22 juin 2014

Hélène Cadou (1922 - 2014) : « Ce soir / la nuit est bleue… »

Ce soir La nuit est bleue   Avec un parfum de girofle Sous la pierre lente et chaude   Tu vas et viens De ton cœur Au jardin   Et le pouls des planètes Pourrait cesser de battre   Sans que la peur Ne soit nommée   Dans la douceur des choses.   Si nous allions vers les plages,  Editions Rougerie, 2003   Du même auteur : « J’ai vu des paysages… … » (22/06/2015) « Le monde est mon beau voyage… » (22/06/2016) Ilarie Voronca… (22/06/2017) «... [Lire la suite]
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21 juin 2014

René de Obaldia (1918 -) : les cuisses de Colette

  Les cuisses de Colette   Les cuisses de Colette Sont douces au toucher Comme des cacahuètes Qu’on aurait épluchées.   Je n’aime pas sa tête Ses yeux demi-pochés Son oreille en cuvette Son nez en arbalète Sa bouche endimanchée.   Mais j’aime bien ses cuisses Si douces au toucher. Pendant le Saint-Office L’un près de l’autre assis, Ma main vient s’y chauffer.   De profundis, ad te Domine, clamavi !   Que c’est doux ! Que c’est doux ! Plus doux qu’une souris Que le... [Lire la suite]
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20 juin 2014

Fernando Pessoa (1888 -1935) : À la veille de ne jamais partir / Na véspera de não partir nunca

27 septembre 1934 À la veille de ne jamais partir du moins n’est-il besoin de faire sa valise ou de jeter des plans sur le papier, avec tout le cortège involontaire des oublis pour le départ encore disponible du lendemain. Le seul travail, c’est de ne rien faire à la veille de ne jamais partir. Quel grand repos de n’avoir même pas de quoi avoir à se reposer ! Grande tranquillité, pour qui ne sait même pas hausser les épaules devant tout cela, d’avoir pensé le tout et d’avoir de propos délibéré atteint le rien. ... [Lire la suite]
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19 juin 2014

Georges Fourest (1867- 1945) : sardines à l'huile

Sardines à l’huile               Sardines à l’huile fine sans tête et sans arêtes. (Réclames des sardiniers, passim.) Dans leur cercueil de fer-blanc plein d’huile au puant relent marinent décapités ces petits corps argentés pareils aux guillotinés là-bas au champ des navets ! Elles ont vu les mers, les côtes grises de Thulé, sous les brumes argentées la Mer du Nord enchantée... Maintenant dans le fer-blanc et l’huile au puant relent de toxiques... [Lire la suite]
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18 juin 2014

Clarice Lispector (1920 -1977) :Il m’est arrivé de cacher un amour par peur de le perdre.../Já escondi um amor com medo de perdê

Il m’est arrivé de cacher un amour par peur de le perdre, Il m’est arrivé de perdre un amour pour l’avoir caché. Il m’est arrivé de serrer les mains de quelqu’un par peur Il m’est arrivé d’avoir peur au point de ne plus sentir mes mains Il m’est arrivé de faire sortir de ma vie des personnes que j’aimais Il m’est arrivé de le regretter Il m’est arrivé de pleurer des nuits durant, jusqu’à trouver le sommeil Il m’est arrivé d’être heureuse au point de pas parvenir à fermer les yeux Il m’est arrivé de croire en des... [Lire la suite]
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17 juin 2014

Tristan Tzara (1896 - 1963) : "dimanche lourd couvercle..."

I     dimanche lourd couvercle sur le bouillonnement du sang hebdomadaire poids accroupi sur ses muscles tombé à l'intérieur de soi-même retrouvé les cloches sonnent sans raison et nous aussi sonnez cloches sans raison et nous aussi nous nous réjouirons au bruit des chaînes que nous ferons sonner en nous avec les cloches                                           * quel est ce langage qui nous fouette nous... [Lire la suite]
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16 juin 2014

Louis Guillaume (1907- 1971): Le jour tout neuf

Le jour tout neuf   Le jour tout neuf est là. Il ne sait pas encore Qu’il est né. Sur la mer et le sable, il s’allonge Et, travaillé par l’ombre, il poursuit son sommeil Jusqu’au soir. Le couchant alors lui fait sentir Qu’il a vécu, qu’il part et qu’il est illusoire Autant que le cœur noir du silence est réel.   Cependant les oiseaux vont déployer leurs ailes, Les enfants vont sourire aux volets de l’aurore. Statue aux yeux vivants où fermente le rêve, L’homme va s’enliser dans les bruits de la ville. Il n’a... [Lire la suite]
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16 juin 2014

André Pieyre de Mandiargues (1909 - 1991) : Le pays froid

Le pays froid   Parlez plus haut l'hiver nous assourdit Les bruits des pas que l'on entendait hier Au bord du lac gelé Ne sonnent plus que dans le souvenir Et notre vie devient une habitude triste Derrière la paroi des vitres blanches.   La neige tombe depuis bien des semaines Le charbon le café diminuent tous les jours Chaque jour s'amoindrit Le lendemain toujours est pire que la veille.   Notre mémoire même égare les réponses.   La faim le froid chassent les cerfs hors des bois Jusque dans les... [Lire la suite]
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14 juin 2014

Wisława Szymborska (1923 - 2012) : Une voix dans la discussion sur la pornographie /Głos w sprawie pornografii

    Une voix dans la discussion sur la pornographie   Il n’est pas de débauche pire que la pensée. C’est une sale graine qui sème à tout vent, sur nos plates-bandes faites pour des marguerites.   Il n’y a rien de sacré pour ces coquins qui pensent. Désignations osées des choses par leur nom, licencieuses analyses, grivoises synthèses, chasse dévergondée aux faits tout nus, tripatouillage obscène des sujets délicats, le frai des opinions, voilà ce qui les allume.   En plein jour, ou alors sous... [Lire la suite]
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12 juin 2014

Pierre Reverdy (1889 - 1960) : Cran d'arrêt

  Cran d’arrêt   Je n’espère rien du néant Je ne garde rien de la fête Et je n’oublie pas le présent Auquel il faut me tenir tête   Décroche la lumière à fond Sur cette poitrine rebelle Plus dure que la pierre où s’épanche son sang   Je ne mens que d’un œil Une trappe qui s’ouvre Sur tous les espoirs interdits Un recul plus farouche devant l’antre qui s’ouvre Une gorge plus sourde Au coude de la nuit Et puis le temps et puis la lampe Un pas qui trompe sans retour Dans la rue plus de vie plus... [Lire la suite]
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