, Les choses de lumière Passent à travers la chair là où la chair n’habille pas les os.   Une chandelle dans les cuisses Echauffe la jeunesse et la graine et brûle les graines de la vie. Là où la graine ne lève pas Le fruit de l’homme s’ouvre dans les étoiles Brillant comme une figue. Là où la... [Lire la suite]
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