24 mai 2015

Louis Aragon (1897 - 1982) : « J’arrive où je suis étranger… »

J’arrive où je suis étranger    Rien n’est précaire comme vivre Rien comme être n’est passager C’est un peu fondre comme le givre Et pour le vent être léger J’arrive où je suis étranger Un jour tu passes la frontière D’où viens-tu mais où vas-tu donc Demain qu’importe et qu’importe hier Le coeur change avec le chardon Tout est sans rime ni pardon Passe ton doigt là sur ta tempe Touche l’enfance de tes yeux Mieux vaut laisser basses les lampes La nuit plus longtemps nous va mieux C’est le grand jour qui se... [Lire la suite]
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23 mai 2015

Adonis (1930 - ) / أدونيس : Corps, 4

4. L’amour où l’amour s’exile   Entre, femme ma chair jubile vers toi vers ton pillage j’abonde en toi j’y ancre mes émois.   Entre, nous rencontrer / nous quitter effacer / découvrir nos visages mêler la blessure au pain pour maintenir un sous-sol à nos paroles pour sauvegarder le courage du refus pour écrire une histoire qui soit autre pour voir une femme / un lac un fleuve / la statue de l’amant et que nos deux corps, légers comme des rêves s’élèvent ensemble dans l’espace sidéral.   En nudité ... [Lire la suite]
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22 mai 2015

Henri Michaux (1889 – 1984) : Arriver à se réveiller

Arriver à se réveiller        La nuit me laisse cadavre.      Il faut le ranimer.      Pourtant, ce n’est pas l’impression d’un corps mort que j’ai le matin.      Si l’on pouvait m’apercevoir alors conformément à mes impressions, j’apparaîtrais comme une mer de nuages, une mer globuleuse de masses de flocons, immense objet qui confine sans doute à la stratosphère.      Tout nuage que je suis, je ne laisse pas de me rendre... [Lire la suite]
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21 mai 2015

Raymond Queneau (1903 – 1976) : « Si tu t’imagines… »

  Si tu t'imagines si tu t'imagines fillette fillette  si tu t'imagines xa va xa va xa  va durer toujours  la saison des za  la saison des za saison des amours  ce que tu te goures  fillette fillette  ce que tu te goures Si tu crois petite  si tu crois ah ah  que ton teint de rose  ta taille de guêpe  tes mignons biceps  tes ongles d'émail  ta cuisse de nymphe et ton pied léger si tu crois petite  xa va xa va xa va  va durer... [Lire la suite]
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20 mai 2015

Pierre de Ronsard (1524 – 1585) : « Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose… »

  Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose, En sa belle jeunesse, en sa première fleur, Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur, Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose ;   La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose, Embaumant les jardins et les arbres d’odeur ; Mais, battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur, Languissante elle meurt feuille à feuille déclose.   Ainsi en ta première et jeune nouveauté, Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté, La Parque t’a... [Lire la suite]
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19 mai 2015

Paul Eluard (1895 – 1952) : Nuits partagées

  Nuits partagées        Au terme d’un long voyage, je revois toujours ce corridor, cette taupe, cette ombre chaude à qui l’écume de mer prescrit des courants d’air pur comme de tous petits enfants, je revois toujours la chambre où je venais rompre avec toi le pain de nos désirs, je revois toujours ta pâleur dévêtue qui, le matin, fait corps avec les étoiles qui disparaissent. Je sais que je vais encore fermer les yeux pour retrouver les couleurs et les formes conventionnelles qui me permettent... [Lire la suite]
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18 mai 2015

Angel González (1925 - 2008) : Monde inquiétant

Monde inquiétant   Monde inquiétant surgit brusquement.   J’ai peur de la lune embaumée dans les eaux du fleuve de la forêt silencieuse qui égratigne de ses branches le ventre de la pluie, des oiseaux qui hurlent dans le tunnel de la nuit et de tout ce qui subitement fait un geste et sourit pour disparaître aussitôt.   Au sein de la cruelle retraite des choses qui se précipitent en désordre vers le néant et la cendre, mon cœur naufrage dans l’inquiétude du destin du monde qui la cerne. Où vont... [Lire la suite]
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17 mai 2015

Ueshima Onitsura /上島鬼貫 (1661 – 1738) : « Avec le cormoran… »

  Avec le cormoran Mon âme dans l’eau Plonge   Traduit du japonais par Maurice Coyaud 1n, "Fourmis sans ombre, le livre du Haiku" Editions Phébus, 1978 Du même auteur : « Quand les cerisiers… » (21/09/2018)   « La brise fraîche... » (20/09/2019)  
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16 mai 2015

Yvon Le Men (1953 - ) : « Ma mère… »

  Ma mère     Elle est assise dans ses quarante kilos devant la mer   vaste comme les questions qu’elle se pose   j’imagine devant la mort.     Elle est assise sous ses yeux et sous le ciel   ses yeux regardent et gardent ce qu’ils regardent   dans sa main qu’elle dépliera de l’autre côté   comme un enfant montre ses billes au soleil et à ses copains   Elle entraîne ses yeux à l’horizon   elle s’entraîne au point de non – retour.   ... [Lire la suite]
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15 mai 2015

François Cheng (1929 - ) : « L'infini n'est autre… »

  L'infini n'est autre Que le va-et-vient  Entre ce qui s'offre Et ce qui se cherche. Va-et-vient sans fin Entre arbre et oiseau,   Entre source et nuage.     François Cheng, Kim en Joong : Quand les âmes se font chant  Bayard, 2014   Du même auteur : Un jour, les pierres (I) (15/05/2014) Un jour, les pierres (II) (15/05/2016)  « Demeure ici… » (15/05/2017) Un jour, les pierres (III) (05/05/2018) L’arbre en nous a parlé (I) (05/05/2019) L’arbre en nous... [Lire la suite]
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