08 novembre 2020

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818 – 1894) : Les clairs de lune (III)

  Les clairs de lune (III)     La mer est grise, calme, immense, L'œil vainement en fait le tour. Rien ne finit, rien ne commence ; Ce n'est ni la nuit ni le jour.   Point de lame à frange d'écume, Point d'étoiles au fond de l'air. Rien ne s'éteint rien ne s'allume ; L'espace n'est ni noir ni clair.   Albatros, pétrels aux cris rudes, Marsouins, souffleurs, tout a fui. Sur les tranquilles solitudes Plane un vague et profond ennui.   Nulle rumeur, pas une haleine, La... [Lire la suite]
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07 novembre 2020

Blas de Otero (1916 – 1979) : Automne / Otoño

  Automne   Terre rongée par la guerre, triste et malheureuse Espagne, je te contemple en ce matin d’octobre, le ciel a la couleur de l’acier rouillé, les premiers froids coupent les feuilles jaunes, patrie de ma vie errante, coteaux rouges de Ciudad Real, fin brouillard de Vigo, pont sur le Ter, oliviers alignés de Tarragone, près de la mer bleue, terre si cruellement labourée, tous te pleurent et nous, nous ouvrons les bras à la vie, nous savons que l’automne reviendra, doré, ensemencé, beau comme un... [Lire la suite]
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05 novembre 2020

Alfred Jarry (1873 – 1907) : Manao tupapau

  MANAO TUPAPAU (*)   Paul Gauguin : Manao Tupapau (l'esprit des morts veille)     Le mur déjà s’endort. L’Olympia couchée brune sur la jonchée des arabesques d’or et qui fane et profane de son corps diaphane, soleil enseveli, l’or pâli de son lit, rêve à de vieux mystères : par les nuits solitaires l’âme des morts dormants ressuscitait amants. Puissent donc leurs bras d’ombre, puissent leurs bras sans nombre par cette nuit de ruts, incubes apparus, étreindre mon corps vierge ! ... [Lire la suite]
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05 novembre 2020

Alain Jouffroy (1928 – 2015) : Règles de stratégie (II)

  Règles de stratégie   II (malade, se souvenir                                  - parler au présent)   le télégramme vient de tomber dans la      boîte aux lettres en forme de guérite.   il ressemble, par la stupeur et la rage qu’il      suscite, à un portrait de Dora Maar par Picasso.   je... [Lire la suite]
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04 novembre 2020

Benjamin Fondane / Fundoianu (1898 – 1944) : Herța

Marcel Iancu : Fundoianu, 1925   Herța   I Le bourg sent la pluie, l’automne et le foin. Le vent apporte du sable, bouillant, dans le poumon, et les filles attendent dans la ruelle sale le silence qui tombe sur chaque soir, et le facteur encapuchonné, lourd et indifférent. Des chariots pourchassés par la pluie sont passés, et le silence sur toute chose depuis longtemps moisit. Dans les maisons, des hommes simples parlent le yiddish. Des oies, chaussées de jaune, longent d’un pas lent une palissade ; écoute... [Lire la suite]
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03 novembre 2020

David Gascoyne (1916 – 2001) : La Cage / The Cage

  La Cage   Dans la nuit qui s’éveille Les forêts se sont arrêtées de pousser Les coquilles sont à l’écoute Les ombres dans les mares deviennent grises Les perles se dissolvent dans les ombres Et je reviens vers toi    Ton visage est indiqué sur le cadran Mes mains sont au-dessous de tes cheveux Et si l’heure que tu indiques libère les oiseaux Et s’ils s’envolent vers la forêt L’heure ne nous appartiendra plus    A nous appartient la cage d’oiseaux ornée La tasse d’eau... [Lire la suite]
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02 novembre 2020

Pablo Neruda (1904 – 19733) : La Ma Nounou / La Mamadre

  La Ma Nounou     La Ma Nounou s’avance dans ses sabots de bois. Au soir d’hier le vent du Pôle a soufflé, les toits se sont brisés, les murs et les ponts se sont effondrés, toute la nuit a hurlé avec ses pumas, et maintenant, en ce matin de soleil glacé, la voici la Ma Nounou donã Trinidad Marverde, douce comme la timide fraîcheur du soleil dans les pays de tempête, lampe menue et s’éteignant, se rallumant pour que tous voient bien le chemin.   O douce Ma Nounou - je n’ai... [Lire la suite]
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01 novembre 2020

Frédéric Jacques Temple (1921 – 2020) : Northbound

    NORTHBOUND   FOGHORN ... [Lire la suite]
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31 octobre 2020

Biagio Marin (1891 – 1985) : « Mistral d’été... » / « Maistral d’istàe... »

  Mistral d’été donne-moi encore des ailes maintenant que les journées me descendent dans l’âme.   Fais-moi voile tendue fais-moi son de clocher qu’une terre lointaine à sa table m’accueille.   Rien peut-être que pluie tombant sur unjardin rafraîchir les parterres de la jeune salade.   L’envie du lointain me brûle et me tourmente ; odeur des primes violettes et parfum de la menthe.   Et ce nuage, mistral, qu’avec toi tu emportes, cette aile de mouette, ils sont mon agonie. ... [Lire la suite]
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30 octobre 2020

Jacques Chessex (1934 – 2009) : La part errante

Jacques Chessex en septembre 2009 à Lausanne   La part errante   Ce fut la mort ? Vous le direz                         fantôme devant l’air Et toi corps qui étais colline brillante Tu ne laisseras plus la main du maître                         te saisir Ni son éternité dissoudre un... [Lire la suite]
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