05 février 2021

Friedrich Hölderlin (1770 - 1843) : « Comme, lorsqu’au jour de fête... » / « Wie wenn am Feiertage...

  Dessin de Mary Evans Picture Library     Comme, lorsqu’au jour de fête, pour aller inspecter son champ, Un paysan s’en va le matin, quand pendant tout le temps D’une brûlante nuit la fraîcheur des éclairs est tombée Et qu’au loin retentit encore le tonnerre Le fleuve revient en ses berges, Le sol se met à reverdir, Et de l’agréable pluie du ciel La vigne goutte doucement et les arbres Du bois scintillent doucement sous le soleil :   Ainsi se trouvent-ils, sous un climat propice, Ceux que... [Lire la suite]
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05 février 2021

Heather Dohollau (1925 – 2013) : Paulina à Orta

  Paulina à Orta   Je serai éternellement bleue Pierre Jean JOUVE « Paulina 1880 ».   Seul l’unique est l’autre E. LEVINAS.   Ici au bord du lac est le seul espace Où partir sur une mer bordée de terre ? Le soleil et la lune grandissent les heures En hautes frondaisons bleues aux tiges absentes Les pentes des jardins hésitant en marches Etirent le ciel sur une couche mouvante Surface sans substance réelle où brillent en leurre Les ailes miroitantes d’un vol suspendu    ... [Lire la suite]
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04 février 2021

Kobayashi Issa / 小林 一茶 (1703 – 1826) : « Le papillon bat des ailes... »

  Le papillon bat des ailes comme s’il désespérait de ce monde   Traduit du japonais par Roger Munier In, « Haïkus des quatre saisons » Editions du Seuil, 2010 Du même auteur :  « quiétude… » (04/02/2016) « Première cigale… » (04/02/2017) « Ah ! pouvoir être … » (04/02/2018) « Un monde de douleurs... » (04/02/2019) « Couvert de papillons... » (04/02/2020)
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03 février 2021

José Gutiérrez (1955 -) : Désolation de miroirs

  Désolation de miroirs Hommage à Luis Cernuda   Non ta voix n’est plus tristesse, mais ombre. Un blond épi de pleurs te berce comme une belle pénombre. Ton front altier, aile légère et très fraîche qui enflamme la nuit. Sur tes lèvres passent les fleuves, désirs qui sont nuages. Tes yeux abattus, vertige de l’amour et ton corps telle une mer de bonheur. Seules tes pupilles son tristes, mais tu chantes. La mémoire te guette, sa ténèbre. Tu vis et meurs et meurs en toutes choses. Tu ne rêves plus. ... [Lire la suite]
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02 février 2021

Kiki Dimoulá / Κική Δημουλά (1931 - 2020) : Oblivion beach

    Oblivion beach   Ce qu'elle en bave, dis donc, l'âme quand au lieu de dormir elle songe à des orthographes mafieuses : l'Homme, par exemple, pourquoi veut-il à tout prix s'écrire avec deux m comme deux poings serrés, pour quoi faire ?   Regarde-moi ça, mon vieux, quelle hypocrisie, à faire dresser les cheveux sur la tête : tout ce que j'ai subi la nuit, tout ce qui m'a torturée, toutes les ténèbres menaçant de m'emmener encore, ces terreurs qui me bandaient les yeux pour... [Lire la suite]
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01 février 2021

Dino Campana (1885 – 1932) : L’espérance (sur le torrent nocturne) / La speranza (sul torrente notturno)

  L’espérance (sur le torrent nocturne)     Pour l’amour des poètes Princesse des rêves secrets Dans les ailes des vives pensées répète répète Ô princesse tes chants : Toi chevelue de chants muets Pâle amour des errants Etouffe les pleurs inéteints Donne trêve aux amours secrètes : Qui les taciturnes portes Veille que la Nuit A ouvertes sur l’infini ? Penchent les heures : avec le rêve évanoui Penche le pâle Sort..................................... ... [Lire la suite]
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31 janvier 2021

Choi Seung-Ho / 최승호 (1954 -) : De la soupe piquante

  De la soupe piquante   Comme une pucelle qui se débat Quand un voyou l’agresse avec une arme meurtrière La carpe frétille sur la planche à découper Le couteau lui découpe les nageoires Le couteau lui écorche les écailles dorées   Pour rincer avec de l’alcool fort La bile qui est dans mon cerveau Je vais manger un bol de soupe bien piquante   Les vacanciers tout joyeux partis en car de tourisme Se lancent à corps perdus dans la rivière Plouf Ils respirent enfin grâce à la beauté Du sable qui... [Lire la suite]
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30 janvier 2021

Gaston Miron (1928 – 1996) : Poème de séparation 1

Photo : Jean-Paul Stercq   Poème de séparation 1   chaque fois j’ai saigné dur à n’en pas tarir par les sources et les noeuds qui s’enchevêtrent je ne suis plus qu’un homme descendu à sa boue chagrins et pluies couronnent ma tête hagarde et tandis que l’oiseau s’émiette dans la pierre les fleurs avancées du monde agonisent de froid et le fleuve remonte seul debout dans ses vents   je me creusais un sillon aux larges épaules au bout son visage montait comme l’horizon maintenant je suis pioché d’un mal... [Lire la suite]
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29 janvier 2021

Benjamin Péret (1899 – 1959) : Equivalence des morts

  Equivalence des morts à André BRETON   I Fête des vestiges Les chevaux galopent sur les routes Les insensés morts t’ont cultivé soleil tulipe noire montés sur leurs échasses   Oubli oubli qui tourne en ville Mes cerfs empennés par l’eau froide Les chemins n’ont pas été inventés par les jambes La remorque atteint son naufrage   Je te cherche ma vie entre les doigts des murs   II Aux rochers de l’oubli qu’on attache ma mort. L’aube s’éteint Soupirs soupirs qui furent mes privautés. ... [Lire la suite]
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28 janvier 2021

Walt Whitman (1819 – 1892) : Salut au monde !

  Salut au monde !   1 Oui, prends ma main Walt Whitman ! Vois-tu la miraculeuse chaîne de merveilles ? tous ces spectacles, tous ces      bruits ? Toutes ces mailles interminablement tressées entre elles, agrafées l’une à         l’autre, Chacune renvoyant a la prochaine, partageant avec toutes les autres l’univers ! Dis-moi ce qui s’épanouit en toi Walt Whitman ? Dis-moi l’humidité des vagues et des terreaux en toi Walt... [Lire la suite]
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