23 décembre 2018

Saadi Youssef (1934 -) / سعدي يوسف : Alllégeance

  Allégeance   D’un pays à l’autre tu tourneras D’une femme à l’autre tu fuiras d’un désert à l’autre Mais le fil tendu du cerf-volant restera le fil attaché au palmier d’où ton premier  avion s’est envolé...     Traduit de l’arabe par Abdellatif Laâbi et Jabbar Yassin Hussin in, « Loin du premier ciel » Actes Sud / Sindbad, 1999  
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22 décembre 2018

André de Richaud (1909 – 1968) : Testament

  Testament   Autrefois j'aurais voulu être le dernier oiseau du dernier platane La première lueur du matin sur l'aile d'un olivier L'orange de midi, bien pendue sur ses feuillages de parfum Et ce nuage qui joue autour du phare J'aurais voulu être une phrase coupée au raz d'un poème Découvert par une jeune fille aux cils de pavot Au bord d'un grenier de Provence Mais maintenant Mon dernier désir est que mon souvenir brûle Les pierres où il est gravé Ici et là au petit vol de mes voyages Les sables... [Lire la suite]
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21 décembre 2018

Marc – Antoine Girard de Saint – Amant (1594-1651) : Le paresseux

Le paresseux   Accablé de paresse et de mélancolie, Je rêve dans un lit où je suis fagoté Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté, Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.   Là, sans me soucier des guerres d'Italie, Du comte Palatin, ni de sa royauté, Je consacre un bel hymne à cette oisiveté Où mon âme en langueur est comme ensevelie.     Je trouve ce plaisir si doux et si charmant, Que je crois que les biens me viendront en dormant, Puisque je vois déjà s'en enfler ma bedaine, ... [Lire la suite]
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20 décembre 2018

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : A se stesso

    A se stesso   Or à jamais tu sommeilles, si harassé, mon cœur. L’ultime mirage s’est éteint, qui me faisait croire éternel. Mort. Je le sens bien, même les rêves les plus chers, y compris l’espoir, se sont fanés. Repose pour toujours. Toi qui a tant palpité. D’aucuns soupirs n’est digne la terre, ni ne mérite tes ardeurs. Rien qu’amertume et ennui, la vie ; et le monde n’est que boue. Sois en paix désormais. Désespère en cet instant ultime. A notre espèce le sort n’a offert que le mourir.... [Lire la suite]
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19 décembre 2018

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : Village / Pueblo

Village   Sur la colline pelée, un chemin de croix, de l’eau claire et des oliviers centenaires.   Dans les ruelles, des hommes au visage caché. Et sur les clochers, des girouettes qui tournent.   Qui tournent éternellement. O village perdu dans une Andalousie de larmes.   Traduit de l’espagnol par Jacinto- Luis Guereña in « Anthologie bilingue de la poésie espagnole contemporaine » Gérard & C° (Marabout Université), Verviers (Belgique), 1969 Du même auteur : La... [Lire la suite]
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18 décembre 2018

Czesław Miłosz (1911 – 2004) : A Allen Ginsberg / Do Allena Ginsberga

  A Allen Ginsberg     Allen, mon cher, mon grand poète d’un siècle meurtrier, toi qui t’obstinant dans ta folie es arrivé à la sagesse. Je t’avoue que ma vie n’a pas été telle que je l’aurais souhaitée.   Et maintenant qu’elle est passée, elle reste là comme un pneu inutile au bord de la route.   Elle était comme la vie de millions d’hommes, contre laquelle tu te révoltais au nom de la poésie et de Dieu tout-puissant.   Soumise aux bonnes mœurs, avec la conscience que ces mœurs... [Lire la suite]
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17 décembre 2018

Roger Caillois (1913 – 1978) : Dédicace

  Dédicace        Je parle de pierres qui ont toujours couché dehors ou qui dorment dans leur gîte et la nuit des filons. Elles n’intéressent ni l’archéologue ni l’artiste ni le diamantaire. Personne n’en fit des palais, des statues, des bijoux ; ou des digues, des remparts, des tombeaux. Elles ne sont ni utiles ni renommées. Leurs facettes ne brillent sur aucun anneau, sur aucun diadème. Elle ne publient pas, gravées en caractères ineffables, des listes de victoires, des lois ... [Lire la suite]
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16 décembre 2018

Brigitte Oleschinski (1955 -) : Puis à nouveau le long des façades / Dann nieder die niedrigen buckligen

  Puis à nouveau le long des façades basses et bossues   au crépi qui s’effrite, les pavés bourdonnant comme du gâteau encore chaud entre les bordures raides et obliques du caniveau. Dans la cour, la sueur fraîche pose un glaçage sur les minces plaques dans la cour qu’un métier enchanté ... [Lire la suite]
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15 décembre 2018

Gérald Neveu (1921 – 1960) : Raison sociale

  Raison sociale             Je vis de peu. J’entends tinter des pierres dans ma tête. On vient me visiter — un peu pour entendre ce bruit et pour m’aider à fabriquer de la mousse. Je suis très bien comme cela. Il paraît que ça me va à merveille. Il ne me manque qu’un joyeux scorpion sur la bouche. J’entends au loin mes amis qui m’appellent. Ils ont des voix attendrissantes. Ils m’exhor- tent à m’échapper. C’est gentil. Ça réconforte. D’ailleurs ils ignorent ... [Lire la suite]
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14 décembre 2018

Jean-Pierre Faye (1925 -) : Droit de suite. I

  Droit de suite   I Où monte la crête de montagne au-dessus des pentes, par delà l’intervalle la cassure pleine de son drainant les échos vers le soir de fumier et d’insectes et l’odeur de minerai l’arête de parpaing effritée ou la longue mâchoire de poils la chaleur lente d’animal le rouge rouillé de la plante à ce point de soir et de terre, où convergent les aines et les jambes   où se mêlent sens et son le goût de fadeur et de fibre les tiges à hauteur de ventre le plomb du jour le ton de... [Lire la suite]
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