05 février 2015

Gisèle Prassinos (1920 - 2015) : « On a bu ses bouquets… »

On a bu ses bouquets…   On a bu ses bouquets et mangé ses cailloux de la saison vieillie il ne reste que l’ombre. Des feuilles de bonne volonté pour les pauvres des secours d’auteurs et parfois bleues, ces heures couchées sur l’orgueil de la mer.   Ce soir demain on parlera plus près des portes le jour et l’écho seront tôt fatigués. Réunis, l’ouvrage et la lampe la laine et le dos vont conspirer dans une brève stupeur entre la mémoire et l’espérance.   Pour l’arrière- saison,  Editions Pierre... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 14:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

04 février 2015

Dylan Thomas (1914 -1953) : La lumière point là où le soleil ne brille pas

La lumière point là où le soleil ne brille pas   La lumière point là où le soleil ne brille pas Là où la mer ne s’étend pas, les eaux du cœur Epandent leurs marées. Et, spectres brisés, des vers luisants plein la tête, Les choses de lumière Passent à travers la chair là où la chair n’habille pas les os.   Une chandelle dans les cuisses Echauffe la jeunesse et la graine et brûle les graines de la vie. Là où la graine ne lève pas Le fruit de l’homme s’ouvre dans les étoiles Brillant comme une figue. Là où la... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 14:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 février 2015

Andréa Montiel (1950 -) : Du néant je suis prisonnière.

Du néant je suis prisonnière     Du néant je suis prisonnière.   Je cherche les mots pour noter toutes choses Et quelques gestes obscurs pour illuminer le sentier.   Les sous-entendus sans loi comparaissent Et on marche à tâtons vers un lendemain sans nom.   On n’a pas de nom. Tout au plus un domicile solitaire dans un quartier de rencontres fortuites.   Pendant ce temps les jours se décantent dans l’écoulement irrépressible et muet de la vie qui poursuit sa route vers la mort.   ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 14:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
02 février 2015

William Shakespeare (1564 – 1616) : « C’est quand mon œil est clos… » / "When most I wink..."

C’est quand mon œil est clos qu’il voit le mieux encor : Il regarde le jour choses dont il n’a cure Mais se pose sur toi en rêve quand je dors Et, clair obscurément, s’éclaire en l’ombre obscure. O toi dont l’ombre donne aux ombres la clarté, Quel régal donnerait de ton ombre la forme Au jour clair, par tes feux bien plus clairs éclairé, Quand luit si vivement ton ombre aux yeux qui dorment ! Quel comble pour mes yeux s’ils te voyaient ainsi Au jour vivant, quand vient ta belle ombre imparfaite Percer mon lourd... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 15:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
01 février 2015

Novalis (1772 – 1801) : "Faut-il toujours que le matin revienne ?..." / "Muss immer der Morgen wierderkommen?..."

Hymne à la nuit II         Faut-il toujours que le matin revienne ? L’empire de ce monde ne prend-il jamais fin ? Une fatale activité engloutit les élans divins de la Nuit qui s’approche. Ne va-t-il donc jamais, le sacrifice occulte de l’Amour, éternellement brûler ?      La lumière a son temps, qui lui fut mesuré ; mais le royaume de la Nuit est hors le temps et l’espace.- Et c’est l’éternité que le sommeil a pour durée.      Sommeil... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 11:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
30 janvier 2015

Etienne Jodelle (1532 – 1573) : « Comme un qui s’est perdu dans la forêt profonde… »

Comme un qui s’est perdu dans la forêt profonde Loin de chemin, d’orée et d’adresse, et de gens ; Comme un qui en la mer grosse d’horribles vents Se voit presque engloutir des grands vagues de l’onde,   Comme un qui erre aux champs, lorsque la nuit au monde Ravit toute clarté, j’avais perdu longtemps Voie, route et lumière, et presque avec le sens, Perdu longtemps l’objet, où plus mon heur se fonde.   Mais quand on voit, -  ayant ces maux fini leur tour - Aux bois, en mer, aux champs, le bout, le port,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 15:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

29 janvier 2015

Huy Cận : (1919 - 2005 ) : Musique funèbre / Nhạc sầu

Musique funèbre   Qui donc est mort ? Comme elle est poignante cette musique ! soir orphelin – la vie, transie, là-bas sur la route ; rue esseulée – la brume monte – couleur de vieille pierre. Brume ou poussière des lents déclins ? les fleurs sont autant de rêves désolés qui fanent les feuilles. Les oiseaux de joie, où s’en sont-ils allés ? Les arbres ont brisés      des branches   O soir de tristesse ! Comme elle est fragile, la lumière du soleil ! ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 14:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
28 janvier 2015

Monica Mansour (1936 - ) : Lumière

Lumière     le vendredi à sept heures du soir par toutes les portes entre un flamboiement pour célébrer la création du monde chaque septième jour la mer de lumière se prête de nouveau à la terre pour que l’on puisse distinguer ses formes pour que l’on continue à leur donner chaque jour un nouveau nom le vendredi à sept heures du soir tu es morte en regardant vers la porte et la lumière t’as inondée   depuis un cercueil en bois arbre creux endormi ton corps retournera dans un drap blanc à l’ombre... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 15:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
27 janvier 2015

Walt Whitman (1819 – 1892) : Descendance d'Adam / Children of Adam

        Descendance d’Adam   JUSQU’AU JARDIN LE MONDE   Jusqu’au jardin le monde montant à nouveau, Puissance d’époux, de filles, de fils en prélude, Etant ou signifiant l’amour et la vie de leurs corps, Voyez comme est curieuse ma résurrection, j’ai dormi Mais la ronde des cycles en son vaste manège m’a ramené Vers vous, je suis mûr, amoureux, tout est beau, tout m’étonne, M’émerveillent plus que tout mes membres et ce feu frémissant qui y court,      expliquez-moi... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 17:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
26 janvier 2015

Bernard Noel (1930 - ) : A vif enfin la nuit

A vif enfin la nuit   à vif enfin   l’énigme est un creux   où les mots se ravivent on va on vient et c’est la même chose qui niche dans la gorge impossible à cracher   l’obscure   le cœur est trop présent comme un geste qui va mourir à la portière   déchirement   quelqu’un marche et l’on dirait un cri d’autrefois le temps qui ouvre un trou dans la poitrine amère du présent   les yeux se ferment les yeux pour tuer ce regard qui a la mort au bout   dedans dehors ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 14:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :