03 août 2015

Serge Meitinger (1951 - ) : Prose du lieu

  Prose du lieu La maîtrise dont l’oracle est à Delphes / ne parle / ni ne crache / il fait signe / Héraclite      / l’amas de rochers / haras de croupes assoupies parmi les fougères / le happement glauque de la mer / roulement fauve des galets ressassés / et le vide s’écroulant des hauteurs dans le cri vertigineux de la mouette plongeuse /        / quelle épaisseur proche et impalpable  me faut-il traverser pour rejoindre le paysage familier / si étrange / pour... [Lire la suite]
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02 août 2015

Maodez Glanndour (1909 – 1986) : Les oies de mer

  Les oies de mer   Où donc vous êtes-vous enfuies, Paroles ombrageuses de mon rêve ? Vous n’êtes plus que bruissement subtil Un oiseau de passage, Méditation de la neige qui tombe sans bruit.   O vous, enfuies au loin, paroles sauvages, Comme les oiseaux du rivage qui ne me laissent Que l’écho de leurs tristes appels. Pouvoir vous suivre, paroles passagères, Envol dans mon âme Comme des bernacles au voyage sans fin.   Traduit du breton par l’auteur In, Revue « Vagabondages, N° 36,... [Lire la suite]
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01 août 2015

Shū Ting / 舒婷 (1952 - ) : ? !

    ? !   Alors c’est vrai tu veux m’attendre attendre que j’aie semé le grain de mon panier attendre que j’aie ramené à la maison les abeilles égarées attendre que sur les bateaux, dans les villages, dans les usines                on ait allumé torches et lampes à huile attendre que j’aie lu les fenêtres brillantes ou obscures                et que j’ai fini de... [Lire la suite]
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30 juillet 2015

Valéry Larbaud (1881 -1957) : Carpe diem…

  Carpe Diem   Cueille ce triste jour d’hiver sur la mer grise, D’un gris doux, la terre est bleue et le ciel bas Semble tout à la fois désespéré et tendre ; Et vois la salle de la petite auberge Si gaie et si bruyante en été, les dimanches, Et où nous sommes seuls aujourd’hui, venus De Naples, non pour voir Baïes et l’entrée des Enfers, Mais pour nous souvenir mélancoliquement.   Cueille ce triste jour d’hiver sur la mer grise, Mon amie, ô ma bonne amie, ma camarade ! Je crois qu’il est pareil... [Lire la suite]
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29 juillet 2015

Georges Fourest (1867- 1945) : Le Cid

  Le Cid Va, je ne te hais point ... [Lire la suite]
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28 juillet 2015

Benjamin Péret (1899 – 1959) : Allo

    Allo   Mon avion en flammes mon château inondé de vin du Rhin mon ghetto d'iris noirs mon oreille de cristal mon rocher dévalant la falaise pour écraser le garde-champêtre mon escargot d'opale mon moustique d'air mon édredon de paradisiers ma chevelure d'écume noire mon tombeau éclaté ma pluie de sauterelles rouges mon île volante mon raisin de turquoise ma collision d'autos folles et prudentes ma plate-bande sauvage mon pistil de pissenlit projeté dans mon oeil mon oignon de tulipe dans le... [Lire la suite]
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27 juillet 2015

Gérard de Nerval (1808 – 1855) : Epitaphe

  Epitaphe    Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet, Tour à tour amoureux insoucieux et tendre, Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre. Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait.   C'était la Mort ! Alors il la pria d'attendre Qu'il eût posé le point à son dernier sonnet ; Et puis sans s'émouvoir, il s'en alla s'étendre Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.   Il était paresseux, à ce que dit l'histoire, Il laissait trop sécher l'encre dans l'écritoire. Il voulait... [Lire la suite]
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26 juillet 2015

Anne Perrier (1922 - 2017 ) : Prière

Prière   Qu'on me laisse partir à présent Je pèserais si peu sur les eaux J'emporterais si peu de chose Quelques visages le ciel d'été Une rose ouverte   La rivière est si fraîche La plaie si brûlante Qu'on me laisse partir à l'heure incandescente Quand les bêtes furtives Gagnent l'ombre des granges Quand la quenouille Du jour se fait lente   Je m'étendrais doucement sur les eaux J'écouterais tomber au fond Ma tristesse comme une pierre Tandis que le vent dans les saules Suspendrait mon... [Lire la suite]
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25 juillet 2015

Vahé Godel (1931 - ) : Murs sans fenêtres / Portes closes

  Murs sans fenêtres Portes closes   I Ici j’apprends le langage des murs : cette fissure en sait plus long que moi ce trou clame son innocence cet autre ne dit rien ce clou cache son jeu   (cette mouche immobile est le centre du monde)   II A force d’être silencieux                      et nus dépourvus de fenêtres   les murs m’ont revêtu de leur ombre ... [Lire la suite]
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24 juillet 2015

Jacques Roumain (1907 – 1944) : Bois d’Ebène : Prélude

  Bois d’ébène   Prélude.   Si l’été est pluvieux et morne si le ciel voile l’étang d’une paupière de nuage si la palme se dénoue en haillons si les arbres sont d’orgueil et noirs dans le vent et la    brume si le vent rabat vers la savane un lambeau de chant funèbre si l’ombre s’accroupit autour du foyer éteint si une voilure d’ailes sauvages emporte l’île vers les naufrages si le crépuscule noie l’envol déchiré d’un dernier mouchoir et si le cri blesse l’oiseau tu partiras   ... [Lire la suite]
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