27 mai 2019

Jean de La Croix / Juan de La Cruz (1542 - 1591) : Flamme vive d’amour / llama de amor viva

  Flamme vive d’amour        Ô vive flamme, ô sainte ardeur, Qui par cette douce blessure, Perce le centre de mon cœur  : Maintenant ne m’étant plus dure, Achève et brise si tu veux Le fil de ce rencontre heureux.        Ô plaie d’extrême douceur, Plaie toute délicieuse, Mignarde main, toucher flatteur, Qui sent la vie bienheureuse, Qui fais notre acquis en payant, Qui donne la vie en tuant.        Ô Lampes des feux lumineux, Dans... [Lire la suite]
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26 mai 2019

Patrice de La Tour du Pin (1911 – 1975) : Laurence endormie

  Laurence endormie Cette odeur sur les pieds, de narcisse et de menthe Parce qu’ils ont foulé dans leur course légère, Fraîches écloses, les fleurs des nuits printanières, Remplira tout mon cœur de ses vagues dormantes ;   Et peut-être très loin sur ces jambes polies, Tremblant de la caresse encor de l’herbe haute, Ce parfum végétal qui monte, lorsque j’ôte Tes bas éclaboussés de rosée ou de pluie ;   Jusqu’à cette rancœur du ventre pâle et lisse Où l’ambre et la sueur divinement se mêlent Aux... [Lire la suite]
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25 mai 2019

Angèle Vannier (1917 – 1980) : « Je suis née de la mer... »

  Je suis née de la mer et ne le savais plus Trop de pavots avaient maculé mes pieds nus Les soirs où les bergers m'appelaient dans la ronde Pour passer le furet de ma main dans leurs mains Furet des bois jolis furet des vieux jardins.   Je suis née de la mer et ne le savais plus Trop de chênes avaient appris à mon corps nu Cette haute caresse où l'écorce connaît La façon d'arracher aux jeunes filles blondes Des gouttes de bonheur de quelque sainte plaie.   Je suis née de la mer et ne le savais plus ... [Lire la suite]
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24 mai 2019

Louis Aragon (1897 – 1982) : La beauté du diable

  La beauté du diable   Jeunes gens le temps est devant vous comme un cheval échappé Qui le saisit à la crinière entre ses genoux qui le dompte N'entend désormais que le bruit des fers de la bête qu'il monte Trop à ce combat nouveau pour songer au bout de l'équipée   Jeunes gens le temps est devant vous comme un appétit précoce Et l'on ne sait plus que choisir tant on se promet du festin Et la nappe est si parfaitement blanche qu'on a peur du vin Et de l'atroce champ de bataille après le repas des noces ... [Lire la suite]
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23 mai 2019

Adonis (1930 -) / أدونيس : Chronique des branches

Chronique des branches   MIROIR POUR ORPHEE Ta lyre mélancolique, Orphée, Ne peut changer notre levain. Elle ne sait façonner pour la bien-aimée captive Dans la cage des morts Un lit d’amour alangui, Ni bras ni tresses.   Orphée, il meurt, celui qui doit mourir, Le temps qui court dans tes yeux Trébuche, et entre tes mains Se brise la lyre.   Je te vois maintenant, tête qui glisse Entre les rives. Toute fleur est chant Et l’eau une voix.   Je t’entends maintenant, je t’aperçois, Ombre libérée... [Lire la suite]
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19 mai 2019

Paul Eluard (1895 – 1952) : A perte de vue dans le sens de mon corps

  A perte de vue dans le sens de mon corps   Tous les arbres toutes leurs branches toutes leurs feuilles L’herbe à la base des rochers et les maisons en masse Au loin la mer que ton œil baigne Ces images d’un jour après l’autre Les vices les vertus tellement imparfaits La transparence des passants dans les rues de hasard Et les passantes exhalées par tes recherches obstinées Tes idées fixes au cœur de plomb aux lèvres vierges Les vices les vertus tellement imparfaits La ressemblance des regards de permission... [Lire la suite]
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18 mai 2019

Angel González (1925 - 2008) : Le vaincu / El derrotado

  Le vaincu   Loin derrière sont les décombres : ta maison, en pans fumants, les étés incendiés, le sang séché, ta maison , et ton sang où s’abat - comme un dernier vautour – le vent. Toi tu vas de l’avant, tu t’achemines vers l’avenir, ce temps qui mérite son nom. Tu t’en vas parce que tu n’as plus rien, tu n’as plus de patrie (et tu n’en auras plus) car ton cœur déshabillé ne peut plus s’enraciner nulle part. Bien que ce soit très simple, tu ne pourras jamais plus franchir une grille et ne... [Lire la suite]
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16 mai 2019

Paul Verlaine (1844 – 1866) : « Le son du cor... »

  Le son du cor s'afflige vers les bois D'une douleur on veut croire orpheline Qui vient mourir au bas de la colline Parmi la bise errant en courts abois.   L'âme du loup pleure dans cette voix Qui monte avec le soleil qui décline D'une agonie on veut croire câline Et qui ravit et qui navre à la fois.   Pour faire mieux cette plaine assoupie La neige tombe à longs traits de charpie A travers le couchant sanguinolent,   Et l'air a l'air d'être un soupir d'automne, Tant il fait doux par ce soir... [Lire la suite]
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16 mai 2019

Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont (1846 – 1870) : « C’était une journée de printemps... »

       C’était une journée de printemps. Les oiseaux répandaient leurs cantiques en gazouillements, et les humains, rendus à leurs différents devoirs, se baignaient dans la sainteté de la fatigue. Tout travaillait à sa destinée : les arbres, les planètes, les squales. Tout, excepté le Créateur ! Il était étendu sur la route, les habits déchirés. Sa lèvre inférieure pendait comme un câble somnifère ; ses dents n’étaient pas lavées, et la poussière se mêlait aux ondes blondes de ses... [Lire la suite]
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14 mai 2019

Frédéric-Jacques Temple (1921-) : Opelousas

    Opelousas   Je vous écris du cœur profond de la Louisiane                     désolée de tant de mousse                          en pleurs parmi les cyprès avortés des marécages d’ombre aux fétides effervescences. Des fantômes de masure se lamentent ... [Lire la suite]
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