25 avril 2021

Pierre Morency (1942) : Soyons

Photo : © M. BOULIANE   Soyons   Il n’y aura pas de poème. Seulement l’hiver en grippe, le hurlement des neiges poudreuses, la nuit déchiquetée, on casse des miroirs près du fleuve, un gémissement glacial, la fracture du corps sensible, on tournoie, on déferle, passage de la comète, son déchirement, révélation des ferveurs prises en pain, et puis une torche au loin, un œil de braise, le tissu nouveau sous l’écorchure. Pas de poème. Il y aura seulement la relation aussi exacte que possible de ce moment : un... [Lire la suite]
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24 avril 2021

Saint-Pol-Roux (1861 – 1940) : Sur un ruisselet qui passe dans la luzerne

Sur un ruisselet qui passe dans la luzerne À Francis Vielé-Griffin.   Ô l’onde qui file et glisse, vive, naïve, lisse ! Parmi les prairies du songe, des filles se révèlent, parfois, la chevelure telle. Ce Ruisselet, parvule et frais, sans doute est un lézard de désirs purs… épanoui      lézard qu’une étincelle d’œil ferait s’évanouir ? Sur le silence des ongles inférieurs, noyé dans ce saule propice, admirons la      Pèlerine de la langue et de la racine qui s’achemine en la... [Lire la suite]
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23 avril 2021

Rabindranath Tagore / রবীন্দ্রনাথ ঠাকুর (1861 – 1941) : Cygne (XIII – XXVI)

Cygne (XIII – XXVI)   XIII Dans le cœur ascétique de la forêt d’hiver aux feuilles tombées Pourquoi se précipite Le vent enivré du Printemps ? Sans pudeur ni crainte Il fait trembler de colère les heures d’hiver qu’alourdit la rosée Lorsqu’il éparpille au ciel son éclat de rire !   Et toi ma jeunesse longtemps oubliée Pourquoi m’envoies-tu cette lettre Par la main du joyeux Printemps, Quand il fait le geste et donne le signal de la musique soudaine ?   Dans cette lettre ma jeunesse... [Lire la suite]
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22 avril 2021

Lucian Blaga (1895 – 1961) : « Je ne piétine pas la corolle de merveilles du monde » / » Eu nu strivesc corola de minuni a lumii

  Je ne piétine pas la corolle de merveilles du monde et je n’assassine point de mes raisonnements les mystères que je croise sur ma route, dans les fleurs, dans les yeux, sur les lèvres ou sur les tombes. La lumière des autres étouffe le charme impénétrable qui se cache au profond des ténèbres mais moi, moi avec ma lumière j’amplifie le mystère du monde – comme les rayons blancs de le lune n’éteignent point mais au contraire avivent l’obscur frémissement de la nuit, de même j’enrichis moi aussi l’horizon ténébreux... [Lire la suite]
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21 avril 2021

Paul Dirmeikis (1954 -) : 火 Laudes du feu

火 Laudes du feu   Jeudi 23 mai 2013                                                                           Le voyageur                      On ne devrait écouter qu’une fois toute musique une seule de... [Lire la suite]
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20 avril 2021

Tristan Corbière (1845 – 1975) : Au vieux Roscoff

  Au vieux Roscoff  Berceuse en Nord-Ouest mineur     Trou de flibustiers, vieux nid À corsaires ! – dans la tourmente, Dors ton bon somme de granit Sur tes caves que le flot hante…   Ronfle à la mer, ronfle à la brise ; Ta corne dans la brume grise, Ton pied marin dans les brisans… – Dors : tu peux fermer ton œil borgne Ouvert sur le large, et qui lorgne Les Anglais, depuis trois cents ans.   – Dors, vieille coque bien ancrée ; Les margats et les cormorans Tes... [Lire la suite]
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19 avril 2021

Judes Stéfan (1930 – 2020) : Aux îles Fortunées / Antwerpen / Coïmbra

Aux îles Fortunées   Agonie dans un jardin paisibles le lion et le tigre d’Hyrcanie comme on dit qu’Armide enchaîna de fleurs bras et pieds endormi Renaud au-delà l’élevant des neiges à l’or païen de verdure et de paix : jardin et délices que nous feint l’auberge ici-bas des péchés où l’on urine fiente et ricane avec femmes réglées. Fontaine du rire myrte animé des nymphes et le sanglant cyprès sont bien désenchantés crétin de chrétien ! Enchantons-nous donc du bien qui nous laisse au mal, Le Tasse. ... [Lire la suite]
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18 avril 2021

Cesare Pavese (1908 – 1950) : Eté – Eté 1 / Estate – Estate I

  Eté   Il est un jardin clair, herbe sèche et lumière, entouré de murets, qui réchauffe sa terre doucement. Lumière qui évoque la mer. Tu respires cette herbe. Tu touches tes cheveux et tu en fais jaillir le souvenir.   ... [Lire la suite]
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17 avril 2021

Max Jacob (1876 – 1944) : Villonelle

  Villonelle   Dis-moi quelle fut la chanson Que chantaient les belles sirènes Pour faire pencher des trirèmes Les Grecs qui lâchaient l’aviron.   Achille qui prit Troie, dit-on, Dans un cheval bourré de son Achille fut grand capitaine Or, il fut pris par des chansons Que chantaient des vierges hellènes Dis-moi, Vénus, je t’en supplie Ce qu’était cette mélodie.   Un prisonnier dans sa prison En fit une en Tripolitaine Et si belle que sans rançon On le rendit à sa marraine Qui pleurait contre... [Lire la suite]
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16 avril 2021

Peter Huchel (1903 – 1981) : Znorovy

Znorovy Pour Jan Skácel,   Entre pins et jachères la traversée vers l’été, dans le fourré, de côté, près des granges, les pièges à martres, rouillés.   Je n’irai jamais à Znorovy, où les ombres enchaînées montent hors de l’eau, le manège sans attelage de chevaux tourne sans bruit, les vociférations tardives de la grive assombrissent les toits.   Tout est douteux, lorsque derrière les nuages le soleil lignifie la capsule du pavot et que les graines crissent plus durement. Aucun sismographe ... [Lire la suite]
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