03 mars 2015

Charles Juliet (1934- :) : « cela /comment le nommer »

cela comment le nommer comment l’inscrire en un poème   cela qui se fissure chaque instant me coupe du quotidien décolore vide de sa substance ce qui m’est accordé   cela qui me porte me jette en affamé à la rencontre de la vie fait monter au-devant de mes pas cette lumière que je ne peux atteindre   cela qui me tient en exil qui m’embrase brûle mon sang d’une telle avidité cela comment le nommer                ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 12:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

02 mars 2015

Armel Guerne (1911 - 1980 ) : Froid

    Froid   La lumière est trop claire pour le temps qu’il fait, Aiguisée ou cruellement douce, D’une lucidité trop agile ou trop nue, Trop subtile de fil et trop lisse de grain, Et le ciel est trop bleu, d’un azur trop épais Pour un soleil si haut, rayonnant et heureux. Lisse comme un acier et blanche comme une arme Illuminante, illuminée, on ne sait trop Si son chant invisible et qui perce les ombres Monte ou descend, s’il anticipe ou s’il retarde ; Mais quand novembre vrai nous tombera dessus, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 12:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
21 février 2015

Hervé Carn (1949 - ) : Mélancolie de Juillet

Mélancolie de Juillet (en pensant à Stefan George)   Tu ne sais rien d’Henriette Mon cher Gérard* Moi guère plus il faut le dire Je l’ai vue il y a des années Dans les forêts joyeuses Des Pâques de l’Est Quand la neige s’accroche à la terre Avant de filer dans les rus En une eau vive * Elle marchait avec un type Qui était trop pressé Qui se retournait sur Henriette La hélait la bousculait Et le corps d’Henriette Se penchait vers la terre Puis ses jambes se hissaient Se juchaient sur les branches Dans le... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 12:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
20 février 2015

Mang Ke - 芒克 (1951 - ) : Le temps sans le temps

  Le temps sans le temps       Section II   1   L’ouragan sur la falaise a passé  affûtant ses couteaux  un bruit sourd  la nuit lourde s’abat  seule visible  cette grande chose écorchée  éventrée puis un morceau de chair rouge  qui roule…  le soleil vient de naître  mais sa lumière usée déjà  traîne sur la terre, courbée sur un bâton  2   Tiré de l’eau du rêve je grimpe sur la rive  mon corps épuisé ruisselle ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 12:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
19 février 2015

Ezra Pound (1885 – 1972) : « Et donc les lianes me jaillissent des doigts… »

XVII   Et donc les lianes me jaillissent des doigts Et les abeilles lourdes de pollen Naviguent pesamment entre les sarments :           Cherr- cherr- che-ricc – ronronnements Et les oiseaux ensommeillés entre les branches           ZAGREUS ! IO ZAGREUS ! A la première pâleur qui éclaire les cieux Et les cités sises entre leurs collines, La déesse aux belles cuisses S’avance, le bois de chêne derrière elle, La... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 12:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
18 février 2015

Georges Lafenestre (1837- 1919) : Femmes et soleil

  Femmes et soleil                                                     A José-Maria de Hérédia   Dans l'air frais du matin il pleut des hirondelles, Sur les foins verts tressaille une blanche vapeur, Des soupirs incertains, mêlés à des bruits d’ailes, Courent le... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 12:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

17 février 2015

Bernard Binlin Dadié (1916 –2019) : Nous avons dansé

Nous avons dansé   Nous avons dansé, dansé, Secoué nos misères pour faire briller nos rêves, frappé le sol de toutes nos forces pour en faire jaillir le flot de chansons. Le vent, en nos mains repartaient en poussière.             Nos joies en feu d’artifice           ont illuminés notre ciel.           Et les pieds endoloris, soufflant au repos ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 12:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
16 février 2015

Philippe Desportes (1546 – 1606) : « Las. Je ne verrai plus… »

  Las. Je ne verrai plus ces soleils gracieux Qui servaient de lumière à mon âme égarée ! Leur divine clarté s’est de moi retirée Et me laisse éperdu, dolent et soucieux   C’est en vain désormais, ô grand flambeau des cieux ! Que tu sors au matin de la plaine azurée, Ma nuit dure toujours, et la tresse dorée, Qui sert de jour au monde est obscure à mes yeux.   Mes yeux, hélas, mes yeux, sources de mon dommage, Vous n’aurez plus de guide en l’amoureux voyage, Pendant l’astre luisant qui soulait... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 11:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
15 février 2015

Christiane Baroche (1935 - ) : Soleil

Soleil Hommage à Jean Cocteau   Mes yeux sont morts. Mon bonheur de lumière s’est enfoncé dans l’eau, L’interrogation de la nuit me tire A l’envers des surfaces, Je n’ai plus de la vie que sa racine obscure Et plus ne m’illumine que ton innocence Dans la tanière du jour. Enfant médiatrice, chante-moi le soleil Dans mon âme assourdie comme un bois sans clairière, Redis-moi son désordre et sa crépitation, Je ne reconnais plus que sa guenille chaude, Mes yeux sont morts de transparences.   Chante-moi les... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 10:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
14 février 2015

Friedrich Hölderlin (1770 – 1843) : « Je connais quelque part un château-fort …» / “ Das alte Schloss zu untergraben…”

  Je connais quelque part un château-fort Dans lequel vit un roi silencieux ; Une suite bizarre l’accompagne ; Mais il ne monte jamais aux créneaux. La chambre de ses plaisirs est cachée Et d’invisibles sentinelles veillent ; Seul, le chant des sources familières Descend à lui, du toit bariolé.   Ce que leurs prunelles claires ont vu Sous les vastes espaces constellés, Elles en font un fidèle rapport En contant d’interminables histoires. Et lui se baigne en leur flot débordant, Il y purifie... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 12:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :