21 juin 2015

René de Obaldia (1918 - ) : Les jambes de bois

Les jambes de bois   Quand on perd une jambe à la guerre On en met une autre en bois Car il paraît qu’on a beau faire Les jambes ne repoussent pas.   Mais peut-on me dire pourquoi Il ne pousse pas de feuilles sur les jambes de bois ?   Des feuilles toutes vertes Avec des tas d’insectes, Des feuilles toutes belles Où les papillons viendraient réparer leurs ailes…   Le soleil voudrait se mettre de la partie Il pourrait y grimper des fruits, Et ça serait tout de même chic D’avoir sur soi des... [Lire la suite]
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20 juin 2015

Fernando Pessoa (1888 – 1935) : Ajournement / Adiamento

  Ajournement   14 avril 1928.   Après demain, oui, après-demain seulement... Je passerai la journée de demain à penser à après-demain, et ainsi ce sera possible ; mais pas aujourd’hui... Non, aujourd’hui pas moyen ; impossible aujourd’hui. La persistance confuse de ma subjectivité objective, le sommeil de ma vie réelle, intercalé, la lassitude anticipée et infinie, un monde de lassitude pour prendre un tram... cette espèce d’âme... ... [Lire la suite]
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19 juin 2015

Tahar Ben Jelloun (1944 - ) : Poèmes par amour

Poèmes par amour   Quel oiseau ivre naîtra de ton absence toi la main du couchant mêlée à mon rire et la larme devenue diamant monte sur la paupière du jour c’est ton front que je dessine dans le vol de la lumière et ton regard s’en va sur la vague retournée un soir de sable mon corps n’est plus ce miroir qui danse alors je me souviens.   tu te rappelles toi l’enfant né d’une gazelle le rêve balbutiait en nous son chant éphémère le vent et l’automne dans une petite solitude je te disais laisse les... [Lire la suite]
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18 juin 2015

Olivier de Magny (1529 -1561) : De l’absence de s’amie

  De l’absence de s’amie      Après que sur le bord du Rhône,  Et que sur celui de la Saône  J'ai plaint longuement ma douleur,  Je viens aux rivages d'Isère,  Rempli d'amoureuse chaleur,  Lamenter ma vieille misère  S'empirant d'un nouveau malheur.     Car plus en moi-même je pense  D'amoindrir mon mal par l'absence,  Ou par l'éloignement des lieux,  Et plus il croit dedans mon âme,  Pour ne voir plus les deux beaux yeux,  ... [Lire la suite]
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17 juin 2015

Jean Tardieu (1903 – 1995) : Quand bien même…

    Quand bien même…   Quand bien même je verrais de mes yeux les ancêtres peints sur les tableaux descendre de leur cadre et marcher dans l’épaisseur du monde   Quand bien même je verrais de mes yeux les routes de terre se lever dans le ciel gracieuse et penchées comme des jets d’eau   Quand bien même j’entendrai le soleil (comment, lui ?) oui le soleil le soleil) me parler à voix basse m’appeler par mon nom   Quand bien même je prendrais tout à coup la stature et le silence et la... [Lire la suite]
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16 juin 2015

Charles Cros (1842 -1888) : Nocturne

Nocturne                                                                                                                                                     ... [Lire la suite]
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12 juin 2015

Wistawa Szymborska (1923 – 2012) : Haine / Nienawiść

  Haine   Voyez combien elle reste efficace, combien elle se porte bien en notre siècle, la haine. Avec quel naturel elle prend les plus hauts obstacles. Combien il lui est facile : sauter, saisir.   Elle n’est pas comme les autres sentiments. Leur aînée, et pourtant leur cadette. Elle sait engendrer toute seule ce qu’il lui faut pour vivre. Si elle dort, ce n’est pas d’un sommeil éternel. L’insomnie ne lui ôte pas ses forces, au contraire.   Peu lui chaut, religion ou pas, pourvu qu’on soit... [Lire la suite]
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11 juin 2015

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) : Brise marine

  Brise marine   La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres. Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres D’être parmi l’écume inconnue et les cieux ! Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe Sur le vide papier que la blancheur défend Et ni la jeune femme allaitant son enfant. Je partirai ! Steamer balançant ta mâture, Lève l’ancre pour une exotique nature !   Un Ennui, désolé par les... [Lire la suite]
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10 juin 2015

David Herbert Lawrence (1885 – 1930) : La nef de mort / The ship of death

    La Nef de mort   I   Or c’est l'automne et la tombée des fruits et le long voyage vers l'oubli. --------------------------- II Avez-vous construit votre navire de la mort, ah, l’avez-vous fait ? Ah, construisez votre nef de mort, vous en aurez besoin.   Le gel cruel approche, et vont tomber les pommes dru, à bruit de tonnerre, sur la terre durcie.   Et la mort est dans l'air comme une odeur de cendre! Ne la sentez-vous pas?   Et dans le corps meurtri, l'âme s’effraie,... [Lire la suite]
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09 juin 2015

Maurice Maeterlinck (1862-1949) : « Et s’il revenait un jour… »

  S’il revenait un jour        Que faut-il lui dire ? – Dites-lui qu’on l’attendit        Jusqu’à s’en mourir... Et s’il m’interroge encore        Sans me reconnaître ? – Parlez-lui comme une sœur,        Il souffre peut-être... Et s’il demande où vous êtes        Que faut-il répondre ? – Donnez-lui mon anneau d’or ... [Lire la suite]
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