06 septembre 2014

Kenneth White(1936 - ) : « et aussi l’effort… »

  et aussi                                   l’effort                       de saisir et de dire                                    cela  tout le foisonnant univers ... [Lire la suite]
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04 septembre 2014

Mohammed Afifi Matar (1935 – 2010) : Lune rouge

    Lune rouge Perçant les murs du village, La tombe égorgée s’envole. Les chauves-souris du soir affluent Et les lanternes s’éteignent. Perçant l’air du village, les araignées tombent Et en récitant leurs oraisons funèbres légendaires, Les criquets grincent terriblement… Ravagent… les astres des ténèbres. Les auges s’emplissent alors De cendres, lorsque la faim expire.   Notre village est une vieille aux dents arrachées par le pain. Sur ses seins se pavanent les hannetons, errent les charançons. Dans... [Lire la suite]
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03 septembre 2014

André Chénier (1762 – 1794) : Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre

Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre Animent la fin d'un beau jour Au pied de l'échafaud j'essaye encor ma lyre.  Peut-être est-ce bientôt mon tour.  Peut-être avant que l'heure en cercle promenée  Ait posé sur l'émail brillant, Dans les soixante pas où sa route est bornée,  Son pied sonore et vigilant. Le sommeil du tombeau pressera ma paupière. Avant que de ses deux moitiés Ce vers que je commence ait atteint la dernière,  Peut-être en ces murs effrayés Le messager de... [Lire la suite]
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02 septembre 2014

Antonio Ramos Rosa (1924- 2013) : La femme dilacérée / A mulher dilacerada

La femme dilacérée Tu avais le goût de la terre sombre et de l'amère écume d'un arbre. J'ai découvert ton visage sali travaillé par le vent et les marées noires. Un tournesol nuageux te faisait de l'ombre. Ton visage se penchait sur une épaule matinale dilacérée. Tes jambes fermes étaient d'atroces nerfs enracinés dans la pierre. Sur tes seins neutres rebondissaient les vagues lourdes et les métaux furieux. Le monde s'était obscurci dans tes hanches dilacérées Tel un oiseau nocturne en des miroirs abolis tu... [Lire la suite]
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01 septembre 2014

Edouard Glissant (1928 – 2011) : « La forêt subitement hurle à la vie… »

         La forêt subitement hurle à la vie. Les étoiles, rôdeuses, envahissent les écluses. Vivante ô vivante, reine. Tes pieds vont le chemin, manguiers abandonnés. Ta peau retournée est un labour rouge. Vivante        ô vivante mon matin de prairie, toi ma nuit de prairie violée au combat des taureaux. Tu as glissé dans l’eau les halètements de ta silhouette coupée de verre. Au gué la plage noire le sable noir des caresses. Dans l’astre bel astre de tes mains.... [Lire la suite]
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30 août 2014

Gaston Miron (1928 – 1996) : La marche à l’amour

    La marche à l’amour   Tu as les yeux pers des champs de rosées tu as des yeux d'aventure et d'années-lumière la douceur du fond des brises au mois de mai dans les accompagnements de ma vie en friche avec cette chaleur d'oiseau à ton corps craintif moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches moi je fonce à vive allure et entêté d'avenir la tête en bas comme un bison dans son destin la blancheur des nénuphars s'élève jusqu'à ton cou pour la conjuration de mes manitous maléfiques moi qui ai... [Lire la suite]
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29 août 2014

Kuroyanagi Shôha (1721-1771) : « Quelles tristes confidences… »

Quelles tristes confidences peut-il bien faire à la méduse Le concombre de mer ?   Recueil des hokku de Shundei Traduit du japonais par Yves-Marie Allioux, In « Poèmes de tous les jours », anthologie proposée et commentée par Ooka Makoto. Editions Philippe Picquier,1993
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27 août 2014

Robert Marteau (1925 – 2011) : « Ne fais pas de ta vie un désert… »

    Ne fais pas de ta vie un désert. N’en expulse Ni Dieu ni les divins qui t’ont permis de vivre Un peu plus qu’un instant ici même où tu es Sans que tu saches la raison. Entre les herbes, Le ruisseau brille et nous murmure quelque chose Que nous ne comprenons pas, bien que le chant, comme L’eau, en soit clair. Pas plus, tu ne déchiffres l’A B C que la buse épelle en miaulant sur Son erre, ni le jaune intense des crépides Face au soleil tout-puissant que les oiseaux noirs, Haut perchés sur le coteau,... [Lire la suite]
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26 août 2014

Henri Pichette (1924- 2000) : Ode à la neige

Ode à la neige   la légère candide capricieuse tourbillonnante ouatée poudreuse neige dont l’aime la lente lente chute * par un jour de grisaille aux vapeurs violâtres ou quelquefois même (j’ai vu) par un ciel terre de Sienne elle papillonne blanc, plus blanc que les piérides blanches qui volettent en avril comme fiévreusement, à moins que ce ne soit frileusement autour de roses couleur d’âtre * météore qui touche ma manche de ratine, y posant des cristaux à six branches sous mes yeux d’étincelles ... [Lire la suite]
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23 août 2014

Christian Prigent (1945 - ) : Madrigal

Madrigal   Ainsi pour ton anni ma belle versaire sévèrement je ne t’achèterai ni le ci ni le ça ni la quincaillerie telle   que collier moderne zingué synchro bichromaté ni une queue de cochon à visser ni l’anneau qu’aucune   ne sait de levage femelle ni moi car pour ton uni vers ma toute chère il n’y   a cataloguées que bagatelles de choses mortes et non la vie profonde la vie sans nom   Édition printemps des poètes, 2005
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