16 novembre 2015

Georges – Emmanuel Clancier (1914 - 2018) : A mi–voix

  A mi–voix   Camarade                Camarade Maïakovski La barque de l’amour                disais-tu                          s’est brisée contre la vie quotidienne Mais quelle barque ? ... [Lire la suite]
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15 novembre 2015

Mikhaïl Iourievitch Lermontov / Михаил Юрьевич Лермонтов (1814 - 1841 ) : « De ma geôle ouvrez-moi la grille… »

  De ma geôle ouvrez-moi la grille, L’éclat du jour, donnez-le moi, Avec les yeux noirs d’une fille, Un cheval au panache noir ! Un baiser tendre à la belle Pour commencer, puis en avant, Dès que je bondis sur la selle Dans la steppe, comme le vent !   Sur les barreaux frappe mon poing, La lourde porte reste close, La fille aux yeux noirs est si loin Et dans son palis se repose. Le bon cheval,  parmi les prés S’en va, solitaire et sans bride, Il galope et flâne à son gré, Sa crinière fendant... [Lire la suite]
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14 novembre 2015

Jean Malrieu (1915 -1976) : Saison dorée

    Saison dorée Si c’est l’automne maintenant C’est bien celui de notre vie, Saison dorée qui permet au fruit mûr de rester intact dans sa parure L’herbe à peine jaunit Et le vent messager Pousse du pied les feuilles sèches.   Gloire ! Dans l’air claquent des fouets. Les chevaux du temps se cabrent à ma porte Et , sur le pré, le poirier sauvage surchargé s’est incliné. Passez, automne ! Je sais des sentiers sur les hauteurs où l’on converse familièrement avec Dieu, Où les épeires des jardins... [Lire la suite]
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13 novembre 2015

José Emilio Pacheco (1939- 2014) : Les ruines de Mexico (Elégie du retour) / Las ruinas de México (Elegia del retorno)

  Les ruines de Mexico (Elégie du retour) « Tout à coup, la terre fut violemment secouée… » Actes des Apôtres, 16 :26   « Je retournerai à la ville que j’aime le plus après tant de malheur, mais je ne serai plus qu’un étranger dans ma ville. » Luis G. Urbina : Elegia del retorno, (1916)   1 Absurde est la matière qui s’écroule, la matière pénétrée de vide, la creuse. Non : la matière ne se détruit pas, la forme que nous lui donnons se désagrège, nos œuvres se... [Lire la suite]
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12 novembre 2015

Jules Supervielle (1884 – 1960) : Hommage à la vie

  Hommage à la vie   C’est beau d’avoir élu  Domicile vivant  Et de loger le temps  Dans un coeur continu,  Et d’avoir vu ses mains  Se poser sur le monde  Comme sur une pomme  Dans un petit jardin,  D’avoir aimé la terre,  La lune et le soleil,  Comme des familiers  Qui n’ont pas leurs pareils,  Et d’avoir confié  Le monde à sa mémoire  Comme un clair cavalier  A sa monture noire,  D’avoir donné visage  À ces mots :... [Lire la suite]
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11 novembre 2015

Georges Henein (1913 – 1974) : « Chambre rebelle à toute demeure… »

  Chambre rebelle à toute demeure… quoi de plus lourd au profil de l’absente que           cette écharpe délaissée par le vent…   quoi de plus fidèle à son image que cette           empreinte solaire là où pour la dernière           fois se posa son pied lointain…   cette chambre douce comme une haleine à la           recherche... [Lire la suite]
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10 novembre 2015

Yannis Ritsos / Γιάννης Ρίτσος (1909- 1990) : Les vieilles femmes et la mer

  Les vieilles femmes et la mer   Toutes ensemble (doucement, simplement, d’une voix lasse et lointaine)   Dès que tombe le crépuscule, nous sortons nous asseoir ici,      sur la pierre du seuil, sur les rochers pour que nous batte le vent du large et qu’il nous vide de      notre vide. Nous reposer de ne plus rien faire, oublier, nous les oubliées, faites d’oubli,  comme si tout s’en était allé, et que nous soyons restées seules sur une aire haute et large où... [Lire la suite]
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09 novembre 2015

Jean de l’Espine du Pont- Alais, dit « Songe - creux » (1490 ?- 1560 ?) : De l’état de cour

    De l’état de cour   Voilà celui qui se dit notre roi Voilà celui par qui nous vient la guerre Voilà celui qu'à tous nos biens fait guerre Voilà celui qui tue ceux qu'il veut   Voilà celui de qui chacun se deut (1) Voilà celui qui tailles nous apporte Au feu d'enfer le grand diable l'emporte Si aurons paix après qu'il sera mort.   Qui argent a la guerre il entretient Qui argent a gentilhomme devient Qui argent a chacun lui fait honneur ... [Lire la suite]
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08 novembre 2015

Jorge Luis Borges (1899-1986) : Œdipe et son énigme / Edipo y el enigma

  Œdipe et son énigme   Quadrupède à l’aurore, à midi profilant Sur le ciel sa droiture, et dans le jour qui baisse A trois pattes clochant débile : la déesse Durable voyait ainsi son frère vacillant, L’homme. Mais vers le soir voici qu’un homme arrive, Et tombe au piège qu’il résout : dans le miroir De cette monstrueuse image il a pu voir, Bouleversé, notre destin et sa dérive. Nous sommes tous Œdipe ; il a tout su de tous, Il a vu cette longue et triple bête : nous. Je suis ce que je fus... [Lire la suite]
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07 novembre 2015

André Rolland de Renéville (1903 – 1962) : « Dans le royaume des morts… »

  I           Dans le royaume des morts, les pensées humaines construisent de singuliers édifices. Je ne voudrais point y habiter pour tous les corps du monde ! Dieu créa le labeur afin d’en modérer l’afflux. Les hommes courbés sur une tâche,  et les mains pleines d’éclis, n’ont plus le loisir de rêver jusqu’aux ténèbres. Leurs désirs restent en chantier comme des quartiers de marbre rouge. Toute leur attention se concentre sur la machine prête à les broyer sur un... [Lire la suite]
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