05 mai 2020

François Cheng (1929 -) : L’arbre en nous a parlé (II)

  L’arbre en nous a parlé (II)   ........................................................... Avant l’orage   Entre les amandiers Le trop-plein de l’été           s’est retiré Un chant de loriot           depuis la haie Vient se loger Dans le nid défait           de la vacance   Jailli de la senteur           du sol... [Lire la suite]
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03 mai 2020

Henri Michaux (1889 – 1984) : La marche dans le tunnel (1- 9)

  La marche dans le tunnel     CHANT PREMIER        J’entendis des paroles dans le noir. Elles avaient la gravité des situations périlleuses au cœur de la nuit entre personnages d’importance.      Elles disaient, ces paroles, dans l’ombre obscure. Elles disaient avec confusion. Elles disaient toutes : « Malheur ! Malheur ! » et ne cessaient pas, criant toujours : « Malheur ! Malheur ! »      Je vis... [Lire la suite]
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03 mai 2020

Arthur Rimlbaud (1854 – 1891) : Marine

Rimbaud caricaturé par Luque dans la revue Les Hommes d'aujourd'hui en janvier 1888.   Marine   Les chars d’argent et de cuivre – Les proues d’acier et d’argent – Battent l’écume, – Soulèvent les souches des ronces – Les courants de la lande, Et les ornières immenses du reflux, Filent circulairement vers l’est, Vers les piliers de la forêt, - Vers les fûts de la jetée, Dont l’angle est heurté par des tourbillons de lumière.   Illuminations In, Arthur Rimbaud : « Poésies, Une saison... [Lire la suite]
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02 mai 2020

René Char (1907 – 1988) : « Le peuple des prés m’enchante... »

    1966.     Le peuple des prés m’enchante. Sa beauté frêle et dépourvue de venin, je ne me lasse pas de me la réciter. Le campagnol, la taupe, sombres enfants perdus dans la chimère de l’herbe, l’orvet, fils du verre, le grillon, moutonnier comme pas un, la sauterelle qui claque et compte son linge, le papillon qui simule l’ivresse et agace les fleurs de ses hoquets silencieux, les fourmis assagies par la grande étendue verte, et immédiatement au-dessus les météores hirondelles... ... [Lire la suite]
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01 mai 2020

Guillaume Apollinaire (1880 – 1918) : Corps de chasse

Eugène Montfort. — Portrait de Guillaume Apollinaire travesti en Louise Lalanne, 1909   Cors de chasse   Notre histoire est noble et tragique Comme le masque d’un tyran Nul drame hasardeux ou magique Aucun détail indifférent Ne rend notre amour pathétique   Et Thomas de Quincey buvant L’opium poison doux et chaste A sa pauvre Anna allait rêvant Passons passons puisque tout passe Je me retournerai souvent   Les souvenirs sont cors de chasse Dont meurt le bruit parmi le vent   Alcools, ... [Lire la suite]
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30 avril 2020

Roberto San Geroteo (1951-) : « Le bleu du ciel est blanc... »

  Le bleu du ciel est blanc, et froid, et vide de sens. ce qui de loin le traverse s’y attarde, s’en nourrit. des oiseaux. des cris. des nuages. et des yeux.   tu vas et viens d’un côté puis de l’autre, dedans tu te dis la saveur de l’air gris. dehors tu ne penses qu’au retour   Il neige autour d’elle, et lui, il y a très longtemps tu fermes les yeux et l’image tressaille en toi   tu vas et viens entre deux vies, l’une rit sur un versant et disparaît dans l’autre. et l’autre sur la cime semble dire... [Lire la suite]
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29 avril 2020

Joseph Brodsky / Иосиф Александрович Бродский (1940 – 1996) : Elégie à John Donne / Большая элегия Джону Донну

  Elégie à John Donne     John Donne s’est endormi et tout dort autour de lui, dorment les murs, le plancher, le lit, les tableaux, dorment la table, les tapis, les verrous, le cadenas, l’armoire toute entière, le buffet, les bougies, les rideaux. Tout dort. Les bouteilles, les verres, les vases, le pain, le couteau de cuisine, la porcelaine, les cristaux, la vaisselle, la veilleuse, le linge, la commode, les vitres, l’horloge, les marches, les portes. Partout c’est la nuit. Partout il fait nuit :... [Lire la suite]
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28 avril 2020

Alain Mabanckou (1966 -) : Les arbres aussi versent des larmes.I

  Les arbres aussi versent des larmes.   I je sais à présent que dans la forêt dense de la solitude l’homme retrouve sa nature primitive l’usage du feu le dialogue avec les arbres et les plantes la prédiction du temps et des saisons à l’aide des brindilles de la feuille qui tombe   j’ai oublié le langage des hommes depuis que je traque les empreintes d’un territoire migrant   que m’importe maintenant l’usage de la parole les mots évidés décharnus qui ne valent le pépiement des... [Lire la suite]
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27 avril 2020

Claude Vigée (1921 -) : Passant près du banc vide

      Passant près du banc vide   Bonsoir, petite Evy, bonsoir comme autrefois, toi qui, depuis de si longs jours déjà , demeures loin de moi.   Bonsoir dès que je passe à côté de ton banc dans le parc étranger où nul ne va s’asseoir, où personne dans le noir ne dresse les oreilles quand le silence sur nous s’étend dans les buissons, et que, très lentement, avec la nuit qui tombe, s’éteint dans la pénombre le murmure de mes mots :   entre plaisir et peine à travers deuil et joie, ... [Lire la suite]
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26 avril 2020

Johannes Bobrowski (1917 – 1965) : Tour de voiture / Wagenfahrt

  Tour de voiture   Belle lune de Mariampol ! Sur la lisière de chaume, ma petite cité, derrière les baraques elle monte, lourde, pesante et comme parfois retombant un peu. Ainsi va le marchande de chevaux, il achète pour sa mère un foulard à frange.   Le soir, tard, ils ont chanté tous les deux. Nous sommes rentrés chez nous en traversant la rivière, sur le bac on entendait, comme l’eau, passer, légers, des mots échangés de gens se hélant, s’appelant – nous l’avons entendue longtemps ... [Lire la suite]
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